|
Le
gouvernement togolais s’est lancé dans un vaste chantier de modernisation de
la justice, nous dit-on souvent. Cet ambitieux programme chiffré à des
dizaines de milliards de francs CFA bénéficie de l’appui financier et
technique des partenaires en développement, et principalement du PNUD et de
l’UE. Mais depuis que ce programme de modernisation est annoncé tambour
battant, les Togolais n’assistent à aucune évolution sur le terrain. La
fameuse modernisation se limite à des réunions d’évaluation, à des
séminaires, à des ateliers de validation, bref, à des discours pour flouer
les partenaires en développement. Il ne peut en être autrement. Car
elle ne saurait se traduire dans les faits si le pouvoir qui en est
l’instigateur, souffre lui-même de déficit de légitimité et fonctionne sur
la base de la corruption généralisée.
Les
actes et faits de ces derniers jours confirment à suffisance cette réalité à
savoir que le RPT malgré les milliards de la communauté internationale
ne peut dépoussiérer notre justice de la corruption, de la concussion, des
abus d’autorités. La crise au sein de l’APMT dont certains espéraient
qu’elle permettrait aux magistrats de faire leur autocritique et au pouvoir
de nettoyer les écuries n’était en fait qu’une tempête dans un verre d’eau,
voire une diversion pure et simple. Le président de la Cour
Constitutionnelle, président de l’APMT dans son rôle de justicier, a
nommément accusé sur les médias d’Etat le président de la cour d’appel en la
personne de Abalo Pétchélébia d’avoir illégalement trempé dans une affaire
de 200 millions de francs CFA. « Ce n’est pas à moi qu’on dira
qu’il n’y a pas de corruption dans la justice lorsqu’un haut magistrat, en
l’occurrence le président de
la Cour d’Appel du
Togo somme une institution financière, en l’occurrence une banque, la BIA,
de payer 200 millions à un individu alors qu’il n’y a aucun lien juridique
qui lie la BIA, et cet individu »,
disait Aboudou Assouma sur la TVT il y a de cela quelques jours. Cette
révélation du président de l’APMT n’est certainement qu’une infime partie de
la carrière sulfureuse du juge Pétchélébia qui avait même siégé à la CENI
pour le compte du RPT. Dans un pays normal, ou du moins dans un pays où l’on
évoque la modernisation de la justice, cette révélation suffit pour qu’une
enquête judiciaire soit menée autour de la personne du président de la Cour
d’appel. Mais, contre toute attente, au dernier conseil des ministres, c’est
le présumé corrompu qui prend une promotion par sa nomination à la plus
haute juridiction du pays à savoir la Cour Suprême.
Au
sein de la magistrature et même du côté des auxiliaires de justice, c’est
l’indignation totale et personne ne comprend les motivations de cette
nomination surtout qu’il existe au sein de la Cour Suprême des conseillers
qui, selon les dispositions de la magistrature, sont les plus indiqués à
être nommés à ce poste. Cette nomination qui intervient juste au lendemain
de la journée internationale contre la corruption célébrée avec faste par
les autorités et marquée par un discours de dénonciation de la corruption du
Premier ministre, traduit à juste titre la duplicité du RPT et
principalement de Faure Gnassingbé qui, depuis son arrivée au pouvoir,
multiplie les saupoudrages et les rafistolages pompeusement brandis comme
des reformes.
Les
partenaires en développement qui accordent une quelconque crédibilité aux
professions de foi des autorités togolaises de moderniser la justice peuvent
déjà se faire une autre opinion. On est d’avis avec ceux qui estiment que la
reforme de la justice est un processus long qui ne se limite pas seulement à
la gestion qualitative et efficiente des ressources humaines mais aussi à
d’autres aspects que sont les infrastructures, la révision de la carte
judiciaire, la formation et la documentation, les ressources financières,
l’informatisation, la baisse des frais de justice etc. Mais à quoi sert de
financer tous ces secteurs à des milliards de francs si ceux qui sont
appelés à dire le droit en l’occurrence les magistrats sont des corrompus ?
Tout le problème de Faure réside là, et pour le comprendre, il faudra poser
la question de la légitimité même du pouvoir en place qui veut moderniser la
justice. En d’autres termes, aucune modernisation de la justice au Togo ne
saurait réellement se traduire dans les faits si la question de la
légitimité du pouvoir RPT n’est pas réglée. L’ancrage de l’Etat de droit
dont la justice est un allié indispensable ne peut se faire que par un
régime démocratique garant de la légitimité des institutions républicaines
qui permet à la fois de renforcer les acquis démocratiques et de s’assurer
une saine gestion des affaires publiques à travers l’obligation de
responsabilité et de transparence. Or, de la légitimité et de la démocratie,
le Togo n’en dispose pas sous le régime RPT et partant de là, la
reforme de la justice est un leurre. En conséquence Faure Gnassingbé ne fait
que suivre la logique du système qu’il incarne, c’est-à-dire un pouvoir qui
tire sa légitimité de la force brute et des coups de force électoraux. Les
pseudo réformes ne sont que de la poudre aux yeux.
Ferdi-Nando
Le personnel
de la Santé annonce une grève pour le 22 décembre : Vers une catastrophe
sanitaire dans les hôpitaux et dispensaires publics
Suite aux différentes menaces du corps médical du secteur public togolais,
beaucoup ont craint une fin d’année difficile voire désastreuse.
Apparemment, rien ne semble dissuader ledit corps d’exécuter ses menaces.
Pire, les événements s’annoncent plus dramatiques que prévu.
Dans les hôpitaux et
autres centres de santé publics du Togo, c’est la grande inquiétude sur les
visages des patients et de leurs parents. De l’autre côté, c’est la
détermination du personnel soignant à se faire
« écouter ». Qquel qu’en soit le prix.
Un préavis de grève
est actuellement déposé sur la table des autorités de tutelle de la santé,
selon des sources proches des revendicateurs. Ce préavis avertit que si rien
n’est fait pour rehausser la prime de risque, objet du bras de fer, à
30 000FCFA, le personnel soignant sera en grève du 22 au 26 décembre
prochain sur toute l’étendue du territoire. La présence de délégués des
personnels de santé de l’intérieur du pays, à Lomé la semaine dernière,
indique selon les délégués, que
« tout le corps médical national, de Lomé à Cinkassé est mobilisé » pour
une cause qu’ils estiment « nationale et commune ».
Du côté du
gouvernement, l’Etat ait voir nullement les moyens de satisfaire ce qu’on
considère un peu comme des « caprices d’adultes ». L’Etat, lui,
propose un appui ponctuel de 250 millions FCFA au titre de l’année 2009,
pour tout le corps national ; ce qui revient à près de 7 000 FCFA.
Ainsi la tension ne
cesse de monter entre les deux camps, à tel point que le personnel dit ne
pas pouvoir s’émouvoir devant des cas de programmes ou d’urgence, dès que le
débrayage se déclenche.
Dans ces conditions,
c’est un très véritable catastrophe sanitaire qui s’annonce au Togo.
Déjà que le personnel
est dit insuffisant par les autorités et qu’il est fréquent de passer
plusieurs semaines à rechercher un médecin dans un centre de soins public,
beaucoup craignent des décès en vague pendant la période des grèves. C’est
d’ailleurs le moyen de pression dont disposent les syndicalistes qui n’ont
pas choisi les dates (dont le 25 décembre) innocemment.
Vu que les urgences
abondent pendant les périodes de fête, les débrayeurs exigent satisfaction
avant ces périodes au risque d’abandonner les patients à leurs sorts.
D’ailleurs le collectif des syndicats du personnel de santé a appelé la
semaine dernière la population à se tenir prêt pour se diriger vers des
centres privés au jour J, si ces centres existent et pour ceux qui en auront
les moyens.
Pour l’instant, c’est
la panique dans les centres de santé publics, la détermination auprès des
débrayeurs et ….la fermeté du gouvernement.
Maxime Domegni
De la FICK au
SICKA : Une affaire qui frise la révolte
La Foire
Industrielle et Commerciale de Kara (FICK) est morte, vive le Salon
Industriel et Commercial de Kara (SICKA) ! Tel est l’aboutissement d’une
lugubre affaire qui voit un honnête citoyen se faire déposséder de son
projet par un groupe d’individus se réclamant du sérail du pouvoir. Une pure
démonstration de la capacité de nuisance des nouveaux maîtres du Togo ou de
leur entourage immédiat qui usent de tous les moyens pour asservir le
peuple. Pendant ce temps, Faure Gnassingbé qui incarne un système vieux de
40 ans semble préoccupé par autre chose. Une manière de laisser le champ
libre aux « faucons » qui ont juré « devenir milliardaires » dans une danse
macabre sur la tombe du Togo.
Elle était annoncée comme un projet de relance du développement de la partie
septentrionale du Togo et elle a tenue cette promesse par sa première
édition. Elle, c’est la Foire Industrielle et Commerciale de Kara (FICK),
une biennale qui a été inaugurée le 19 décembre 2006 par Faure Gnassingbé en
personne, à Kara. Mais, obnubilé par le succès de la première édition et
alors que les organisateurs travaillaient d’arrache-pied pour rééditer
l’exploit, un groupe d’individus arrivistes de surcroît, commence par agir
dans l’ombre pour récupérer ce projet à son compte. S’appuyant sur une
phrase plus tribaliste que le mot : « le développement de
la Kozah doit être
l’œuvre des fils de cette région »,
ils ont tout mis
en œuvre pour court-circuiter l’organisation de la deuxième édition de
la FICK. Le
bon sens se demande où étaient justement ces fameux « Fils de
la Kozah »
quand Tinos Class initiait le projet de la FICK. Pis encore, ils se sont
fait passer pour les initiateurs de cette manifestation. Et, pour arriver
définitivement à leur fin, ce groupe lance, le 24 octobre 2008, le Salon
Industriel et Commercial de Kara (SICKA) sur le corps encore chaud de la
FICK.
Tout avait commencé juste après l’organisation de la première édition de la
FICK du 15 au 30 décembre 2006. Tinos Class, le maître d’œuvre de la
réussite de cette manifestation plurisectorielle qui a regroupé plusieurs
exposants et accueilli plus de 50000 visiteurs a été alors approché par des
« amis » voulant l’accompagner dans ce projet. « Et pourtant, je
leur avais fait cette proposition mais, ils n’ont pas réagi, croyant
sûrement que ce sera un échec », explique-t-il. Il affirme ne pas avoir
rejeté cette main tendue et décision fut prise de se revoir pour planifier
cette coopération. Mais, de décembre 2006 à février 2008, silence radio.
Après le lancement officiel de la deuxième édition, le 26 février 2008, ce
groupe se manifeste de nouveau et exprime sa volonté de faire les comptes en
vue de rembourser les créanciers. Engagement a été alors pris, suite à la
consultation des pièces comptables, de payer les 21 millions de FCFA de
déficit occasionné par cette manifestation.
« Un protocole d’accord a même été signé, le 14 avril 2008 »,
ajoute M. Class.
Mais, mal lui en prit car, à partir de cette date et ce, jusqu’en septembre,
il n’aura aucune nouvelle de ces nouveaux « associés ». Rien, pas
même les sommations par huissier, n’ont pu faire sortir ce groupe de son
silence retentissant. « C’est dans cette situation que je me trouvais
quand, à ma grande surprise, ces individus procèdent au lancement de SICKA,
le 24 octobre 2008 », avoue-t-il, amer. Hervé Awïdè Pana, chargé de la
communication de cette manifestation, use alors de tout bois pour faire
croire à l’opinion et aux opérateurs économiques que la FICK est devenue le
SICKA. En témoigne l’adresse mail de la FICK figurant en bas de la carte
d’invitation à la cérémonie de lancement du SICKA. Et Tinos Class d’enfoncer
le clou : « c’est par cette supercherie qu’ils ont détourné les exposants
qui s’inscrivaient au SICKA croyant le faire à
la
FICK ».
Décidé à rentrer dans ses droits, M. Class écrit plusieurs courriers à la
Présidence de la République. Aucune réponse ! Il demande alors audience
auprès de Faure Gnassingbé, toujours impossible. C’est alors qu’il se rendit
compte que ses détracteurs avaient des entrées faciles dans les sérails du
pouvoir au point de détourner ses courriers et de saboter ses demandes
d’audience. Il saisit la Justice mais, il n’a pas gain de cause. « Tu
peux aller où tu veux dans ce pays, tu n’auras jamais raison »,
s’entend-il dire. S’en suivent des menaces, des intimidations et autres
pressions de toutes sortes. « Même des directeurs de radios et de
publications ont été sommés de ne pas passer les annonces de
la FICK et une
campagne médiatique d’intoxication est orchestrée contre ma personne»,
poursuit-t-il.
Se
retrouvant seul contre tous et face à la hargne de nuire de ses détracteurs,
M. Class abdique et range la FICK dans les tiroirs. « Ce n’est pas par
peur mais, simplement pour leur prouver qu’il y a plusieurs autres
opportunités d’affaire dans ce pays. Je suis certain que
la Justice Divine tranchera tôt ou tard dans cette affaire et c’est à elle
seule que je me confie désormais », conclut-t-il froidement.
Une
source proche du salon Industriel et Commercial de Kara (SICKA) qui s’ouvre
le 20 décembre prochain a reconnu, sous anonymat, le problème qui les oppose
à la FICK. « J’ai plusieurs fois conseillé les deux parties pour un
règlement à l’amiable de ce différend », a confié la source. Mais,
toutes les tentatives de conciliation ont achoppé sur le montant des dettes
à rembourser. « C’est à peine si au cours de la dernière réunion,
Ably Bidamon et Tinos class ne sont pas venus aux mains », continue la
source.
Cette situation a le mérite d’exacerber le problème et de « braquer »
le groupe du SICKA qui aurait juré « en finir avec Tinos Class ».
D’où les manigances pour décourager l’organisation de la FICK censée
commencer le 19 décembre prochain. « On peut tuer
la FICK mais, les voleurs du projet ne peuvent pas l’exploiter à bon
escient », prévient M. Class.
Au
delà de cette affaire FICK / SICKA, c’est la problématique de la sécurité
des opérateurs économiques qui semble se dégager. Car, si un Togolais se
voit ainsi déposséder de son projet enregistré auprès du ministère du
Commerce février 2006 et qui a reçu l’aval des plus hautes autorités, qu’en
sera-t-il d’un investisseur étranger ? Et dire que Faure Gnassingbé est
annoncée à la cérémonie inaugurale de cette manifestation érigée sur du
« faux ».
Edem K. Assignon
F.T.F. : Trois
prétendants, un fauteuil : Tata Avlessi, Espoir Sronvi et Winny Dogbatsè,
les dindons de la farce électorale du 18 Janvier ?
Les
entreprises de déstabilisation du Bureau exécutif élu le 09 janvier 2007
avaient pour visages Tata Avlessi, Winny Dogbatsè et Espoir Sronvi même si
le vrai fomenteur était le sommet de l’Etat togolais. Ces trois
mousquetaires étaient manipulés, instrumentalisés et bluffés à tous égards
lorsqu’on leur faisait croire que l’unique nœud du problème serait le fait
que Faure Gnassingbé ne voulait pas de Gabriel Améyi à la direction du sport
roi togolais. Même si cela s’avère, l’objectif principal des comploteurs
n’est nullement de chasser Gabriel Améyi pour faire revenir Tata Avlessi ni
pour le faire remplacer par Winny Dogbatsè et sa clique encore moins par
Espoir Sronvi. Mais ceci a gravement échappé à nos mercenaires devenus
dindons de la farce électorale du 18 janvier prochain.
Cette réflexion serait difficile à comprendre, tellement elle est en avance
sur les événements. Mais elle vaut la peine d’être menée. Ce qui s’est passé
mardi 9 décembre 2008 dernier dans les bureaux du Ministre chargé des Sports
et des Loisirs dépasse tout entendement. Au vu et au su de tout le monde, le
Ministre des Sports a réuni Rock Gnasssingbé, Gabriel Améyi et Essoyaba
Boukpessi pour palier à la défection de Winny Dogbatsè et confectionner ce
qui apparaît désormais au grand jour comme la liste officielle du
gouvernement pour les élections du 18 Janvier 2009 à la Fédération Togolaise de Football (FTF).
Dans toute l’histoire du football togolais, c’est la première fois que
l’Etat intervient de façon aussi flagrante et aussi péremptoire dans le
processus électoral à la FTF. Même du temps de feu Général Président Eyadéma,
en particulier pour les deux mandats de son fils Rock Gnassingbé à la tête
de la FTF, on y a mis un peu de manière. On a fait en sorte que la chose
n’apparaisse pas aussi politisée qu’elle l’est aujourd’hui.
A
part toutes les manœuvres visant à déstabiliser le bureau exécutif depuis la
suspension de Tata Avlessi par les instances juridictionnelles de la CAF à
la concoction inopportune des signatures des 2/3 des membres en passant par
le Congrès de Sokodé, les attaques par presse interposée, tout est parti de
l’inique feuille de route arrachée aux forceps à la Fifa en violation de
toutes les dispositions statutaires qui régissent la fédération avec l’appui
du Président de la fédération lui-même. Si Tata Avlessi s’était opposé à la
manœuvre aux côtés de ses collègues élus, elle n’aboutira jamais. Gabriel
Améyi en son temps a su mobiliser les autres pour s’opposer à la forfaiture
du CPG du tandem Gnofame-Bernard Walla et le coup avait échoué. A l’époque,
nous étions les pratiquement les seuls à dénoncer l’illégalité du CPG. De
même, nous faisions partie des rares organes qui avaient déclaré que l’acte
arraché par le gouvernement auprès de la FIFA est illégal car il ne respecte
pas les lois qui régissent la Fédération, mais nous étions fléchés de toutes
parts traités de suppôts d’Améyi alors que simplement, nous assumons notre
job, en dénonçant les actes illégaux des tenants du pouvoir. Mais les
ambitions démesurées de certains acteurs et la cécité intellectuelle d’une
partie de la presse ont aidé le pouvoir politique à assouvir ses desseins
machiavéliques de façon sournoise.
Tatat Avlessi était manipulé à croire que Gabriel Améyi avec qui il devait
s’entendre pour diriger la fédération sera « balayé » et Faure Gnassingbé
lui servira une nouvelle présidence sur un plateau d’argent. Winny Dogbatsè
et Espoir Sronvi sont ses principaux activistes prêcheurs de la bonne
nouvelle de l’impossibilité d’union et de travail au sein du bureau
exécutif. Leur mission est de bondir sur toutes les petites occasions pour
les amplifier, les envenimer et d’intoxiquer l’opinion pour faire croire que
ce bureau ne peut jamais fonctionner.
En
réalité, ce sont des pantins agités par le pouvoir contre leurs propres
intérêts pour atteindre un objectif bien précis : celui de faire
revenir Rock Gnassingbé pour régler un contentieux familial. Et voilà où
l’on en est avec la fameuse situation créée par l’imminente retour de Rock
Gnassingbé aux commandes du football togolais.
Sans préjuger de la valeur des personnes qui sont sur les listes candidates,
on constate que le trio de tête de la liste « Gagnons ensemble » se compose
d’un Colonel, (fils de l’ancien Président de la République, frère aîné de
l’actuel Président de la République et du Rassemblement du Peuple Togolais (RPT),
parti au pouvoir) et de deux Députés du RPT même si un ne siège pas au
Parlement. Pour une gestion partisane du problème de la FTF, impossible de
faire mieux. Dans les conditions actuelles, on ne voit pas ce qui pourrait
empêcher l’arrivée du tandem Rock – Améyi à la tête de la Fédération.
Celui qui apparaît désormais comme le grand perdant dans ce scénario, c’est
incontestablement Tata Avlessi, Espoir Sronvi et Winny Dogbatsè. Ce dernier,
partisan forcené du schéma Rock, pensait obtenir la première
Vice-présidence, considérant qu’entre Améyi et lui, il était
incontestablement, le plus apte à la fonction ce qui en soi, reste à
démontrer. Ayant poussé trop les enchères, il fut sorti de la liste et selon
les recoupements aurait tenté d’y revenir par le biais de plusieurs
interventions mais trop tard.
Si
cette information n’est pas vérifiée, la grande question que tout le monde
se poserait aujourd’hui est de savoir pourquoi et comment Winny Dogbatsè a
fini par refuser de rallier la liste Rock alors que, selon les indiscrétions
parvenues à nos rédactions à l’issue des premières tractations, le schéma
ayant abouti à cette liste serait un « ordre présidentiel » auquel il a
adhéré en premier lieu, allant jusqu’à proposer le slogan de la liste
« Gagnons ensemble »?
Dans un pays comme le Togo où l’essentiel des pouvoirs d’Etat est concentré
entre les mains d’une seule personne, sauf à être un leader politique connu
et reconnu de l’Opposition, on ne refuse pas un ordre du Chef de l’Etat.
Mais, aussi incompréhensible qu’elle puisse paraître, l’attitude de Winny
Dogbatsè peut s’expliquer.
En
effet, il n’est plus un secret pour personne que le grand parrain initiateur
de la candidature de Winny Dogbatsè n’est autre que le Général Gnofame, le
tout puissant patron du Comité national olympique togolais (CNOT). Ce
dernier aurait-il dissuadé Dogbatsè de céder à la pression présidentielle ?
Rien n’est sûr puisque, Boundjou Dahoune, qui était son adjoint direct
et qui a finalement rejoint la liste Rock est l’homme de main du Général et
ne peut le quitter sans l’aval de ce dernier. Dogbatsè a-t-il perdu alors le
soutien de son mentor ? L’avenir nous situera.
Le
grand tort de Dogbatsè, de Tata Avlessi, d’Espoir Sronvi et de tous leurs
acolytes c’est de constamment oublier le facteur politique que nous
dénoncions et d’ignorer que l’élection à la FTF n’est pas une élection au
suffrage universel et qu’il ne suffit pas d’être populaire pour être élu. Si
la popularité était le facteur déterminant pour gagner les élections à la
FTF, Rock Gnassingbé et Améyi de qui ils ont présenté une image répugnante,
n’ont aucune chance. Améyi jouit d’une image désastreuse auprès de l’opinion
et non au sein de la grande famille du football. Pour preuve, au moment où
Dogbatsè, Sronvi et Tata qui se prennent pour les plus populaires au
sein de l’opinion avaient toutes les peines pour réunir sept signatures en
deux semaines, Gabriel Améyi en réunissait 28 pour bloquer une des manœuvres
de déstabilisation. Plus loin, Rock Gnassingbé porte un nom qui ne constitue
pas un atout pour gagner des élections démocratiques. Et pourtant, le soir
du 18 Janvier 2009, dans à peu près un mois, c’est probablement le tandem
Rock – Améyi qui dirigera la FTF.
Dans ce contexte, le seul avantage de la candidature Dogbatsè et de Tata
Avlessi, c’est de donner un vernis démocratique au processus électoral. Tout
le monde s’accorde à reconnaître que la décision de Dogbatsè de maintenir sa
liste et de ne pas rallier la liste Rock a été une grave erreur stratégique
pour au moins trois raisons.
La
première, est de le faire apparaître comme un « opposant » à une instruction
présidentielle. Dans l’entourage de Dogbatsè, on se défend d’avoir désobéi
au Chef de l’Etat, ce dernier n’ayant jamais ouvertement déclaré à qui que
ce soit, même indirectement, son soutien à Rock. L’alibi paraît bien mince.
Intrinsèquement, le président de Gomido ne dispose pas non plus des
arguments les plus sérieux pour convaincre les électeurs et l’opinion. Son
principal argument est ce qui est véhiculé par son entourage qui le présente
comme plutôt le Candidat qui a le soutien du Président de la République et
que le scénario Rock Gnassingbé n’est monté que par le tandem Bodjona-Tchaou
pour plaire à Faure Gnassingbé.
Au
soir du 18 Janvier, Tata Avlessi qui demeure apparemment le seul président
dans d’une institution qui, dans l’Histoire, a remis bêtement son mandat en
jeu pour en courir après, Winny Dogbatsè et Espoir Sronvi qui sont les
fossoyeurs de l’ancien bureau, et autres encore y compris certains de nos
confrères qui sont des caisses de résonance spécialistes des analyses
rase-mottes, apparaîtront sans doute comme les grands dindons d’une farce
électorale dont les contours semblent déjà dessinés.
Le
cas particulier de Tata Avlessi paraît très intéressant. Rock Gnassingbé
aura à cœur de lui infliger une belle défaite pour ce match retour lors de
cette comédie électorale. Tata s’est laissé manipuler pour son
autodestruction. Selon ses proches, il a maintenant compris que la voie de
la réconciliation avec Améyi prônée par tous, y compris notre rédaction,
l’ex-ministre Antoine Folly (qui avait tenté un rapprochement entre les
membres de la fédération, une démarche décriée par l’entourage de Tata et
une partie la presse proche de lui) et qu’il avait systématiquement refusé
était le scénario le plus bénéfique pour lui. Antoine Folly n’est plus
ministre des Sports et le 18 Janvier, Tata ne sera plus Président de la FTF.
A leurs places respectives, on trouvera Tchaou et Rock. Gabriel Améyi, quant
à lui sera là avec tous ses combattants. Qui a perdu finalement ?
Le
tandem Rock – Améyi apparaît aujourd’hui dans le contexte togolais comme une
solution de moindre mal à la crise togolaise (puisqu’entre deux maux, il
faut choisir le moindre et éviter le pire). Rock Gnassingbé a dû obtenir de
son frère des garanties notamment sur l’implication financière de l’Etat
dans la gestion du football togolais et plus particulièrement de l’Equipe
nationale avant de s’y engager finalement.
En
plus, cette liste devrait amorcer une véritable réconciliation au sein de la
grande famille du football togolais. Elle résout du coup la difficile
équation de Faure Gnassingbé qui, en 2007, avait pu donner l’impression de
n’avoir pas beaucoup soutenu Rock face à Tata. Certaines langues vont même
jusqu’à susurrer un soutien de Faure à Tata pour faire échouer son frère
Rock. Sa nomination au poste de Directeur Général Adjoint au Port Autonome
de Lomé serait une façon pour le Chef de l’Etat, de calmer la colère de son
frère. Mais l’homme n’est pas un avide d’argent pour ce faire calmer par
ceci. D’où l’impérieuse nécessité de le faire revenir.
Le
ticket Rock – Améyi dont on dit qu’il a été concocté de longues dates par
l’ancien ministre Antoine Folly, donne l’occasion à Faure de réparer le
« tort » qu’il a pu causer à son frère aîné en 2007.
L’attelage Rock – Améyi ne paraît pas contre nature aux yeux de plusieurs
observateurs. Les deux hommes étaient ensemble en 2007. C’est la lenteur de
Rock Gnassingbé d’investir et de s’investir dans la campagne comme cela se
devait qui avait conduit à sa perte. Cette fois-ci, la donne a changé. Le
mode de scrutin force à la solidarité de groupe. Pourvu que chacun joue sa
partition. Et nous souhaitons que les événements nous démentent demain,
sinon Tata Avlessi et son candidat directeur de campagne, Espoir Sronvi et
Winny Dogbatsè (s’il ne venait pas à retirer sa liste) n’auront que leurs
yeux pour pleurer !
Dimas Dzikodo |