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FESTIVAL DE THÉATRE DE LA FRATERNITÉ

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Festival de Théâtre de la Fraternité – Assahoun (Togo) 7è édition
ROGRAMMES DES SPECTACLES DE THEATRE

Du 23 au 28 août 2002

FESTHEF EN OFF: HALTE A LA CRUAUTE!  
Justin Hèzu Tiyé

Ni texte, ni plateau. Ni projecteur, ni comédien. Un espace ouvert comme tous les autres. Dans cet espace, un décor. Le décor est une rue. Comme celle anonyme de Kinshasa, comme celle anonyme de Poto-poto, ou encore celle anonyme de Nyékonakpoè (quartier de Lomé vers le Ghana). 

Comme mille rues anonyme du Rwanda, de l’Angola, du Soudan, du Burundi.  Dans cette rue une scène tragique. Rue jonchée  de sacs de voyage qui suintent la misère, de chaussures car « les chaussures forcément ça marque des empreintes » (l’auteur, Gustave Djonda  Ekpehou) Cette rue c’est la rue de l’exil. Le titre du spectacle est justement L’Exil

Loin dans la rue qui continue, qui continue, qui continue, une porte « la porte de l’avilissement »(Idem). Et au-delà de la porte la rue continue. La porte d’une ambassade ou d’un consulat. Mais au commencement de la rue un pantin  désarticulé mort. Sur le pantin ce texte : « Mon rêve est celui de tous ceux qui sont morts dans leur pays et qui veulent vivre mieux ailleurs »   

Ce spectacle nouveau s’appelle l’Installation et celui qui l’exerce est installationniste. Rassurez-vous dans bien de villes africaines on le prendrait pour un fou. Mais non ! Gustave Djonda Ekpehou est artiste plasticien installationniste. Il a choisi pour le Festhef un thème actuel qui met politiques et  ONGs  K.O. 

Pour lui la présence  du pantin au commencement de la rue  s’explique par le fait que partir est déjà mourir. Tout départ vers l’exil est  déjà une mort. Choisir de partir c’ est choisir de mourir à soi, pour soi car subsiste ce désir de ressusciter au-delà de chez soi dans un chez autrui. 

On meurt sur sa terre natale viciée, volée, pillée pour renaître sur une autre terre qui n’est pas forcément une terre promise mais viciée, volée, pillée et souillée elle aussi. On ne finit pas de mourir. Les discours creux rabâchés tuent. La dictature tue. Les infos à la télé tuent. La guerre tue. Et quand on se demande un jour à quand la fin, on est déjà candidat à sa propre mort. La mort émotionnelle. Car tout se joue sur les sens. 

Ce qu’il dénonce aussi c’est tout le trafic de passeport de visa. Toute cette mafia autour des ambassades qui rackettent qui ruine les candidats à l’exil. « Sans ambassade pas d’exil » (L’auteur). IL crie haut sa rancœur. IL nous a confié qu’autorisé à faire son installation dans une rue pendant une semaine, la police l’en a chassé quatre jours après  tant ses discours n’étaient pas du goût des gouvernants. 

Ceux qui nous servent la cruauté chaque jour ont peur de voir  cette cruauté exposée au regard des victimes.  Et qui a dit qu’au Togo il y a la liberté d’expression si celle de regarder est prise?  

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