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Sokodé, le 20 déc 2008 -
Commencée dans la nuit du 19 décembre, la
compétition pour retenir les 7 finalistes de la première édition du festival
de musique traditionnelle Kétékpé, s’est poursuivie le 20 décembre de 8
heures à 15 heures. Le tirage au sort avait été déjà effectué dans la soirée
du 18 décembre dans la salle de conférence de l’hôtel de ville pour
détermine l’ordre de passage. Vendredi nuit donc, 4 groupes, Vis-à-vis de
Soudou, le Groupe Gnanta de Daoudè, Irou-Mila de Nigbaoudè et Essowavana de
Koumondè avaient déjà offert leur prestation dans la nuit du 19 décembre.
Restaient donc 11 groupes pour cette phase éliminatoire.
Chaque groupe ou orchestre a eu 20 minutes pour
s’exprimer. Les 4 membres du jury : messieurs Tchagodomou de Kadanbara, Abi
Saïbou, chef de Lama-Tessi, Lamani Simbé, proviseur du lycée moderne de
Sokodé et le Docteur Mama Fousséni, professeur à l’Université de Lomé,
anthropologue et président du présent jury et Me Morou, huissier commis
pour le festival devaient départager les 15 groupes sur la base de cinq (5)
critères, à savoir : la présentation, le thème de la chanson, l’harmonie, la
voix et la mélodie.
Aussi, chaque groupe, tout en s’efforçant de ne
respecter ces critères, a-t-il brillé pour tenter de séduire le public et
ravir ses applaudissements. Les textes chantés en
Tem
ont
véritablement séduit le public venu nombreux à cette première édition du
FESTEKPE puisque de temps en temps, à chaque action ou parole d’éclat des
chanteurs, le public accueillait par des hourras et des applaudissements,
allant pour certains jusqu’au standing ovationner
même
réclamer
que les
chanteurs recommencent.
Le langage est un langage métaphorique, imagé,
parabolique et philosophique, plein de proverbes et de dictons ; un langage
profond brodé sur des anecdotes de la vie quotidienne, surfant parfois, pour
la grand plaisir du public, sur les jeux de mots et de sonorités. C’est ce
langage qui a permis de véhiculer les thèmes de la scolarisation de la jeune
fille et du jeune garçon, de l’éducation familiale, de la délinquance, du
retard du peuple Tem, du trafic des enfants, du phénomène « Aguégué », ce
désastreux voyages pour des travaux de galériens au Nigeria, du VIH/SIDA
qualifié d’ « eau bouillante », de Dieu, des religions, des clans, de tout
ce qui freine le développement des Tem sur tous les plans. Le tout baignant
dans un humour hilarant, dans une dérision qui invite à réfléchir, porté par
des percussions réalisées parfois avec des coudes. C’était en tout cas
inédit pour la jeunesse habituée des rythmes ivoiriens, congolais,
américains et autres.
En marge de la compétition, d’autres groupes tels
que le groupe de Goumbé de Bafilo, le groupe Takaï et la déclamation des
poèmes du poète et chercheur ALI-TAGBA Tétérého ont également émerveillé le
public qui n’a pas vu le temps passé.
Près 7 heures d’horloge d’une compétition qui a tenu
son monde en haleine, le jury s’est retiré à l’hôtel Central pour délibérer
puis a proclamé les résultats de ces éliminatoires.
Résultats dans
le tableau suivant :
|
Rang |
Groupe |
Localité / village / quartier |
Points obtenus |
|
1er |
Irou-Mila |
Nigbaoudè |
156 |
|
2ème |
Bingbabou |
Tchawanda |
146,5 |
|
3ème |
Bona N’gana |
Tchawanda |
138,5 |
|
4ème |
Konni Na N’na |
Kéméni |
136 |
|
5ème |
Essovalè |
Bowounda |
133 |
|
6ème |
Vis-à-vis |
Soudou |
130 |
|
7ème |
Liberté |
Bola |
129 |
|
8ème |
Togo Nouveau |
Kpaza |
127 |
|
9ème |
Groupe Gnanta |
Daoudè |
125 |
|
10ème |
Casino Royal |
Lomé |
123 |
|
11ème |
Solingobou |
Kidèoudè |
112 |
|
12ème |
Essovalè |
Kolowaré |
101 |
|
13ème |
Mamatchi Biya |
Kri-Kri |
100 |
|
14ème |
Essowavana |
Koumondè |
95 |
|
15ème |
Soréda |
Kpengbélé |
92 |
Il faut rappeler que seuls les 7 premiers prendront
part à la finale du 21 décembre 2008. Une finale qui s’annonce
effervescente et haute en couleurs.
Dans l’après-midi des sorties touristiques ont été
organisées pour faire découvrir la faille d’Alédjo, les ateliers de
tisserands et le cimetière européen.
Cette sortie n’ôte en rien l’impatience des
populations de Sokodé et de ses environs de voir la finale du 21 décembre.
Cette date, c’est le lieu de le signaler, pour longtemps, restera gravée
dans la mémoire du peuple Tem comme une nouvelle naissance, une renaissance.
Et seul l’avenir déterminera la croissance de cet
enfant né de ce premier festival. |