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De
toutes les institutions internationales en activité, de l’ONU aux machins
dénommés UA, CEDEAO, SADEC, et autres, en passant par la CAF, le Comité
International Olympique (CIO), l’UE, de tout temps, la FIFA (Fédération
Internationale de Football Association) paraît rallier tous les suffrages et
faire l’unanimité sans faute, en tant qu’institution la plus crédible et la
plus respectable du point de vue respect scrupuleux des principes, et du
point de vue imposition de discipline, choses sans lesquelles, aucune œuvre
humaine ne saurait être viable et résister aux caprices et faiblesses
humains de tout genre.
Après les dernières élections à la FTF organisées le 9 janvier 2007 avec
brio et clarté sous la présidence du Gal Séyi Mémène en tant que président
de la Commission électorale indépendante (CEI), et sous l’égide de la FIFA
et de la CAF, élections qui avaient connu un succès retentissant, il avait
été assez clair pour tous les Togolais que, n’eussent été l’implication de
l’amont en aval, du sommet du football mondial et la vigilance ainsi que le
sérieux dont avait fait preuve le Gal Mémène qui avait réussi à déjouer
toutes les manœuvres louches à l’époque, le scrutin n’aurait pas connu
cette transparence qui avait mis du baume au cœur des Togolais et rassuré
que, partout où il y a de la bonne volonté, les hommes peuvent réaliser de
bonnes choses.
C’est le lieu de rendre un hommage mérité dans un premier temps à la FIFA
qui, depuis 1904 en est à ce jour à son 8ème Président
en la personne du Suisse Sepp Blatter et qui a fait du bon boulot jusqu’à
une date récente. C’est également le lieu de lancer un avertissement au
Président de la Fédération Ivoirienne de Football, Jacques Anouma mandaté
par la FIFA en tant que membre, et à travers lui, à Sepp Blatter, pour la
légèreté avec laquelle l’institution internationale de football semble
conduire depuis quelque temps les préparatifs devant aboutir au scrutin du
18 janvier 2009.
Cette légèreté sent le roussi et n’augure aux yeux de beaucoup de Togolais,
rien de bon pour l’avenir du football dont l’élection à venir devrait servir
à le sortir des crises répétées, au lieu de l’y replonger une fois pour de
bon, de la tête aux pieds. Pour beaucoup d’ailleurs, cette élection aura
déjà perdu tout son enjeu et les plus avisés, ainsi que les bons décrypteurs
donnent déjà une victoire fade et imméritée au candidat du pouvoir en place,
Rock Gnassingbé.
Ils considèrent à juste titre, qu’il n’y a plus match, dans la mesure où,
les manœuvres souterraines entamées dès le début, et auxquelles la FIFA n’a
pas cru devoir réagir « en bonne organisatrice », ont déjà ôté à la
confrontation à venir, toute sa substance bâtie en principe sur la grande
inconnue qui fait tout le charme de pareils enjeux, à savoir : qui
remportera la victoire ? Dans ces conditions, la FIFA n’aura qu’à s’apprêter
à récolter ce qu’elle aura contribué elle-même à semer, elle qui a été dans
un passé très récent, témoin « en live » des turpitudes des
responsables du football togolais depuis l’Allemagne et du bordel sans
pareil dans lequel ceux qui aiment marcher à reculons, avaient choisi
délibérément de jeter le football togolais, campés qu’ils avaient été, sur
leur intransigeance.
De
toutes les manières l’événement du 18 janvier, jusqu’à preuve du contraire,
n’aura rien de similaire à celui que les amoureux du football ont vécu il y
a environ deux ans. Qu’est-ce qui arrive si subitement à la respectable FIFA
? Sommes-nous en droit de nous demander. Eu égard à l’immixtion des pouvoirs
publics dans le positionnement d’un « candidat du pouvoir » évoquée
dans un précédent article, nous osons demander si le politique pourra se
mêler désormais du sport-roi, sans que la FIFA crie gare. L’argent aurait-il
par hasard pris la place des principes en vigueur à la FIFA ? Déjà, et comme
à l’accoutumée, des gens parlent d’achat de conscience au plus haut niveau.
Est-ce cela qui expliquerait le silence au niveau du Président de la CEI ?
Nous ne saurions le dire.
Les individus ont-ils désormais toute la latitude pour défier dorénavant
cette institution et refuser de se soumettre à sa volonté sans en subir un
rappel à l’ordre et sans courir un risque de sanction ? En tout cas, les
Togolais ne croient pas encore à leurs yeux et attendent de suivre un tel
feuilleton jusqu’à la fin, c’est-à-dire après le 18 janvier prochain, pour
comprendre qu’effectivement la FIFA d’hier « a cessé de vivre », et a
opté pour la prostitution.
Il
y a quelques mois, cette structure avait décidé d’auditer les trois
dernières gestions de la Fédération Togolaise de Football (FTF); à savoir la
gestion de Rock Balakiyem Gnassingbé, celle de Tata Adaglo Avlessi et enfin,
celle du Comité Provisoire de Gestion (CPG) dirigé par Bernard Walla. Il
faut signaler que contre toute attente, à cet audit exigé par le sommet du
football mondial, il n’y avait eu qu’un acteur pour se soumettre. Il s’agit
de Tata Avlessi. Les résultats, ayant été positifs, et en faveur de
l’audité, ceux qui s’attendaient à ce que ce dernier eût des problèmes et
fût grillé une fois pour de bon, n’ont pas eu gain de cause pour en faire
l’exploitation voulue.
L’ancien président de la FTF, Rock Gnassingbé et le Sieur Bernard Walla
avaient refusé de se prêter, quant à eux, à cet audit. Ainsi, au jour
d’aujourd’hui, Tata Avlessi demeure le seul en règle et le seul que l’audit
autoriserait à se positionner à nouveau pour briguer un autre mandat, si la
bonne gestion ou « l’indiscipline » poussant à refuser de se
soumettre à la volonté de la FIFA, devrait être un élément déterminant pour
briguer à nouveau la présidence ou à s’en voir écarter.
Il
faut dire que d’après des indiscrétions, certains Togolais amoureux du
football et techniciens de formation, très sensibles aux multiples
problèmes qui minent depuis une dizaine d’années environ le sport-roi
togolais, et n’ayant jamais eu à se salir dans ces histoires de crise à la
FTF, dès l’annonce de l’organisation d’un nouveau congrès électif, se
préparaient à participer à cette joute électorale. Au dernier moment, et eu
égard aux rumeurs qui circulaient selon lesquelles le candidat positionné
par « le président de la République Faure Gnassingbé », Pascal
Bodjona et consorts, rumeurs qui ne tarderont pas à devenir clameurs, ces
candidats, la mort dans l’âme, avaient préféré se mettre à l’écart. Nous
aurions personnellement aimé ne pas assister au retour de certains individus
(Tata, Améyi, Rock, Dogbatsè…) dans cette élection, afin que les électeurs
puissent donner à notre football toute la chance de se refaire une nouvelle
santé, mais hélas !
La
FIFA, pour sa part, fera-t-elle l’effort de se ressaisir pour éviter au
football togolais le triste spectacle par lequel il s’était illustré à
travers le monde il y a peu ? La situation que la FIFA est en train de créer
dans notre pays aujourd’hui en acceptant que des gens qui ont refusé de se
soumettre à un audit de leur gestion désordonnée et catastrophique, soient
candidats à l’élection qui a lieu dans moins de trois semaines, constitue un
précédant dangereux et grave que la FIFA devra assumer seule demain. Il ne
s’agira plus pour elle de jouer aux sapeurs pompiers à la Fédération
togolaise de football, mais de s’en prendre à elle-même.
En
tout état de cause, la FIFA de Sepp Blatter, serait-elle prête à réserver
une surprise désagréable à Rock Gnassingbé et à sa bande de souteneurs, s’il
remportait le scrutin ? En tout cas, dans d’autres pays, la FIFA n’avait pas
hésité à annuler des élections pour des raisons qui lui sont propres.
Laissera-t-elle faire des élections pour les annuler après, alors qu’elle
avait tous les moyens pour interdire à ceux qui n’ont pas accepté de se
soumettre à l’audit commandé et ne l’avait pas fait ? On croise les bras et
on attend de voir.
Alain Simouba |