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L’équation
francophonie = (fascisme, anti-démocratie et racisme) est absurde
Je me propose de le
démontrer pour répondre aux souhaits de certains de vos lecteurs
et surtout pour leur soumettre mon analyse afin qu’ils puissent se
faire leur propre opinion avec ce que Spinoza appelle la lumière
naturelle. Pour éclairer le débat, examinons les deux séries de
questions ci-après :
Qu’est-ce que le
fascisme ? Quelle pensée
politique recouvre-t’il ? Quelle est
son éthique ?
Au sens littéral,
on appelle fascisme le mouvement qui est fondé en Italie et plus précisément
à Milan le 23 mars 1919 par les Faisceaux Italiens de Combat (Fasci
Italiani di Combattimento) sous l’égide de Benito Mussolini.
C’est surtout aussi le système politique mis en place après la
prise du pouvoir par Benito Mussolini, chef de ce mouvement, le 30
octobre 1922.
Par extension, on désigne
également par ce terme : les partis, les mouvements et
organisations qui se
sont développés dans de nombreux pays européens entre les deux
Grandes Guerres et dont l’idéologie reposait principalement sur
le nationalisme, le militarisme, la domination d’un parti unique,
le culte du chef.
Les doctrines
fascistes sont caractérisées par un rejet du libéralisme
politique et économique et par une volonté d’instaurer un état
fort faisant prévaloir son autorité sur les droits et libertés
des personnes. L’usage de la violence est considérée comme un
moyen légitime de l’action politique. Au centre du système
fasciste se trouve l’Etat tout-puissant. « Tout dans
l’Etat, rien contre l’Etat, et rien en dehors de l’Etat ».
L’Etat est
confondu au parti monopolistique, fortement centralisé, doté
d’une structure très hiérarchisée où toute l’autorité et
toutes les responsabilités émanent d’un chef unique à qui est
voué un culte. De ces faits, il ressort que le totalitarisme,
l’anti-démocratie et le fascisme sont indissociables.
Le fascisme vise non seulement à instaurer
un nouvel ordre social mais surtout à créer un homme nouveau au
moyen de l’embrigadement moral et social. C’est ce qui fait dire
à Benito Mussolini : « Je prends l’homme au
berceau et je ne le rends au pape qu’après sa mort ».
Le national-socialisme
allemand, est une variante du fascisme avec en plus cette tare :
Hitler accorde une importance fondamentale, non pas à la notion
d’Etat, mais à celle d’une « communauté raciale »
reposant sur la pureté du sang aryen et sur l’élimination de ses
éléments corrupteurs.
Examinons
maintenant la deuxième question :
Qu’est-ce
que la francophonie ?
On doit le terme de
francophonie au géographe français Onésisme Reclus (1837-1916).
Ce terme, à l’origine, désignait certainement les territoires
sous domination de la colonisation française.
Aujourd’hui, la
francophonie définit l’ensemble des personnes et des pays
utilisant le français à des titres divers. L’Organisation
Internationale de la Francophonie (O.I.F) quant à elle regroupe les
pays européens, africains, nord américains, et asiatiques qui ont
en partage la pratique de la langue française. Historiquement,
l’OIF trouve sa source dans la volonté exprimée aux lendemains
des indépendances par des personnalités comme Hamani Diori, Habib
Bourguiba et Léopold Senghor de regrouper les pays nouvellement indépendants
et désireux de poursuivre avec la France des relations fondées sur
une affinité culturelle et linguistique.
Au sommet de
Chaillot à Paris en 1991 l’OIF décide de ‘ renforcer la
dimension politique’ et institue le Conseil Permanent de la
Francophonie (CPF), composé des représentants des chefs d’Etat
ou de gouvernement.
Aujourd’hui,
l’OIF est culturelle et politique. Les objectifs de cette
organisation sont contenus dans sa Charte :
« La
Francophonie, consciente des liens que crée entre ses membres le
partage de la langue française et souhaitant les utiliser au
service de la paix, de la coopération et du développement, a pour
objectifs d'aider : à l'instauration et au développement de la démocratie,
à la prévention des conflits et au soutien à l'État de droit et
aux droits de l'homme; à l'intensification du dialogue des cultures
et des civilisations; au rapprochement des peuples par leur
connaissance mutuelle ; au renforcement de leur solidarité par des
actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l'essor
de leurs économies.
La Francophonie
respecte la souveraineté des États, leurs langues et leurs
cultures. Elle observe la plus stricte neutralité dans les
questions de politique intérieure.
Les institutions de
la présente Charte concourent, pour ce qui les concerne, à la réalisation
de ces objectifs et au respect de ces principes.
L'Agence de coopération
culturelle et technique, créée par la Convention de Niamey du 20
mars 1970, est l'Agence de la Francophonie.
Sa Charte, telle
qu'amendée ci-dessous, constitue le support juridique des instances
et organes de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement
des pays ayant le français en partage. Elle est la Charte de la
Francophonie. »
L’Agence de la
Francophonie est l’organe exécutif de l’OIF. Parmi les missions
qui lui sont assignées on peut citer :
·favoriser le développement
de la langue française et des cultures qui l'utilisent, en relation
avec la promotion des langues et des
cultures partenaires des États membres ;.
·soutenir le statut
de la langue française, dans les organisations internationales et
dans les conférences mondiales ;
·soutenir les
efforts des États membres et du Secrétaire général en vue de la
consolidation de l'État de droit et de la démocratie, et de la
promotion des droits de l'homme.
Conclusions
L’analyse de la
Charte de l’O.I.F et
les missions qu’elle assigne à son organe exécutif appelle les
remarques suites :
1.
L’O.I.F ne fait ni de la Démocratie, ni de l’Etat de
Droit des critères d’adhésion ou une exigence forte pour ses
membres.
2.
Elle se refuse d’intervenir dans la conduite de la
politique intérieure des ses membres. N’est-ce pas là une
attitude pour justifier son inaction lorsque les libertés
fondamentales sont bafouées dans sa zone d’influence ?
3.
Elle est plus préoccupée par la promotion et la défense de
la langue française que par toute autre chose.
On est en droit
d’exiger que la francophonie se donne davantage des moyens pour
que la démocratie, la liberté d’opinion et l’état de droit
soient effectifs dans son champ d’action et que ses pays phare
(France, Canada, Belgique) où le libéralisme politique et économique
régit les institutions, prennent une position sans équivoque en
faveur de la démocratie.
On est en droit de dénoncer
ses insuffisances et ses laxismes lorsqu’on les constate.
Rien ne permet en
toute honnêteté de faire un amalgame entre francophonie et
fascisme. Le traumatisme laissé par les régimes fascistes et
nationalistes au cours de l’histoire récente est encore vivace
dans les esprit. Nous devons faire attention au poids des mots.
Je ne pense pas
qu’il existerait une coopération entre l’Organisation des
Nations Unies(O.N.U) et l’Organisation Internationale de la
Francophonie (O.I.F) si cette dernière était réellement fasciste.
En effet à sa cinquante-septième session, et faisant suite à la résolution
56/45 de l’Assemblée générale du 7 décembre 2001, le Secrétaire
général de l’OIF a présenté un rapport sur ce partenariat.
Reporters Sans
Frontières n’interpellerait pas une organisation fasciste qui par
essence est contre toute liberté d’expression pour qu’elle
intervienne en faveur de la liberté de la presse.
Je ne dis pas que
l’O.I.F est parfaite, je ne dis pas qu’elle est exempte de tout
reproche, je ne justifie pas sa raison d’être, je dis simplement
qu’il n’est ni logique, ni raisonnable de la confondre au
fascisme.
Si l’on sait réellement
ce qu’est le fascisme, si on est lucide et si on sait regarder
autour de soi, alors on saura où est le fascisme.
Aworou. Waste. AREGBA..
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