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Il y a quelques jours, le Président Faure
Gnassingbé aurait fait des dons personnels à des stations de radio telles
que Radio Kanal FM, Radio Zéphir (Lomé), RTDS (Aného) et Horizon FM (Tsévié).
Ces dons auraient été adressés directement aux bénéficiaires sans passer par
le Conseil national des patrons de presse (CONAPP). Il s’agit notamment
d’ordinateurs et d’enregistreurs.
Le Code de
la Presse et de
la Communication
prévoit en son article 5 ce qui suit : « L’Etat consent à la presse des
avantages d’ordre économique et financier qui peuvent se présenter sous
forme d’aides à la collecte et à la transmission des informations au moyen
des tarifs préférentiels ou de taxe en matière de téléphone, de télécopie,
de courrier, de transport, de bandes, de cassettes, de compact disc et
autres.
Les conditions
et modalités de répartition des divers avantages et aides sont fixées par
décret en conseil des ministres
».
Il a été décidé tout récemment au cours de
l’un des Conseils des ministres, d’accorder annuellement à la presse une
aide publique d’une valeur de trois cents millions de francs CFA. Il avait
été, dans un premier temps, décidé de verser cette aide aux organes de
presse avant la fin du mois de décembre 2008. Au dernier moment, l’octroi
d’une telle aide a été différé et reporté à l’année prochaine au titre de
l’année 2009.
Dans cette situation où, depuis plus d’une
quinzaine d’années, le paysage médiatique s’est considérablement élargi et
diversifié et que la presse n’avait jamais eu à bénéficier d’une quelconque
aide de l’Etat, on s’étonne qu’après que les autorités ont, enfin de
comptes, décidé de l’effectivité d’aide publique conformément aux textes, le
président de
la République décide à titre personnel, de distribuer des outils
informatiques et du matériel d’enregistrement aux médias précités. Beaucoup
voient naturellement dans un tel geste inopportun, une manipulation et une
tentative d’achat de conscience.
Ceux qui le pensent, ne manquent d’ailleurs pas de
faire un lien avec les prochaines échéances électorales. Depuis le temps de
feu Eyadèma, celui-ci avait sciemment maintenu la presse dans son actuel
état de misère, afin de mieux la manipuler à sa guise et s’en servir à des
fins propagandistes, au lieu de bien gouverner et laisser la presse faire
son travail en toute honnêteté. Heureusement que, en dépit de la misère
ambiante, certains savent demeurer dignes et égaux à eux-mêmes.
Dans un pays où les dirigeants politiques ne ratent
jamais l’occasion de parler de lutte contre la corruption à tout vent, comme
si l’on était sincère avec soi-même, il est indécent de voir les autorités
politiques et surtout le premier responsable de la nation, en l’occurrence
le président de
la République,
offrir à titre personnel des dons à des médias privés. La question est
d’autant plus préoccupante qu’il ne s’agit pas d’organes de presse lui
appartenant en propre.
Entre nous, en matière de lutte contre la
corruption, de qui devrait venir le bon exemple, si l’on était vraiment
sérieux et sincère dans ses professions de foi ? Dans tous les cas, avec ce
que l’on voit presque quotidiennement, il y a fort à parier que la lutte
contre la corruption au Togo aura du plomb dans l’aile et ne sera jamais
l’heureuse et volontaire ambition que l’on voit fleurir autour de nous au
Bénin, au Ghana et ailleurs. Même si la corruption n’a pas complètement
disparu, elle a beaucoup perdu du terrain aujourd’hui.
Alain Simouba
Elections au Ghana : Les autorités togolaises accusées
d’avoir empêché plus de 2000 Ghanéens de voter
Les élections générales du 7 décembre dernier, se
sont bien déroulées en dépit de quelques petits problèmes d’organisation,
certains bureaux de vote étant ouverts vers la mi-journée. Selon les médias
ghanéens, la mobilisation a été générale. La seule mauvaise nouvelle est la
mort d’un homme de 55 ans à Accra. Alors qu’il attendait dans la queue pour
accomplir son devoir civique, il s’écroule et meurt sur le champ.
Pendant que
la Commission électorale se démène à publier ses résultats,
certains candidats aux élections présidentielles ont connu la bérézina. Papa
Kwesi Nduom, le candidat du Parti de la convention du peuple (CPP) et qui a
pour emblème un coq comme un certain Edem Kodjo du Togo, a reconnu sa
défaite. Il est crédité de moins de 1,5% des voix. Il pense remobiliser sa
troupe pour 2012.
Bien que les résultats définitifs soient attendus
pour aujourd’hui, les résultats partiels sont serrés entre les deux favoris
: John Atta-Mills du Congrès démocratique national (NDC), le principal parti
d’opposition, et Nana Akufo-Addo du Nouveau parti patriotique (NPP) au
pouvoir. Dans l’entourage du protégé de John Jerry Rawlings, on reconnaît
une légère avance du candidat de
la NPP mais
pour ce qui concerne les élections législatives, on affirme que le parti
aurait obtenu la majorité en décrochant entre 118 et 121 sièges sur les 230
que compte la Chambre des députés. Lundi, l’opposition a accusé la
Commission électorale de vouloir manipuler les résultats de concert avec la
haute hiérarchie militaire aux fins de faire passer le candidat du pouvoir.
Accusation immédiatement rejetée par
la Commission.
A ce premier tour, si aucun candidat
n’obtient la majorité absolue, le rendez-vous sera pris pour le 28 décembre
pour le second tour entre les deux premiers.
Les autorités togolaises accusées
Sur le site de « Daily Graphic », le
quotidien national ghanéen, les autorités togolaises sont accusées d’avoir
empêché plus de 2000 électeurs ghanéens vivant au voisinage du Togo, y
compris beaucoup d’ouvriers qui viennent travailler au Togo, de rentrer au
Ghana pour prendre part au vote. C’est en raison de la décision des
autorités des deux pays de fermer leur frontière terrestre à Aflao. Bien que
le ministre de
la Sécurité, le Colonel Mohamed Atcha Titikpina, ait déclaré aux
journalistes que la fermeture des frontières terrestres avec le Ghana
vendredi dernier à minuit était destinée à empêcher des électeurs illégaux
d’influencer les élections au Ghana, cela était mal accueilli par les
Ghanéens bloqués à la frontière. Certains Ghanéens mécontents et privés de
droit civique ont condamné les autorités togolaises de prendre une décision
hâtive en fermant la frontière vendredi à minuit au lieu de samedi
programmé. Ils ont également dénoncé la fermeture unilatérale de la
frontière, empêchant plusieurs ouvriers ghanéens qui font la navette entre
le Ghana et le Togo de voter.
Les Ghanéens bloqués à la frontière font
également état de l’arrestation par les forces de l’ordre ghanéennes et
togolaises de certains de leurs collègues qui ont tenté d’emprunter des
voies de la contrebande. « C’est injuste et nous protestons
énergétiquement contre les arrestations », se sont-ils plaint.
« Ça a été, poursuit l’article, la
politique officielle des autorités togolaises depuis l’ère feu Président
Gnassingbé Eyadèma de fermer leur frontière terrestre à Aflao lorsque le
Ghana organisait ses élections. Selon des sources officielles, le
Togo a souvent fermé ses frontières avec le Ghana afin d’éviter d’être
accusé de l’aide pour influencer les résultats des scrutins au Ghana ».
Pour « Daily Graphic », les autorités togolaises ont déclaré avoir eu
vent « des rumeurs selon lesquelles certains individus non identifiés
projetaient de franchir la frontière afin de participer illégalement au vote
».
Les autorités togolaises sont en outre accusées
d’avoir enfreint les directives de
la CEDEAO qui
insistent sur la libre circulation des biens et des personnes. « Je suis
fâché. En raison de la fermeture soudaine de la frontière, j’ai perdu mon
droit de vote à Aflao où j’ai été enregistré en tant qu’électeur », a
déploré un Ghanéen.
R. Kédjagni
Lutte contre la corruption au Togo : Incarner le paraître
« Pas besoin de
grands discours sur les méfaits de la corruption. Les sociétés où règne une
corruption massive souffrent de mille maux » (ONUDC)
Hier mardi 9 décembre 2008, il a été
célébré sur la planète entière
la Journée internationale de lutte contre la corruption. Au Togo, les
gouvernants ne se sont pas dérobés à la tradition. Une manifestation a été
donc organisée au Palais des congrès avec une kyrielle de discours sur la
bonne gouvernance. Les travaux ont été présidés par le Premier ministre
Gilbert Fossoun Houngbo, le chef de l’Etat étant absent du pays. Curieuse
coïncidence ? De toutes les façons, c’est la deuxième fois que le « fils
de la nation » s’absente quand il s’agit de parler de la lutte contre la
corruption. Il y a quelques mois, à l’ouverture d’un atelier national sur la
lutte contre la corruption, c’était l’actuel ministre de
la Santé, alors Premier ministre, Komlan Mally, qui avait lu le discours
pimenté du chef de l’Etat. Tout le tableau de la corruption au Togo y a été
peint et la tolérance zéro a été même décrétée. Voilà que pour
la Journée internationale placée sous son haut patronage, il se fait
encore remplacer par le Premier ministre. Passons.
« Lutte contre le sabotage économique:
Le gouvernement a fait de la lutte contre la corruption son cheval de
bataille », c’est par ces mots que notre confrère de
la TVT a
commencé le journal de la mi-journée. Ça, c’est le côté discursif de la
chose. Pour parler comme un dramaturge révolutionnaire togolais, aujourd’hui
Conseiller chargé de la Culture et de
la Francophonie
du fils du père, « ça fait plusieurs milliards d’années qu’on construit
ce pays avec des mots ». Notre pays est devenu le champion dans les
beaux discours et dans la ratification des conventions et protocoles. De la
convention de l’Union africaine contre la corruption à celle des Nations
Unies en passant par le protocole de
la CEDEAO. Comme
l’a si bien dit le représentant de l’Office des Nations Unies contre la
drogue et le crime (ONUDC) dans son intervention : « Les instruments
juridiques contre la corruption existent. Le Togo les a tous ratifiés. Il
s’agit maintenant de ne pas laisser ces textes devenir lettres mortes. Je ne
vous apprends rien en disant que la corruption est un fléau qui touche tous
les secteurs d’activité publics et privés ».
En fait, en matière de la lutte contre la
corruption, les autorités togolaises aiment incarner le paraître. C’est une
« habitude de la maison » qui veut que nous soyons les premiers à
ratifier les conventions et les derniers à leur donner corps. N’étions-nous
pas les premiers à créer en 1987 une Commission nationale des droits de
l’homme (CNDH) alors que les violations des droits de l’homme étaient à
l’époque légion ? Tout comme nous sommes les premiers à adopter le système
LMD avec notre enseignement supérieur décadent. Rien que des effets
d’annonce pour camoufler la réalité et recevoir les lauriers de la
communauté internationale. En dépit des nombreux textes ratifiés, la
corruption bat toujours son plein au Togo. Le pays n’a jamais aussi été
pillé qu’au cours de ces dernières années : des maisons somptueuses
poussent un peu partout dans la capitale ; des voitures dernier cri
pullulent dans le pays ; bref des biens qu’on ne peut honnêtement avoir avec
son salaire. Le comble, c’est que ceux qui sont éclaboussés par des affaires
de corruption et de détournement des deniers publics ne sont jamais
inquiétés et se la coulent douce.
Zeus Aziadouvo |