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De
l'équation francophonie de Mr Arégba
Sans
passion aucune, je suis de plus en plus déçu par les
"analyses" de Mr. Waste Aworou Arégba, si on peut appeler
ainsi cette succession de définitions. La rédaction de
Afrology.com va se permettre, avec l'autorisation de Togoforum et de
l'auteur, de publier intégralement l'interview du professeur Apedoh
Amah comme exemple de dissertation universitaire.
Sur le fond, Mr Aregba ne nous apprend pas grand chose. Pire, il
s'enfonce.
WAA: "Par extension, on désigne également par [fascisme] : les
partis, les mouvements et organisations qui se sont développés
dans de nombreux pays européens entre les deux Grandes Guerres et
dont l’idéologie reposait principalement sur le nationalisme, le
militarisme, la domination d’un parti unique, le culte du
chef."
Afrology: Que dire du culte voué à la langue française et à la France
au travers de la Francophonie? Pourquoi cherche-t-on à figer dans
le temps (entre les deux Grandes Guerres) un vocable dès qu'il dérange?
WAA: "Le national-socialisme allemand, est une variante du fascisme
avec en plus cette tare : Hitler accorde une importance fondamentale,
non pas à la notion d’Etat, mais à celle d’une « communauté
raciale » reposant sur la pureté du sang aryen et sur l’élimination
de ses éléments corrupteurs."
Afrology: La fracophonie accorde une importance fondamentale à la langue
française au travers d'une communauté linguistique. Etrange: Mr Arégba
nous parle de variante? Autre réalité, même vocable?
WAA: "La Francophonie, consciente des liens que crée entre ses
membres le partage de la langue française et souhaitant les
utiliser au service de la paix, de la coopération et du développement,
a pour objectifs d'aider : à l'instauration et au développement de
la démocratie, à la prévention des conflits et au soutien à l'État
de droit et aux droits de l'homme; à l'intensification du dialogue
des cultures et des civilisations; au rapprochement des peuples par
leur connaissance mutuelle; au renforcement de leur solidarité par
des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser
l'essor de leurs économies.
La Francophonie respecte la souveraineté des États, leurs langues et
leurs cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les
questions de politique intérieure."
Afrology: On préfèrera encore une implication active de l'Allemagne
dans le décodage et l'écriture des langues locales. Il faudrait
nous convaincre ici de la possibilité de promouvoir la démocratie
dans nos États hyper-corrompus et mal gouvernés en restant neutre.
Rions ensemble en imaginant cette phrase dans la bouche d'un Chirac,
le même qui pensait il n'y a pas si longtemps que l'Afrique n'est
pas prête pour la Démocratie... "La Francophonie [...] a
pour objectifs d'aider : à l'instauration et au développement de
la démocratie..." Hi. hi...
WAA: "...favoriser le développement de la langue française et des
cultures qui l'utilisent..." ???
Afrology: Tiens, il y a des cultures sous-développées? Lesquelles?
WAA: "...soutenir le statut de la langue française, dans les
organisations internationales et dans les conférences mondiales.."
Afrology: Là est le vrai visage de la Francophonie. Mais QUI aidera
au soutien de votre langue maternelle, pauvre Mr Aregba?
Notre analyse
La langue française est prise à son propre piège. La recherche de
l'extension sémantique à tout prix nous amène aujourd'hui à
tirer de manière a-temporelle sur des vocables pour les faire
coller au mieux à une certaine réalité. Aussi souvent que
Internet est une "toile", le "communisme" un
mouvement universel (qu'il soit béninois ou pékinois), le "fascisme"
peut sans états d'âme de ma part, être extrapolé.
"On est en droit de dénoncer ses insuffisances et ses laxismes
lorsqu’on les constate": WAA. A quoi sert-il encore de dénoncer? Si la France et tous les
francophiles n'ont pas su aider le continent africain au travers des
centaines d'associations jusqu'ici mises en place, l'institution de
la Grande Francophonie n'est qu'un leurre de plus, un mirroir aux
alouettes, un veau d'Or à la gloire de la Grande France.
Au nom de quelle histoire commune Mr Arégba s'approprie-t-il les
souffrances des peuples occidentaux? "Le traumatisme laissé
par les régimes fascistes et nationalistes au cours de l’histoire
récente est encore vivace dans les esprits."WAA. De quels
esprits nous parle-t-il? Ceux de ses ancêtres gaulois? A mon avis,
il court après le paradis éternel. Nous n'avons aucune honte quant
à nous de balayer d'abord devant notre porte.
Je sens que la passion monte et je préfère m'arrêter là. J'aurais
beaucoup aimé tenir un dialogue ouvert avec Mr Arégba devant une
bouteille du bon awoyoo de son pays, et dans l'une des langues
de sa région, plutôt que de passer par ces échanges impersonnels
avec des mots d'emprunt. Ne dit-on pas que ce qui tient à coeur
s'exprime mieux dans la langue de sa mère?
Bien à vous.
Pour Afrology.com
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