| Lomé, le 2 décembre
2008 -
Du 23 au 26 novembre dernier s’est tenu à Kara, à
400 Km au nord de Lomé au Palais des Congrès de ladite ville, un
séminaire gouvernemental sur les axes prioritaires du gouvernement notamment
la stratégie de mise en œuvre du plan d’action du gouvernement pour la
période 2009- 2010, la mise en œuvre de la feuille de route sur la
préparation du Document de Stratégie de Réduction de
la Pauvreté (DSRP).
Aux termes de leurs travaux qui ont été sanctionnés par un
communiqué final, le premier ministre, Gilbert Fossoun Houngbo et le
ministre d’Etat, ministre de l’administration territoriale et de la
décentralisée M. Pascal Bodjona se sont exprimés sur les résultats dudit
séminaire
Le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo
« L’ambiance a
été, sans surprise, une ambiance de convivialité. Ce que j’admire et
respecte de ce gouvernement, c’est la qualité des discussions, la substance
que chaque ministre apporte à chaque dossier. Que ce soit dans les secteurs
dont ils sont responsables ou dans d’autres, tous les ministres ont beaucoup
de substances et cela nous permet d’avoir des discussions et d’échanges. Ce
n’est pas un gouvernement qui est là, juste pour dire oui à ce que dit le
premier ministre, mais qui est là pour débattre. Et ensuite, lorsque nous
prenons des décisions du gouvernement ou du conseil des ministres, nous
sommes tous prêts à les mettre à exécution.
Au mois de
septembre, nous avons dit que le gouvernement, avant la fin de l’année, va
procéder à l’établissement de lettres de mission où on pourra préciser,
ministère par ministère, quelles sont les actions à mener et dont chaque
ministre aura la responsabilité de produire des résultats concrets durant
l’année 2009. Et donc, nous avons passé énormément du temps là-dessus, les
avant-projets des lettres de mission étaient prêts, on les a passés en
revue. Beaucoup de notes ont été prises et il ne reste qu’à les finaliser.
Vous savez très
bien que nous avons des problèmes de ressources, globalement parlant. Il
nous faut de l’arbitrage afin de nous assurer que nous disposons de ces
ressources pour ces actions-clés. Nous allons procéder à la finalisation de
ces lettres mission dans les jours qui viennent.
Nous avons
aussi analysé toutes les actions en cours. Que ce soit dans le domaine de
l’agriculture, de la santé, de l’emploi des jeunes, de la feuille de route
ayant trait au calendrier électoral, nous avons procédé à une revue à
mi-parcours du programme d’urgence, afin de nous assurer qu’il suit son
cours.
Il est bien
vrai que nous avons des avancées dans certains domaines ; il y a certains où
nous sommes à jour et quelques-uns dans lesquels nous sommes un peu en
retard. Mais ce qui est sûr et réconfortant, c’est que, tous les domaines
des actions ont été entrepris. Là où nous notons quelques retards, je peux
vous citer un exemple relatif au plan d’urgence pour la construction des
centres d’école sur un financement de la banque islamique de développement (BID).
Récemment, nous attendions l’avis de non objection de la BID, étant donné
que nous tenons absolument à respecter les procédures transparentes pour la
soumission de l’appel d’offres. Cela nous amène à prendre un peu plus de
temps mais nous croyons que c’est pour la bonne cause.
Pour le grand
marché de Lomé, par exemple, dans le paquet de 4 milliards de FCFA, on
pensait utiliser 400 millions de FCFA pour sa réfection. Nul ne détient la
vérité absolue et nous avons tenu à discuter d’abord avec les responsables
de ce marché, sous l’égide du ministère de l’administration territoriale. A
la suite de ces discussions, non seulement nous avons tenu à faire une
analyse approfondie sur ces discussions, mais nous avons identifié aussi une
dizaine de rues autour du marché que nous voulons complètement refaire,
jusqu’à l’assainissement, un travail bien fait de A à Z. De 400 millions,
nous parlons maintenant d’à peu près 1,5 milliard.
Evidemment dans
une enveloppe de 1.5 milliard de FCFA, il nous faut être encore plus
régalien dans la transparence des procédures pour nous assurer que les
compagnies qui seront sélectionnées vont faire du bon travail et que nous
ayons des compagnies de contrôle indépendantes. Tout ceci évidemment nous a
fait prendre un peu de recul.
Dans le cadre
du plan intérimaire d’action prioritaire que nous appelons APIP, nous avons
élaboré le document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP)
intérimaire avec la société civile et les différentes couches de la
population. Nous avons identifié les éléments prioritaires parce que nous
avons une situation assez difficile aujourd’hui. Comme on sait qu’on ne peut
pas tout faire en même temps, il fallait identifier des éléments
prioritaires. C’est dans ce cadre que notamment, dans les domaines de la
santé, de l’agriculture, de l’éducation, du social et de la relance de
l’économie, des éléments ont été identifiés comme actions prioritaires.
C’est pour cela que nous parlons parfois de certains ministères
prioritaires.
Je ne le dirai
jamais assez, on ne saurait faire du développement sans le politique. Les
deux sont intimement liés. C’est vrai que nous faisons un choix volontaire
pour mettre l’accent sur le social, l’amélioration des conditions de vie de
nos populations mais nous ne pourrons atteindre ces objectifs si nous
prenons du retard sur le politique. Donc, notre agenda sur le politique est
également important. D’ailleurs la présentation du ministre d’Etat Bodjona a
été exemplaire là-dessus.
Nous parlons
maintenant de la feuille de route. Il faut revoir la composition de la CENI, procéder à la révision du code électoral et le gouvernement a toutes
les intentions de tenir au respect de la constitution.
Les partenaires
du système des Nations Unies, de la Banque Mondiale,
du Fonds Monétaire International…ainsi que les bilatéraux sont à nos côtés
pour nous aider à tirer les leçons des législatives d’octobre 2007 qui,
d’ailleurs, se sont très bien passées.
C’est une
question d’honneur, le gouvernement doit organiser l’élection présidentielle
au moins aussi bien qu’en octobre 2007, ce qui veut dire, certainement,
encore mieux »
Le ministre d’Etat Pascal A. Bodjona
« D’abord,
l’objectif principal du séminaire était de faire en sorte que l’efficacité
gouvernementale puisse être améliorée. Donc, à l’issue des trois jours du
séminaire, nous avons eu à faire, entre autres, une évaluation à mi-parcours
de la mise en œuvre du plan d’action d’urgence préconisé par le
gouvernement.
Ce qui va
fondamentalement changer est que, désormais, avec les lettres de mission,
chacun des ministres membre du gouvernement, sait également, dans le cadre
de ses attributions, ce qu’il a à faire dans cette période d’urgence
2009-2010. Ainsi, c’est d’abord la priorisation et la visibilité
gouvernementales qui seront recherchées.
Le document de
stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) a été élaboré avec la
contribution de la société civile et de tous les acteurs. Ce qu’il faut
noter essentiellement, c’est que, quand on parle de la dimension pauvreté au
Togo, dans tous les secteurs, on peut ressentir les effets de la pauvreté.
Quand vous prenez le domaine de la santé, lorsque des gens ne peuvent pas
faire face à l’achat des médicaments, se nourrir convenablement ou avoir un
ou deux repas au moins par jour, ce sont des signaux forts de la pauvreté.
Pour que les
populations ressentent la réduction de la pauvreté, il faut investir dans le
domaine agricole, faire beaucoup dans les domaines de la santé, de
l’éducation, des infrastructures et essayer, au niveau des populations et de
regroupement de femmes et de jeunes notamment, de faire en sorte que chacun
puisse avoir accès à des crédits ou à des revenus pouvant lui permettre de
créer une activité génératrice de revenus.
La réduction de
la pauvreté doit se vivre et c’est un combat qui va durer. Mais avec l’appui
des partenaires et la volonté de tous les Togolais, notre pays pourra sortir
de l’état d’extrême pauvreté de façon soutenue.
Le fondement
d’un séminaire gouvernemental, c’est de permettre à tous les ministres de
débattre. Nous avons eu la grande contribution des partenaires et l’appui du
PNUD.
En ce qui
concerne les questions connexes, nous avons eu à présenter la feuille de
route de l’élection présidentielle et de la décentralisation qui doit
aboutir à l’organisation des élections locales »
Propos
recueillis par Martial Kataka, Togo-Presse |