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FESTHEF 2002
: LE PETIT CRU.
Ted Hangui
Il
ne s’agit pas d’œnologie. Ni de viticulture. Non ! Il s’agit
du Festhef. Du Festhef 2002.
Qui a connu sa petite année cette année 2002. Comme le Côtes de Rhône
en 1992 ou comme le Bordeaux Blanc de Liquor en 1992 et 1993.
Parlons de cette petite année du Festhef.
1-
La vendange:
Maigre.
Très maigre. Etaient attendus N’Zassa de Côte d’Ivoire, la
Compagnie des Dialogues de Congo-Brazzaville, Segun Ola Création du Bénin,
la Compagnie Kadja-Kossi du
Tchad, la Compagnie le Roseau du Burkina Faso, la Compagnie Alakabon de
Guinée Conakry, la Compagnie Agbo N’Koko du Bénin, le Collectif Jawabi
du Niger, Lez’armuses de France et d’autres troupes
professionnelles et amateurs du Togo. Mais les vendanges ont été maigres.
Très maigres. Seuls sont arrivés les deux troupes du Bénin,
celles du Niger, du Burkina Faso, de la France soit cinq sur dix.
Pourtant il y a eu régal. Un régal interrompu.
2-
Interruption d’appétit:
Alors
que les mordus de spectacles buvaient à tire larigot les quelques
spectacles au Foyer des Jeunes à Assahoun, les rideaux brutalement ont
chu dans une totale incompréhension
le mercredi 28 août 2002. Pourtant cette beuverie théâtrale
devait prendre fin le 30 août.
Auparavant,
dans la matinée du 28 une discussion débats s’est tenue et les
festivaliers ont dénoncé la piètre organisation et la pitoyable
tournure que prend le Festhef. Le Festhef est devenu un patrimoine
national et il serait regrettable que des envies et jalouses diverses
nuisent à sa survie. Ils ont exprimé sans ménagement leur mécontentement
et invité les organisateurs à supprimer les querelles de
leadership et à clarifier les magouilles financières survenues.
Le
Cid en Rap que le Collectif Jawabi regrettait de ne pouvoir voir a été
le dernier spectacle de cette fête du théâtre fini en cul-de-tristesse.
Pourquoi un finish si prématuré? Pourquoi un appétit si traîtreusement
coupé à tous ces contempleurs venus à Asssahoun pour se rire des
pouvoirs démocraturaux?
Venus opérer cette catharsis du spectateur et partager celle du comédien.
Nous-mêmes en sommes resté abasourdi quelques jours, le temps de
comprendre. De comprendre que cette clôture avant terme, au-delà des
querelles intestines sus-évoquées, a pour unique cause l’argent. Léonard
YAKANOU, administrateur du Festhef, a confié que le Festhef a connu une déplorable
situation financière.
3-
Notre coup de gueule:
L’argent,
l’argent et encore l’argent. Pourtant ce n’est pas ce qui manque au
Togo d’Eyadema. Quel serait le budget du Festhef ? Pas au-dessus
des 250 millions dépensés par l’OTP pour offrir à d’Eyadema un
buste à son image. Pas au-dessus des 2 milliards dépensés par l’OTP
en boissons. Au Togo dans l’échelle des valeurs, la culture vient après
les bustes et loin après les boissons. Si les 25 millions prélevés par
semaine au Port au profit d’Eyadema pouvaient annuellement être
mis au profit du Festhef, la fête serait plus internationale et plus
grande. D’ailleurs pourquoi dans son budget le ministre de la Culture ne
prévoit-il pas un fond pour le Festhef? Il
est simplement rageant de ne pouvoir soutenir le Festhef avec les millions
de francs dilapidés en marches de soutien et autres orgies.
4
- L’arrière goût :
les Béninois ont tout pris.
Malgré
tout il restera un arrière goût de «six jours de folles ambiances, six
jours de partage, d’échange et de tolérance pour la promotion du théâtre
africain » (Léonard YAKANOU). Six jours qui ont vu le sacre de la
pièce Imonlé
du Béninois Ousmane ALEDJI, du Cid
en Rap, présenté par la Compagnie Luxor du Togo et d’Isis
veuve, au troisième prix, interprété par le Club UNESCO
du Togo. Le prix de la Meilleure Comédienne est partagé entre Maguy
Kalomba une congolaise résidant au Bénin et jouant dans la compagnie
Agbo N’Koko et la Togolaise
Patricia Madjoulba. Le prix du Meilleur Comédien est allé au Béninois
Kombert Quenum et celui de la Mise en scène à Ousmane ALEDJI pour Imonlé.
5
– Une consolation pour
l’avenir : Enfin un parrain.
A
l’issue des discussions débats de la matinée
du 28 août 2002, les festivaliers ont tiré la sonnette d’alarme
et demandé au Festhef de re- dynamiser les amis et de les inciter à plus
de soutien. Monsieur APEDO-AMAH Ayayi Togoata, Enseignant et Chercheur à
l’Université de Lomé, a
été chargé de servir de courroie de transmission entre le Festhef et
les Amis. Si les responsables ne le contactaient pas il devait se charger
de coordonner les activités du Festhef car le Festhef ne doit pas
mourir.
Le
Festhef a vécu. Pourtant de l’avis de tous, ce Festhef a été le plus
mal réussi de tous les Festhef depuis 1993. Les difficultés
d’aujourd’hui seront-elles un tremplin pour le succès de demain ?
Les responsables du Festhef doivent faire le point et assurer les arrières.
Pour nous autres ivrognes du théâtre, croisons les doigts ou mettons la
main à la poche. L’argent sera le sang du Festhef.
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