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FESTIVAL DE THÉATRE DE LA FRATERNITÉ

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Festival de Théâtre de la Fraternité – Assahoun (Togo) 7è édition
ROGRAMMES DES SPECTACLES DE THEATRE

Du 23 au 28 août 2002

FESTHEF A AZAHOUN: NOUS ALLONS OUBLIER. 
Ted Hangui

Pendant cinq jours, les yeux des amoureux du théâtre vont se régaler de mille spectacles. Plus d’une dizaine de compagnies mettront feu à notre tristesse. Azahoun va brûler de mille feux dès que les rideaux se lèveront. Mais cela ce sera notre part de joie.

Et au regard des misères quotidiennes que nous ressassons, remâchons et ne parvenons pas à avaler, 5 jours de joie piquer par de fougueux contempteurs sur 365 jours fois depuis que cette traîtresse de dictature dure, depuis 35 ans, ce n’est vraiment pas de la fumée. Nous rirons donc à Azahoun . Nous allons nous empiffrer de rire nous qui n’avons que des larmes à lécher à longueur de vie. Nous allons nous empiffrer de joie nous qui à longueur de vie n’avons que amertume, mort et silence. A Azahoun, nous allons oublier.

Nous allons oublier la race. Oublier l’ethnie. Oublier les frontières. Blancs, noirs, Yoruba, burkinabé, Tchadiens et autres morveux des bas fonds de la misère vont oublier les niaiseries et pitreries des gouvernants et rire le fou rire. Il n’existera plus les mutineries des militaires nigériens. Il n’existera plus la shariah qui a condamné Amina Lawal à la lapidation. I l n’existera plus de lynchages médiatiques des réformateurs du parti au pouvoir. Effacé toutes ces conneries.

Nous allons oublier la haine. Le militant de gauche oubliera que le voisin de gauche est militant de la droite. Les élections qu’on n’en finit pas de reporter et qui ont dépassé l’anticipation seront oubliées. Le jaloux rira aux côté du rival. La femme battue le soir rira aux larmes dans les bras de l’époux qui aura oublié son vilain adultère. Le jeune amoureux oubliera qu’il y a belle lurette il court derrière la pucelle du quartier qui se pâme de rire avec des attouchements osés . L’enfant oubliera qu’avant d’enter dans la salle il avait faim ; que papa avait battu maman ; que le papa à son ami n’est pas revenu depuis que la police est venu le chercher.

Nous aurons à Azahoun des cœurs qui lèveront des voiles pour des voyages mirifiques. Nous aurons à Azahoun des paradis. Nous aimerons. Nous tuerons. Nous lapiderons. Nous déchirerons. Corriger par le rire. C’est cela la magie du théâtre. Celle-là de nous détacher de la morbidité quotidienne et de nous jeter au cœur d’une surréalité qui n’est pas nôtre. Qui est notre vie. Qui coupe les cordons de la réalité et du cauchemar. Irréversiblement le théâtre est transculturel, transracial, transidéologique.

Mais nous n’oublierons pas. Nous n’oublierons pas que notre génération a été niée. Effacée. Nous n’oublierons pas que des milliards sont dépensés en panses et en armes alors que la culture est reléguée aux calendes dictatoriales. Nous n’oublierons pas que la culture , notre culture ainsi que notre liberté ont été confisquées.

Et nous chanterons la chanson du vagabond qui va les rues ramassant et ressassant des rues mortes. Nous chanterons la chanson de l’aède courroucé par tant de prophéties vaines. Nous revisiterons notre mémoire en criant  sauvages; Culture de tant de pays en un jour réunies.

Festhef élevé d’où tombe leurs oripeaux d’honneur nouvelle alliance jouvencelle fatale à leur sénilité. Cela vous rappelle quoi? C’est du «fesse tes f….» Oui le Festhef à Azahoun va fesser les fouteurs de guerres, les foireux merdeux, les fous , les fainéants et autres foutaises. Sauf votre respect!

- Communiqué

- Programmes des spectacles de théâtre

- Les Compagnies de théâtre

- Génèse

- Interview avec Monique Blin

 

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