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ACTUALITÉ / NEWS
Onze années sans contrôle pour le phosphate
L'Union #154 du 28 Nov. 2008

      Le ministre des Mines Dammipi Noupokou et les parlementaires ne pensaient trop dire en évoquant un désastre dans la gestion de l'Office togolais des phosphates (OTP), aujourd'hui Société nationale des phosphates du Togo (SNPT), en passant par IFG-TOGO.

       Face à la pluie des questions orales des députés le 20 novembre 2008, le Ministre a opposé un exposé qui met en lumière toute l'opacité qui a prévalu à l'OTP pendant des années. Pas de comptabilité, pas de rapport d'activités, des contrats complaisants, etc. Conséquence : le fleuron de l'économie du Togo a sombré par la simple volonté de certains de ses fils. Un simple détour dans les villages environnants du site d'extraction du minerais fait observer ce que d'aucuns appellent "crime". C'est un luxe d'avoir de l'eau potable. Ne demandez pas le courant et les routes ! Seule la cité des fonctionnaires a droit à ce luxe. Aujourd'hui, les terres cultivables sont détruites par la chaîne du phosphate ; ceci oblige des paysans à devenir des nomades des champs. D'autres sont obligés de recourir à des prêts fonciers, très usuriers, pour subvenir aux besoins quotidiens. D'autres encore sont devenus des métayers bien que disposant des terres au départ.

       Voilà des situations réelles qui n'ont jamais été prises en compte, peut-être. Car, depuis ce 20 novembre, il est dit qu'une somme de 200 millions de francs CFA est reversée chaque année à la préfecture au titre de dédommagement. Il est aisé d'en retracer le parcours. La même situation est vécue à Tabligbo avec la société de production du ciment Wacem ; l'autorité déconcentrée est aussi mise en cause.

       Pas de tenue de compte, pas de bilan présenté. Cela veut dire que depuis 1997, le phosphate est vendu sans qu'on cherche le nombre de tonne produit, le bénéfice réalisé, le chiffre d'affaires annuel. Mieux, qui a vendu quoi ? Selon un responsable rencontré, on pouvait dépiécer les matériels et les vendre sans être inquiété. Quid de l'argent ? Alors même qu'il a toujours existé des conseils d'administration qui ont pris régulièrement des jetons de présence et de travail.

       Pour l'heure, il faut croire avec Dammipi Noupokou à la volonté des autorités de redynamiser le secteur des phosphates. "La SNPT aura de beaux jours devant elle. On peut avoir espoir parce qu'on a essoufflé à tout le groupe qui travaille aujourd'hui dans la SNPT un dynamisme qui nous permet d'avoir de l'espoir. On va pouvoir renouveler très rapidement le matériel, les ouvrages, les équipements pour remonter progressivement le volume de production qui était tombé jusqu'à 800.000 tonnes à 2 millions voire 3 millions de tonnes qu'on avait déjà connu dans les années passées", dixit-il.

       La SNPT a commencé effectivement ses activités le 1er août 2008. Le prix du minerai a quintuplé sur le marché international pour atteindre la barre de 350 dollars la tonne.

Sylvestre D.


Reportage : Séropositive, mère d’une fille et commerçante : Les trois vies d’Ayoko E.

         A 22 ans, Ayoko E. découvre sa séropositivité. Sur le coup, pour elle l’horizon semblait bouché, le sort jeté. Mais au fil du temps et à force d’une santé, qui ne l’a jamais trahie, elle retrouve lueur de vie, affronte son image et celle de la société.

       A 26 ans cette jeune dame, sourire androgyne, mêle bien sa vie de séropositive à celle de mère d’une fillette de 5ans (aussi séropositive) et celle de revendeuse.

       Une chape de tristesse, suggérée par sa seule présence, pesait sur la maison en cette fin de matinée. C’est au quartier Kégué Nazod, qu’elle vit aux côtés de sa mère et d’une cousine. Ayoko E, s’est délivrée une dispense d’aller livrer ses laitues aux clients ce matin. La raison ? Le soleil de plomb, qui s’abat sur la ville. Sa fille en classe de CP1 n’est pas encore de retour de l’école. Sa mère étant allée  remplir ses activités de vendeuse dans un marché de Lomé. Quant à son frère aîné, il lui a été enjoint de quitter la maison. « Parce que de connivence avec sa femme, il multipliait à l’envi des attitudes stigmatisantes à mon égard. »  L’atmosphère apparemment terne, contraste avec sa chevelure gominée, son jean style Jennifer Lopez, ses sourcils et pommettes poudrés de maquillage brillant. Ayoko E. a tous les attributs pour convertir un homme chaste. Nos deux positions assises, frontales soulignent un peu le fait que la méfiance a du mal à céder à la confiance. Un coup de fil. C’est le Président du CACIEJ-TOGO (Comité d’Action pour la Coopération Internationale et l’Epanouissement de la Jeunesse) l’association où Ayoko E. se fait accompagner en tant que Personne Vivant avec le VIH (PVVIH). Tout se reprécise, Ayoko E. semble désormais très convaincue, que nous ne sommes pas venu à elle par subterfuge. Même si le Président du CACIEJ, lui avait déjà dit un mot sur cette rencontre, il fallait attendre ce coup de téléphone ‘’providentiel’’. Et voilà notre interlocutrice à cœur ouvert… « En tous les cas, je ne vois pas l’intérêt de ne pas briser la glace sur ce que je suis aujourd’hui. Ma prière est que cette entrevue transforme le regard sur les personnes séropositives, non plus comme des « distributeurs » potentiels du VIH, mais comme des acteurs de prévention… », rassure t-elle dès l’entame.

       Nous sommes en 2004. Ayoko vient de perdre son mari, suite à une courte maladie d’une semaine. Une fièvre passa le témoin à des maux de tête et les maux de tête, à une courte diarrhée. S’en suivent des hoquets. « Vas te faire soigner au village. Ce doit être une maladie dont le traitement est du ressort des guérisseurs », lui indiqua les personnes âgées de notre entourage. Au village, trois jours plus tard, le mari rendît l’âme. Pas le moindre soupçon d’un décès lié au VIH/SIDA. Il a fallu attendre un mois. La petite fille d’Ayoko E , qui avait alors, neuf mois, tombait de charybde en scylla. Seul début de solutions, se rendre à l’hôpital. « A l’hôpital, où nous nous sommes rendues à Akodesséwa, le Docteur m’a invitée à un test de dépistage, après avoir su que le père de ma fille n’est plus ». Subitement la voix douce d’Ayoko E et sa  gorge nouée, donnèrent une impression d’effacement. C’est ce moment chargé d’émotion, qu’elle a choisi pour annoncer, sans l’ombre d’une hésitation, la date où elle a passé son test de dépistage au même titre que sa fille. C’était le 26 juin 2004. Ce jour-là, elle s’est faite accompagner par sa mère au centre de la Croix Rouge. Mais il fallait plutôt, dans un premier temps aller  faire le test à Lomnava, dans un centre de santé tenu par des sœurs religieuses. Et retourner ensuite à la Croix Rouge pour le counseling et les recommandations.

Deux semaines après l’analyse, les résultats. «  Il y eut d’abord un huis clos avec moi, ensuite avec ma mère. La nouvelle tomba tel un couperet. Le ciel semblait nous tomber dessus. Les langues s’amuïssaient ». Un second test à l’Institut d’Hygiène, ne modifie rien.

Grossissement de réactions

          Toute la famille d’Ayoko offrait un visage à rictus.

« L’une de mes cousines, qui fait figure de ma grande sœur -c’est d’ailleurs elle qui m’a remis 3000 f CFA pour le dépistage- ne s’est pas fait prier pour injurier mon mari défunt. Elle a même dit que s’il était encore en vie, elle lui aurait crée tous les problèmes. Tandis que  ma mère, furieuse, répétait à satiété : voilà les conséquences, quand on refuse de se soumettre aux vouloirs de ses parentsCertains ont même suggéré que ma famille aille dire, de façon un peu belliqueuse, à la famille de mon mari : voilà ce que votre fils défunt a fait à notre fille ». Pourtant, le mari d’Ayoko E, n’avait aucun problème de son vivant avec sa belle famille. « Certes, il n’avait pas demandé ma main, mais il avait fait le premier pas comme on le dit », ajoute, la veuve avant de poursuivre que « Mon père qui vit et travaille hors du Togo, face à toutes ces réactions incendiaires, a adopté une attitude tempérée quand il est rentré à la suite de cette nouvelle. C’est lui en effet, qui m’assistait, me consolait plus que tout le monde. Je n’affirme pas pour autant que les autres membres de ma famille m’ont délaissée. Avec le temps, ils ont compris qu’il fallait me soutenir pour éviter le pire. Et ils ont mis du bémol à leurs énervements ».

A l’abri des manifestations de stigmatisations ?

            «  Dans le quartier, beaucoup de jeunes filles, surtout, font économie de leur sympathie à mon égard. Mon frère aîné dont j’ai parlé plus haut, avec sa femme, est à l’origine de l’éruption de l’information ici. Et ce, contre l’avis de tous les membres de ma famille. En revanche, je partage, cette cour avec ma mère, mon enfant et une autre cousine, comme si de rien n’était. Nous vivons sans aucune forme de ségrégation…

       J’ai également, un cousin dont le domicile contigu au nôtre qui passe tout son temps à me vilipender dès que survient le moindre malentendu.  Parfois quand mon enfant joue avec ses amis, il va raconter aux parents des autres qu’ils n’ont qu’à éloigner leurs enfants de ma fille. Car ma fille est séropositive…. Dans la famille, nous cherchons les voies et moyens pour lui faire cesser cela. Un jour, sous le coup de l’emportement j’ai même déclaré ouvertement que si j’avais les moyens de lui transmettre le virus, je n’hésiterais point. Et je me suis ressaisie juste après ».

       Tous ces quolibets et inimitiés qu’elle essuie, doublés de la difficulté qu’elle avait à se procurer les antirétroviraux, lui faisaient perdre espoir à toute vie. Elle explique qu’ « il était difficile de se faire inscrire au sein d’une association afin de jouir des avantages à savoir la subvention des médicaments. Après avoir connu ma sérologie, j’ai passé deux ans sans prendre un seul médicament. Il y a environ un an que je me suis vraiment mise sous traitement. Depuis que j’ai rencontré CACIEJ et que je bénéficie de leurs bonnes grâces. Par contre, mon enfant était très bien suivie depuis que notre contamination a été confirmée. C’est le Docteur Lawson ....du CHU Tokoin, qui s’est toujours sacrifiée pour payer les produits de ma fille. Qu’elle en soit ici remerciée. »

       Sur la question de la gratuité des antirétroviraux. Ayoko laisse errer un moment sa pensée. Elle fait glisser délicatement le châle noir qui surmonte ses épaules, sur le visage. Histoire d’essuyer des larmes qui dégoulinent. « Tout en louant l’action, je voudrais faire relever combien, il est contraignant et stressant de vivre sous traitement. Tout comme si l’on était prisonnier d’une telle situation après qu’on eut prononcé un jugement. Et on se demande jusqu’à quand. La gratuité est bien, mais il faut être fort dans la tête pour supporter ce traitement très très stressant ». Tout comme si elle donnait raison au professeur Luc Montaigné, qui disait lors d’une conférence en Afrique du Sud « On a beau avoir accès au meilleur traitement, la meilleure chose, qu’il souhaite, à tout un chacun, c’est de ne pas avoir le VIH/SIDA »

Horizon dégagé !

       Longtemps terrifiée et tourneboulée par des vécus aussi durs, Ayoko E. s’est suffisamment remise de tout cela, au point même de parler à présent, à l’image du poète « je n’irai pas à Canossa ! ». Aujourd’hui, débordante d’énergie et de ‘’ ressources’’, elle engage la bataille de sa vie sur trois fronts majeurs.

       Séropositive, elle mène sa vie conformément aux recommandations du Médecin de CACIEJ-TOGO. Régulièrement, elle se soumet à l’analyse de cd4 qui permet de suivre l’état du virus. Mais une préoccupation centrale : elle aspire à s’impliquer véritablement dans la prévention.

       Mère d’une fillette, Ayoko E, mesure bien le poids de tout ce qui l’attend concernant l’éducation et la prise en charge de sa fille. C’est à raison qu’elle a choisi de s’adonner à une activité génératrice de revenus. Elle fait du commerce de laitue, choux, salade, carotte, etc. d’où elle peut tirer par semaine, un bénéfice de 4000 f  sur 5000f  CFA investis. « Cette affaire, je la dois au CACIEJ qui m’ donné 120 000 f CFA pour commencer. J’ai vendu des ustensiles en plastiques et transité par le commerce du pagne avant d’être au commerce des laitues ».

       C’est à partir de ce revenu que Ayoko E organise le payement de la scolarité de sa fille en plusieurs tranches, son habillement, sa nourriture … Goulée d’air frais, cependant. « Je reçois sporadiquement de l’assistance ci et là. Dans mon quartier, c’est surtout la communauté des sœurs de la miséricorde qui est passée championne, en soutien de mon enfant et moi-même. Elles nous invitent souvent à partager avec elles, des repas et des temps de causerie. Elles ont d’ailleurs décidé de partager, cette année avec moi les frais de scolarité de ma fille qui s’élèvent à 28 000 f CFA ».

       La ténuité de sa vie de séropositive, de mère et de commerçante rappelle des vertus cardinales. A elle seule, Ayoko E. incarne courage, persévérance, patience et espérance à la vie. Et plus que jamais un rêve indéboulonnable : refonder une vie conjugale. Rien n’est plus faux. Depuis quelques mois, comme un fait irréel, elle sort avec un quinquagénaire, célibataire avec cinq enfants. «  Quand je ne donnais pas suite à ses avances, il m’a fait savoir un jour que c’est parce qu’il a appris que je suis une PVVIH qu’il tient à moi. J’en étais touchée…actuellement il fait des démarches pour m’épouser. Et dans ma famille, cette nouvelle ne rencontre pas l’assentiment de tout le monde ». Ce qui n’est pas sans évoquer la question de la parentalité entre couple séro-discordants. Elle assure, qu’ils sont  en train de prendre langue à ce sujet. 

       Si refuser d’être disert sur sa séropositivité, est une religion, cette courageuse jeune dame a alors apostasié sa foi. Non pas par provocation, mais par défi. Un défi fécond d’espoir pour l’avenir. Pour Ayoko E. « le SIDA ne devrait pas être une maladie de la honte. C’est le regard de l’autre qui nous culpabilise. Il existe beaucoup de maladies qui peuvent emporter l’homme d’un instant à l’autre…j’appelle à une égalité entre séronégatifs et séropositifs.» Privée de cette égalité, Ayoko E. est une combattante du VIH/SIDA, qui espérons-le, pourra se faire accepter comme une personne ordinaire.

Dieudonné Korolakina


Statut de l'opposition : Responsabiliser l'opposition

       C'est à croire que le dialogue est devenu son obsession.  Pour coller à la ligne qu'il a imprimée à la gouvernance politique depuis 2005. Et donner à l'opposition politique une base juridique, mais aussi, et surtout, le rôle qui lui incombe dans la vie et le développement de la nation. L'Accord politique global (APG) est passé par là.

       De nos jours, l'on est poussé à assimiler l'opposition africaine à un regroupement de copains et de camarades d'amphi -parfois réduits à quelques membres de la famille-, en manque d'emploi, plus portés à la contestation, au dénigrement… et à la casse. Quitte à attribuer la responsabilité au pouvoir en place. Normal !

       L'idée qui germe désormais chez le chef de l'Etat et sa suite est de faire de l'opposition togolaise un acteur entier de la gestion politique. "Dans toute démocratie moderne, l'opposition a un grand rôle à jouer", rappelle le communiqué ayant sanctionné le conseil des ministres du mercredi dernier à Kara. Le projet de loi adopté par le gouvernement, portant Statut de l'opposition, rappelle ces formations politiques à leurs devoirs dans la vie politique, économique… et culturelle de la nation.

       Mieux, il innove, en instituant une rencontre nationale annuelle entre la tête de l'Etat et les responsables politiques en vue d'échanger et "de traiter des grandes questions d'intérêt du moment", dixit le conseil. Donner de la considération et de l'intérêt à l'autre, cela s'appelle. Occasion pour les politiques "d'en bas" de donner, de manière officielle, constructive et plus civilisée, leurs avis sur la gestion de la nation. Et de les faire valoir.

       En outre, par souci d'un jeu apaisé et respectueux, le pouvoir pense à un n conseil de conciliation des partis politiques "dont la mission est de favoriser le dialogue et la conciliation entre les partis politiques de notre pays".

       Manifestement, Faure Gnassingbé vise au-delà et veut faire davantage que l'APG du 20 août 2006 dont le statut de l'opposition est l'une des exigences. Sauf qu'ici, l'on perçoit toujours "des pièges " derrière des entreprises du genre.

Jean Afolabi


Le Togo en Economie et Finances

Les sociétés d'Etat bientôt passées au contrôle

       "Bientôt un appel à candidature pour le Commissariat au Compte et pour l'audit des Sociétés d'Etat, dès que le Gouvernement aura homologué par décret le barème de rémunération des experts comptables et les comptables agréés". Ce sont les termes d'une annonce faite par la cellule de pilotage de la politique des reformes économiques. Cette étape succède à une précédente qui avait permis à une commission ad hoc d'agréer des auditeurs et commissaires aux comptes désormais habilités à opérer sur les comptes publics. Depuis le 6 juin, le ministère des Finances a ainsi validé une liste de 16 Experts comptables et comptables agrées à l'expertise comptable et au commissariat aux comptes, 15 cabinets agréés à l'expertise comptable et au commissariat aux comptes, 2 Comptables agréés et ayant été agréés à toutes sortes d'audits excepté l'audit financier et le commissariat aux comptes et 3 Sociétés agréées au titre de consultants. 7 autres dossiers furent rejetés pour non-conformité.

       La nouvelle démarche vise à passer au contrôle la gestion faite des sociétés d'Etats, surtout que certaines n'ont pas connu cet examen depuis plusieurs années. Une voie ouverte à toutes les dérives. Le cas de l'ex-OTP révélé la semaine dernière à la représentation nationale n'est point isolé. Le commissaire aux comptes est un organe de contrôle dont la compétence peut aller au-delà des comptes pour embrasser la régularité de la vie juridique de la société. C'est donc un contrôle comptable, financier et juridique. La gestion transparente et saine des entreprises publiques est devenue une exigence des bailleurs de fonds dans un monde où les financements extérieurs restent le fruit des contribuables d'autres peuples. Le budget exercice 2009 ambitionne d'atteindre cet objectif, à défaut empêcher un temps soit peu que l'argent public passe impunément par des circuits non maîtrisés. Vivement que tout ceci permette de gagner quelque chose de plus.

Vers l'opérationnalité de l'Inspection des Finances

        Créée courant 2008 par décret présidentiel, l'Inspection générale des finances (IGF) fait sa dernière touche pour mettre en place ses textes de fonctionnement. L'IGF, qui joue un rôle avoisinant celui de la Cour des comptes, exerce pour sa part un contrôle en cours d'exécution des finances publiques. Placée sous l'autorité du ministre chargé des finances, l'IGF est animée par un inspecteur général des finances assisté d'un adjoint, et des inspecteurs des finances et des vérificateurs.

       L'inspection générale des finances exerce une mission générale de contrôle, d'audit, d'étude, de conseil et d'évaluation en matière administrative, économique et financière. Elle exerce un contrôle sur les opérations réalisées par les ordonnateurs de recettes et de dépenses publiques ainsi que sur les comptables publics ; elle s'assure de la régularité et de la conformité des opérations et vérifie la matérialité de la dépense publique, notamment la réalité du service fait. L'IGF apprécie la qualité et la performance de la gestion des ordonnateurs et des comptables publics et peut formuler des propositions en vue d'accroître leur rendement. En outre, l'inspection des finances assure le suivi du programme de lutte contre la fraude fiscale sous toutes les formes et notamment les fraudes liées aux relations financières du Togo avec l'étranger. Les inspecteurs des finances et les vérificateurs sont indépendants vis-à-vis des administrations, services et organismes qu'ils contrôlent et libres dans l'appréciation des faits qu'ils examinent et des conclusions qu'ils en tirent.

       A l'analyse, cette nouvelle structure devra jouer un rôle d'éveil contre les mauvais réflexes du passé des commis de l'administration des finances. Et c'est ici que, dès le départ, elle ne doit faire l'objet de défiance et de crainte. Contrairement à ce qui se raconte actuellement dans les couloirs du CASEF, le chantre financier. Les mauvaises langues voient déjà dans l'équipe de l'IGF un ancien habitué des lieux, voire un protégé, dont le passé récent est entaché par une affaire de disparition de fonds dans une institution régionale qui lui a valu des démêlées judiciaires. N'eut été…

       Le pouvoir actuel doit donc être regardant pour ne pas livrer tôt à l'échec les innombrables efforts consentis depuis 2005, lesquels viennent de permettre au pays de franchir un nouveau palier : l'élection à l'initiative PPTE.

La Cour des comptes à 300 millions de F CFA

         Ce budget prévisionnel fixé par le gouvernement dans le projet de loi de finances 2009 confirme l'effectivité de cette institution de contrôle pour l'année prochaine. Si le texte est adopté en l'état par la plénière du parlement, les magistrats vont ainsi bénéficier d'une cagnotte de 200 millions de francs CFA comme indemnités sur une prévision totale de 300 millions.

       En rappel, la Cour des Comptes juge les comptes de gestion des comptables publics. Elle assure la vérification des comptes et de la gestion des établissements publics et des entreprises publiques, assiste le Parlement et le Gouvernement dans le contrôle de l'exécution des lois de finances, procède à toutes études de finances et de comptabilité publique qui lui sont demandées par le Gouvernement, l'Assemblée Nationale ou le Sénat.

       La Cour des Comptes établit un rapport annuel adressé au Président de la République, au Gouvernement et à l'Assemblée Nationale et dans lequel elle fait état, s'il y a lieu, des infractions commises, et des responsabilités encourues. Les membres de la Cour des Comptes ont la qualité de magistrat. Ils sont inamovibles pendant la durée de leur mandat. Les fonctions de membre de la Cour des Comptes sont incompatibles avec la qualité de tout mandat électif, de tout emploi public, civil ou militaire, de toute autre activité professionnelle ainsi que de toute fonction de représentation nationale

Sylvestre D.


Finances publiques : Recettes et dépenses prévues à la hausse en 2009

       Selon le communiqué rendu public à l'issue du conseil des ministres du 5 novembre 2008, la loi de finances gestion 2009 reflètera l'engagement du gouvernement à promouvoir une croissance économique durable dans le but d'améliorer les conditions de vie des populations. Les prévisions budgétaires se chiffrent en ressources à 302,9 milliards de FCFA et en dépenses à 344,4 milliards de FCFA, dégageant un besoin de financement additionnel de 41,5 milliards.

       Estimées à 302,9 milliards de FCFA contre 265,2 milliards en 2008, les ressources budgétaires enregistrent une hausse de 14,2%. Prévues pour 232,9 milliards de FCFA contre 214,4 milliards en 2008, les recettes propres en 2009 progressent de 8,6%. Cette hausse s'explique par l'augmentation d'une part des recettes fiscales et douanières et d'autre part des participations financières de l'Etat. Elles se présentent comme suit : recettes fiscales projetées à 218,4 milliards de FCFA contre une prévision de 203,8 milliards en 2008, soit un accroissement de 7,2% ; recettes non fiscales prévues pour 3,5 milliards de FCFA contre 3,7 milliards, soit une baisse de 5,4% ; produits des privatisations et des participations financières de l'Etat s'élèveraient à 11 milliards, contre 6,9 milliards, soit une hausse de 59,4%.

       Ces ressources se répartissent par service financier : Administration des Douanes : 120,9 milliards de FCFA contre une prévision de 112,8 milliards en 2008, dégageant un accroissement de 7,2% ; Administration des Impôts : 97,5 milliards contre une prévision de 91 milliards en 2008, soit une augmentation de 7,1% ; Trésor Public : 14,5 milliards contre 10,6 milliards, soit une hausse de 36,8% par rapport à 2008.

       Les recettes extraordinaires attendues en 2009 s'élèvent à 70 milliards de FCFA contre 50,7 milliards la gestion précédente, soit un accroissement de 38,1%.

       Pour leur part, les prévisions de dépenses pour 2009 s'appuient sur les priorités contenues dans le DSRP intérimaire ; elles connaissent une progression de 12%. Arrêtées à 195,3 milliards de FCFA contre 189,7 milliards en 2008, les dépenses primaires dégagent une hausse de 3%. Les dépenses de personnel s'élèvent à 76,4 milliards contre 72,2 milliards en 2008, soit une augmentation de 5,8%. Cet accroissement est dû, entre autres, aux effets conjugués d'une part du recrutement dans les secteurs de l'éducation, de la santé et dans le reste de l'administration, d'autre part, de l'intégration des enseignants auxiliaires ayant accompli 5 ans de service et du reste des temporaires dans le cadre des fonctionnaires, et enfin de la révision de la situation administrative des enseignants auxiliaires et des agents temporaires déjà intégrés. Les dépenses de matériel connaissent aussi une hausse de 2,4% en passant de 54,5 milliards de FCFA en 2008 à 55,8 milliards en 2009 en raison des efforts pour maîtriser ses dépenses de fonctionnement. Les interventions de l'Etat reconduites en 2009 se chiffrent à 63 milliards de FCFA.

Sylvestre D.


Musique : Grand concert d'accordéon et de percussion au Goethe Institut

            A l'occasion de la journée Internationale de Lutte contre le VIH / SIDA, le Goethe Institut organise, ce  lundi 1er décembre 2008, de 18h30 à 20h30 au Goethe Institut, un concert d'accordéon et de percussion qui sera animé par deux femmes virtuoses de l'accordéon : la Togolaise Blanche Gassou dite Blangastillo et l'Allemande Cathrin Pfeifer.

            Cathrin Pfeifer, " une enchanteresse de l'accordéon ", explore toute la gamme offerte par l'accordéon déclinée avec sobriété, chaleur et virtuosité. Elle creuse toutes les cultures musicales du monde entier pour s'en inspirer et créer ses propres compositions. Son style est unique. Sa musique n'est pas seulement le produit de ses nombreuses collaborations musicales mais bien le résultat de ses diverses expériences passées: musique du monde, folk, rock, avant-garde, musiques improvisées et classiques, cinéma, danse, théâtre. On peut reconnaître dans ses compositions personnelles le style cosmopolite d'une personne pleine de vie, de lyrisme, d'ouverture et de surprises.

            Quant à  la Togolaise Blangastillo, elle est une artiste qui, très tôt, a eu contact avec la musique. Elle même se dit très amoureuse des instruments de musique. Ainsi, dès 1982, elle a intégré la troupe des Majorettes de Maman N'Danida qui était sous l'encadrement des Forces Armées Togolaises. A l'exception de plusieurs artistes togolais, Blangastillo a étudié le solfège puis elle a joué de la contrebasse pendant 4 ans. Après avoir intégré le groupe Mélo Togo, elle a appris et a joué de la guitare basse. Actuellement, elle est une accordéoniste de talent. De son répertoire, on retient qu'elle fait de la polka, avec des chansons comme : Oh beau soleil, Je suis un vagabond, La danse du Togo, Le roi Arthur. Des chansons populaires du Togo et d'ailleurs : Kokoko Mayi ablotsi, Woegblem loo, Dzoyiloo, Essi yé yé yé, Agbéfiakuku, Mina mano agbévidé, Novi lagbémé, Mayé kom, I am lay down,  Le bon fromage … Il faut peut-être voir cette dame à l'œuvre avec son gros instrument pour saisir toute sa densité.

Tony Feda

 

 
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