Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Carrefour Contact
ACTUALITÉ / NEWS
Dépenses d’investissement en 2009 : Ce que pèsent les départements ministériels
L'Union #156 du 12 déc. 2008

            Il est acquis qu’au regard de l’orthodoxie financière qui doit guider la gestion d’un pays, toutes les recettes et les dépenses doivent être prévues au préalable. Ceci devra retracer l’ambition des politiques pour atteindre le développement local. A priori, le pouvoir de Faure Gnassingbé veut restaurer cette logique, à travers l’exposé des motifs qui accompagne le projet de loi de finances gestion 2009.  

            Dans notre parution du 28 novembre 2008 (L’Union n°154), nous évoquions la prévision à la hausse des finances publiques pour l’année 2009. Selon le projet actuellement défendu devant la commission des finances du parlement par le gouvernement, le montant total des investissements –s’il est adopté en l’état– s’élève pour l’année prochaine à 94,6 milliards de francs Cfa contre 63,7 milliards en 2008, soit une augmentation de 48,5%, à raison de 31,6 milliards sur ressources internes et 63 milliards sur ressources externes. Une hausse qui s’explique par la volonté de financer le développement en mettant un accent particulier sur les secteurs économiques porteurs de croissance à travers le Programme d’Investissement Public (PIP) 2009. Huit secteurs se partagent la vision de l’Exécutif, par ordre décroissant.

L’Administration et le développement

         A l’analyse, l’Administration et le développement des infrastructures battent le record. Ce secteur regroupe les sous-secteurs de l’énergie, des transports, de l’hydraulique, de l’urbanisme et de l’habitat et joue un rôle déterminant dans la relance économique, selon le gouvernement. Il devra engloutir 35,805 milliards de francs Cfa, soit 37,8% du PIP pour financer les projets en cours et entamer de nouveaux chantiers notamment l’amélioration de la production de l’énergie électrique, la réhabilitation et l’extension du réseau routier fortement endommagé. Ainsi, une dotation de 4,3 milliards est destinée à affronter la crise énergétique qui sévit depuis plus de deux ans et renforcer le cadre institutionnel du département. C’est dire que l’accalmie actuelle ne signifie point la fin du délestage. 20,3 milliards de francs Cfa alloués aux transports soutiendront la réhabilitation, le renforcement et le bitumage des tronçons comme Tandjoaré-Cinkassé-frontière Burkina Faso, Aflao-Hilacondji (Ghana-Bénin) et Dapaong-Ponio-frontière Burkina Faso, en vue d’améliorer la circulation, rendre plus compétitif le Port de Lomé et améliorer les échanges communautaires (Cedeao, Uemoa).

       Entre autres actions, la reconstruction des ponts détruits, la construction et l’entretien des pistes rurales pour désenclaver les zones agricoles et l’entretien (déjà visible) des routes revêtues et non revêtues en dégradation à Lomé et dans certaines grandes villes. Approvisionner en eau potable des milieux ruraux et urbains et assainir Lomé et les grandes villes à travers les travaux de haute intensité de main d’œuvre coûteront 11,2 milliards à l’Etat. A ceci s’ajoute l’élaboration du plan cadastral pour les localités de plus de 5.000 habitants et l’établissement des schémas directeurs des villes.

La Santé et les affaires sociales

       La Santé et les Affaires Sociales occupent le second rang des ambitions de l’équipe de Gilbert Houngbo, pour 35,4 milliards de francs, soit 37,4% du PIP. Avec 35,3 milliards du PIP 2009, la Santé enregistrera des programmes et projets liés aux Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) : réduction de la mortalité infantile, amélioration de la santé maternelle, lutte contre le SIDA et le paludisme, … on devra ainsi renforcer les capacités institutionnelles, améliorer les infrastructures et équipements sanitaires qui donnent l’idée des hôpitaux oubliés, réhabiliter les centres hospitaliers régionaux, etc. Du coup, l’Action sociale en pâtit, avec 145 millions de francs pour faire la promotion de la femme et la protection sociale et atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

       10,6 milliards de francs pour l’Administration générale et financière. Ici, il faudra se préoccuper de plusieurs départements ministériels, essentiellement des dépenses liées aux administrations financières et fiscales, la mise en place des réformes pour la bonne gouvernance et la lutte contre la pauvreté, la réalisation des enquêtes statistiques pour le pilotage de l’économie. Le constat est que le Togo manque de ressources humaines dans les secteurs d’activités. Pour l’heure, les dépenses en matière de passation des marchés publics, de la réhabilitation, de la construction et de l’équipement des services administratifs sont exécutés par les ministères concernés, avec la tutelle du ministère de l’Economie et des Finances.

Production et commerce

       Le secteur Production et Commerce bénéficiera d’une dotation de 8,1 milliards de francs, soit 8,6% du budget d’investissement, pour couvrir l’agriculture, le commerce, l’industrie, l’artisanat, le tourisme et les ressources forestières. L’agriculture s’arrache 6,5 milliards en vue de poursuivre le programme de sécurité alimentaire, diversifier la production agricole, améliorer l’élevage et la pêche, poursuivre la restructuration des organisations paysannes, renforcer les structures d’appui au monde rural, … Les autres sous-secteurs (qui pèsent pour autant avec la promotion des PME/PMI) auront 200 millions de francs. A coup sûr, l’accent sera mis sur la construction des hangars de marchés.

       Avec 2,8% du total des investissements, on veut améliorer les performances du système éducatif. Et la gratuité des frais scolaires en vue d’assurer une éducation primaire pour tous en 2015 suivant les OMD oblige à renforcer les conditions d’accueil des apprenants et la qualité de l’éducation à travers les infrastructures et équipements adaptés et la formation initiale continue. Sans oublier les besoins sociaux et pédagogiques des universités de Kara et de Lomé. 2,6 milliards sont mis dans la cagnotte.

Défense et sécurité

       La défense, l’ordre et la sécurité vaudront 1,6 milliard de francs. L’objectif est de moderniser la justice, équiper les services de l’ordre et réhabiliter les tribunaux et maisons d’arrêt de l’intérieur du pays.

       Comme à l’accoutumée, la culture, le sport et les loisirs sont les enfants pauvres. Les trois sous-secteurs pèseront en tout 237 millions, soit 0,3% du PIP 2009. Le montant servira à la réhabilitation des infrastructures et à l’acquisition des équipements pour les organes publics de communication (radio, télé et agence de presse). La culture sera promue à travers l’équipement des centres d’actions culturelles.

       La souveraineté ferme la marche par une dotation de 180 millions, soit 0,2% du PIP, à partager entre l’Assemblée nationale, la HAAC, la CNDH, la Cour constitutionnelle, la justice, etc.

Il sera simplement répliqué que les moyens de la politique sont «Nègres», l’ambition est «Hélène». Vivement que la guerre contre la fraude et la corruption ne reste pas dans les mots, pour un accroissement des recettes publiques à réinvestir dans le développement tant souhaité à la base.

Sylvestre D.


Santé publique : Opérer des contrôles inopinés dans les marchés

            Il n’est pas attaquable d’affirmer que le marché togolais est inondé des produits douteux. Un simple détour au grand marché d’Adawlato permet de comprendre un phénomène douteux. Alors même qu’avec la montée incessante des prix des produits de première nécessité, on s’attendait à aller au pire pendant ces fêtes de fin d’année, ce sont des cris de «Midé woa dji» (littéralement, les prix sont cassés) qui assaillent les clients de ce pôle commercial. D’aucuns parleront de liquidation si la loi du commerce était respectée. En exemple, des boîtes de sardine sont vendues à 200 francs, des pâtes alimentaires livrées à 150, 200 voire 250 francs. Contre, respectivement, 275 et 350 francs CFA il y a quelques jours. A l’observation, on s’en rend compte de l’absence totale de la date de péremption, parfois du pays d’origine. Et on peut aisément comprendre qu’il s’agit de produits périmés dont les emballages sont simplement nettoyés par des commerçants qui jouent sur l’ignorance des clients. Combien de Togolais prennent la peine de vérifier les dates de péremption à l’achat d’un article ? Mieux, on s’en réjouit de retrouver plutôt le même article à un bas prix.

       La semaine dernière, le ministre délégué chargé du Commerce, Guy Lorenzo, pensait être dissuasif en faisant diffuser un communiqué qui signale la circulation des produits périmés sans date sur les marchés nationaux. Avec une approche qui rappelle simplement que «les contrevenants aux dispositions de la loi n°99-011 sont exposés aux sanctions prévues». Par le jeu des intérêts opposés de l’Exécutif (sauvegarde de la santé publique) et du commerçant (recherche sans pitié du profit), il urge d’activer les services de contrôle technique pour surprendre les fameux contrevenants à la législation en vigueur par des contrôles inopinés et non signalés dans les lieux de distribution et de vente. Les moments de fête restent propices.

       En rappel, la loi n°99-011 révisée réglemente l’organisation de la concurrence au Togo. Elle fait interdiction, au titre des tromperies et des falsifications, à toute personne de tromper ou de tenter de tromper le contractant, par quelque moyen ou procédé que ce soit, même par l’intermédiaire d’un tiers, sur la nature, l’espèce, l’origine, notamment les qualités substantielles, les dates de production et les dates de consommation, la composition ou la teneur en principes utiles de toutes marchandises. En plus, tout vendeur  de produit, tout prestataire de service doit, par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié, informer le consommateur sur les prix, les limitations éventuelles de la responsabilité contractuelle et les conditions particulières de la vente. Car, toute opération d’achat ou de vente entre deux personnes reste un contrat à apprendre.

Sylvestre D.


Droits humanitaires et modernité : La peine de mort abolie au Togo

  • Agbéviadé échappe aux poteaux

Le jeune bourreau Agbéviadé peut à présent faire le signe de croix. Condamné à mort pour avoir, en mai 2003, décapité son frère, l’artiste Midi Lakos, il échappe à son exécution à la faveur de la décision des autorités togolaises d’abolir la peine de mort.

Le long moratoire de 30 ans que les autorités judiciaires se sont tacitement imposées, par respect aux textes ratifiés par le Togo, se justifie à la fin. L’Etat togolais vient d’opter pour l’abolition de la peine de mort, d’après un communiqué officiel du gouvernement. Un projet de loi adopté mercredi en conseil des ministres devra être soumis dans les prochains jours au parlement qui en fait une loi de la République.

       Faure et son équipe se justifient : «Le choix qu’a opéré le pays d’établir une justice saine qui limite les erreurs judiciaires, corrige, éduque et garantit les droits inhérents à la personne humaine n’est plus compatible avec une législation pénale qui conserve encore la peine de mort et reconnaît ainsi aux juridictions un pouvoir absolu dont les conséquences sont irrémédiables», explique le communiqué du gouvernement. L’épreuve est «humiliante, dégradante et cruelle par la communauté des Nations respectueuse des droits de la personne humaine» à laquelle le Togo appartient, affirme-t-on.

       En dépit du fait que les dispositions, les articles 17, 44, 45 et 230 notamment, figurent dans la législation pénale, les rares cas de peine capitale prononcés et exécutés au Togo datent d’avant les années 1980. Ils nous rappellent, par exemple, le sort attribué par la justice togolaise au sombre personnage de Adjata Koffi, reconnu pour sa propension à ôter la vie à ses compatriotes.

       Bien que ces décisions répondent purement du droit, elles avaient commencé à créer un malaise au sein de la corporation judiciaire, particulière au regard des engagements internationaux du pays. «Compte tenu des conventions ratifiées par le Togo, nous serions en contradiction si nous continuons à appliquer les dispositions de la peine de mort», a déclaré à L’UNION le procureur de la République Robert Bakaï. Des discussions et des réflexions ont amené la corporation à habilement surseoir à la pratique, ou plutôt à l’application de ces décisions judiciaires. Dans la pratique, ces dernières années, elles ont été jusque-là tacitement converties à la réclusion à perpétuité, comme c’est le cas pour Agbéviadé.

       La décision du gouvernement sonne donc comme une régularisation de la pratique adoptée par la magistrature. Au finish, les dispositions relatives à la peine de mort vont être bannies du Code pénal.

Sylvestre D.


Bonne gouvernance et relance du secteur privé : La dette intérieure établie à 320 milliards

            De 236,598 milliards de francs en fin 2005, la dette intérieure du Togo, due au secteur privé, se monte aujourd'hui officiellement à 320 milliards de francs Cfa, selon des chiffres communiqués par le ministre des Finances et de l'économie en conseil des ministres mercredi. Ce montant, s'il faut le rappeler, a fait l'objet d'un audit établi par le cabinet KPMG et Auditeurs Associés en Afrique à la demande du gouvernement. Après des correctifs qui ont permis d'enrayer des factures douteuses, pour des services non exécutés, adressés à l'Etat.

            En effet, les résultats définitifs des travaux du Cabinet ont fait ressortir quatre catégories de dettes : la dette validée, la dette non vérifiable (14,269 milliards), la dette en suspens (91,281 milliards) et la dette rejetée (78,256 milliards). La dette en suspens est celle pour laquelle le cabinet KPMG avait besoin d'informations complémentaires pour pouvoir se prononcer. Tandis que la dette rejetée est celle dont la sincérité de la dépense n'est pas attestée, aucune preuve n'ayant été constatée.

            Il est à retenir que le montant de la dette ainsi officiellement retenu est constitué d'arriérés accumulés depuis les années 1990, d'après le gouvernement, qui s'est engagé à entamer son apurement en 2009. Reste à définir, en rapport avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, la stratégie d'apurement, tout en tenant compte des différentes catégories de la dette. Cette stratégie d'apurement indiquera de manière explicite comment se fera le remboursement de la dette.  

       Au cours de l'année 2006, le gouvernement a entrepris un ambitieux programme de réformes qui s'inscrivent dans le cadre du programme de référence couvrant la période d'octobre 2006 à juillet 2007 et destiné à poser les jalons d'une meilleure gouvernance et  d'une discipline budgétaire. En ayant à l'idée que le cabinet d'audit avait relevé des dérapages dans le respect des procédures budgétaires (engagement, liquidation, ordonnancement et paiement), cette mesure vise, d'après le gouvernement, "à rétablir la confiance des fournisseurs et améliorer le climat des affaires, à renforcer la chaîne de la dépense pour parvenir à des objectifs budgétaires cohérents, à favoriser la reprise économique en veillant à ce que le remboursement optimise les effets positifs sur le secteur privé national". La stratégie d'apurement de la dette intérieure, indique-t-on, sera mise en œuvre par une commission nationale qui aura un rôle essentiellement décisionnel et technique.

Jean Afolabi


Élection à la FTF : Gabriel Améyi et Rock Gnassingbé font front commun,  contre les listes  Avlessi et Dogbatsè

La Commission électorale indépendante(CEI) mise en place par la FIFA pour organiser une nouvelle élection du bureau exécutif de la Fédération togolaise de football (FTF) le 18 janvier 2009 a rendu public mercredi les listes retenues pour  cette élection.

Il s'agit de la liste de " L'Union " conduite par le président sortant Tata Avlessi, la liste de la " Renaissance "  du président de Gomido de Kpalimé, Winny Dogbatsè et  la liste " Gagnons ensemble " de l'ancien président Rock Gnassingbé.

Pour arriver à ces trois listes, la FIFA a dû accorder une prorogation de deux jours aux candidats pour corriger les listes si nécessaire et compléter les documents manquants, après avoir constaté que certains candidats au Bureau exécutif sont présents sur plusieurs listes. " Nous considérons que la présence de certains candidats sur plusieurs listes ne permet pas de garantir un déroulement équitable de l'élection et ne peut donc pas être acceptée. En effet les délégués n'auraient dans ce cas la possibilité de se prononcer clairement pour les candidats de leur choix ", a indiqué le 8 décembre dernier Markus Kattner, secrétaire général adjoint de la FIFA et membre de la CEI aux têtes de listes des candidatures.

Une prorogation qui a permis à Gabriel Améyi préalablement tête de liste et Rock Gnassingbé dont la liste comportait plusieurs membres de la liste de Gabriel Améyi de s'entendre sur une liste. Winny Dogbatsè également tête de liste mais dont le nom figure sur la liste de Rock Gnassingbé,  s'est opposé à la fusion des listes pour conduire sa propre liste.

Désormais, la liste Gagnons ensemble est composée de Rock Gnassingbé, président, Gabriel Améyi, 1er vice-président, Essoyaba Boukpessi, 2e vice- président, Amavi Patatu, Tino Adjeté, Henri Djagba, Claudia Téou,  Lawson Addabla, Sévérin Bossou, Egbeleou Ouro-Akpo, Dahoun Boudjoun et de Koffi Degbovi, membres.

Celle de Winny Dogbatsè a connu quelques modifications et se présente comme suit : Winny Dogbatsè, président, Gazaro-Wa Abdelaziz, Atikpo Kodjo, Agouta Ouyenga, Bernice Gbodui, Akoueté-Sewa Kpoti, Abalo Komlan, Gnemegna Dometo, Freitas Horatio, Kéké Kossi, Kpapo Désiré et Akuesson.

Enfin, la liste de l'Union de Tata Avlessi, n'a pas connu de changements. Cette liste est composée  de Tata Avlessi, président, Badjassem Kinda, 1er vice président, Espoir Sronvi 2e vice président, Akoua Adom, Agossa Agbassou, Dodji Atayi, Moïse Messan Dogbé, Hubert Kanyetib, Yacoubou Kassendja Sylvestre Tommy, Hakparté N'Dao et Kossi Toyi, membres.

Gilles V.


Théâtre : Noirs et Blanc

Dans le cadre du  Festival de théâtre des réalités tenu au Mali du 1er au 08 décembre, le comédien togolais Beno Sanvee a fait une prestation remarquable dans la pièce «Maître Harold», texte de Harold Athol Fugard, mise en scène de Hassane Kassi Kouyaté, interprétation de la Compagnie Deux temps trois mouvements.

       Port Elizabeth. L’Afrique du Sud des années dures de l’apartheid. La scène se passe au salon de thé “Le Parc Saint-George”, entre le blanc Harold, dont les parents sont propriétaires du lieu, et les deux domestiques noirs de la famille : Sam et Willie. En fond sonore, une musique d’inspiration noire : le be-bop, le jazz de Louis Armstrong, Coltrane, Duke Ellington, et le blues. Joie, gaieté, spleen et mélancolie.

       Les parents d’Harold sont souvent absents. Sa mère passe son temps à courir derrière un mari qui termine ses journées dans la bouteille. Le petit Harold – “Harry” pour les domestiques – grandit à l’ombre de ces derniers, qui lui enseignent la culture et la musique noires. En contrepartie, Harry les instruit sur ce qu’il apprend à l’école. Un grand amour, une parfaite osmose, unissent les trois personnages. Mais les relations humaines évoluent et laissent parfois apparaître, derrière une apparente harmonie, un rapport de dominant à dominé. Au cours d’une altercation, Harry crache à la figure de Sam, lequel lui rappelle qu’il a comblé l’absence d’un père irresponsable, contribuant à l’élever.

       Inspiré de l’enfance de l’écrivain sud-africain Harold Athol Fugard, qui réside aujourd’hui aux États-Unis, la pièce Me Harold (Maître Harold) aborde la question du racisme : un thème tellement ressassé que le risque est grand de le banaliser. En filigrane, la pièce nous fait percevoir toutes les injustices qui se dressent dans les relations humaines : l’altérité, la mondialisation, les inégalités économiques ou politiques, les relations Nord-Sud… Avec une scénographie réaliste, simple, aux lignes claires, que la musique noire et les danses font ressortir, la mise en scène repose essentiellement sur le jeu des acteurs. Ces comédiens de grand talent, dont le jeu prend aux tripes, savent à merveille communiquer toute la joie et la tristesse de cette pièce. Qu’il s’agisse du Français Julien Favart, dans le rôle d’Harold, ou encore du Togolais Beno Sanvee et de Hassane Kassi Kouyaté, dont les valses et les swings évoquent la joie de vivre des noirs dans les townships, malgré les lois sauvages de l’apartheid.

       L’apartheid est mort il y a à peine deux décennies. Il semble pourtant si lointain au regard des réalités africaines. En cela, Maître Harold semble un pari risqué de la part du metteur en scène burkinabè. Monter une pièce dont la toile de fond paraît si datée n’est-elle pas une gageure ? Par le miracle de la mise en scène et le talent des comédiens, cet écueil est évité. L’enthousiasme des spectateurs est au rendez-vous, alors que, de l’aveu même de Hassane Kouyaté, on lui avait prédit en France que ce n’était pas un spectacle pour le public africain.

       Existerait-il un théâtre qui ne serait valable que pour un public spécifique, qu’il soit européen ou africain ?

Tony Feda


Musique : L’anniversaire de Bella Bellow célébré mercredi

       Le  10 décembre 1973,  à 28 ans, alors qu'elle savourait une gloire à nulle autre pareille, la belle Bella Bellow est fauchée tragiquement dans la fleur de l'âge par une mort accidentelle à Tsévié, la ville qui l'a vu naître en 1945. Une pionnière de la musique africaine qui a fait l'adhésion autour d'elle et de sa musique,  mais qui est partie trop tôt. Cela fait aujourd'hui trente cinq ans que celle que la nouvelle génération des années quatre vingt a découvert sur les billets de 10.000 à l'époque, a  laissé un vide immense dans le cœur des mélomanes Togolais et Africains.

       En seulement sept ans de carrière, la mémoire collective africaine et internationale l'a retenue à jamais. Elle côtoie les plus grands noms du moment : Manu Dibango, Myriam Makéba, , et prend part à de grands festivals. Un succès franc et total. Elle sort en 1969 son premier disque (Zelié et Rockia). Elle compose ses textes, et est invitée partout dans le monde, elle participe au Gala de l'OCAM à Kinshasa, en présence de quatorze chefs d'Etat africains.

       Elle ne chante qu'en langue locale (Ewé et kotokoli). Sa chanson  "Blewu"  est devenu une hymne populaire et est reprise par plusieurs autres artistes africains et togolais. Sur scène, sa beauté angélique, ses danses chaloupées et ses clins d'œil coquins ont fini par conquérir toutes les foules. Le chasse-mouche, son seul accessoire sur scène était devenu indissociable de sa personne. En 1972, une année encore heureuse pour elle..., elle se marie avec Théophile Jamier-Levy à Atakpamé au Togo en Janvier. Le 31 Mai de la même année, à Lomé, elle met au monde une fille, Nadia Elsa.

       Aujourd'hui encore, on ne se lasse pas  en écoutant les chansons de Bella Bellow. On y découvre tout son talent et une voix teintée d'une captivante émotion. A travers  Blewu, Lafoulou,  Nye Dzi ou encore Dényigban, une ode à la mère patrie, le Togo, Bella Bellow a su redonner beaucoup de joie à de nombreux mélomanes.

Tony Feda

 
 

 
Retourner à la page Accueil
 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved

ARCHIVES