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Candidat
déclaré à l’élection présidentielle de 2010, le Président national de l’UFC,
Gilchrist Olympio, s’est lancé dans une bataille diplomatique pour que les
réformes constitutionnelles et institutionnelles soient faites. Selon « La
Lettre du Continent », il n’est « plus persona non grata en France ». En
outre, il se préparerait à se conformer aux obligations de résidence sur le
territoire national qui doit durer douze mois au moins.
Tractations diplomatiques de l’UFC
Au
lendemain des élections législatives du 14 octobre 2007, l’Union des forces
de changement (UFC) ne cesse de multiplier les appels pour la mise en œuvre
des points restés en suspens dans l’Accord politique global (APG). Il s’agit
des réformes constitutionnelles et institutionnelles qui doivent baliser la
voie à un scrutin présidentiel apaisé en 2010. Il en a toujours fait part
lors de ses nombreux entretiens avec les autorités allemandes. Ces
préoccupations étaient même à l’ordre du jour lors de la rencontre entre le
Secrétaire d’Etat français chargé de la Coopération et de
la Francophonie Alain
Joyandet et Gilchrist Olympio le jeudi 25 septembre 2008. « Les sujets
abordés ont porté essentiellement sur la nécessité des réformes
institutionnelles et constitutionnelles et la question de l’insécurité.
L’élection présidentielle étant l’élection la plus importante, c’est la
période au cours de laquelle les frustrations, les intimidations,
l’arbitraire et les conflits sont les plus fréquents », rapportait un
communiqué du parti à l’issue de cette entrevue. Ainsi, le Secrétaire d’Etat
a promis que «
la France
et lui-même s’investiront sans économie pour aider les Togolais à organiser
une élection présidentielle juste et équitable et à reconstruire ensemble
leur pays
». Selon RFI, Alain Johandet avait déclaré que «
la
France veillera à ce qu’aucun candidat sérieux ne soit empêché de se
présenter comme Gilchrist Olympio l’avait été en 2005 ».
Cette volonté de
la
France de voir s’organiser en 2010 au Togo un scrutin transparent a été
réitérée par le Président français Nicolas Sarkozy à son homologue togolais
Faure Gnassingbé lors de la visite de ce dernier à l’Elysée le 20 novembre
2008. Selon «
La Lettre
du Continent
» N°553
du 27 novembre 2008, Faure est mis « sous pression de l’Elysée ». «
Selon nos informations, le président Faure Gnassingbé a été vivement
invité par l’Elysée à respecter les accords politiques signés en août 2006
avec l’opposition dans la perspective de l’élection présidentielle de 2010.
L’opposant togolais historique en exil, Gilchrist Olympio, ne semble plus
persona non grata à Paris…».
La France
ira-t-elle au bout de sa logique, celle d’un scutin juste et équitable en
2010 ? Ne s’agit-il pas d’une stratégie pour flouer l’opposition togolaise
et l’endormir ? Le moment est-il venu pour que la France œuvre aux côtés du
peuple togolais épris de changement ? Gilchrist Olympio est-il dorénavant
dans les bonnes grâces de Paris ? Autant de questions que se posent nombre
de Togolais qui se remémorent les positions de l’Hexagone lors des
précédentes joutes électorales.
Se conformer aux textes actuels
En décembre 2002, les « toiletteurs » ont introduit dans
la Constitution
togolaise des mesures discriminatoires, empêchant le leader de l’UFC d’être
candidat à l’élection présidentielle de juin 2003. On se rappelle qu’il
n’avait pas eu gain de cause en dépit des arguments juridiques qu’il avait
brandis. Selon l’article 62, «
Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de
la République
s’il (…) ne réside sur le territoire national depuis douze (12) mois au
moins
». « Nous pensons modestement et concrètement que Gilchrist Olympio doit
ériger officiellement dès maintenant Lomé en résidence principale en vue de
cette échéance de 2010 en accomplissant les formalités administratives
afférentes comme l’adresse postale, la déclaration de résidence fiscale,
etc. », suggèrent Waste Aregba, Tido Brassier et Comi Toulabor dans un
document rédigé le 26 avril 2008 et adressé au Secrétaire général de l’UFC
avec copie au Président national.
De
sources concordantes, le Président national de l’UFC serait en train de
s’établir à Lomé pour se conformer aux textes en vigueur en attendant que
les réformes institutionnelles et constitutionnelles se fassent. Connaissant
bien ses adversaires politiques, il ne voudrait pas être pris de court au
dernier moment. Pour certains, c’est ce qui expliquerait les travaux de
réfection de l’ancienne maison de son père, sise au grand marché de Lomé. «
Ça fait un bon bout de temps que les travaux ont commencé. C’est la
famille qui réhabilite la maison. Comme vous le savez, cette maison est dans
le marché et il y a beaucoup de bruit. Il ne peut donc pas rester là. Il a
une maison plus calme où il vit quand il revient à Lomé », explique un
responsable du parti. Mais une autre source indique que cette maison est un
endroit stratégique qui pourrait servir d’Etat major au parti lors de la
présidentielle de 2010.
Mais l’UFC donne l’impression qu’elle est en léthargie pendant que le
Rassemblement du peuple togolais (RPT) s’emploie depuis un certain à occuper
le terrain. Utilisant parfois les moyens de l’Etat, ce parti est sur tous
fronts. Le Président du RPT Faure Gnassingbé fait distribuer des cahiers à
son effigie, offre des soins gratuits aux populations de
la Région centrale. Certes, L’UFC n’a pas les
mêmes moyens que le parti au pouvoir, mais le reste est une question
d’organisation. « Par ses petits moyens, il peut être en contact
permanent avec les Togolais en initiant des réunions d’information. Il faut
informer régulièrement le peuple de ce qui se passe et penser à réorganiser
sa base pour que ceux qu’il désigne pour le représenter dans les commissions
électorales locales et dans les bureaux de vote ne vendent plus ses voix,
comme ce fut le cas aux dernières élections législatives », propose un
observateur de la vie politique togolaise. Car rien ne sert de courir, il
faut partir à point.
R.
Kédjagni
Pour mettre fin au conflit au sein du gouvernement : Un ancien Premier
ministre sénégalais pour délimiter les domaines d’intervention de chaque
ministre
Avant le séminaire gouvernemental de Kara, certains ministres du
gouvernement Houngbo entretiennent un climat d’inimité. Le ministre d’Etat,
ministre de l’Administration territoriale, de
la Décentralisation
et des Collectivités locale, Pascal Bodjona et son collègue de l’Urbanisme
et de l’Habitat Issifou Okoulou-Kantchati en seraient même venus aux mains à
la Primature
le 6 novembre dernier. La pomme de discorde : la supervision des marchés
publics dans les grandes villes. Sans oublier le ministre d’Etat, ministre
de l’Industrie, de l’Artisanat et des Innovations technologiques, Prof.
Léopold Gnininvi et le ministre délégué à la Présidence chargé du Commerce
et du Secteur privé, Guy Lorenzo, qui se sont chamaillés sur celui qui
devrait occuper l’ancien ministère du Commerce et de l’Industrie sis en face
de
la Place
des Martyrs.
De
sources concordantes, ces différends auraient été aplanis lors de la
retraite gouvernementale de la semaine dernière. Les deux ministres qui
auraient fait usage de leurs tripes, auraient décidé d’enterrer la hache de
guerre. Ils organisent d’ailleurs ce matin une conférence de presse
conjointe pour brandir le trophée de la paix. Lire également à la page 4 les
interviews dans lesquelles les deux « acteurs hollywoodiens » tentent
de brouiller les pistes en reconnaissant des échanges houleux mais en
rejetant le pugilat. Qui trompe qui?
Pour que de telles choses ne se reproduisent plus, les autorités togolaises
ont pris des mesures. Elles auraient fait appel à un expert sénégalais qui
va apprendre aux ministres l’art de gouverner. L’ancien Premier ministre
sénégalais (3 juillet 1998-5 avril 2000), Mamadou Lamine Loum (56 ans),
était à Kara pour prendre part au séminaire. A en croire certaines
indiscrétions, c’est lui qui essaierait de délimiter les domaines
d’intervention de chaque ministre du gouvernement Houngbo. Il devrait
plancher sur tous les ministères et proposer des solutions pour qu’il n’y
ait plus de collision au sein de l’équipe gouvernementale.
Est-ce à dire que les problèmes ne vont plus surgir ? La question reste
posée dans la mesure où c’est le chef de l’Etat lui-même qui crée ces
situations en éclatant des ministères aux fins de servir ses amis. L’autre
préoccupation est de savoir s’il n’y a personne au Togo pouvant faire ce
travail.
En
rappel, Mamadou Lamine Loum est diplômé de la Faculté de droit et de l’Ecole
nationale de la magistrature du Sénégal. Il fait toute sa carrière au Trésor
public, Inspecteur d’abord, puis Trésorier général pendant huit ans et enfin
directeur de 1991 à 1993. Considéré comme « un économiste rigoureux»,
il négociera avec succès le rééchelonnement de la dette de son pays avec le
Club de Paris. Membre du Parti socialiste, il est Secrétaire d’Etat chargé
du budget de juin 1993 à janvier 1998, puis Ministre des Finances de janvier
à juillet 1998 avant de devenir Premier ministre la même année. Il est
aujourd’hui consultant international.
R.
K.
Retour sur un inoubliable séjour français des autorités :
L’heure d’espérer a-t-il enfin sonné pour le Togo ?
De
tous les temps,
la France, que ce soit sous Georges Pompidou,
Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac, déroulait
le tapis rouge au prédécesseur de Faure Gnassingbé, le Gal Gnassingbé
Eyadèma quand il s’y rendait en visite d’Etat. Aux grandes rencontres
franco-africaines, le protocole réservait une place de choix au Président
togolais, juste à la droite ou à la gauche du Président français, qui qu’il
soit. C’était très facile à décoder.
Lors de la dernière visite de l’actuel Président de la République en France,
du 18 au 22 novembre 2008, les Togolais se sont demandé si réellement
c’était un Chef d’Etat togolais et en plus, Président du Rassemblement du
Peuple Togolais (RPT), qui était en visite d’amitié et de travail en France.
Beaucoup ont cru rêver et pour bien de ces Togolais, ils ne pouvaient pas
mieux souhaiter et pour cause, la part belle faite aux dirigeants togolais
et le soutien à eux apporté par l’Elysée, ont toujours été interprétés par
les dirigeants togolais eux-mêmes comme un feu vert de l’ancienne métropole
pour tenir d’une main de fer et brimer comme bon leur semblait, le peuple
dont ils ont la destinée.
Sans doute, c’était cela, le traitement voulu pour ces pauvres Togolais qui
n’avaient besoin d’aucun égard ni de la part de Mitterrand, ni de la part de
Chirac. Ce qu’ils ne se faisaient d’ailleurs pas prier pour faire et
d’ailleurs « trop bien ». Naturellement, Eyadèma n’en avait pas mieux
demandé pour opprimer avec une rare cruauté ce petit peuple aux immenses
potentialités de développement et d’épanouissement. En matière de
dilapidation des ressources du Togo, tout y passait, à telle enseigne que,
le pays se retrouve aujourd’hui dans l’état de délabrement avancé, d’opacité
de gestion, de mauvaise gouvernance, d’absence de démocratie et de violation
des droits de l’homme qui sont ses marques distinctives léguées comme
héritage.
Pour rappel, c’est particulièrement sous les régimes Mitterrandien et
Chiraquien que le peuple togolais aura le plus subi les pires injustices,
les pires exactions et les pires atrocités du régime Eyadèma avec des
modifications unilatérales de constitution, etc sans jamais se voir
reprocher quoi que ce soit. Signalons que Chirac avait été en 1999, la
caution pour garantir le départ de son « mentor » Eyadèma du pouvoir
en 2003, mais curieusement c’était le même Chirac, sans pudeur qui
félicitera le premier son « ami personnel » Togolais «réélu »
en 2003 après des élections auxquelles il était censé ne pas se présenter.
Echos d’une visite d’amitié et de travail
Pour la première fois, le
régime RPT aura subi une véritable douche écossaise à Paris. Plusieurs
médias tout comme LIBERTE, en avaient fait échos la semaine dernière dès le
retour de la délégation togolaise. Même à l’aéroport, malgré l’absence de
Nicolas Sarkozy pour l’accueil, il n’y avait pas eu d’officiels français
pour recevoir le PR togolais à sa descente d’avion.
Par ailleurs, la rencontre
entre le Président Nicolas Sarkozy et Faure Gnassingbé que nous avions
évaluée à une vingtaine de minutes dans notre parution de lundi dernier,
n’aurait d’ailleurs même pas eu lieu et en lieu et place de Sarkozy, c’était
un autre collaborateur du Président français qui aurait reçu le PR togolais
et qui se serait chargé de transmettre à ce dernier les desiderata de
la Présidence
française, se résumant principalement en : BONNE GOUVERNANCE, RESPECT ET
SECURITE DES OPPOSANTS, RESPECT DES DENIERS PUBLICS ET TRANSPARENCE DES
PROCHAINES ELECTIONS PRESIDENTIELLES A VENIR.
La déception du Président
togolais aurait été si grande que les rencontres prévues avec les opérateurs
économiques français et avec la colonie togolaise en France ont été
annulées. Il était prévu que Faure participât au sommet de Strasbourg,
sommet auquel Blaise Compaoré, le PR du Faso avait aussi pris part à
l’occasion de son séjour français où il fut reçu longuement par le maître de
l’Elysée en personne. Ce rendez-vous également fut annulé in extremis. Selon
les informations que nous avons reçues, le week-end dernier, la seule
rencontre de N. Sarkozy et de F. Gnassingbé se limite à la photo prise sur
le perron de l’Elysée. Autre chose, le Président togolais aurait sollicité
une rencontre avec le Secrétaire Général de l’Elysée, Monsieur Claude Gueant,
qui aurait décliné la demande.
Selon un observateur avisé de
la vie politique togolaise, le Président Faure Gnassingbé pensait sûrement
que « les réformes démocratiques cosmétiques », c’est son expression,
qu’il avait engagées, suffisaient pour lui ouvrir le salon doré de l’Elysée;
mal lui en a pris. Tous les Togolais doivent se poser la question de savoir
pourquoi, ni TOGO-PRESSE, ni
la TVT n’ont pas eu à présenter l’image d’un
tête-à-tête Faure Gnassingbé-Nicolas Sarkozy.
Sarkozy, pour polir un peu l’image de la France ?
Tout porte à croire que le
Président Nicolas Sarkozy est décidé à soigner un peu l’image de
la
France suffisamment écornée par les relations assez douteuses que son pays
entretient depuis des décennies avec les dictatures africaines oppressantes
qui comptent toujours sur le louche appui offert jusque-là par
la France des Mitterrand et Chirac pour ne jamais
avoir des visages humains dans la gestion de leurs peuples respectifs.
La France sous Nicolas Sarkozy est-elle décidée à
désillusionner les régimes irrespectueux de la démocratie, des droits de
l’homme, de la bonne gouvernance ? On peut s’aventurer à le croire.
Tout porte à croire que Sarkozy est un homme de convictions et de principes.
Déjà au lendemain de son accession à la magistrature suprême, il avait fait
quelques promesses dans le cadre de l’amélioration des relations
France-Afrique. N’est-ce pas cela qu’il est en train d’amorcer via le Togo,
pays qui a toujours donné les mauvais exemples en Afrique ?
Nous pensons que la fermeté avec laquelle Sarko observe le régime en place
au Togo et la vigilance avec laquelle il suit ses faits et gestes, ne
peuvent constituer rien d’autre que du baume au cœur des millions de
Togolais affamés et essoufflés par des gens qui n’ont aucune réelle volonté
de servir leur peuple et d’oeuvrer à son mieux-être. Leur unique prière
quotidienne semble se résumer à : « France, notre unique déesse, nous
faisons en sorte que tu ne te fâches jamais avec nous, afin que nous
puissions toujours avoir ton soutien, dans les mauvais actes que nous posons
tous les jours contre ce peuple, le seul soutien qui vaille la peine.
L’Amérique, cette première puissance mondiale ou l’Allemagne, l’ancienne
puissance colonisatrice, peuvent nous détester, nous haïr, pourvu que toi
seule, France, tu sois toujours notre soutien, amen ! ».
Pourquoi cela doit-il bouger au Bénin à côté, au Mali, et même au
Burkina-Faso qui sont eux aussi, des pays issus de la colonisation
française, mais que ce petit pays nommé Togo, doit être maintenu constamment
dans cet état morbide et presque en esclavage par une petite minorité qui
ruine le pays au quotidien et n’arrête pas de s’en mettre plein les poches ?
Les ressources du pays ne doivent-elles pas profiter à tous ses fils ?
Si
les Togolais et les Africains en général sont désespérés et ne nourrissent
plus le moindre espoir aujourd’hui, de sortir de leur désespoir, et vivent
presque dans la résignation, c’est par la faute de la France de ces quarante
dernières années, une France dont tout le monde parle en mal en Afrique, du
Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Une France qui s’est mise à dos tout un
continent, rien qu’à cause des forfaitures de quelques-uns de ses Chefs
d’Etat véreux.
En
attendant, les Togolais disent merci à Nicolas Sarkozy et à son équipe, si
leur libération doit venir de lui et si c’est réellement le début de la
libération du peuple togolais. L’heure d’espérer et la fin de la récréation
semblent-elles sonner enfin pour le peuple togolais et pour le camp des
prédateurs ? Les Togolais veulent y croire.
Pour l’heure, après avoir pris la température des nouvelles relations
France-Togo cette fin d’automne à Paris, Faure Gnassingbé et son équipe
auront intérêt à se mettre à la tâche pour atteindre les résultats
attendus.
A. S. |