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ACTUALITÉ / NEWS
Le PS Français et son élection non transparente : "On nous a volé notre victoire"
La Dépêche #446 du 26 Nov. 2008

"On nous a volé notre victoire. Le scrutin a été confisqué"

Ségolène Royal

Martine  Aubry

      Ces déclarations ne viennent pas d'un leader politique africain. Mais des Socialistes français après le scrutin de jeudi et vendredi derniers. A l'issue du scrutin, le parti socialiste Français donneur de leçon de démocratie aux Africains a été scindé en deux. D'un côté le camp de Ségolène Royal et  de l'autre de  Martine  Aubry. La première prône la réorganisation du parti et la seconde soutenue par les vieux barons du parti.

Les accusations de fraudes se sont multipliées dans les deux camps tout le Week-end dernier. Alors que Ségolène Royal était largement en avance sur sa concurrente, on arrête les décomptes des bulletins et au petit matin de samedi 22 novembre, on  annonce la victoire de Martine Aubry par seulement 42 voix d'avance. Une victoire sur le fil du cheveu. Une élection qui ressemble à tous les aspects d'une élection dans un pays africain.

Mais cela se passe bien en France, pays des droits de l'homme et de la démocratie. Le PSF est aujourd'hui au bord de l'implosion.

 "On ne saura qui a vraiment gagné le vote de vendredi soir, il y a des anomalies ici, marginales, il y en a d'autres là ", déclare le député du PS Pierre Moscovici qui réclame une direction collective  pour sortir de la crise au PS. Une commission de recollement (de vérification) chargée d'enregistrer les résultats et les contestations des fédérations vient de confirmer la victoire de Martine Aubry par une avance de 105 voix. Alors qu'au PS on se déchire, à l'UMP on se frotte les mains. Ainsi  va le pays de nos ancêtres les Gaulois.

Kao Victoire


Séjour du chef de l'Etat à Paris : Faure et SARKOZY se sont-ils compris ?
Le jeudi 20 novembre 2008, le président SARKOZY a déroulé le tapis rouge au président Faure à l'Elysée. Lors qu'un chef d'Etat français reçoit un hôte avec photo sur le perron de l'Elysée, cela signifie en terme diplomatique que tout va bien entre les deux chefs d'Etat et partant entre les deux pays.

Les relations franco-togolaises depuis De Gaule à Chirac en passant par Pompidou, Giscard et même le socialiste Mitterrand, ont été toujours chaleureuses.

Ce n’est malheureusement pas le cas avec le président SARKOZY. Pour une simple raison. En effet, le président Faure contrairement à ce qui se passait avec son père a voulu sans doute par l'inexpérience, prendre ses distances avec l'ancienne puissance coloniale. En oubliant qu’il prenait là un gros risque car les relations franco-africaines, malgré les discours sont empreints de paternalisme. Dans sa toute première interview accordée au confrère "  LA CROIX
" Faure n'avait pas hésité a dénoncé le raidissement des milieux économico financiers français à son égard. En  filigrane, le conflit franco-français qui a opposé le groupe Bolloré  PROGOSA au port de Lomé dans un juteux projet de conteneur. L'affaire portée à la justice a été tranchée en faveur de Bolloré. Mais sans qu'on puisse comprendre les vraies dessous de l'affaire, la décision de la justice n'a pas été exécutée. Vue de Paris, c'est un casus belli lorsqu'on sait que le Patron de Bolloré est proche de SARKOZY.

Pour avoir commis un crime de lèse-majesté en oubliant de protéger les intérêts français, Faure a été mis en stand bay en attendant de régler son cas. Mais Faure a des parrains qui sont ami de SARKOZY. Ce sont les présidents Bongo, SASSOU et Blaise Compaoré dont les interventions ont permis de détendre l'atmosphère entre Lomé et Paris. C'est dans ce contexte qu'intervient la visite de Faure à Paris. Ce n'est pas un hasard si la rencontre entre  Faure et SARKOZY a été précédée de celle entre Blaise Compaoré et SARKOZY. Le malaise entre Paris et Lomé a-t-il été dissipé après les photos sur le peron de l'Elysée ? Rien n'est sûr. Faure, au sortie de l'Elysée, a fait des déclarations enthousiastes. Mais l'acharnement de l'Elysée à contraindre le gouvernement togolais à faire des textes favorables à Gilchrist prouve que Paris n'est pas prêt à tolérer à Faure son audace. Ce que corroborent les rumeurs selon lesquelles  SARKOZY aurait demandé à Faure de ne plus  rempiler en 2010. Une  blague de mauvais goût à laquelle nous n’avons accordé aucun crédit car pour un Etat souverain, cela est intolérable. Sinon, comment comprendre cette pression sur le Togo alors qu'en Centrafrique, au Tchad en Tunisie, pour ne citer que ces pays où la démocratie est malmenée, Paris ferme les yeux. Le vrai problème entre la France et ses anciennes colonies, c'est que Paris  n'est pas prêt à lâcher du lest. A chaque fois, qu'un pays africain veut choisir la voie de l'indépendance, il est soumis à des pressions de toutes sortes : diplomatiques, économiques, financières et autres. Et cela dure des décennies. Espérons que la dernière rencontre entre Faure  et Sarkozy a permis d'éclaircir les positions dans l'intérêt de nos pays. L'avenir nous le dira.

Kao Victoire


HOUNGBO et son équipe en séminaire a Kara : Dans un contexte de tension gouvernementale

Un séminaire gouvernemental a ouvert ses travaux le lundi 24 novembre dernier au Palais des congrès de Kara. La rencontre qui vise la relance de l'activité économique par la mise en œuvre de la feuille de route de préparation du DRSP complet, s'inscrit dans le programme Intérimaire d'Actions Prioritaire (PIAP) qui a retenu huit secteurs principaux d'ici 2010. Il s'agit des secteurs de l'Education, de l'Agriculture, de l'Eau, de l'Assainissement, de la Santé, de l'Energie, des Infrastructures, de la Gouvernance et de l'Action Sociale.

Initié par le gouvernement, ce séminaire de trois jours a reçu l'appui technique et financier des partenaires au développement que sont l'Union Economique (UE), le programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds Monétaire International (FMI) ainsi que de la Banque Mondiale (BM). L'objectif principal de la rencontre de Kara est de faire le bilan des actions déjà menées puis de discuter de la stratégie à adopter pour une mise en œuvre plus cohérente et plus rapide des actions annoncées par le gouvernement. Les participants auront à réfléchir pendant leur retraite à Kara, sur la manière de transformer et de rationaliser la conduite des affaires de l'Etat.

En ouvrant les travaux au nom du chef de l'Etat, le Premier Ministre Gilbert Fossoun HOUNGBO a réitéré sa profonde gratitude aux partenaires et amis du Togo qui ont accompagné le gouvernement dans la préparation et la tenue de ce séminaire. Le chef du gouvernement a exhorté les membres de son équipe à s'approprier et à instaurer dans leurs départements respectifs une culture de l'action, de la performance et des résultats. M. Gilbert HOUNGBO a surtout invité les séminaristes à s'inscrire davantage dans une démocratie qui fait de l'action et de résultats une exigence quotidienne, une démocratie du respect et de la responsabilité.

Au  terme de leurs travaux, les participants devraient mettre en place un système de priorisation des actions du gouvernement pour la période 2009-2010, établir une lettre de mission pour chaque ministère et programme de renforcement des capacités pour améliorer l'efficacité des actions. La mise en place d'un cadre transitoire de passation des marchés publics pour une meilleure absorption de l'aide est aussi un des résultats attendus à la fin des travaux.

Prennent part à la rencontre de Kara, outre les membres du gouvernement, des représentants de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, du Système Onusien, de l'Union Européenne, de la France ainsi que des personnes ressources.

Le dimanche 23 novembre, veille de l'ouverture du séminaire, un dîner débat sur l'Etat de mise en œuvre de la feuille de route de préparation du DSRP complet a donné le ton de ce Séminaire.

Remous au sein du gouvernement

Avec le Président Faure, les gouvernements se suivent et se ressemblent. Le présent séminaire de Kara se déroule au moment où on parle de tension au sein du gouvernement. Nous étions de ceux qui se demandaient si Houngbo allait réussir là où d'autres ont échoué. Le temps risque  de nous donner raison.

Deux mois après sa nomination, les Togolais sont loin d'apprécier ce dont est capable le gestionnaire Houngbo. Il est trop tôt pour juger notre nouveau premier ministre.

En attendant, les nouvelles qui nous parviennent du gouvernement ne sont pas rassurantes au point  que notre confrère J.A. qui émarge dans nos régies des recettes en fasse échos. Deux ministres d’un même parti au pouvoir seraient venus aux mains à cause du contrôle de marchés publics. Nous ne sommes pas dans une fiction mais, une triste réalité. Cela n'honore pas Faure et son équipe. C'est à croire que des gens ne sont au gouvernement que pour la satisfaction de leurs propres intérêts au lieu de placer leur génie au service de l'Etat.

On s'en souvient qu'au terme d'une campagne de presse grossière, qui a conduit au départ de l'ancien ministre de la Défense du gouvernement, on nous a fait entendre que ce dernier empêchait son frère aîné de gouverner. Il a été accusé de tous les noms d'oiseaux et viré. Depuis que ce dernier n'est plus au gouvernement,  Faure et ses amis n'ont rien prouver malgré la pluie de milliards qui tombent sur notre pays. Chaque jour, des dossiers de corruption et de pillage sont étalés sur la place publique par la presse. C'est à croire qu'on avait poussé Faure à virer son frère Kpatcha pour mieux s'arranger entre amis.

Nous l'avons dit. Ce n'est pas des changements de gouvernement qui résoudront notre crise. Mais, en évitant des copinages et en plaçant des gens compétents qui ont une vision pour leur pays. C'est ce qui manque curieusement à notre pays.   De source digne de foi, un remaniement gouvernemental pointerait à l'horizon après le séminaire de Kara.  Un nouveau gouvernement de plus, diriez-vous.

K.V


Justice : Assouma : Un justicier dans la cour

Quels habits allons-nous lui donner ? Zorro ? Robin des Bois ? Ou même Jésus ? Le président Abdou Assouma fait preuve d'un courage qui mérite le soutien de tous à commencer par le Ministre de la Justice.

Dès sa première sortie, le président Assouma a dénoncé la corruption de la Justice togolaise. Et comme cette corruption était connue de tous les Togolais à l'exception des corrompus eux-mêmes, on s'attendait à ce que ceux-ci se rendent compte de leur criminelle avidité pour se ressaisir. Mais que non !

Au nom de quoi Assouma les empêche-t-il d'enfermer ou de libérer selon les ordres non du droit mais de celui qui paye beaucoup ? Le président Assouma étant lui-même du métier et ne s'étant pas personnellement présenté comme un ange, l'intelligence voulait que les corrompus se taisent ou au mieux, réfléchissent. Au lieu de quoi eux-mêmes font tomber les masques ?

Quand les Ripoux se démasquent

Dans une lettre où même un microscope électronique ne détecterait pas le plus petit argument juridique, ceux qui veulent escroquer impunément les malheureux justiciables, demandent au président Assouma de démissionner de la tête de l'APMT. Comme cela, ils pourront y mettre un des leurs qui pourra leur décerner des félicitations et décorations pour leur outrancier enrichissement, à force de vendre le droit au plus offrant et dernier enchérisseur.

Et pour prouver que tout est escroquerie, les signataires de la très plate lettre de contestation ont bien évité de rendre public leur liste ; et pour cause ; l’initiateur de la lettre des ripous n'a pas dit toute la vérité à ses affidés. Certains ont signé croyant qu'il s'agissait d'une simple lettre de protestation et non d'une demande de démission forcée du président Assouma pour cause de dénonciation des travers de la justice. Au fond, pourquoi les 50 mafieux n'intentent-ils pas plutôt un procès à M. Assouma pour dénonciations mensongères ? Soyons sérieux ; il est temps que les juges honnêtes se manifestent !

Les juges honnêtes

C'est incroyable. Mais les juges honnêtes, il y en a ! Ceux-là vivent modestement avec leur modeste salaire et disent le droit tel qu'ils l'on appris à l'Université et mis en forme à l'ENA ! Ceux-là n'habitent pas des villas hollywoodiennes et ne comptent pas parmi les grands propriétaires immobiliers de Lomé. Ils ne sont pas à l'affût des voitures derniers cris et leur démarcheurs (ils n'en ont pas) ne font pas le pied de grue chez les trafiquants Libanais, Ibos, Togolais et autres pour prendre l'enveloppe du chef. Ces juges là doivent se mobiliser autour d'Assouma car ils défendront ainsi la cause de tous les justiciables togolais.

Afin que vienne un jour, où au Togo le mot " juge " inspire respect et signifie justice, protection du faible contre le fort et non synonyme de mafia, chantage, extorsion de fonds. Un comportement qui est responsable de cette malheureuse justice populaire où les populations brûlent les voleurs car sachant qu'à la justice, ils seront libérés dès qu'ils auront donné une partie du butin de vol au juge qui sera en charge de leur dossier. Ce comportement des juges ripoux est aussi à l'origine de la corruption de la police et de la gendarmerie. Car malheur au policier ou gendarme qui refuse de libérer un malfrat contre pot de vin. Il l'envoie en prison et avec à peine la moitié de ce que l'homme de la sécurité a refusé par probité morale, le juge libère le malfrat qui prend un malin plaisir à se faire voir le lendemain par le policier ou gendarme qui était trop " honvi " pour ne pas accepter l'argent qu'on lui proposait !

Il faut en finir

Il faut vraiment en finir avec ces pratiques qui font monter la colère dans la population. Problèmes fonciers, litiges commerciaux, escroquerie, vols, etc. tout est bon à certains juges pour s'enrichir. Cela doit cesser et peu importe que ce soit par Assouma ou par un autre qu'on guérira cette lèpre socio-économique.

Vivement que les 50 contestataires publient leurs listes. Cela nous permettra de nous pencher sur leurs biens pour leur demander comment peut-on tout avoir avec le salaire qu'ils ont ? Surtout qu'il semble qu'ils sont corrompus parce qu'ils n'ont de statut particulier. A quoi sert ce statut si beaucoup de juges sont si riches à force de se payer sur la bête du justiciable ?

Merci Assouma !

          M. le président Assouma doit tenir bon. Il n'est pas un saint lui-même. Mais on dit que seuls les idiots ne changent pas. La seule chose à déplorer dans la croisade de justicier que vient de lancer Assouma, c'est que beaucoup de ceux qui le contestent aujourd'hui sont sa propre production. C'est lui avec l'APMT qui les a toujours affectés à des postes " juteux " où ils ont poussé assez de cornes pour ne plus rien craindre.

          Puisse sa prise de conscience avec son ardent désir d'aider les gouvernants et les investisseurs, le pousser à affecter les juges qu'il faut à la place qu'il faut. Il n'est pas interdit de mener des enquêtes de moralité sur les juges avant de les prendre à l'ENA et surtout avant de les affecter à tel ou tel poste. L'unité, la paix et la sécurité du pays en dépendant.

          C'est pourquoi le justicier a commencé un travail et doit aller jusqu'au bout. 

Jean Milabia


Ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau : Un Dinosaure est tombé

" Un baobab vient de tomber ". Tel est le cri de soulagement des fonctionnaires et agents du ministère des Mines, de l'Energie et de l'Eau. Le Baobab n'est autre que M. ASSOUMA DERMANE, le tout puissant D.G. de l'Hydraulique. Pendant seize ans, il a régné en maître absolu sur le ministère de l'Hydraulique faisant les pieds de nez à tous les ministres qui se sont succédés à la tête du département. Il vient d'être relevé par le décret du PR et remplacé par un haut cadre venu de la TDE en la personne de M. M'BATA AHARE.

Notre rencontre avec M. ASSOUMA Dermane remonte dans les années 90 dans le détournement   gigantesque de matériel à BOKA à NYEKONAKPOE. Suite à une révélation de LA DEPECHE, la Gendarmerie a enquêté et le sieur ASSOUMA DERMANE a été retenu à  la Brigade de la gendarmerie  de Lomé. L'homme parviendra à s'en sortir  grâce au soutien politique de ses frères de Kambolé. Retourné et redevenu Rpétiste  de la dernière heure, M. ASSOUMA devenu tout puissant, créa des sociétés écrans de forage où tous les dons de matériel de forage Japonais sont devenus sa propriété. Aujourd'hui, l'homme  est immensément riche alors que l'Etat doit passer par des aides extérieures pour des forages en milieu rural. Pendant ce temps, M. ASSOUMA continue de brasser des milliards à travers ses sociétés écrans.

Il faut saluer le ministre DAMIPI d'avoir réussi à détrôner le baobab là où ses prédécesseurs ont échoué. Toutes les félicitations au chef de l'Etat pour s'être affranchi des pressions en signant ce décret libérateur. Le président Faure doit aller de l'avant dans la moralisation des sociétés. Nous pensons là à la LONATO,  à la Caisse et autres. C'est à ce prix qu'il  regagnera la confiance des Togolais.

Affaire à suivre.

Kao Victoire


Les frasques d'une personne vivant avec le VIH-SIDA (PVVIH) 

Ce reportage est un récit détaillé sur la vie d'une personne vivant avec le VIH-SIDA (PVVIH) au Togo. Par souci de la protection de son anonymat, nous avons soustrait les noms des lieux et des gens en rapport avec l'intéressé.

Madame X est une infirmière résident dans une banlieue de Lomé. Travaillant pour une clinique privée de la place, elle livre quelques soins primaires à des amis. X, est une amie à notre rédacteur auteur du reportage ci-après.

Une rencontre fortuite

J'ai rencontré M. chez l'infirmière X où souvent, elle passe des moments pour recevoir des conseils. C'est dans cette perspective de trouver de l'aide auprès d'association et ONG de lutte contre le VIH/SIDA pour sa prise en charge qu'elle accepta de se confier à moi. J’ai pu donc gagner la confiance de M. , grâce à X, l'infirmière.

A        gée d'une quarantaine d'année, M. était une femme vigoureuse et pleine de vie. Commerçante, elle partageait ses activités entre Lomé et Cotonou, avant de découvrir sa sérologie. Mariée et mère, elle vivait avec son époux et ses enfants. La vie était sans reproche.

Rentrée dans son village natal lors des funérailles, elle conseilla un médicament bon marché à une de ses sœurs, souffrant d'une maladie. Cette dernière en prit une surdose puis succomba par intoxication. On l'accusa de meurtre de sa sœur. L'affaire fit grand bruit en famille, et  M. n'eut jamais la paix du cœur. Elle est harcelée et détestée par plusieurs membres de sa famille. Elle fit une dépression puis choisit un suicide, en avalant, elle aussi un poison. M. ne mourut pas mais s'en est sortie avec des ulcères et des diarrhées qui ne finissaient jamais. Elle maigrissait et devint méconnaissable. Malade, elle abandonna son commerce et s'installa au village, chez un tradithérapeute. Des mois sont passés et la santé de M. se dégrada sérieusement. Diarrhées, ulcère et amaigrissement. Des frères de son église, parmi lesquels, un médecin, membre d'une Association de prise en charge des PVVIH, proposent de l'hospitaliser. On procéda à tout hasard à un test du Sida, et contre toute attente, M. était séropositive. Le bruit courut dans tout le village rapidement, la famille, puis toute l'église. M. ne peut pas dire exactement où et quand elle avait attrapé cette maladie. Sa famille décide de l'isoler davantage. Son mari s'éclipsa aussi rapidement. Seuls quelques frères d'église la consolent. Le médecin lui procura quelques antirétroviraux et lui conseilla de quitter le village pour s'installer à  Lomé. M. s'installe alors à Lomé chez une autre sœur qui au début feingnit de l'accepter.

La dure réalité d'une séropositive

Très tôt, la ségrégation a commencé. On la traita de chien galeux. Elle fut carrément mise en quarantaine par sa sœur.

M. ne pouvait même pas s'amuser avec le nouveau-né de sa sœur, par exemple. Mais elle était bien nourrie.

Grâce aux médicaments antirétroviraux du frère médecin, la diarrhée et les plaies intestinales ont disparu. M. commença à reprendre sa forme. Mais très rapidement, les médicaments s'épuisèrent. Elle retourna voir le médecin qui lui signifia que " Le Fonds Mondial de Lutte contre le SIDA " avait arrêté sa subvention pour le Togo. Il fallait donc débourser très cher pour commander des produits à l'étranger. Notre amie sans ressources à Lomé  commença à maigrir de nouveau. C'est en ce moment précis de sa vie que je rencontrai M. chez X. Nous lui dirigeâmes vers d'autres associations d'aide au PVVIH où après formalités, il fallait payer 1000 FCFA pour avoir accès au ARV.

Pour être plus proche, des lieux, afin de lui éviter les frais de déplacement, nous lui avions conseillé de quitter la banlieue pour s'installer en ville auprès de ses enfants où elle pouvait être mieux traitée. Très rapidement, les médicaments antiviraux se faisaient rares au Togo, à cause de l'arrêt des subventions du Fonds mondial. Cependant, les ONG et Associations nous encourageaient en nous rassurant que cela n'allait pas durer et que le Gouvernement Togolais était en négociation. M. s'était faite membre de cette Association et allait régulièrement recevoir des conseils. Grâce à cette association, M. reprit vie puis retrouva sa vitalité.

Grâce à l'effort du gouvernement, des Associations, ONG et d'autres partenaires, nous savons aujourd'hui que les produits ARV sont largement disponibles et distribués gratuitement.

M. vie avec ses enfants en parfaite santé. Toutes les séquelles de la maladie ont disparu. Il retrouva l'espoir qu'il avait perdu à la vie.    

Pour une vie positive et sans risques avec la PVVIH

            Nous  pouvons vivre positivement et sans risque de contamination, avec nos frères vivant avec le VIH ou malades du SIDA. Il est donc nécessaire de savoir que le VIH ne se transmet pas dans les situations suivantes : serrer la main à un séropositif, travailler, étudier ou jouer avec lui, partager son repas, dormir dans le même lit  que lui sans rapport sexuel non protégé, utiliser les mêmes toilettes que la personne infectée, la piqûre de moustique etc.

Il n'y a donc pas de raisons valables pour rejeter nos frères infectés par le virus.

Loin d'être une fatalité, le SIDA fait partie des Infections Sexuellement Transmissibles. Pour cela, seul la prudence dans le comportement sexuel peut nous protéger ;  les seuls moyens de prévention efficaces préconisés sont :

1. l’abstinence sexuelle (ne pas avoir des rapports sexuels jusqu'au mariage).

2. la fidélité réciproque (être fidèle l'un à l'autre de façon sincère surtout dans les rapports sexuels.)

3. l'utilisation du préservatif (il est préconisé dans toutes les autres situations jusqu'au jour où les deux partenaires sont certains que leur test VIH/SIDA est négatif.)

4- faire un test de VIH/SIDA pour connaître sa sérologie.

Serge Kodjovi


LA DEPECHE Convoquée à l'OTM par Gilchrist Olympio
LA DEPECHE
convoquée à l'Observatoire Togolais des Médias (OTM) par Gilchrist Olympio de l'UFC. Ce n'est pas dans un songe. Mais un fait réel.

En date du 14 août 2008, Building  Relationships for Peace (WANEP) agissant en lieu et place de Gilchrist Olympio, a adressé un courrier à l'OTM pour exprimer son inquiétude au sujet d'un de nos articles paru dans notre édition N° 429 du 31 juillet 2008 intitulé : " Gilchrist Olympio et les EVALA : Au sujet des EVALA, je n'ai jamais mis pied là-bas ". Selon le WANEP, les commentaires faits par KAO Victoire, l'auteur de l'article,  sur les propos de Gilchrist Olympio sont perçus comme un appel et une incitation à la haine ethnique. La requête de l'UFC, loin de nous surprendre, nous a réconforté dans  notre conviction que la démocratie avance au TOGO. Si l'UFC passée maître dans la provocation inutile et des propos incendiaires dans notre pays trouve qu'un commentaire d'un journaliste sur le comportement et les déclarations d'un leader politique sont de nature à inciter à la haine, il y a lieu de s'interroger. Où était alors le WANEP quand Patrick  Lawson déclarait à Aného lors de la présidentielle 2005 que quand les vrais fils du pays gagneront les élections tout ira pour le mieux dans le pays.

LA DEPECHE répond cet après midi à 15 h à l'OTM à la requête de l'UFC. Tout le compte rendu de la rencontre dans notre prochain numéro. Affaire à suivre donc. 

K.V.

 

 
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