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Polémiques autour de la célébration du 80ème anniversaire de l’union adja Togo : S’achemine-t-on vers un désamour au sein de la communauté Adja ?
Golfe info du 21 DEC. 2008

Le torchon brûle entre les Adja ressortissants de la préfecture du Moyen-Mono regroupés au sein du CRADEM (Cadre de Réflexion et d’Action pour le Développement du Moyen-Mono) et leurss frères du Bénin regroupés au sein de l’UAT (Union Adja Togo). En effet, les Adja du Moyen-Mono dénoncent l’attitude de leurs « frères » du Bénin qui projettent célébrer le 80e anniversaire de leur association autour du thème « affirmation de l’identité Adja ». Pour le CRADEM, le choix de ce thème « a pour corollaire de faire croire aux autorités togolaises et au monde entier que les Adja du Moyen-Mono animent  l’UAT avec ceux du Bénin ». C’est la raison pour laquelle ladite association a animé une conférence de presse ce mercredi 17 décembre 2008 pour faire savoir à l’opinion nationale et internationale que les Adja du Moyen-Mono ne se retrouvent pas dans l’UAT et que le CRADEM n’est ni de près ni de loin concerné par le 80e anniversaire de l’UAT.

Pour les membres du CRADEM, le thème choisi pour la célébration du quatre-vingtième anniversaire de l’association mutualiste UAT (« Affirmation de l’identité Adja ») n’est qu’une usurpation pure et simple de l’identité du peuple Adja de Tado, car elle aura pour conséquence de faire déplacer les prêtres et « Tassinons » (prêtresse) du trône royal de Tado ainsi que le chef canton de Tohoun, supposé représentant du trône royal de Tado. Et comme tel, « cette fête constitue une insulte infligée au peuple Adja du Togo en général  et en particulier aux Adja de la préfecture du Moyen-Mono ». C’est pour cette raison que cette association demande au ministre de l’Administration territoriale d’user de ses prérogatives pour faire avorter cette fête qui, d’après elle, « veut dévaloriser et instrumentaliser le trône royal de Tado ». Par ailleurs, le CRADEM estime que le 80ème anniversaire de l’association UAT ne concerne que ses membres adhérents. Cette célébration n’a donc, d’après cette association, rien à voir avec les Adja du Moyen-Mono, compte tenu de la genèse de l’UAT. « Nous ne leur interdisons pas d’organiser leur anniversaire. Seulement, qu’ils s’abstiennent d’associer le nom des Adja de Tado à leur festivité car nous ne sommes concernés ni de près ni de loin par cette célébration », a souligné Agnélé Christine Mensah, membre du CRADEM et native du Moyen-Mono.

En outre, les ressortissants de la préfecture du Moyen-Mono se disent indignés par le comportement du ministre Kokou Tozoun qui, bien que se disant natif de leur localité et «représentant» de celle-ci au gouvernement, est en train de cautionner cette fête organisée par l’UAT en procédant à la distribution gratuite de tissus pagnes et en mobilisant des jeunes pour un match amical de football.

A cet effet, ils recommandent au chef de l’Etat de leur trouver un autre interlocuteur « patriotique, crédible et de bonne foi » en vue de favoriser le développement du Moyen-Mono. Tout en se disant disposés à fraterniser et à collaborer avec les Adja du Bénin « dans des structures qui respectent la souveraineté du Togo et du Bénin », les membres du CRADEM ont tenu à rappeler à leurs « frères » de l’UAT qu’ils peuvent s’octroyer la nationalité togolaise conformément aux dispositions de la Constitution togolaise et non en « s’efforçant à tout prix d’être originaire de Tado, dans la préfecture du Moyen-Mono ».

Avant de formuler sa requête, le CRADEM a eu à faire un historique sur la création de l’Union Adja Togo dans le but de faire comprendre qu’il y a une nette démarcation entre cette association et les ressortissants du Moyen-Mono.

D’après eux, l’UAT est une association mutualiste créée en 1928 par les Adja de Dahomey (actuel Bénin), plus précisément ceux des villages de Houégamé, Djakotomé et Dogbo résidant à Lomé. L’UAT a vu le jour, selon la version du CRADEM, pour répondre aux soucis de protection sociale de ses membres résidents hors de leur territoire d’origine. Elle a fait son chemin jusqu’à connaître en son sein quelques membres Adja du Togo en 1945. Toutefois, ces Adja du Togo sortiront de l’UAT après l’autonomie de ce pays en 1958 et créeront une nouvelle association la même année. Celle-ci est dénommée Union Fraternelle des Ressortissants Adja Tado (UFRAT). La création de cette nouvelle association entraînera la colère des Adja du Bénin car, précise le CRADEM, « le flou de l’UAT leur permettait d’avoir facilement leur certificat de nationalité togolaise et par voie de conséquence d’avoir accès aux services publics et autres puisqu’ils s’identifient par rapport à Tado qui se situe sur le territoire togolais ».

Cette situation trouvera rapidement une solution sous l’égide de l’ancien président du Togo, Eyadèma Gnassingbé qui ordonnera en 1975 la création de l’Union des Ressortissants du Canton de Kpékplémé (URCK). Cette association consacrera définitivement la séparation entre les Adja du Togo et ceux du Bénin regroupés au sein de l’UAT.

Rodolph Tomegah

 
 

 
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