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ACTUALITÉ / NEWS
Un nouveau-né abandonné dans la lagune de Bè
Liberté Hebdo #431 du 14 novembre 2008

Les populations de Bè ont découvert le corps d’un nouveau-né hier dans la matinée. Le corps sans vie du bébé a été retrouvé dans la lagune de Bè, côté Est. L’enfant, de sexe féminin serait, selon les témoignages, venue au monde dans la nuit du mercredi 12 novembre dernier d’une jeune fille, dépourvue de moyens financiers  et qui exerce le métier de portefaix. Elle habitait dans une concession commune communément appelée « Agbanté-kpamé », c’est-à-dire la maison des portefaix non loin de la lagune.

« Hier nuit, elle a accouché et je lui ai demandé de me donner ses effets tachés de sang à laver mais elle a refusé. Elle m’a fait savoir qu’elle va amener l’enfant au dispensaire puis elle est partie. A son retour, je lui ai encore proposé de m’accompagner voir le bébé. Elle a répondu que compte tenu de la santé de l’enfant, le médecin a interdit toute visite et lui a recommandé de venir prendre certains effets pour qu’elle soit hospitalisée et elle m’a quittée. C’est ce matin, en entendant les cris des gens que je suis sortie pour voir ce qui n’allait pas. C’est en ce moment que j’ai constaté les faits et je crois que cela devrait être un forfait de ma camarade », raconte une amie de l’auteur du drame.

La maman du nouveau né a quitté depuis cette nuit-là la maison  et l’on  ignore  sa destination. « Elle est parti  cette nuit-là et je ne sais pas là où elle est actuellement », a indiqué la camarade.

La petite fille a été découverte grâce aux mouches qui s’acharnaient sur son corps. Le corps a été sorti des buissons de la lagune puis déposé au bord de l’eau où une foule nombreuse s’est déplacée pour le voir.

Aujourd’hui, les jeunes filles s’adonnent à ce genre d’acte qui consiste à abandonner leur bébé qu’elles ont porté pendant neuf mois. Certaines les laissent dans des endroits pour qu’ils soient repérés et d’autres carrément les font disparaître en les jetant soit dans les caniveaux, soit dans les rivières, où dans les fosses septiques… par manque de moyens, se défendent-elles.

Ces pratiques relèvent d’actes criminels et elles sont sévèrement punies par la loi. Il est temps que les jeunes filles prennent conscience de tout le mal qu’elles font aux enfants qui n’ont pas demandé à venir au monde, pour y mettre fin. 
C.T.


Mort d’Atsutsè Kokouvi Agbobli : Le rapport de la CNDH ne dissipe pas toutes les zones d’ombre et renforce le mystère
La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a rendu public dans l’après-midi de mercredi ce qu’elle a appelé « Rapport d’établissement des faits sur la mort de M. Atsutsè Agbobli ». Ce rapport, au lieu de dissiper toutes les zones d’ombre, vient renfoncer l’énigme autour de la disparition tragique du ministre.

Le 15 août dernier, le corps du journaliste historien Atsustsè Kokouvi Agbobli a été découvert à la plage de Lomé. A brûle-pourpoint, le ministre de la Sécurité a pondu un communiqué qui donnait quelques précisions sur les circonstances de la mort du Président du MODENA. Le lendemain, la CNDH s’est autosaisie et a mis en place une commission interne de vérification des faits. Elle a, dans un premier temps, auditionné toutes les personnes qui ont vu la victime dans les heures qui ont précédé sa mort. Une autopsie internationale a été ensuite commanditée et exécutée par l’Américain le Docteur Nizam Peerwani.    

Mais le rapport publié mercredi a laissé les Togolais sur leur soif. Des résultats transmis par Peerwani, il faut retenir : « Finalement, il y a suffisamment de signes qui indiquent que M. Atsutsè Kokouvi Agbobli est mort par noyade. La présence de plicatures au niveau des paumes de la main et des talons, les poumons globuleux et oedémateux et la mise en évidence macroscopique et microscopique de spume constituent la base de ces allégations… ». En plus, « Suffisamment de preuves indiquent que le ministre Agbobli était déprimé et avait au moins une fois tenté un suicide. Toutefois cette investigation ne peut pas expliquer pourquoi le corps était découvert nu sur la plage. Cela reste une énigme ».

          On le voit, la mort du ministre Agbobli est entourée de tout un mystère que même les scientifiques n’arrivent pas à percer. Pour montrer qu’il s’agit vraiment d’une énigme, nous reproduisons intégralement le communiqué du ministre de la Sécurité, les résultats de Napo-Koura et le parcours de feu Agbobli présentés par le Procureur de la République, ainsi que le rapport de la CNDH. (Voir page 4)

          Ce qu’il faut en outre retenir, c’est que ce rapport de la CNDH est un démenti formel aux conclusions du médecin légiste togolais Napo-Koura qui « a exclu systématiquement l’hypothèse d’une mort par noyade ». Il a conclu en ce que le ministre «serait mort suite à une intoxication médicamenteuse» alors que Peerwani mentionne qu’« il y a suffisamment de signes qui indiquent que M. Atsutsè Kokouvi Agbobli est mort par noyade ». Qui des deux personnes dit alors la vérité ? Si c’était Peerwani, ne faudrait-il pas penser à révoquer le sieur Napo Koura pour éviter qu’il continue de commettre les mêmes erreurs ?

          Même certains des faits relatés par la CNDH dans la partie « Les données factuelles » contredisent ceux décrits par le Procureur Robert Bakaï dans sa sortie du 19 août 2008. Pourquoi la CNDH n’a pas trouvé utile de reproduire in extenso les déclarations des personnes auditionnées ? En les synthétisant, on ne sait plus qui a dit quoi. Un fourre-tout. C’est  là où l’énigme a peut-être commencé.

          La CNDH a également cité l’ancien ministre Djondo dans son rapport. Pourquoi la Commission de M. Kounte n’a pas jugé bon de l’auditionner tout comme elle l’a fait dans le cas des personnes citées dans le rapport ? C’est l’autre énigme.

          « La Commission nationale des droits de l’homme transmettra aux autorités judiciaires, le résultat de toutes les investigations par elle menées afin d’être exploité, en cas de besoin, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par M. le Procureur de la République, près le Tribunal de première instance de Lomé», conclut le rapport. C’est  à en rire ou pleurer? On trouve mal que le Procureur qui a brandi les conclusions « fausses » ou  vraies » de Napo-Koura comme un trophée de chasse, décide de s’approprier le document de la CNDH pour la poursuite de la procédure qu’il aurait déjà fermée.

          Selon la famille Agbobli citée par « togocity.com », les quatre points importants du rapport de contre-expertise du corps de Atsutsè Agbobli effectuée par le Docteur Nizam Peerwani mandaté par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies ne semblent pas plausibles : « Le fait d’avoir retrouvé le corps d’Atsutsè Agbobli plaqué à terre et dénudé à l’exception de ses chaussures et ses chaussettes est une énigme. Cette énigme s’ajoute au mystère de sa disparition entre le 14 août aux environs de 4h30 et sa mort le 15 août entre 3h30 et 4h30 (estimation de la mort faite par le médecin ayant constaté le décès sur la plage le 15 août à 12h30). Des proches de la famille ainsi que la brigade maritime l’ayant recherché en vain dans la journée du 14 août sur tout le littoral (et en particulier sur le lieu de la découverte de son corps) »

Par ailleurs, la famille réfute la thèse de noyade « il ne nous semble pas plausible que notre père, diabétique et âgé de 67 ans, ait pu se jeter à l’eau ce matin-là et y rester près de 24 heures avant de se noyer et mourir le 15 août entre 3h30 et 4h30 ».

Enfin, la famille penche plutôt pour un enlèvement et séquestration: « notre père a été enlevé et séquestré. Soit il aurait été laissé pour mort sur la plage à marée haute aux premières heures de la matinée du 15 août (ce qui explique les indicateurs relevés par le médecin légiste Peerwani) dans l’espoir que son corps soit avalé par l’océan soit il aurait été noyé pendant sa séquestration et déposé sur la plage ».

L’affaire Agbobli est loin d’être bouclée. Ses enfants qui se sont constitués partie civile entendent aller jusqu’au bout. « La famille de l’opposant togolais Atsutsé Agbobli, retrouvé mort sur une plage de Lomé le 15 août dernier, vient de constituer un collectif d’avocats emmené par le Français William Bourdon et le Malien Mamadou Konaté, déjà associés pour la défense du journaliste nigérien Moussa Kaka, récemment remis en liberté provisoire après plus d’un an de détention », a révélé le journal français «L’Express ».

R. Kédjagni
 


Transparence dans les processus électoraux au Togo : Une mission de l’Union Européenne à Lomé pour échanger avec la classe politique

Deux émissaires (un Belge et un Italien) de l’Union Européenne séjournent actuellement à Lomé. Cette délégation a rencontré la classe politique togolaise. Elle s’est entretenue avec les trois partis représentés à l’Assemblée nationale, le RPT, l’UFC et le CAR, pour voir comment l’UE peut aider le Togo dans l’organisation des prochaines élections. De sources concordantes, cette démarche s’inscrirait dans le cadre des recommandations formulées par la Mission d’observation de l’Union Européenne (MOE).

          A l’issue des élections législatives du 14 octobre, la MOE recommande, en ce qui concerne le cadre légal et institutionnel, de revoir l’ensemble du calendrier légal, de mieux tenir compte des impératifs opérationnels et des réalités logistiques, en particulier en ce qui concerne la période d’affichage et d’examen des listes électorales ou le délai pour la production des bulletins de vote.

          Sur l’administration des élections, il est recommandé d’assurer une plus grande transparence en ce qui concerne les travaux de la CENI et de mettre en place une structure d’appui effectif à la CENI. Cette dernière devrait être dotée de capacités en matière opérationnelle lui permettant d’assurer une coordination pleinement efficace de ses activités. Dans cet esprit, il importe que la CENI continue de bénéficier, pour l’organisation de futurs scrutins, d’une assistance technique et financière internationale…

A propos du fichier électoral, la MOE conseille d’établir, à bref délais, les procédures pour l’entretien et la gestion du fichier électoral national. La mise en place de ces procédures est indispensable à l’élaboration d’un plan pour la gestion post-électorale de cette base de données acceptée par l’ensemble des acteurs du processus. Ainsi, il importe d’assurer la mise sur pied d’une structure à même d’entreprendre les révisions périodiques imposées par la loi, ce qui implique que les moyens techniques soient définis et assurés (personnel de maintenance, kits d’enregistrement, disponibilité des moyens financiers, etc.).

          Outre la gestion matérielle du fichier, le rapport de la MOE recommande qu’il conviendrait également de s’interroger sur les modalités administratives de gestion, en particulier en ce qui concerne l’établissement de procédures de type Etat civil, indispensable au maintien de l’intégrité du fichier, par exemple en terme de déclaration de décès. En l’absence de telles procédures, la durée de vie d’un fichier électoral est, en effet, très limitée.

          Mais la question est de savoir si l’Etat togolais a pris en compte toutes ces recommandations susceptibles de concourir à la réussite des prochains scrutins. Aujourd’hui, on ne sait pas qui du ministère de l’Administration territoriale ou du Président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui n’a pas encore présenté son rapport, gère ce fichier. Il y a des appréhensions qu’il soit manipulé. On susurre d’ailleurs que dans certaines régions du Togo, pour accorder un micro-crédit aux populations, il leur est demandé de présenter leur carte d’électeur. Ce qui amène déjà certaines personnes à suggérer que le fichier soit audité.

E. Pierre


Plaidoyer en faveur des enseignants du privé : lutte contre l’exploitation : Lettre ouverte à M. le Ministre Yves Madow Nagou

        Depuis quelques années, les établissements scolaires privés poussent comme des champignons, et leur naissance constitue certes, une occasion d’absorber des diplômés sans emploi et résorber un tant soit peu, le crucial problème de chômage auquel, depuis des années, les Togolais sont confrontés et face auquel l’Etat se montre impuissant. Malheureusement, on a comme l’impression que, l’espoir que suscite chez les diplômés sans emploi la promesse ou la problématique de leur recrutement par une nouvelle institution privée qui voit le jour, n’est qu’une porte grandement ouverte à la fois sur l’illusion et la désillusion.

En effet, se savoir entré dans le monde du travail, est un premier pas non négligeable susceptible de conduire hors de ce grand mal des temps nouveaux qu’est l’ennui; mais aussi un pas pour la découverte d’une certaine indépendance financière.  

Mais bien vite, on se rend compte qu’une porte qui s’ouvre sur l’espoir, se referme au bout d’un petit temps sur le désespoir qui vous envahit. Et au bout de quelques années, n’en pouvant plus d’espérer un meilleur sort au sein de l’établissement qui les utilise, meilleur sort qui ne vient jamais, quelques enseignants prennent leur courage à deux mains et jette l’éponge.

C’est au nom de ces centaines ou milliers d’enseignants togolais intervenant dans les écoles privées du pays, tant au niveau du primaire, que du secondaire, que nous avons voulu vous interpeller, Monsieur Ministre et vous prier de bien vouloir examiner de très près les problèmes qui sont le lot quotidien de cette catégorie de citoyens devenus malheureusement et à leur corps défendant, des « laissés-pour-compte » qui pourtant ont un rôle très important à jouer pour l’avenir de ce pays. Ces problèmes tirent leur source dans l’exploitation dont ils sont l’objet de la part des fondateurs et fondatrices des établissements où ils officient.

Parlant d’exploitation, nous vous prions de bien vouloir faire mener une petite enquête au niveau de ces institutions privées au sujet de la rémunération. D’ores et déjà, nous osons croire que ce n’est pas un problème qui doit vous échapper, car il n’est pas nouveau au Togo. A la suite de cette enquête, vous aurez la confirmation que des enseignants titulaires de licence ou maîtrise, sont payés à 30 ou 40.000 F. Nous donnons ici des informations qui ne tiennent pas compte de la dernière augmentation du SMIG et du SMAG au Togo. Nous ignorons donc à l’heure où nous mettons sous presse, la petite augmentation qui a pu se faire après cette rentrée sur la base du nouveau SMIG. Ceux qui ont leur BAC II sont payés de leur côté entre 18 et 20.000 F et ceux titulaires du Brevet d’études sont rémunérés à 15.000F.

Monsieur, le Ministre, peut-on vouloir relever le niveau de l’enseignement et le niveau scolaire des écoliers et élèves togolais, tout en réservant un tel traitement à ceux qui sont les premiers et incontournables acteurs de l’enseignement ? Au jour d’aujourd’hui, que peut faire un salarié sur trente jours que compte le mois, avec un tel salaire dérisoire ? Impossible de rêver de fonder un foyer. Certains enseignants, espéraient qu’avec le temps, leur employeur, prendraient la mesure réelle des choses, pour améliorer leur traitement. Mais, rien n’y fit.

Dépités, quelques-uns dans le lot, ont choisi de raccrocher. Car il ne sert à rien de percevoir à chaque fin de mois, un salaire qui ne servirait qu’à juste payer le loyer, l’eau, l’électricité et le déplacement. Mais jamais le médicament pour se remettre d’aplomb à la suite d’une maladie. Ne parlons même pas de nourriture, car nous en connaissons qui arrivent dans l’établissement et dispensent des cours le ventre creux. Malgré toute la bonne volonté du monde, quel meilleur rendement peut fournir un enseignant dans ces conditions de travail ?

Le mal, ce n’est pas que ces fondateurs n’ont pas les moyens. Au lieu de procéder à un bon encadrement de l’existant pour une bonne performance et une bonne prestation dans l’établissement, leur préoccupation majeure est ailleurs : multiplier la création des écoles et procéder au recrutement d’autres enseignants soumis à la même exploitation. La meilleure manière pour eux de tenir en respect leurs employés c’est la menace : « Si tu n’es pas d’accord tu peux partir ». Ainsi, au bout de 5 années pour certains, et une dizaine d’années pour d’autres, ces fondateurs et fondatrices ont deux ou trois autres établissements de la même importance ailleurs. Pendant ce temps, ceux et celles qui leur permettent de se faire des sous, sont mal payés et vivent dans la misère. Sachant qu’ils n’ont nulle part où aller trouver mieux, par cynisme et méchanceté, ils ne se soucient jamais de revaloriser leur grille salariale.

Pendant les vacances, figurez-vous, Monsieur le Ministre, ces enseignants mal payés pendant toute une année scolaire, ne sont pas payés. Et la plupart d’entre eux, se convertissent en conducteurs de taxi-motos à titre temporaire, juste pour trouver de quoi subsister jusqu’à la rentrée suivante. Il y a quelques jours, nous avons entendu à la télévision, le Président de l’Association des fondateurs d’écoles privées, parlant de l’augmentation des frais de scolarité comme corollaire de l’augmentation du SMIG et du SMAG au Togo, demander à l’Etat de leur venir en aide par des subventions pour un meilleur salaire aux enseignants.

Nous considérons que cela est un faux problème, car ce ne sont pas les moyens qui font défaut à ces propriétaires d’écoles qui font la pluie et le beau temps au Togo parce que pendant longtemps, l’Etat leur a laissé les mains libres et se sont permis de faire tout ce qui leur passe par la tête. Ces chefs d’établissement ne respectent même plus le nombre limité des élèves qui poussait les parents à leur faire confiance plus qu’au public où la pléthore d’élèves et écoliers empêche un meilleur suivi des apprenants. Aujourd’hui, on trouve jusqu’à une soixantaine d’élèves dans une classe. Ce qui fait défaut chez ces fondateurs et fondatrices, c’est la volonté et l’esprit d’humanisme qui devrait habiter tout être humain.

Ces chefs d’établissement ont-ils vraiment besoin d’augmenter les frais de scolarité à cette rentrée scolaire pour pouvoir augmenter le salaire de leurs maîtres et professeurs du secondaire ? Nous, nous ne le croyons pas. La plupart pensent que l’argent qu’ils ont investi pour construire leur école, ils doivent le récupérer presque « séance tenante ». Ce qui se passe au niveau du privé est un drame et il est grand temps que les autorités scolaires se rapprochent de ces chefs d’établissement, pour les découvrir et leur imposer une grille salariale en deçà de laquelle il ne saurait être question de recruter un enseignant. Il est temps que ce secteur soit discipliné.

Ces enseignants méritent de voir leurs traitements relevés substantiellement, afin qu’ils puissent avoir droit à un salaire décent, leur permettant d’accéder à des prêts bancaires et construire leur avenir. A peine, l’Etat avait demandé de procéder au relèvement des frais de scolarité à cette rentrée, que beaucoup se sont précipités à le faire sans état d’âme. Nous signalons au passage que cela aussi est une erreur de la part de l’Etat. Car les autorités sont conscientes de la situation difficile que vivent les fonctionnaires togolais et tous les parents du fait de la cherté de la vie.

Nous ignorons comment des autorités pouvaient, alors que les parents n’étaient pas avertis à l’avance pendant les vacances, exiger subitement une majoration des frais de scolarité à cette rentrée, sous prétexte du relèvement des SMIG et SMAG ? Cela aussi dénote d’un manque de responsabilité de la part de nos gouvernants et nous le disons sans ambages.

Nous profitons de l’occasion pour saluer la sagesse de quelques rares fondateurs qui n’ont pas jugé utile de procéder automatiquement à la hausse à cette rentrée. Ces établissements qui ont préféré se donner le temps nécessaire, peuvent se compter sur le bout des doigts et nous leur tirons notre coup de chapeau. C’est intelligent de leur part, nous pensons. A la rentrée prochaine, certains de ces établissements qui se sont jetés aveuglement et par goût du lucre dans l’augmentation de la scolarité sans prendre soin d’en informer au préalable les parents, les mettant ainsi devant le fait accompli, vont sûrement en faire les frais. Des écoles faisaient déjà payer cher les frais d’écolage par rapport à d’autres et se sont empressés de passer de 43.000 F à presque 52.000 F pour le primaire. Même si la décision vient du sommet, il faut réfléchir.

Monsieur le Ministre, voilà notre préoccupation. Nous voulons vous prier de prendre en compte ce rôle de porte-voix de ces « laissés-pour -compte » qui méritent qu’on s’occupe d’eux, rôle que nous avons choisi de jouer, pour aider tout simplement à l’amélioration du sort des milliers de compatriotes qui travaillent dans la misère et dans la démotivation. Ce sont aussi nos enfants confiés aux soins des écoles privées qui en font les frais. L’enseignement étant un métier assez délicat, nous comptons sur votre patriotisme et sur votre sens de compréhension afin de prendre des initiatives hardies pour remettre de l’ordre dans le privé.

Alain Simouba

 
 

 
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