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I-
Réhabiliter l'Esprit de la Baule !
Combien de
sommets franco-africains se sont-ils tenus depuis celui
mémorable de la Baule ?
Ne serait-il
pas de bonne pédagogie de faire avec les élèves et surtout
les mauvais de la classe, le point des progrès accomplis par
les uns et les autres depuis le dernier cours sur la
Démocratie ? Voici, avec humilité, la contribution que nous
déposerons au prochain sommet franco-africain si, d'aventure,
nous y étions invités:
« Chers
collègues, notre objectif primordial reste et demeure la
construction et l'approfondissement de la démocratie,
comprise et définie comme le service exclusif du Bien commun
et de l'Autre, lequel n'est possible que si l'on est capable
de s'oublier soi-même ; elle est aussi exigence et rigueur
avec soi pour pouvoir l'être avec autrui ; c'est enfin un
état d'esprit, forme supérieure de la responsabilité avec
des règles, certes écrites mais aussi et surtout non écrites
; ces dernières étant de loin les plus importantes car
faisant partie de nous-mêmes dès lors qu'elles nous
interpellent sur le sens de notre engagement pour la
démocratie et la façon dont nous entendons la promouvoir. »
« Plus de dix
ans après la Baule, les habitudes héritées du passé
continuent d'hypothéquer la vie politique de nos Etats pour
ne pas dire, l'avenir de nos nations. Nos gouvernements, à
quelques rares exceptions près, continuent d'être ce qu'ils
sont depuis 40 ans, c'est-à-dire les fossoyeurs du
développement du Continent. Pas de surprise donc ! »
« Quant à ce
qui tient lieu d'opposition, lorsque par miracle, le pouvoir
lui échoit, elle reprend et en pire à son compte les travers
qu'elle n'avait de cesse de fustiger chez ses prédécesseurs.
Très rapidement, le programme d'action de l'opposition
d'hier se résume en une citation: "Ote-toi de là que je m'y
mette !" Elle n'a qu'une obsession: faire payer à ses "bourreaux"
de la veille les années passées à piaffer dans l'antichambre
du Pouvoir. C'est le gouvernement de la vengeance ! Sauf à
confisquer à son tour le Pouvoir pour le compte d'une
minorité ! Et pourtant, pour avoir dénoncé tant et tant de
maux, ne devrait-elle pas offrir mieux que cette caricature
de la démocratie, autre chose qu'une pale et servile
imitation de la "Médiocratie" qu'elle n'avait de mots assez
forts pour dénoncer ? Dans le retard sans cesse croissant de
l'avènement de la démocratie, il semble que la
responsabilité des Oppositions soit bien plus lourde encore
que celle des Pouvoirs vomis qu'elles prétendent combattre !
Et ce serait un euphémisme de dire que la France séculaire a
sa part de responsabilité dans ce fourvoiement de l'esprit
de la Baule. Pourquoi ce second septennat ne serait-il pas
placé sous le signe de la restauration de l'Esprit de la
Baule ? En faire une des priorités de la relation
franco-africaine donnerait une meilleure lisibilité à
l'action présente de la France en Cote d'Ivoire et ailleurs
pour ne citer que le Togo. Ce serait pour la France une
manière de réhabiliter son legs démocratique à l'Afrique. Ce
serait pour elle une façon de réaffirmer son engagement pour
la démocratie en Afrique. Ce serait enfin le signal fort
attendu sur tout le Continent pour réconcilier le Passé et
le Présent. »
II. Eloge
de l'opposition en tant qu'institution (À paraître
prochainement)
Me Max Ayité Sitti
Secrétaire Exécutif Provisoire
Convention pour une Fédération Africaine |