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Des jours difficiles pour la CDPA : Délaissé par les cadres de son parti : Logo Dossouvi a décidé de retourner au Canada
Liberté Hebdo 440 du 5 déc. 2008

Revenu au Togo après la signature de l’Accord politique global (APG), Dossouvi Hilaire Logo (DHL), un des principaux acteurs du mouvement du 5 octobre 1990 et membre de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA), n’a pas eu le bonheur escompté. Le calvaire qu’il a vécu à Lomé a démenti la formule populaire selon laquelle « on n’est mieux que chez soi ». Ce fut une véritable désillusion. Conséquence, il serait retourné au Canada depuis samedi dernier.

« Il est très déçu et est reparti au Canada samedi dernier. On a l’impression que son parti avait voulu seulement profiter de sa notoriété dans le cadre des élections législatives du 14 octobre 2007. Mais comme ça n’a pas marché, il a été délaissé. Ce sont seulement les deux premiers responsables du parti qui sont dans le gouvernement depuis plus de deux ans, qui se la coulent douce. Toutes ses tentatives pour faire améliorer sa situation sont sans résultat. Aucun espoir ne se profilant à l’horizon, il a préféré reprendre le chemin de l’exil », nous confie une source.

Mais dans l’entourage familial, on indique que l’écrivain qui a reçu une permission, est allé au Canada pour voir sa famille et qu’il reviendrait d’ici à la fin de ce mois de décembre.

Après seize années passées en exil, Logo Dossouvi avait regagné Lomé suite à l’accalmie née de la conclusion de l’APG. Il avait à cœur de participer à la reconstruction de son pays. C’est dans cet esprit d’ailleurs qu’il s’était présenté aux dernières élections législatives. Deuxième sur la liste de la CDPA dans la préfecture de Yoto, le héros du 5 octobre n’avait pas pu faire le poids devant Me Agboyibo et ses  colistiers. Mais il pouvait se consoler avec le poste d’attaché au ministère des Affaires étrangères contrôlé de main de maître par le Prof. Léopold Gnininvi. Là, il est confiné dans un petit bureau du ministère des Affaires étrangères où, pour tuer les soucis, il s’enfonçait dans la Sainte Bible. Sans situation, le salut passerait peut-être par-là. Mais on ne peut indéfiniment se nourrir de l’esprit. Il faut nécessairement du pain. Et pour avoir constamment ce pain, il faut un salaire. Ce que DHL n’a jamais eu.

Par ailleurs, une tension couverait actuellement au sein du premier parti de l’opposition démocratique, la CDPA. Les jeunes accusent les deux sommités du parti – le ministre d’Etat, ministre de l’Industrie, de l’Artisanat et des Innovations technologiques, Prof Gininvi, et le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Martin Aduayom – de les avoir abandonnés et de ne rien faire pour leur promotion. Ils comprennent mal comment un ministre d’Etat ne pût faire intégrer dans la fonction publique deux personnes qu’il avait engagées pour le bon fonctionnement du stratégique ministère des Affaires étrangères.

R. Kédjagni


Elections au Ghana dimanche : Huit candidats pour la succession de John Kufuor ; Akufo-Addo et Atta Mills, les deux favoris 

Le peuple ghanéen va aux urnes le dimanche 7 décembre prochain. Il sera question d’élire le successeur du Président John Agyekum Kufuor et renouveler le parlement. Dans de pareilles circonstances, ce sont les présidentielles qui retiennent l’attention de l’électorat et des observateurs.

          En vrai gentleman, Kufuor s’est plié aux exigences constitutionnelles et laisse continuer le jeu démocratique. Il n’y a eu aucune velléité de tripatouillage constitutionnel comme c’est la mode ces dernières années sur le continent, surtout dans les pays francophones. Les textes restent et les hommes passent. Une preuve qu’il y a des gens qui font honneur au continent.

          Pour l’élection présidentielle, huit candidats sont en course même si tout le monde sait que la bataille se fera entre les deux  candidats des deux principales formations politiques du Ghana. Il s’agit de Nana Addo Dankwa Akufo-Addo du NPP (New Patriotic Party), le parti de Kufuor, et du Prof. John Evans Atta Mills du NDC (National Democratic Congress) fondé par l’ancien Président John Jerry Rawlings. Les six autres candidats sont : Dr Edward N. Mahama (People’s National Convention « PNC »), Emmanuel Ansah-Antwi (Democratic Freedom Party « DFP »), Thomas Nuako Ward-Brew (candidat indépendant), Papa Kwessi Nduom (Convention People’s Party «CPP»), Kwabena Adjei (indépendant), Kwessi Amoafo-Yeboah (indépendant).

A quelques jours du scrutin, le ton monte et les deux favoris -  Akufo-Addo et Atta Mills – s’accusent mutuellement. La récente découverte du pétrole off-shore attise des convoitises. Les protégés de Rawlings accusent leurs adversaires de faire feu de tout bois pour conserver le pouvoir. Des suspicions de fraudes. La tension est telle qu’on redoute une situation à la kényane.

Au cours d’un meeting animé samedi dernier à Sunyani auquel le président sortant a personnellement pris part, les discours étaient tranchés. « L’élection de 2008 c’est pour l’avenir de la jeunesse et les Ghanéens doivent voter pour le président qui peut relever le défis pour la jeunesse. Mon administration a établi une solide base pour le développement et le meilleur candidat qui peut continuer cette exaltante mission et défendre les intérêts de la jeunesse est le porte-flambeau du NPP, Nana Addo Dankwa Akufo-Addo », a-t-il déclaré. Rappelant au passage les acquis de son régime.

Prenant à son tour la parole, le candidat Akufo-Addo a demandé aux Ghanéens de rejeter l’appel pour le changement lancé par le NDC parce que le peuple ne veut plus retourner dans les jours sombres de violations des droits humains et de mauvaise gestion économique. Il s’est insurgé contre les affirmations du candidat Mills selon lesquelles un gouvernement NDC restaurerait la dignité de la présidence en brandissant le record de violation des droits humains sous le règne de Rawlings. « Ne vous laissez pas berner par ces gens-là », a-t-il ajouté avant d’inviter « ses interlocuteurs à voter massivement pour le NPP pour lui permettre de continuer le bon travail abattu sous le Président Kufuor ».

Comme par hasard, Rawlings et Prof. John Evans Atta Mills ont tenu ce même samedi un meeting dans un quartier d’Accra où ils ont lancé le manifeste du parti. « Je voudrais saisir cette opportunité pour saluer le grand homme qu’est le Prof. John Evans Atta Mills. Le manifeste est l’aspiration de la toute nation et je vous invite à le traduire dans les faits afin que le parti puisse reprendre le pouvoir», a-t-il lancé. L’ancien président a ensuite professé sa croyance en christianisme et expliqué au public l’essence et l’intérêt de la crucifixion de Jésus-Christ  qui a été persécuté comme « un homme mauvais et impur ». « Ce n’était qu’après sa crucifixion que le peuple s’est rendu compte qu’il était un saint Homme», a-t-il affirmé. Pour lui, la mort et la résurrection sont  l’avènement de la croisade pour la renaissance de l’être humain. « Cette bataille continue encore aujourd’hui entre le bien et le mal, entre la corruption et la transparence », a-t-il conclu.

S’inspirant de l’hymne national ghanéen « God bless our hommeland Ghana » (Que Dieu bénisse notre patrie le Ghana), Atta Mills a émis le vœu que Dieu leur permette de se lever avec intrépidité pour l’honneur, qu’il leur permette de se battre pour ceux qui sont socialement exclus, pour ceux de la seconde zone et pour ceux qui sont marginalisés. « Je vous demande de vous joindre à moi. C’est un appel pour l’action, changeons le Ghana, faisons mieux les choses parce que seules la sincérité et la crainte de Dieu peuvent rendre mieux le Ghana et je vous dis que le NDC et Atta Mills vont fournir ce type de dirigeants », a-t-il déclaré. Il a fait savoir que le Ghana est dans la « détresse » et accusé le gouvernement de conduire le pays dans la « mauvaise direction ». Il n’a pas manqué de charger proprement son adversaire et le régime de Kufuor.

Malgré cette situation de tension, le gouvernement se dit déterminé à protéger l’intégrité du scrutin. « Le gouvernement jouera sa partition en permettant à la Commission électorale indépendante de faire effectivement et pleinement son travail ; aux autorités judiciaires de traiter le contentieux électoral; aux forces de sécurité sont équipées et disponibles pour régler les infractions », a mentionné le futur ancien Président du Ghana.

Les observateurs ont fait nombreux le déplacement pour suivre le bon déroulement du scrutin. La mission d’observation des parlementaires africains a indiqué que la grandeur et la maturité de la démocratie du Ghana sera une fois encore testée ce dimanche et espère que le pays réussira ce test.

R. Kédjagni


Sans détour : La cruauté de Mugabe « Tous ces crimes d’Etat qu’on fait pour la couronne » (Pierre Corneille, Cinna)

            « Ne touchez pas à mon pays. Je suis un héros dans mon pays. C’est moi qui ai libéré le Zimbabwe au prix de moult sacrifices. Je fais ce que bon me semble. Je n’ai pas besoin de la communauté internationale qui a pris partie pour l’opposant Morgan Tsvangirai. Nous ne voulons pas des observateurs européens pour nos élections générales. Nous sommes prêts à faire face à nos problèmes ». C’est ce que semblait dire le vieux président zimbabwéen Robert Mugabe au temps fort de la période pré et post-électorale. Bien qu’ayant perdu les élections générales dès le premier round, il a usé de manœuvres pour mettre en cause la vérité des urnes et contraindre l’opposition au boycott. Voilà qu’au terme du deuxième tour, le vaincu se fit « réélire » et conserve son pouvoir malgré les nombreuses condamnations. C’est un homme sans scrupules et il n’avait que faire des réprobations de cette communauté internationale emmerdante. Juste quelques jours après cette forfaiture sordide, le «vieux nègre » s’est embarqué pour le sommet de l’Union africaine à Cham el-Cheikh où il a reçu la bénédiction des autres rois nègres. Ayant tout eu, il s’est, pour flouer tout le monde, lancé dans un cycle infernal de dialogue avec son opposant. Le médiateur sud-africain, l’ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, qui s’est entiché du vieux « Bob », n’arrive pas à faire évoluer les choses au point de susciter le courroux de Tsvangirai qui demande sa révocation.

          Il n’y a pas l’ombre d’un doute, le régime Mugabe est périmé et ne peut plus rien créer. Le pays a atteint un point de non retour : une misère criarde. Toutes les couches sociales sont atteintes. Pour le seul mois de novembre, le taux d’inflation dans ce pays est estimé à 213 millions pour cent. On y dénombre 80% de chômeurs et 5,5 millions d’habitants -soit près de la moitié de la population- dont la survie dépendra, en janvier prochain, d’un secours alimentaire. Comme un malheur n’arrive pas seul, les populations vulnérables font face à une épidémie de choléra. Selon un bilan établi par l’ONU, il y a 565 morts et 12 500 malades. Face au chaos, les autorités municipales de Harare, foyer de la maladie, viennent de décider d’offrir des tombes gratuites aux victimes. La raison, c’est que les familles éprouvent des difficultés à réunir les liquidités requises pour s’acquitter des frais d’obsèques. Un tableau désolant qui ne gêne nullement le vrai faux héros qui a fait le déplacement de Dohar pour le dernier sommet des pays pauvres.

          Mais, comme il n’est plus question de mettre le bulletin dans l’urne ou de lui disputer le fauteuil présidentiel, Mugabe appelle à l’aide internationale pour gérer l’épidémie. Cette communauté internationale qui était dans un passé récent, sa brosse à dent. « Nos principaux hôpitaux ne parviennent littéralement pas à fonctionner. Le personnel est démotivé et nous avons besoin d’aide pour que nous puissions commencer à travailler et à remettre notre système de santé en route », déclarait sans vergogne le ministre zimbabwéen de la Santé. Qui a créé cette situation ? Qui a démotivé le personnel ? C’est Mugabe. Ce sont eux ces ministres qui tirent profit de l’immobilisme. Si le pays était bien dirigé, les dirigeants auraient pu commencer à faire face à l’épidémie avant d’appeler la communauté internationale à leur rescousse. On n’aurait pas assisté à la progression rapide de la maladie. « Comrade Bob » a créé la pauvreté et la pauvreté a engendré le choléra, et le choléra tue ses concitoyens. Quelle cruauté.

Zeus Aziadouvo


Le gouvernement prend partie pour Rock Gnassingbé

Depuis  lundi, on connaît la liste de ceux qui vont présider aux destinées du football togolais. En tout et pour tout, quatre listes. La première est dirigée par Tata  Avlessi, la deuxième par Winny Dogbatsè, la troisième est menée par Améyi  Gabriel et la dernière est celle de Rock Gnassingbé.

En dehors de Tata Avlessi, les trois autres listes avaient été déposées après 17h 30. Ce qui constitue une entrave à la loi prescrite. Mais puisque nous sommes dans un pays où  on marche sur les  textes, on peut en faire une exception.

En réalité, la candidature de Rock Gnassingbé n’en est pas une. Car ne comportant aucune des pièces que doit comporter le dossier. Entre autres, il doit y avoir les copies certifiées conformes des certificats de nationalité togolaise de tous les candidats, les casiers judiciaires, les certificats de résidence, les lettres de parrainage, les photos d’identité, les curriculum vitae et le programme d’activité. Ne s’étant décidé à participer à l’aventure que le lundi vers 16h, le fils « du père de la nation» n’avait pas eu le temps nécessaire pour fignoler son dossier. Seule une liste à la tête de laquelle il est le tout puissant suffisait pour qu’il soit candidat.

Un coup d’œil sur la liste  du DGA du port autonome de Lomé, on retrouve le nom du 1er vice-président de la Fédération, le député Gabriel Améyi, et de Winny Dogbatsè ainsi que certains de ces colistiers. Au centre de ces manœuvres le ministre de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Pascal Bodjona qui est en même temps le président du Comité de suivi moral.

En effet, dans la nuit du lundi 1er décembre, vers 21h, une réunion aurait été convoquée par téléphone par le ministre Bodjona  et  tenue à son ministère. Outre le ministre, il y avait également  Améyi et Boukpessi qui ont été rejoints  peu après par Dogbatsè. Sans transition, le ministre annonce l’ordre du jour qui est une candidature unique, une sorte d’union sacrée pour sauver le football. A brûle-pourpoint, Améyi  propose comme tête de liste le natif de Kpélé. Ce dernier visiblement enchanté n’a rien trouvé à dire. Tapi dans l’ombre, Rock fait son entrée dans la salle de réunion. Bodjona revient dès lors à la charge et propose le commandant comme président. Ne comprenant rien de la situation, le président de Gomido, piégé, cherche à comprendre. Une vive discussion s’engage alors entre Dogbatsè d’un côté et Rock, Améyi de l’autre. Le ministre Bodjona met la pression en arguant  que « c’est sur instruction personnelle  du chef de l’Etat».  Mécontent, le président de Gomido quitte la salle en prenant acte et promet rencontrer le chef de l’Etat pour clarifier la situation. L’homme fort de Womé, de son côté, promet  également de consulter sa base. Des policiers seraient,  entre-temps, envoyés à la FTF pour ramener les dossiers de candidature déjà déposés, sous scellés, au siège de la Fédération. Les dossiers sont rouverts pour permettre  au « prince » de composer sa liste

Le rôle joué par le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales et la phrase « sur instruction personnelle  du chef de l’Etat » démontrent  que le pouvoir  et veut imposer le militaire à la tête de la Fédération. Ce qui va à l’encontre de ce que  le ministre des Sports, Christophe Tchao avait déclaré à l’issue d’une réunion tenue le 14 novembre dernier avec les membres de la CEI. « Et pour ma part, ce que je voudrais ajouter, l’Etat n’est partie prenante dans aucune liste. Il faut que ça soit clair. Parce que depuis un certain temps, on voit certaines choses au niveau des titres. L’Etat va accompagner le processus pour que tout se passe très bien et qu’on ait des résultats satisfaisants pour les acteurs du football. Mais l’Etat n’est pas partie prenante pour dire : c’est telle liste, c’est le candidat de l’Etat, le candidat du gouvernement comme on l’entend souvent. Non ! Je vous rassure sur ce côté-là, on est très clair, on est  très précis. Nous accompagnons tout le processus mais, on n’aura pas à choisir tel ou tel candidat pour dire que c’est un candidat du gouvernement », a-t-il déclaré. Aujourd’hui, ce sont les mêmes ministres qui jouent le mauvais rôle en prenant une part active dans la constitution de la liste du « prince ». C’est malhonnête.
Lonlon K.


FTF : Face au désordre : La Commission électorale indépendante au grand complet attendue à Lomé

            Ce n’est plus un secret, une élection est prévue le 18 janvier 2009 à la Fédération Togolaise de Football (FTF). Celle-ci vise à renouveler  l’instance  dirigeante qui est devenue un casse-tête chinois pour tout le public sportif togolais. Ainsi, tous les candidats éventuels  étaient conviés à déposer leurs dossiers au Secrétariat Général de ladite Fédération le 1er décembre dernier. Mais aujourd’hui, c’est  un imbroglio  qu’on observe au niveau de certaines listes. Jusqu’alors c’est seul le président sortant Tata Adaglo Avlessi qui a  fait ses formalités dans le délai. Ce que d’ailleurs a constaté  l’huissier Me Amégboh Ablamvi.

          En ce qui concerne les autres candidats, c’est toute une confusion. Il s’agit des listes du revenant colonel Rock Gnassingbé, du magnat de Womé Gabriel Ameyi et de  Winny Dogbatsè.

De sources concordantes, la Commission électorale  indépendante (CEI) sera au grand complet le 10 décembre prochain à Lomé. Son président, Jacques Anouma, le représentant de la FIFA, Jan Peeters et celui de la CAF Slim Aloulou seront dans la capitale togolaise dans la soirée de mardi  09 décembre. Cette réunion vise à éclaircir la situation et mettre fin au cafouillage qu’il y a actuellement autour de certaines listes.

En rappel, M. Douti Lardja et le juge Wiyao sont les deux autres membres de cette commission

D.J.K.

 
 

 
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