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Les populations de Bè ont découvert le corps d’un nouveau-né hier dans la
matinée. Le corps sans vie du bébé a été retrouvé dans la lagune de Bè, côté
Est. L’enfant, de sexe féminin serait, selon les témoignages, venue au monde
dans la nuit du mercredi 12 novembre dernier d’une jeune fille, dépourvue de
moyens financiers et qui exerce le métier de portefaix. Elle habitait dans
une concession commune communément appelée « Agbanté-kpamé »,
c’est-à-dire la maison des portefaix non loin de la lagune.
« Hier nuit, elle a accouché et je lui ai demandé de me donner ses effets
tachés de sang à laver mais elle a refusé. Elle m’a fait savoir qu’elle va
amener l’enfant au dispensaire puis elle est partie. A son retour, je lui ai
encore proposé de m’accompagner voir le bébé. Elle a répondu que compte tenu
de la santé de l’enfant, le médecin a interdit toute visite et lui a
recommandé de venir prendre certains effets pour qu’elle soit hospitalisée
et elle m’a quittée. C’est ce matin, en entendant les cris des gens que je
suis sortie pour voir ce qui n’allait pas. C’est en ce moment que j’ai
constaté les faits et je crois que cela devrait être un forfait de ma
camarade », raconte une amie de l’auteur du drame.
La maman du nouveau né a quitté depuis cette nuit-là la maison et l’on
ignore sa destination. « Elle est parti cette nuit-là et je ne sais pas
là où elle est actuellement », a indiqué la camarade.
La petite fille a été découverte grâce aux mouches qui s’acharnaient sur son
corps. Le corps a été sorti des buissons de la lagune puis déposé au bord de
l’eau où une foule nombreuse s’est déplacée pour le voir.
Aujourd’hui, les jeunes filles s’adonnent à ce genre d’acte qui consiste à
abandonner leur bébé qu’elles ont porté pendant neuf mois. Certaines les
laissent dans des endroits pour qu’ils soient repérés et d’autres carrément
les font disparaître en les jetant soit dans les caniveaux, soit dans les
rivières, où dans les fosses septiques… par manque de moyens, se
défendent-elles.
Ces pratiques relèvent d’actes criminels et elles sont sévèrement punies par
la loi. Il est temps que les jeunes filles prennent conscience de tout le
mal qu’elles font aux enfants qui n’ont pas demandé à venir au monde, pour y
mettre fin.
C.T.
Mort d’Atsutsè Kokouvi Agbobli : Le rapport de
la CNDH
ne dissipe pas toutes les zones d’ombre et renforce le mystère
La
Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a rendu public dans
l’après-midi de mercredi ce qu’elle a appelé « Rapport d’établissement des
faits sur la mort de M. Atsutsè Agbobli ». Ce rapport, au lieu de dissiper
toutes les zones d’ombre, vient renfoncer l’énigme autour de la disparition
tragique du ministre.
Le 15 août
dernier, le corps du journaliste historien Atsustsè Kokouvi Agbobli a été
découvert à la plage de Lomé. A brûle-pourpoint, le ministre de
la Sécurité
a pondu un communiqué qui donnait quelques précisions sur les circonstances
de la mort du Président du MODENA. Le lendemain, la CNDH s’est autosaisie et
a mis en place une commission interne de vérification des faits. Elle a,
dans un premier temps, auditionné toutes les personnes qui ont vu la victime
dans les heures qui ont précédé sa mort. Une autopsie internationale a été
ensuite commanditée et exécutée par l’Américain le Docteur Nizam Peerwani.
Mais le rapport publié mercredi a laissé les Togolais sur leur soif. Des
résultats transmis par Peerwani, il faut retenir : « Finalement, il y a
suffisamment de signes qui indiquent que M. Atsutsè Kokouvi Agbobli est mort
par noyade. La présence de plicatures au niveau des paumes de la main et des
talons, les poumons globuleux et oedémateux et la mise en évidence
macroscopique et microscopique de spume constituent la base de ces
allégations… ». En plus, « Suffisamment de preuves indiquent que le
ministre Agbobli était déprimé et avait au moins une fois tenté un suicide.
Toutefois cette investigation ne peut pas expliquer pourquoi le corps était
découvert nu sur la plage. Cela reste une énigme ».
On le voit, la mort du ministre Agbobli est entourée de tout un
mystère que même les scientifiques n’arrivent pas à percer. Pour montrer
qu’il s’agit vraiment d’une énigme, nous reproduisons intégralement le
communiqué du ministre de
la Sécurité,
les résultats de Napo-Koura et le parcours de feu Agbobli présentés par le
Procureur de
la République,
ainsi que le rapport de la CNDH.
(Voir page 4)
Ce qu’il faut en outre retenir, c’est que ce rapport de
la CNDH
est un démenti formel aux conclusions du médecin légiste togolais Napo-Koura
qui « a exclu systématiquement l’hypothèse d’une mort par noyade ».
Il a conclu en ce que le ministre «serait mort suite à une intoxication
médicamenteuse» alors que Peerwani mentionne qu’« il y a suffisamment
de signes qui indiquent que M. Atsutsè Kokouvi Agbobli est mort par noyade
». Qui des deux personnes dit alors la vérité ? Si c’était Peerwani, ne
faudrait-il pas penser à révoquer le sieur Napo Koura pour éviter qu’il
continue de commettre les mêmes erreurs ?
Même certains des faits relatés par
la CNDH dans la
partie « Les données factuelles » contredisent ceux décrits par le
Procureur Robert Bakaï dans sa sortie du 19 août 2008. Pourquoi la CNDH
n’a pas trouvé utile de reproduire in extenso les déclarations des personnes
auditionnées ? En les synthétisant, on ne sait plus qui a dit quoi. Un
fourre-tout. C’est là où l’énigme a peut-être commencé.
La CNDH
a également cité l’ancien ministre Djondo dans son rapport. Pourquoi
la Commission de M. Kounte n’a pas jugé bon de l’auditionner
tout comme elle l’a fait dans le cas des personnes citées dans le rapport ?
C’est l’autre énigme.
«
La Commission
nationale des droits de l’homme transmettra aux autorités judiciaires, le
résultat de toutes les investigations par elle menées afin d’être exploité,
en cas de besoin, dans le cadre de l’information judiciaire ouverte par M.
le Procureur de
la République,
près le Tribunal de première instance de Lomé»,
conclut le rapport. C’est à en rire ou pleurer? On trouve mal que le
Procureur qui a brandi les conclusions « fausses » ou vraies » de
Napo-Koura comme un trophée de chasse, décide de s’approprier le document de
la CNDH
pour la poursuite de la procédure qu’il aurait déjà fermée.
Selon la famille Agbobli citée par « togocity.com », les
quatre points importants du rapport de contre-expertise du corps de Atsutsè
Agbobli effectuée par le Docteur Nizam Peerwani mandaté par le Haut
Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies ne semblent pas
plausibles : « Le fait d’avoir retrouvé le corps d’Atsutsè Agbobli plaqué
à terre et dénudé à l’exception de ses chaussures et ses chaussettes est une
énigme. Cette énigme s’ajoute au mystère de sa disparition entre le 14 août
aux environs de 4h30 et sa mort le 15 août entre 3h30 et 4h30 (estimation de
la mort faite par le médecin ayant constaté le décès sur la plage le 15 août
à 12h30). Des proches de la famille ainsi que la brigade maritime l’ayant
recherché en vain dans la journée du 14 août sur tout le littoral (et en
particulier sur le lieu de la découverte de son corps) »
Par ailleurs, la famille réfute la thèse de noyade « il ne nous semble
pas plausible que notre père, diabétique et âgé de 67 ans, ait pu se jeter à
l’eau ce matin-là et y rester près de 24 heures avant de se noyer et mourir
le 15 août entre 3h30 et 4h30 ».
Enfin, la famille penche plutôt pour un enlèvement et séquestration: «
notre père a été enlevé et séquestré. Soit il aurait été laissé pour mort
sur la plage à marée haute aux premières heures de la matinée du 15 août (ce
qui explique les indicateurs relevés par le médecin légiste Peerwani) dans
l’espoir que son corps soit avalé par l’océan soit il aurait été noyé
pendant sa séquestration et déposé sur la plage ».
L’affaire Agbobli est loin d’être bouclée. Ses enfants qui se sont
constitués partie civile entendent aller jusqu’au bout. « La famille de
l’opposant togolais Atsutsé Agbobli, retrouvé mort sur une plage de Lomé le
15 août dernier, vient de constituer un collectif d’avocats emmené par le
Français William Bourdon et le Malien Mamadou Konaté, déjà associés pour la
défense du journaliste nigérien Moussa Kaka, récemment remis en liberté
provisoire après plus d’un an de détention », a révélé le journal
français «L’Express ».
R. Kédjagni
Transparence dans les processus électoraux au Togo : Une mission de l’Union
Européenne à Lomé pour échanger avec la classe politique
Deux émissaires (un Belge et un Italien) de l’Union Européenne séjournent
actuellement à Lomé. Cette délégation a rencontré la classe politique
togolaise. Elle s’est entretenue avec les trois partis représentés à
l’Assemblée nationale, le RPT, l’UFC et le CAR, pour voir comment l’UE peut
aider le Togo dans l’organisation des prochaines élections. De sources
concordantes, cette démarche s’inscrirait dans le cadre des recommandations
formulées par la Mission d’observation de l’Union Européenne (MOE).
A l’issue des élections législatives du 14 octobre,
la MOE
recommande, en ce qui concerne le cadre légal et institutionnel, de revoir
l’ensemble du calendrier légal, de mieux tenir compte des impératifs
opérationnels et des réalités logistiques, en particulier en ce qui concerne
la période d’affichage et d’examen des listes électorales ou le délai pour
la production des bulletins de vote.
Sur l’administration des élections, il est recommandé d’assurer
une plus grande transparence en ce qui concerne les travaux de
la CENI
et de mettre en place une structure d’appui effectif à
la CENI. Cette
dernière devrait être dotée de capacités en matière opérationnelle lui
permettant d’assurer une coordination pleinement efficace de ses activités.
Dans cet esprit, il importe que la CENI
continue de bénéficier, pour l’organisation de futurs scrutins, d’une
assistance technique et financière internationale…
A propos du fichier électoral, la MOE
conseille d’établir, à bref délais, les procédures pour l’entretien et la
gestion du fichier électoral national. La mise en place de ces procédures
est indispensable à l’élaboration d’un plan pour la gestion post-électorale
de cette base de données acceptée par l’ensemble des acteurs du processus.
Ainsi, il importe d’assurer la mise sur pied d’une structure à même
d’entreprendre les révisions périodiques imposées par la loi, ce qui
implique que les moyens techniques soient définis et assurés (personnel de
maintenance, kits d’enregistrement, disponibilité des moyens financiers,
etc.).
Outre la gestion matérielle du fichier, le rapport de
la MOE
recommande qu’il conviendrait également de s’interroger sur les modalités
administratives de gestion, en particulier en ce qui concerne
l’établissement de procédures de type Etat civil, indispensable au maintien
de l’intégrité du fichier, par exemple en terme de déclaration de décès. En
l’absence de telles procédures, la durée de vie d’un fichier électoral est,
en effet, très limitée.
Mais la question est de savoir si l’Etat togolais a pris en compte
toutes ces recommandations susceptibles de concourir à la réussite des
prochains scrutins. Aujourd’hui, on ne sait pas qui du ministère de
l’Administration territoriale ou du Président de
la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qui n’a pas encore
présenté son rapport, gère ce fichier. Il y a des appréhensions qu’il soit
manipulé. On susurre d’ailleurs que dans certaines régions du Togo, pour
accorder un micro-crédit aux populations, il leur est demandé de présenter
leur carte d’électeur. Ce qui amène déjà certaines personnes à suggérer que
le fichier soit audité.
E. Pierre
Plaidoyer en faveur des enseignants du privé : lutte contre l’exploitation :
Lettre ouverte à M. le Ministre Yves Madow Nagou
Depuis quelques années, les établissements scolaires privés
poussent comme des champignons, et leur naissance constitue certes, une
occasion d’absorber des diplômés sans emploi et résorber un tant soit peu,
le crucial problème de chômage auquel, depuis des années, les Togolais sont
confrontés et face auquel l’Etat se montre impuissant. Malheureusement, on a
comme l’impression que, l’espoir que suscite chez les diplômés sans emploi
la promesse ou la problématique de leur recrutement par une nouvelle
institution privée qui voit le jour, n’est qu’une porte grandement ouverte à
la fois sur l’illusion et la désillusion.
En effet, se savoir entré dans le monde du travail, est un premier pas non
négligeable susceptible de conduire hors de ce grand mal des temps nouveaux
qu’est l’ennui; mais aussi un pas pour la découverte d’une certaine
indépendance financière.
Mais bien vite, on se rend compte qu’une porte qui s’ouvre sur l’espoir, se
referme au bout d’un petit temps sur le désespoir qui vous envahit. Et au
bout de quelques années, n’en pouvant plus d’espérer un meilleur sort au
sein de l’établissement qui les utilise, meilleur sort qui ne vient jamais,
quelques enseignants prennent leur courage à deux mains et jette l’éponge.
C’est au nom de ces centaines ou milliers d’enseignants togolais intervenant
dans les écoles privées du pays, tant au niveau du primaire, que du
secondaire, que nous avons voulu vous interpeller, Monsieur Ministre et vous
prier de bien vouloir examiner de très près les problèmes qui sont le lot
quotidien de cette catégorie de citoyens devenus malheureusement et à leur
corps défendant, des « laissés-pour-compte » qui pourtant ont un rôle
très important à jouer pour l’avenir de ce pays. Ces problèmes tirent leur
source dans l’exploitation dont ils sont l’objet de la part des fondateurs
et fondatrices des établissements où ils officient.
Parlant d’exploitation, nous vous prions de bien vouloir faire mener une
petite enquête au niveau de ces institutions privées au sujet de la
rémunération. D’ores et déjà, nous osons croire que ce n’est pas un problème
qui doit vous échapper, car il n’est pas nouveau au Togo. A la suite de
cette enquête, vous aurez la confirmation que des enseignants titulaires de
licence ou maîtrise, sont payés à 30 ou 40.000 F.
Nous donnons ici des informations qui ne tiennent pas compte de la dernière
augmentation du SMIG et du SMAG au Togo. Nous ignorons donc à l’heure où
nous mettons sous presse, la petite augmentation qui a pu se faire après
cette rentrée sur la base du nouveau SMIG. Ceux qui ont leur BAC II sont
payés de leur côté entre 18 et
20.000 F et ceux titulaires du Brevet d’études sont rémunérés à 15.000F.
Monsieur, le Ministre, peut-on vouloir relever le niveau de l’enseignement
et le niveau scolaire des écoliers et élèves togolais, tout en réservant un
tel traitement à ceux qui sont les premiers et incontournables acteurs de
l’enseignement ? Au jour d’aujourd’hui, que peut faire un salarié sur trente
jours que compte le mois, avec un tel salaire dérisoire ? Impossible de
rêver de fonder un foyer. Certains enseignants, espéraient qu’avec le temps,
leur employeur, prendraient la mesure réelle des choses, pour améliorer leur
traitement. Mais, rien n’y fit.
Dépités, quelques-uns dans le lot, ont choisi de raccrocher. Car il ne sert
à rien de percevoir à chaque fin de mois, un salaire qui ne servirait qu’à
juste payer le loyer, l’eau, l’électricité et le déplacement. Mais jamais le
médicament pour se remettre d’aplomb à la suite d’une maladie. Ne parlons
même pas de nourriture, car nous en connaissons qui arrivent dans
l’établissement et dispensent des cours le ventre creux. Malgré toute la
bonne volonté du monde, quel meilleur rendement peut fournir un enseignant
dans ces conditions de travail ?
Le mal, ce n’est pas que ces fondateurs n’ont pas les moyens. Au lieu de
procéder à un bon encadrement de l’existant pour une bonne performance et
une bonne prestation dans l’établissement, leur préoccupation majeure est
ailleurs : multiplier la création des écoles et procéder au recrutement
d’autres enseignants soumis à la même exploitation. La meilleure manière
pour eux de tenir en respect leurs employés c’est la menace : « Si tu
n’es pas d’accord tu peux partir ». Ainsi, au bout de 5 années pour
certains, et une dizaine d’années pour d’autres, ces fondateurs et
fondatrices ont deux ou trois autres établissements de la même importance
ailleurs. Pendant ce temps, ceux et celles qui leur permettent de se faire
des sous, sont mal payés et vivent dans la misère. Sachant qu’ils n’ont
nulle part où aller trouver mieux, par cynisme et méchanceté, ils ne se
soucient jamais de revaloriser leur grille salariale.
Pendant les vacances, figurez-vous, Monsieur le Ministre, ces enseignants
mal payés pendant toute une année scolaire, ne sont pas payés. Et la plupart
d’entre eux, se convertissent en conducteurs de taxi-motos à titre
temporaire, juste pour trouver de quoi subsister jusqu’à la rentrée
suivante. Il y a quelques jours, nous avons entendu à la télévision, le
Président de l’Association des fondateurs d’écoles privées, parlant de
l’augmentation des frais de scolarité comme corollaire de l’augmentation du
SMIG et du SMAG au Togo, demander à l’Etat de leur venir en aide par des
subventions pour un meilleur salaire aux enseignants.
Nous considérons que cela est un faux problème, car ce ne sont pas les
moyens qui font défaut à ces propriétaires d’écoles qui font la pluie et le
beau temps au Togo parce que pendant longtemps, l’Etat leur a laissé les
mains libres et se sont permis de faire tout ce qui leur passe par la tête.
Ces chefs d’établissement ne respectent même plus le nombre limité des
élèves qui poussait les parents à leur faire confiance plus qu’au public où
la pléthore d’élèves et écoliers empêche un meilleur suivi des apprenants.
Aujourd’hui, on trouve jusqu’à une soixantaine d’élèves dans une classe. Ce
qui fait défaut chez ces fondateurs et fondatrices, c’est la volonté et
l’esprit d’humanisme qui devrait habiter tout être humain.
Ces chefs d’établissement ont-ils vraiment besoin d’augmenter les frais de
scolarité à cette rentrée scolaire pour pouvoir augmenter le salaire de
leurs maîtres et professeurs du secondaire ? Nous, nous ne le croyons pas.
La plupart pensent que l’argent qu’ils ont investi pour construire leur
école, ils doivent le récupérer presque « séance tenante ». Ce qui se
passe au niveau du privé est un drame et il est grand temps que les
autorités scolaires se rapprochent de ces chefs d’établissement, pour les
découvrir et leur imposer une grille salariale en deçà de laquelle il ne
saurait être question de recruter un enseignant. Il est temps que ce secteur
soit discipliné.
Ces enseignants méritent de voir leurs traitements relevés
substantiellement, afin qu’ils puissent avoir droit à un salaire décent,
leur permettant d’accéder à des prêts bancaires et construire leur avenir. A
peine, l’Etat avait demandé de procéder au relèvement des frais de scolarité
à cette rentrée, que beaucoup se sont précipités à le faire sans état d’âme.
Nous signalons au passage que cela aussi est une erreur de la part de
l’Etat. Car les autorités sont conscientes de la situation difficile que
vivent les fonctionnaires togolais et tous les parents du fait de la cherté
de la vie.
Nous ignorons comment des autorités pouvaient, alors que les parents
n’étaient pas avertis à l’avance pendant les vacances, exiger subitement une
majoration des frais de scolarité à cette rentrée, sous prétexte du
relèvement des SMIG et SMAG ? Cela aussi dénote d’un manque de
responsabilité de la part de nos gouvernants et nous le disons sans ambages.
Nous profitons de l’occasion pour saluer la sagesse de quelques rares
fondateurs qui n’ont pas jugé utile de procéder automatiquement à la hausse
à cette rentrée. Ces établissements qui ont préféré se donner le temps
nécessaire, peuvent se compter sur le bout des doigts et nous leur tirons
notre coup de chapeau. C’est intelligent de leur part, nous pensons. A la
rentrée prochaine, certains de ces établissements qui se sont jetés
aveuglement et par goût du lucre dans l’augmentation de la scolarité sans
prendre soin d’en informer au préalable les parents, les mettant ainsi
devant le fait accompli, vont sûrement en faire les frais. Des écoles
faisaient déjà payer cher les frais d’écolage par rapport à d’autres et se
sont empressés de passer de 43.000 F à presque 52.000 F
pour le primaire. Même si la décision vient du sommet, il faut réfléchir.
Monsieur le Ministre, voilà notre préoccupation. Nous voulons vous prier de
prendre en compte ce rôle de porte-voix de ces « laissés-pour -compte
» qui méritent qu’on s’occupe d’eux, rôle que nous avons choisi de jouer,
pour aider tout simplement à l’amélioration du sort des milliers de
compatriotes qui travaillent dans la misère et dans la démotivation. Ce sont
aussi nos enfants confiés aux soins des écoles privées qui en font les
frais. L’enseignement étant un métier assez délicat, nous comptons sur votre
patriotisme et sur votre sens de compréhension afin de prendre des
initiatives hardies pour remettre de l’ordre dans le privé.
Alain Simouba |