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Au Togo, tous les Premiers ministres qui se sont succédé, ont
eu la volonté de faire changer les choses. Mais ce sont ceux qui sont dans
l’entourage immédiat du chef de l’Etat qui leur rendent la vie difficile.
Surnommés les « hommes du président » ou les « amis du président»,
ils se croient plus forts que le Premier ministre.
L’ancien Directeur Afrique du PNUD, Gilbert Fossoun Houngbo,
en fait actuellement la triste expérience. Les « hommes du président
» le considèrent comme un autre luxe constitutionnel et n’ont que faire de
ses injonctions. Le cas le plus patent fut cette bagarre entre Bodjona et
Oukoulou-Kantchati qu’il a vécue en live dans ses locaux. Si ces deux
ministres avaient de la considération pour lui, ils n’allaient pas en venir
aux mains devant lui ou l’un d’eux n’allait pas darder qu’il débarquerait
l’autre du gouvernement lors du prochain remaniement. Entre ce ministre et
le Premier ministre, qui forme le gouvernement ?
Selon certaines indiscrétions, le Premier ministre keynésien
n’aurait pas du tout apprécié l’affaire de détournement de 100 millions de
FCFA à Togocellulaire. Il aurait piqué une vive colère. Mais
malheureusement, il n’a pas assez de marge de manœuvre pour changer les
choses ou sanctionner les incorrigibles. Les mêmes sources indiquent qu’il
aurait fait part de son indignation au chef de l’Etat. Bien qu’il déclare
publiquement qu’il ne regrette pas son départ du PNUD pour venir servir le
Togo, dans les coulisses, le sentiment n’est pas le même.
Comme l’a écrit « togocity.com » dans un avant-papier
sur son interview sur la radio de la diaspora « FM Liberté », «
beaucoup s’accordent à dire que si M. Houngbo a le bagage, il n’est pas
évident qu’il ait l’équipe, les outils institutionnels et le climat
politique appropriés au boulot
». C’est une lapalissade. Il y a beaucoup de gens qui sont dans ce
gouvernement non pas pour leur compétence mais juste pour leur accointance
avec le clan au pouvoir. Plusieurs amis du chef de l’Etat qui n’ont rien
changé depuis 2005, sont toujours maintenus à leur poste. Même des intimes
ont pris leur part du gâteau gouvernemental. Dans ces conditions, le miracle
ne peut jamais se produire.
C’est dans ce contexte de profonds malaises qu’est intervenu
ce séminaire gouvernemental qui s’achève aujourd’hui avec le rarissime
conseil des ministres. « Pour assurer la relance de l’activité
économique, il nous fallait inscrire notre action dans le cadre du programme
intérimaire d’actions prioritaires en attendant la finalisation du DSRP
complet d’ici le premier trimestre de l’an 2009. C’est donc face à cette
urgence que nous avons identifié des actions rapides à mener susceptibles de
produire des effets palpables dans un délai raisonnable. Nous disons qu’en
six mois, le peuple togolais doit voir un début de solution, il faut qu’en
six mois nos compatriotes sentent que ça bouge. Durant les six mois qui
viennent, nous devons nous battre pour recréer l’espoir et l’optimisme au
sein de notre population », a déclaré M. Houngbo à l’ouverture des
travaux. Il a ensuite invité ses ministres à être innovants et à ne plus
être des automates qui ne pensent qu’à aller ouvrir ou clôturer les nombreux
séminaires qui sont organisés dans le pays. « Chers collègues, il nous
faudra être créatifs, il nous faudra réfléchir afin d’identifier les voies
et moyens nous permettant d’accélérer les procédures d’ordonnancement sans
pour autant négliger la rigueur et le contrôle », a-t-il indiqué.
Faut-il avoir foi en ces paroles ? Les «hommes du
président » se raviseront-ils pour se mettre sous le Premier ministre
qui disait dans l’interview sur « FM Liberté » qu’il est le numéro 2
après Faure Gnassingbé ? Ce n’est pas très sûr. Et ce n’est pas l’actuel
ministre de la Santé, Komlan Mally, qui nous démentirait. Si ses ministres
dont la plupart se retrouvent dans l’équipe Houngbo, avaient pigé et pris en
compte les grandes lignes de son discours de Nangbéto, le Togo se serait
porté mieux. Donc, la retraite gouvernementale de Kara est un séminaire de
plus qui a englouti quelques dizaines de millions et qui n’apportera rien
dans le vécu quotidien des Togolais. Certes le Premier ministre a la volonté
mais elle seule ne suffit pas. Il faudrait qu’il ait des moyens et des
hommes qui partagent les mêmes ambitions que lui.
R. Kédjagni
Contribution à
la pérennité de SOTRAL
Il nous est plusieurs fois arrivé de constater que
les bus de
la
Société des transports de Lomé (SOTRAL) circulent dans la
ville presque à vide. Les moments où le plein est assuré, se situent entre
6h et 8h le matin et entre 17h30 et 18h30 en début de soirée. Pour les
autres moments de la journée, on voit ces bus transporter des passagers qu,i
quelquefois, ne dépassent même pas la dizaine. Ce n’est pas normal, quand on
sait que ces véhicules sont destinés à transporter, selon les responsables,
au-delà de la centaine de passagers.
A l’analyse, cela ne pourrait qu’être source de
manque à gagner à la longue pour cette société qui a eu toutes les peines du
monde à démarrer. Pour rappel, signalons que, annoncés depuis début 2007 à
grand renfort de publicités muettes à partir des panneaux indiquant les
points d’arrêt, alors que les responsables de ce projet, apparemment,
n’étaient même pas prêts, les bus SOTRAL n’ont fini par prendre corps et
s’intégrer au quotidien d’une partie des Togolais qu’après plus d’une année
et à un moment où les Togolais déçus, les avaient même oubliés.
Quand on sait que le Togo, dans tous les secteurs de
la vie, souffre d’un mal chronique qui a pour nom mauvaise gestion et dont
semble se satisfaire même le sommet de l’Etat, mauvaise gestion décomposable
en : manque d’expertise, imprévoyance, approximation et népotisme
destructeur et rétrograde, il y a lieu de lancer un appel en direction de
l’équipe chargée de l’administration de SOTRAL, afin que ce réveil tardif en
2008 des Togolais, éternels derniers en tout, par la faute de leurs
dirigeants, ne tourne pas court.
Des véhicules qui roulent ont besoin d’entretien et
de maintenance réguliers. Et pour une effectivité de l’entretien et de la
maintenance, et une certaine efficacité dans l’administration de ce projet,
il faut rompre avec cette gestion similaire à celle d’une épicerie qu’on a
connue jusqu’ici au Togo. Nous croyons savoir que SOTRAL est un
établissement public dont la gestion aurait été confiée au privé. Nous ne
pouvons que lui souhaiter bon vent; mais surtout, que la gestion de cette
entreprise ne ressemble pas à celle du Fonds d’Entretien Routier (FER) où
jusqu’ici le pouvoir ne s’est pas encore décidé à faire un audit, pour
situer le peuple après le prononcé de sa dissolution, preuve avérée d’une
gestion opaque au quotidien et d’un déficit chronique de bonne gouvernance
au sommet de l’Etat.
Certains Togolais ont encore présents à l’esprit ces
imposants bus climatisés de marque Mercedes Benz, peints en vert clair et
griffés de l’insigne du RPT, commandés dans les années 70 par prestige et à
coup de plusieurs dizaines de millions de FCFA l’unité, à un moment où le
budget annuel de l’Etat atteignait difficilement les 50 milliards. Ils
étaient une dizaine. Ils ont traversé la vie togolaise tels des météores.
Une partie de ces chef-d’œuvres allemands dort depuis quelques décennies,
dans leur « mausolée » situé quelque part entre l’ancien logement des
députés togolais et la direction de Togo-Télécom à Nyékonakpoè. Ils sont «
morts » prématurément, faute de quelque chose.
Les Togolais n’ont pas non plus oublié ces bus
rouges également de marque Mercedes Benz des années 70 destinés au transport
urbain. Ils ont également vécu au Togo ce que vivent les roses. Des
matériels roulants, comme toute machine, ça s’entretient, ça se soumet à la
maintenance qui consiste à changer les pièces usées, amorties. La bonne
gestion passe aussi par là. Ce n’est pas l’œuvre d’un miracle, ça s’apprend.
Elle a ses règles. Arriver à changer régulièrement, pour des véhicules à
vocation commerciale, les pièces hors d’usage, signifie faire de la bonne
gestion et une bonne gestion signifie aussi respect scrupuleux du bien
public.
Ainsi, pour donner à SOTRAL, la chance de connaître
un meilleur sort et faire un plus long chemin, nous voulons apporter notre
modeste contribution en proposant, d’ajouter aux panneaux des points
d’arrêt, les heures exactes (ou approximatives, c’est selon) d’arrivée des
bus au niveau de chacun de ces panneaux. Une fois que les gens savent
l’heure à laquelle « SOTRAL » arrive à tel ou tel endroit, il leur
revient de s’organiser pour attendre le véhicule à ces endroits-là. Les
Loméens qui utilisent pour le moment les services de SOTRAL, sachant qu’il
n’y a aucune heure précise à laquelle passent les bus, il est clair qu’ils
seraient tentés de
faire leur déplacement par d’autres moyens et
n’auraient aucun intérêt à perdre leur temps à attendre.
Pour notre part, c’est ainsi que nous expliquons la
circulation des bus à des moments de la journée presque à vide. Selon notre
analyse, une personne qui voudrait aller de Nyékonakpoè à Adidogomé rendre
visite à quelqu’un, sachant qu’à 9 h10 le bus sera à l’arrêt de Nyékonapkoè,
et sachant qu’à 11h elle le retrouvera au Lycée technique pour revenir à la
maison, elle fait son programme en conséquence. Il est vrai que les bus ne
peuvent pas toujours circuler avec le plein. Mais, vu le nombre de fois que
nous en avons vu circuler entre le Grand marché et Adidogomé depuis au
moins un mois, avec 8 à 10 personnes à bord, il y a lieu de s’inquiéter.
La prise en compte de cette proposition pourrait
être aussi un début de solution à cette accoutumance des Togolais, y compris
même des autorités togolaises ou administratives, au non respect des
horaires. Ne serait-il pas beau qu’on puisse remédier à un problème en
faisant d’une pierre deux coups ? Il faudra que demain la société togolaise
change fondamentalement de mentalité et il n’y a pas un temps pour
commencer.
Dans leur phase expérimentale ou d’essai actuelle,
nous osons croire que les responsables de SOTRAL sauront intégrer cette
suggestion pour améliorer le rendement de cette entreprise que nous
souhaitons pérenne et viable. Et comme nous y tenons beaucoup, nous
insistons encore une fois sur le côté entretien et maintenance. La bonne
gestion des fonds garantit la longévité des matériels roulants. Et ce serait
dommage de retrouver demain les bus SOTRAL à l’abandon pour cause de panne
mécanique, ce à quoi la mauvaise gestion récurrente a habitué les Togolais.
Alain Simouba
L’APMT au bord de l’implosion : Aboudou Assouma passe à la contre-offensive
et charge Abalo Pétchélébia
La guéguerre née au sortir de l’Assemblée Générale de
l’Association Professionnelle des Magistrat du Togo (APMT) est loin de
finir. Après l’offensive lancée par certains magistrats frondeurs à travers
une pétition, c’est le tour de M. Aboudou Assouma de passer à la
contre-offensive. Il est intervenu à la télévision nationale lundi dernier
et a violemment chargé le président de la Cour d’Appel de Lomé, M. Abalo
Pétchélébia.
Tout était parti
d’un réquisitoire dressé par le président de l’APMT, M. Aboudou Assouma
contre la justice togolaise. En réponse, des membres de l’Association à la
tête desquels se trouverait M. Pétchélébia, ont vivement protesté et exigé
la démission de M. Aboudou Assouma pour avoir jeté le discrédit sur la
magistrature.
Parmi les
signataires de la pétition figure aussi en bonne place le Procureur de
la République Robert
Bakaï. Celui-ci a reconnu au cours d’une émission à la télévision nationale,
avoir signé la lettre et demande à M. Assouma de tirer sa révérence. Les
protestataires reprochent au président de l’APMT :
-Une gestion opaque et
personnelle de l’Association
- Un manque de dialogue
sincère et constructif entre les membres de l’Association
- Une instrumentalisation de
l’Association à des fins personnelles accentuées par des règlements de
compte et des interventions sur les médias de nature à jeter un discrédit
sur la magistrature en général et les membres de l’APMT en particulier
- Un manque de vision et de
perspective d’avenir des premiers responsables de l’Association
- Son autoritarisme à
outrance empêchant l’ouverture de l’Association à de nouvelles élections.
Ces détracteurs l’accusent d’avoir fait preuve de népotisme,
d’ethnicisme et promu des incompétents au sein de l’Association, bref
d’avoir instrumentalisé toute la magistrature togolaise.
Loin d’être affecté par les accusations portées contre lui,
M. Aboudou Assouma revient à la charge le lundi 24 novembre à la TVT en des
termes plus virulents encore. « Notre justice est gangrenée, le je
répète et je le confirme par la corruption. Je n’ai fait que dire haut
ce que le peuple pense tout bas », a-t-il martelé (confère la
déclaration à la TVT).
Visiblement les membres du
syndicat ont décidé de se régler des comptes. Si cette guéguerre peut amener
la justice à sortir des sentiers battus, cela ne peut que réjouir le peuple
togolais qui a trop longtemps souffert des turpitudes de cette justice.
Au-delà de cette bataille rangée au sein de l’APMT, la
démarche du président de cette association appelle à quelques observations.
M. Aboudou Assouma n’est pas intervenu à la télévision nationale en tant que
président de
la Cour Constitutionnelle,
une institution de l’Etat mais en qualité de président de l’APMT, une
initiative privée.
Et en tant qu’un
simple individu, on lui laisse les antennes des médias publics pendant au
moins un bon quart d’heure pour charger ses adversaires. Il était à l’aise
et donnait l’air d’un président de
la République
bis. Cela va à l’encontre des règles qui régissent la profession.
Il revient à
la
Haute Autorité de l’Audiovisuel et de
la Communication
(HAAC), l’instance de régulation des média de jouer son rôle en rappelant
aux média publics le respect du code de la presse.
M.A.
Patrouilles policières nocturnes à Adidogomé : Les policiers rackettent les
motocyclistes à loisir
Nous ne le dirons
jamais assez, la nécessité d’un statut particulier pour la police nationale
s’impose. Dans un article paru la semaine dernière et intitulé : « Sans
statut particulier, les policiers continuent de végéter dans la misère
», LIBERTE est encore revenu sur la nécessité pour l’Etat togolais de créer
un statut particulier pour sa police. Si nous insistons là-dessus et
semblons prendre fait et cause pour les policiers dans cette constante
interpellation de nos autorités, ce n’est pas pour les beaux yeux de nos
policiers et policières ou pour gagner une quelconque sympathie de leur
part. Loin s’en faut.
Nous ne sommes guidés que par le souci d’aider les pouvoirs
publics à faire en sorte que chaque composante de la société togolaise
puisse bénéficier d’un mieux-être et se sentir à l’aise tant dans l’exercice
de son travail que dans sa vie familiale. Ainsi, un meilleur traitement
mensuel réservé à un policier, émousserait (ce n’est pas évident à 100%,
mais ce n’est qu’une hypothèse d’école, l’homme étant insatiable par nature)
un peu cette avidité pour les rackets, la corruption et la dépravation des
moeurs. Car en fait de dépravation, les rackets policiers dans notre pays en
constituent une, à imaginer que des agents de police entrés dans ce corps de
métier depuis le premier jour jusqu’à leur retraite, n’ont fait que se
mettre sans aucun honneur, ni dignité des pièces ou des billets de banque
mal acquis en poche.
Aussi longtemps que les autorités dont relève la police
nationale, ne prendront pas sur elles, la responsabilité de changer en bien
les conditions de vie des agents de la police, en luttant pour leur
permettre d’obtenir un statut particulier tout comme ce fut tout récemment
le cas pour l’armée, et susceptible de modifier substantiellement leur
dérisoire salaire de base qui tourne actuellement autour de 22.000 FCFA, il
faudra considérer ces autorités comme incapables de prendre une quelconque
sanction à l’encontre de leurs agents qui s’illustrent dans ces genres de
pratiques indignes et très avilissantes qui leur collent si mal à la peau
comme une puce.
Trêve de baliverne de la part des autorités que de vouloir
faire croire qu’au Togo, on a une réelle volonté de combattre la corruption,
tout en maintenant la police nationale dans cette situation, et en étant au
courant des multiples rackets dont les agents de la police sont les auteurs
de jour comme de nuit, mais sans pouvoir prendre des mesures répréhensibles
à l’encontre de tout ce monde-là qui, au quotidien, rackette les chauffeurs
de taxi et autres à souhait sans crainte de sanction de la part de la
hiérarchie. La création d’un statut particulier pour la police nationale
constituera, à n’en pas douter, un baromètre à partir duquel on pourra
mesurer réellement la volonté de lutter contre la corruption dans le pays.
Nous profitons de
l’occasion pour saluer le retour dans les casernes des militaires qui se
livraient à ces mêmes rackets constamment dénoncés jusque dans un passé très
récent.
Aujourd’hui, force est de constater que c’est la police qui a
pris la relève. Reconnaissons tout de même, qu’elle au moins a des manières
plus courtoises quand elle aborde des citoyens dans la circulation la nuit,
par rapport à ceux qui lui ont cédé leur ancienne aire d’action. Cela au
moins constitue quelque chose de positif à saluer.
A Adidogomé, depuis quelques jours déjà, à partir de 20h, les
policiers se lancent en groupes de 5,6, 7 ou 8 dans les rues et ruelles.
Ceux-ci arrêtent les motocyclistes à loisir et s’en prennent prioritairement
aux conducteurs de taxi-motos. Ils font semblant de contrôler les pièces des
motos. Mais dans la réalité, leur préoccupation majeure, c’est de se remplir
les poches la nuit. Dimanche passé, vers 20h30, il avait fallu pour un
monsieur qui sortait, juste pour acheter du pain et qui ignorait qu’il
pourrait rencontrer les agents de la patrouille et n’avait pas pris sur lui
les pièces de sa moto, leur remettre les 500 F qu’il avait sur lui et qui devait servir à l’achat
du pain.
C’est après une longue négociation et une laborieuse
supplication que notre fameux policier accepta les 500 F. Il exigeait mille francs. Et le monsieur s’en
retourna chez lui sans le pain et après avoir perdu près de 45 minutes
inutilement. C’est regrettable que les gens qui sont chargés de veiller à la
sécurité des populations, travestissent ainsi le rôle qu’ils sont appelés à
jouer dans la société et sans pudeur. Nous profitons de l’occasion pour
raconter ce que nous avons vécu personnellement dans le quartier Gblenkomé à
la lisière de Djidjollé il y a bientôt un an.
Nous avions été remorqué par un Zed un soir vers 18h 30.
Brusquement nous nous sommes retrouvés en face de deux policiers qui avaient
garé à deux pas de là, la Toyota de «l’opération araignée » dans l’obscurité.
C’était par la lumière d’une lampe-torche que nous avions su que c’était les
éléments chargés de la sécurité. En principe, à ce que nous sachions, ces
éléments avaient pour rôle de secourir toute personne qui les alerterait en
cas d’agression. Ils avaient des numéros par lesquels tout citoyen se
sentant menacé, devait les contacter. Et nous n’avions pas tous les deux
compris, que les policiers affectés à l’opération araignée pussent nous
arrêter pour demander les pièces de la moto.
Nous pensons qu’il faudrait que les autorités s’occupent
sérieusement de ces comportements de la police. La police est un métier de
noblesse. Et faudrait-il le dire, ce n’est pas parce qu’on perçoit un
salaire qui n’est pas relevé, qu’il faudrait se livrer à des comportements
si déshonorants. Chaque être humain doit s’efforcer à un minimum de retenue,
même en face de la tentation. Dans ce pays, autant que nous sachions, on n’a
jamais forcé un citoyen à entrer dans la police. Et quand on choisit de
faire un métier en tant qu’adulte, nous pensons que la moindre des choses,
serait de s’informer suffisamment pour en connaître les avantages aussi bien
que les inconvénients.
En arrivant dans la police, on doit savoir si c’est une
galère ou une sinécure. La seule idée de savoir qu’on « fera peur à ses
compatriotes ou qu’on donnera des ordres, ne suffisent pas pour embrasser
cette carrière ». De l’autre côté, nous continuons à interpeller les
autorités politiques togolaises et tous ceux qui ont en charge la police
nationale, de veiller à ce que le sort de ces hommes et femmes s’améliore
pour leur mieux-être.
Alain Simouba
Sans détour : La très instable Guinée Bissau
« Nous sommes préoccupés par l’impact du trafic de stupéfiants dans ce
petit pays vulnérable de l’Afrique de l’Ouest » (B. Lynn Pascoe -
Responsable des affaires politiques de l’ONU)
Dans la sous-région ouest-africaine,
la Guinée Bissau
est sans conteste le pays le plus instable. Ancienne colonie du Portugal, ce
pays n’a accédé à l’indépendance que le 10 septembre 1974 après treize
années de guerre civile. Et depuis, l’histoire de ce pays se conte en coups
d’Etat. Joao Bernardo Vieira avait lui-même capté le pouvoir en la faveur
d’un coup d’Etat en 1980. Dix-huit ans plus tard, il a connu le même sort.
Un putsch qui a plongé le pays dans une guerre civile. Les négociations se
sont multipliées et les différents belligérants ont accepté d’enterrer la
hache de guerre. Tous se sont mis sur le chantier de la paix, gage de tout
développement. Aux urnes donc en 2000 pour l’élection du Président de la
République, les Bissau Guinéens ont porté leur choix sur le leader de
l’opposition, Kumba Yala. Le philosophe grec Platon qui enseignait que, pour
qu’une République prospère, il faut que le philosophe devienne roi, et le
roi, philosophe, a été démenti par cet opposant, philosophe de formation qui
n’a pas su remettre le pays sur les rails. Résultante, il a été débarqué du
pouvoir en 2003 par un autre coup d’Etat. Après deux ans de transition, le
scrutin présidentiel de 2005 a fait revenir aux affaires l’inusable Vieira.
Mais la sérénité n’est pas encore de mise. Les
suspicions de coup d’Etat sont très grandes. Déjà en août dernier, il y
avait eu une affaire de tentative de coup d’Etat déjoué contre le président
Vieira. Accusé d’en être l’instigateur, le philosophe a filé à l’anglaise
avant de revenir. C’est dans ce climat que sont organisées les élections
législatives du 16 novembre. Une compétition électorale exemplaire saluée
par tous les observateurs internationaux. Un taux de participation record de
70 à 80 % qui montre que les populations sont décidées à boucher la
parenthèse des coups d’Etat et à savourer les délices du jeu démocratique.
Après la publication des résultats, il est normal que le vainqueur forme son
gouvernement et que le vaincu se prépare à jouer son rôle d’opposant à
l’Assemblée nationale. C’est la dynamique même de la démocratie. Mais dans
ce petit pays de 36 125 km², tous les citoyens ne sont pas sur la même
longueur d’onde. Il y en a qui n’aiment pas les bonnes choses et qui ont la
gâchette facile. Ce sont ces gens qui ont décidé de bouffer Vieira qui
passait tranquillement la nuit chez lui. Des militaires ont tiré sur la
résidence présidentielle et des coups de feu avaient été entendus en
plusieurs points de la capitale. On indique par ailleurs que les mutins
auraient réussi à s’enfuir avec une importante quantité d’armes. Ce qui
constitue une menace permanente non seulement pour ce pays mais aussi pour
la sous-région ouest-africaine.
Il faut le dire, ce sont les militaires qui sont le
problème de
la Guinée Bissau.
Ils sont au-dessus de la loi et font ce qui leur plaît. Comme l’a précisé le
Président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui parle de problèmes de fond que
sont le trafic de drogue et la question des effectifs militaires. Dans ce
pays, ce sont les trafiquants qui ont des tentacules jusque dans tous les
appareils de l’Etat, qui font la loi. C’est un véritable Eldorado pour les
commerçants sud-américains. Ainsi, chacun défend ses intérêts même s’il faut
aller attenter à la vie du Président. Il faut donc sauver la Guinée Bissau
détruite par les coups d’Etat répétitifs, et ruinée par le trafic de drogue.
Avec la prééminence des militaires, et la drogue qui circule un peu partout,
pas de place pour la démocratie.
Zeus Aziadouvo |