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Le bilan des deux décennies du processus démocratique démontre que
l’Afrique n’est pas prête à avancer, malgré les initiatives qui sont prises
ici et là. Malheureusement la mauvaise gouvernance démocratique est
sinistrement aggravée par l’irruption d’une nouvelle classe de politiciens
dont les programmes ne se résument qu’à leur propre personne, renforçant
ainsi les régimes autocratiques dans leur refus d’ouverture.
Même si certains pays se sont résolument engagés sur le chemin du
respect de l’Etat de droit et de la démocratie, ils sont nombreux, ceux qui
restent encore sujets à inquiétude. Le drame est que dans certains pays qui
se glorifient d’avoir évité la guerre ou de l’avoir éradiquée, la vie n’est
pas aussi rose et le Togo n’échappe pas à cette logique.
1 – Au plan politique.
La crise togolaise est essentiellement politique et elle ne peut
être réglée que dans un cadre politique. Il en est ainsi des réformes
constitutionnelles et institutionnelles.
En effet, pour être crédibles et rassurantes, ces réformes doivent
se faire au sein du cadre permanent de dialogue et de concertation prévu par
l’APG et qui reste la chance, pour le Togo, d’aborder les questions
d’intérêt national avec succès et dans un esprit de consensus qui a fait ses
preuves avec le gouvernement d’union nationale.
Le décret pris par l’actuel Gouvernement en lieu et place de celui pris par
le Gouvernement d’Union Nationale, témoigne de son refus de répondre à
l’attente de la population concernant la méfiance de la Communauté
Internationale, la difficulté de trouver des solutions aux problèmes
d’intérêt national, au déséquilibre national constaté dans la répartition
des postes dans l’administration et des biens de l’Etat.
Tant que le régime actuel refusera de rendre effectives les
conditions d’alternance, le Togo restera en entier englué dans ses
problèmes, parce que les réformes économiques qu’il engage ne sont
destinées, en réalité, qu’à détourner l’attention de la communauté nationale
et internationale sur le vrai drame que vivent les Togolais.
Dans la même logique, le pouvoir doit agir vite pour le
renforcement de la démocratie à la base, par la mise en œuvre de la
décentralisation. Il est dommage de constater que le Togo traîne les pas sur
cette question et rechigne à organiser les élections locales, alors que les
pays qui nous entourent se développent rapidement avec l’adoption de la
décentralisation comme moyen de développement à la base.
Dans la même logique, Le CAR déplore le refus du pouvoir de
procéder au recensement général de la population, lequel recensement doit en
principe déterminer les données des élections.
2 – Au plan économique.
Les signes de notre économie totalement exsangue sont visibles et
parlent d’eux-mêmes : vétusté des infrastructures, crise énergétique à
répétitions, corruption avancée à tous les niveaux, sociétés d’Etat pillées
et improductives.
La cause principale de cette situation est d’origine politique. Sans la
stabilité politique que garantit la démocratie, il n’y a pas de
développement économique. Or dans l’incapacité de trouver des solutions
adéquates au problème politique, le pouvoir pousse notre pays dans un état
intolérable : déficit budgétaire élevé, déséquilibre de la balance de
payements, méfiance des investisseurs, taux de chômage jamais égalé,
surexploitation des paysans déjà soumis à la dure réalité du manque de
liberté.
Le pouvoir a également démontré ses limites à travers son
incapacité à juguler les effets du phénomène de la vie chère dont les effets
risquent d’avoir leur poids sur nos populations pour
longtemps.
Le CAR adhère fermement à l’adage qui dit : « Gouverner, c’est
prévoir ». Le tourbillon bancaire qui s’abat aujourd’hui sur les Etats-Unis
d’Amérique et l’Europe, qu’on le veuille ou non, aura des retombées à court
ou à long terme sur les pays africains à économies fragiles. Pourtant le CAR
constate que le pouvoir ne fait aucune analyse pour prévoir les conséquences
de ce phénomène.
Le redressement de la situation économique du Togo passe nécessairement par
la mise en œuvre d’une politique digne de confiance des partenaires
bailleurs de fonds et des investisseurs. A cet effet, le CAR réaffirme son
option pour un développement économique libéral fondé sur une économie
sociale de marché. Une telle option vise en même temps un redressement de la
situation sociale.
Les solutions pour la relance de l’économie doivent être bien
pensées et leur mise en œuvre ne doit souffrir d’aucune méfiance ni de la
part des Togolais ni de la part de la communauté internationale.
3 – Au plan social
La cherté de la vie est venue aggraver la misère que les
Togolais traînaient depuis si longtemps, du fait du manque d’une politique
fiable en faveur de nos populations.
Le domaine scolaire actuel est le signe d’un enseignement d’un
autre siècle : infrastructures totalement délabrées, manque de matériels
modernes, programmes complètement dépassés, enseignants mal formés et qui
tirent le diable par la queue. Personne ne peut attendre de notre
enseignement une formation apte à contribuer au développement d’un Etat
moderne. Dans ces conditions, la mesure prise pour supprimer les frais
scolaires au cours primaire n’est que de la poudre aux yeux, quand on sait
qu’aux degrés supérieurs ils sont excessivement élevés avec les cotisations
parallèles de tous genres.
Dans le domaine sanitaire, le personnel soignant travaille dans
des conditions déplorables, avec un manque chronique de matériels et de
produits de premiers soins et des infrastructures totalement délabrées. Les
malades sont ainsi abandonnés à eux-mêmes, ce qui pousse la minorité un peu
aisée à privilégier les centres de santé privés.
Sur le plan sécuritaire, il y a une montée fulgurante de crimes
crapuleux : braquages, vols à mains armées et attaques mortelles de
domiciles. Les citoyens ont des raisons de craindre à tout moment pour leur
sécurité et la misère explique en partie ce regain de violences.
Dans notre pays où les couches déshéritées représentent plus de
80% de la population, la production de biens doit profiter à toutes les
couches sociales sans distinction d’appartenance ethnique, régionale ou
clanique. Elle doit contribuer notamment à améliorer les conditions de vie
précaire des ouvriers et des salariés sans sécurité sociale, à valoriser le
travail des petits commerçants, à soulager le calvaire des jeunes sans
emplois et des personnes handicapées.
La faillite du régime sur le plan social s’est également démontrée
par son incapacité à soulager les souffrances des populations victimes du
phénomène de la vie chère. D’ailleurs, ce qu’il a trouvé mieux de faire est
d’augmenter le prix du ciment et du carburant, aggravant ainsi la situation.
L’option socio-libérale du CAR est ainsi inspirée par le double
souci de promouvoir une économie forte et de veiller à l’instauration de
plus de justice sociale.
En tant que parti au service des déshérités, le CAR est donc
profondément préoccupé par la situation de la grande majorité qui croupit
dans la misère et porte une attention particulière au problème des
handicapés.
4 – Au plan sportif, artistique et culturel
Comme dans les autres domaines, le sport, l’art et la culture n’ont
bénéficié d’aucune attention de la part du régime au pouvoir. La
politisation du foot bal et la négligence des autres disciplines sportives,
la relégation des arts au dernier des soucis du pouvoir, la réduction de la
culture aux fêtes traditionnelles et la transformation de celles-ci en un
folklore ont ruiné ces domaines pourtant très riches et susceptibles de
développer le tourisme.
S’agissant particulièrement du foot bal, il est à déplorer que le
pouvoir n’ait pas pu trouver rapidement une solution efficace à la crise qui
a éclaté à la tête de la fédération, au point de ternir l’image du pays sur
le plan international.
Parce que le sport, l’art et la culture sont devenus aujourd’hui
de véritables industries dont se servent les autres pays pour développer
leur économie, il s’agit, pour le CAR, de mettre en marche une vigoureuse
politique de développement de ces domaines et de les amener à attirer
l’admiration.
Les centres sportifs, les musées, les bibliothèques et les centres
artistiques sont l’objet de préoccupation de notre parti qui estime qu’il
faut mettre à profit les talents et le génie créateur dont dispose le Togo
dans leurs diversités.
5 – Au plan de la politique internationale
Conformément à son principe cardinal fondé sur la non violence, le
CAR réaffirme son attachement au dialogue dans la résolution des conflits.
Dans les pays soumis à la dure réalité de la guerre, le CAR pense que seule
la voie de la négociation et du dialogue est la mieux indiquée.
Le CAR déplore ainsi les violences électorales qui ont éclaté et
fait de nombreuses victimes au Kenya et plongé le Zimbabwe dans une impasse.
Ces crises démontrent le danger du refus d’organiser les élections dans les
normes démocratiques. L’Afrique doit, à ce propos, définir une politique
réaliste de résolution des conflits.
Le terrorisme international reste également une préoccupation
majeure du CAR. La communauté internationale dans son ensemble doit se
mobiliser pour faire front à ce phénomène qui fait chaque jour d’innocentes
victimes.
Dans la même optique, le CAR exhorte la communauté internationale
à se mobiliser rapidement pour enrayer la trouvaille que constitue la
résurgence de la piraterie marine aux larges des côtes somaliennes, avant
qu’elle ne se développe et ne prenne des proportions incontrôlables.
En définitive, le CAR estime qu’il y a une chance de faire du Togo
un Etat moderne et respecté sur le plan international, à condition de mettre
à profit ses potentialités. Son souci de l’accomplissement des
recommandations de l’APG, son programme de bâtir une économie forte et
capable de résister aux secousses internationales, son souci
d’épanouissement de toutes les couches sociales de notre pays, son programme
de développement sportif, artistique et culturel et sa vision de la
politique internationale font du CAR, le parti le plus proche des
aspirations du peuple togolais. |