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Interview de Me Yawovi Agboyibo : «Je n’ai aucun ressentiment envers Agbéyomé. Mais, ce qui serait grave, c’est qu’il essaie de déformer l’histoire»
Le Changement #146 du 30 oct 2008

          Les 17 et 18 octobre dernier, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a tenu son deuxième congrès statutaire placé sous le thème «Mobilisons-nous pour l’alternance en 2010». A l’issue des travaux, le congrès a confié la présidence du parti à Me Apévon Dodji. Une semaine plus tard, le mardi 28 octobre 2008, au siège du parti, le président fondateur du CAR, Me Yawovi Agboyibo a effectivement passé le témoin à son successeur Me Apévon Dodji (Lire dossier à la page 4). Au lendemain de cette passation, il a accordé une interview à notre confrère de Nostalgie. Dans cette interview que nous reprenons pour nos lecteurs, le Bélier Noir de Kouvé a donné les raisons profondes qui motivent son retrait de la tête du parti avant de se prononcer sur les propos de l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo qui rejette toute responsabilité dans l’incarcération du leader du CAR en 2002.

Le jeu de question-réponse sur Radio Nostalgie

            Vous cédez aujourd’hui votre place de président national pour un poste honorifique. Au plus haut sommet de votre parti, on parle d’alternance. Est-ce la réalité ou procédez-vous seulement à une rotation à la tête du parti ?

            Je ne sais pas ce que vous entendez par la rotation. Est-ce que la rotation implique que demain je revienne encore à la tête du parti ? Non ! ça c’est exclu. C’est d’abord une question de principe dans notre statut. Il n’est pas dit que voilà, on fait huit (8) ans, un autre vient puis on revient. Ce n’est pas dans la lettre. Même si c’est dans la lettre, compte tenu de mon âge, il n’est pas question que demain je revienne à la tête du parti, car c’est quelque chose d’acquis. C’est une application fidèle de nos statuts.         

          Est-ce vrai que vous mettez Me Apévon au-devant du parti comme un paravent et au moment opportun, vous vous raviserez pour briguer le poste de candidat du CAR à la présidentielle de 2010 ?

            Là, vous êtes en plein procès d’intention. Je crois qu’en tant que journaliste, il vaut mieux vous en tenir au fait ou attendre les faits au lieu de les anticiper. 

          Me Agboyibo, le CAR a eu une débâcle aux dernières élections législatives dans notre pays. Est-ce la raison pour laquelle vous avez procédé à une rénovation à la tête de votre parti ?

            Pas du tout, pas du tout (rire). Je dis que ce qui nous était arrivé aux élections de 2007, était les conséquences d’un acte volontairement assumé. Je l’ai dit lors de l’ouverture des travaux au congrès. En prenant le risque d’aller à la tête d’un dialogue national sous le régime, en prenant le risque de piloter un gouvernement dans lequel il y a le RPT, il y a des conséquences inévitables. Donc je m’attendais à ce qui est arrivé. Mais il fallait faire un choix en 2006, de diriger un gouvernement, responsabilité que j’ai refusé en 2005. Après la mort d’Eyadéma, on m’a demandé de le faire, mais j’ai dit non, dans l’intérêt de mon parti. Tous les Chefs d’Etats notamment Obasanjo, Kufuor… ont été très sévères à mon endroit que pourquoi je pense à mon parti avant la nation. Mais j’ai refusé et j’ai été jusqu’au bout. En 2006, j’ai été confronté au même dilemme. (…) J’ai fait un choix que j’assume jusqu’au bout. Mais mon retrait aujourd’hui n’a rien à voir avec les résultats de nos élections. Pour moi, il était normal et même nécessaire que nos statuts soient respectés. 

          Quand on considère le Comité d’Action pour le Renouveau, c’est un parti qui fait un avec votre vie, vu l’investissement énorme que vous avez engagé. Il y a même le bélier noir qui représente l’emblème du parti ; une incarnation de votre personne à savoir le bélier noir de Kouvé. Me Dodji Apévon peut-il supporter tout ce fardeau ?

            Nous avons un emblème de parti. C’est le soleil levant et ensuite pour chaque consultation électorale un logo de circonstance qui peut changer du jour au lendemain. Donc le CAR n’a jamais adopté le bélier comme son emblème incontournable. Vous savez, lorsqu’on a été à la tête d’une grande institution, le plus grand rêve qu’on puisse nourrir, c’est d’imprimer à l’institution, une ligne, une méthode, une façon d’agir et lorsqu’après, vous voyez cette méthode, cette ligne se perpétuer, alors vous aurez fait un travail remarquable. 

          Vous avez Me Agboyibo, un de vos députés en l’occurrence Gboné qui a claqué la porte à l’investiture de Me Apévon Dodji comme président national du CAR. C’était au cours de votre deuxième congrès statutaire. La sérénité est-elle revenue à la maison ?

            C’est complètement réglé. Le linge sale se lave en famille. Depuis là, on s’est retrouvé et on a tout réglé. 

          Intéressons-nous à présent à ces déclarations d’Agbéyomé Kodjo sur une chaîne internationale. A votre égard, l’ancien Premier Ministre affirmait : «Eyadéma s’est servi de moi pour le mettre en prison afin de le rendre inéligible». Votre réaction, Me Agboyibo.

            Agbéyomé n’est pas un mineur ni un incapable majeur. C’est quelqu’un de très lucide. Si le Président Eyadéma lui avait demandé d’accabler un innocent, je ne vois pas en quoi il se plierait. Mais je profite de cette occasion pour apporter un détail. Vous savez, j’avais été condamné à 6 mois d’emprisonnement et quand j’ai fini les 6 mois, il était question que j’aille au-delà des six mois et qu’il fallait que je m’attende à une condamnation au moins de 10 ans supplémentaires. Et Dieu merci, j’ai appris que nuitamment, c’est M. Agbéyomé qui se rendait au Commissariat auprès du témoin présumé Akomabou. Il essaie de le manipuler, de le charger, de lui dire de tout faire pour faire croire à la Justice que je lui ai demandé de commettre tel ou tel crime. Dieu merci, Akomabou quel qu’il soit, sur ce plan au moins, il a été juste. Il a dit non. Il a fallu des pressions intenses pour que finalement, Akomabou accepte de faire écrire par la Police ce qu’il voulait. Heureusement, Akomabou, lorsqu’on l’a fait venir devant le juge d’instruction, il a été clair. Il a dit que c’est Agbéyomé qui lui a dit de mentir dans mon compte. C’est ainsi que j’ai pu quitter la prison. Sinon, à s’en tenir à ce que Agbéyomé voulait faire, je devrais continuer à souffrir en prison. Que Agbéyomé ne se permette pas de charger le feu président Eyadéma. C’est délibérément qu’il a voulu accabler un innocent. 

          Agbéyomé Kodjo soutient mordicus aujourd’hui avoir sur la conscience votre emprisonnement. Comprenez-vous son attitude ?

            Vous savez, Agbéyomé, après ma sortie de prison, m’a rencontré et je vous avoue qu’il m’a dit qu’il regrette ce qui s’est passé. Mais moi je lui ai dit que dans mon cœur, il n’y a pas de place pour la rancune. J’ai dis que quel que soit ce qui est arrivé, il a fallu un instrument pour qu’il arrive. Moi, j’ai tourné la page depuis. Je n’ai aucun ressentiment envers Agbéyomé. Mais, ce qui serait grave, c’est qu’il essaie de déformer l’histoire. Il a commis une faute. Même si c’est sous pression, il a attenté à la vie, à la liberté d’un innocent. Il faut qu’il continue à le regretter. Ce serait dommage. Mais Akomabou est là, celui dont je parlais tout à l’heure et qu’il a voulu utiliser pour me faire condamner, non plus à six mois de prison, mais cette fois-ci, bien au-delà.

          Rappelez-vous qu’à la fin de mes 6 mois, j’ai fait 2 mois supplémentaires. C’était sous la machination d’Agbéyomé. Dieu merci, la Communauté Internationale, vous les journalistes, beaucoup d’amis ont œuvré à ce que je sois libéré.
Interview réalisée par Radio Nostalgie,
Transcription de Déo Komi

Commentaire

          Il nous a été plusieurs fois donné de revenir dans nos colonnes, sur l’événement douloureux que constitue l’arrestation et l’incarcération de Me Yawovi Agboyibo en 2001. Sur ce chapitre, nous n’avons jamais fait de mystère de la lourde part de responsabilité que porte M. Agbéyomé Kodjo qui a été l’architecte de cette odieuse machination. Nous avons aujourd’hui l’intime conviction que nous sommes dans le vrai et que tous les Togolais partagent notre point de vue.

          Depuis que, à la 25e heure sonnante, Agbéyomé Kodjo se proclame opposant après avoir été politiquement enterré par son ambition démesurée et son goût irréfréné du pouvoir, l’homme se croit tout permis. Au lieu de faire acte de contrition et de se taire pour se faire pardonner, il veut se faire une virginité qu’il n’a jamais eue. Et pour ce faire, Agbéyomé a choisi de parler. Il n’hésite pas à débarquer sur les antennes au Togo ou à l’étranger pour vitupérer et verser dans des rodomontades. Qu’un homme se plaise à bavarder du matin au soir et aller du coq à l’âne au mépris du ridicule ne nous émeut guère. Mais ce que tous les observateurs sérieux reprochent à Agbéyomé, c’est qu’il n’ouvre pas la bouche pour dire la vérité. L’homme ment, ment, ment.

          Nous avons déjà écrit qu’il n’a aucun respect pour les Togolais qu’il méprise au plus haut point et qu’il considère comme des imbéciles. Comment peut-il en être autrement si l’homme se permet de travestir l’histoire et de déformer des faits que des Togolais encore en vie aujourd’hui ont vécus dans la douleur ?

          Il n’est plus un secret pour personne que lorsqu’il veut parler des faits politiques dans ce pays, Agbéyomé Kodjo dont on dit pourtant qu’il est très lucide, devient du coup, amnésique. Il oublie tout le mal qu’il a fait et ne se rappelle que des torts des autres. Mais sur un chapitre aussi douloureux que l’affaire Agboyibo, la décence aurait voulu que Agbéyomé Kodjo se taise et demande pardon. Au lieu de cela, à quoi assiste-t-on ? Non seulement il refuse de reconnaître sa responsabilité, il essaie de la rejeter sur feu le Président Eyadéma. Tenter de rejeter sa responsabilité sur un défunt. Si cela ne relève pas de la nécromancie, il s’apparente à la pire forme du cynisme. Mais cela n’est pas pour nous étonner. Avec cet homme, on peut s’attendre à tout. N’a-t-il pas refusé de reconnaître sa part de responsabilité dans les tueries de Fréau Jardin, un drame qui a endeuillé de nombreuses familles et dont les conséquences continuent à peser sur le Togo jusqu’à ce jour ? Pire, Agbéyomé qui, à l’époque, avait menacé de faire arrêter son Premier Ministre Koffigoh nargue les Togolais.

          C’est un fait que Me Agboyibo ait pardonné à son bourreau. Il a ainsi fait preuve de grandeur de cœur et d’âme. Mais la nature a des lois implacables. Si la première victime, celui que de nombreux Togolais ont versé des larmes en voyant aller en prison innocemment a pardonné, il n’y a pas de raison pour que les autres ne le fassent pas. Mais Agbéyomé Kodjo ne doit pas perdre de vue que les faits, gestes et paroles des hommes les suivent où qu’ils aillent et finissent toujours par les rattraper tôt ou tard. Me Agboyibo a toujours, certainement par pudeur, gardé silence sur ces faits douloureux. Mais ce qu’il vient de dire sur Radio Nostalgie sonne comme une mise en garde. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende ! Agbéyomé peut faire son numéro. Mais les faits le rattraperont et l’Histoire le dépècera. C’est dans l’ordre normal des choses.
L. C.


Passation de service entre Agboyibo et Apévon

Agboyibo : «Je sais que Me APEVON ira loin, très loin»

Apévon : «Je sais que le soutien de mon mentor Me Agboyibo ne me manquera pas »

            On se rappelle que les 17 et 18 Octobre 2008, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a organisé son deuxième congrès statutaire à l’issue duquel Me Yawovi Agboyibo, Président fondateur dudit parti a, à la surprise générale, passé le témoin à celui qu’il convient d’appeler son dauphin, Me Apévon Dodji ; une initiative hautement appréciée et qui, pour plusieurs observateurs, doit être un exemple à suivre.

          Le mardi 28 octobre 2008, pour matérialiser cette alternance, la  cérémonie de passation de service et de prise de fonction des nouvelles instances du parti a eu lieu dans la salle de conférence Kégbé Mathieu du CAR. C’était en présence d’une foule nombreuse de militants, sympathisants et un parterre de journalistes.

          Après la prière de circonstance, les mots de bienvenue de Me Gahoun Hegbor, membre du Comité Sénatorial et la présentation des nouveaux membres du CAR, l’honneur était échu au Président sortant Me Agboyibo et Me Apévon le nouveau Président national de prononcer leurs discours.

          Le Président sortant, Me Agboyibo, du haut de la tribune a loué les qualités intrinsèques de son successeur.

          A travers un discours pathétique et émouvant, le Bélier noir de Kouvé a indiqué que Me Apévon est un militant capable, courageux qui a montré sa force, qui avait servi, qui sert, qui servira et qui mettra son génie au profit du CAR et de toute la nation entière. Il a souligné qu’il ne doute pas un seul instant de sa capacité de réussite et de sa capacité à bien faire. Pour l’accompagner, il a déclaré : «Je suis là, nous sommes là pour le soutenir et l’accompagner», a laissé entendre l’ancien Premier Ministre Agboyibo. Il a imploré la bénédiction divine pour que le nouveau Président aille loin, très loin dans sa mission.

          Me Apévon, pour sa part, a remercié Me Agboyibo pour avoir bien conduit le parti jusqu’au jour d’aujourd’hui. Il a manifesté sa gratitude à son égard et fait savoir qu’il sait que le soutien de son mentor ne lui manquera pas. «… Oui, je sais que ma mission est difficile compte tenu du climat politique malsain dans lequel nous avons évolué jusqu’alors mais je suis plein de courage parce que je sais que le soutien de Maître Agboyibo ne me manquera pas…», a martelé Me Apévon.

          Pour permettre à nos lecteurs de s’imprégner des échanges qui ont eu lieu entre les deux maîtres de céans au cours de cette cérémonie solennelle, nous publions in extenso les deux discours.  Lecture !

Discours du Président National sortant, Me Yawovi Madji AGBOYIBO à l’occasion de la cérémonie de passation de service

Mesdames, Messieurs, les membres du Comité Directeur,

Mesdames, Messieurs, les membres du conseil sénatorial,

Mesdames, Messieurs, les représentants de la J-CAR et de la Branche Féminine du CAR,

Mesdames, Messieurs, les journalistes,

Chères militantes, chers militants,

Mesdames, Messieurs,

Je me réjouis de la cérémonie que le parti organise ce jour dans le prolongement de ses assises des 17 et 18 octobre 2008.

Le Congrès s’est achevé dans la satisfaction de tous.

Il est réconfortant que les résultats de nos travaux aient eu au sein de nos populations et à l’extérieur, des échos que personne ne pouvait prévoir.

Nous nous en félicitons.

Il importe à présent que les nouvelles instances dirigeantes du parti prennent fonction.

C’est donc avec un réel plaisir que je voudrais, en cette occasion solennelle et devant vous tous, passer le flambeau au Président élu du parti, Me Dodji apevon.

Je tiens à exprimer mes félicitations à lui-même et à tous les autres membres du Comité Directeur, ainsi qu’à tous nos conseillers sénatoriaux. J’y reviendrai.

Mais auparavant, j’aimerais au nom de vous tous, rendre un hommage tout particulier à Me Gahoun HEGBOR, Vice-président du Comité Directeur sortant, il eut à présider le Comité chargé de la préparation du Congrès. Nous lui devons la réussite de notre congrès.

Il paraît qu’il fait tout en bien. On dit qu’il est l’homme du bien au sens où le mot s’appliquait à Caton de la Rome Antique. . .

On dit qu’il ne fait rien qui ne vienne de son cœur. Et que dès qu’il accepte une chose, il va jusqu’au bout, il nous a convaincus au car déjà qualité de rigueur.

          Depuis la création du parti, il s’est révélé comme un homme incomparable en bien, il a étonné par sa loyauté et son dévouement pour le parti, il a été d’une tolérance et d’une fidélité exemplaires envers ma personne. Je lui en sais gré quand je me souviens du nombre de fois où on a tenté de le détourner.

Il était incontestablement le militant indiqué pour prendre ma relève. J’ai échangé avec lui à propos. Il m’a répondu qu’il y a un meilleur dans nos rangs, il a dit qu’il préférait s’éclipser au profit d’un jeune qu’il fallait pour redonner du sang neuf au parti. Et il est revenu spécialement de Paris à la veille du Congrès pour apporter son soutien à celui qu’il considérait comme étant le meilleur candidat, le candidat de nous tous.

Qu’il en soit remercié.

Mesdames, Messieurs, les membres sortants du Comité Directeur, aujourd’hui membres du Conseil Sénatorial,

Pendant près de 18 ans, vous et moi, nous avons été des compagnons de route. nous avons choisi une méthode pour faire passer en douceur le pays de la dictature à la démocratie, vous m’avez entouré de votre confiance et de votre foi dans les valeurs et dans la méthode qui sont à l’origine de mon engagement pour les droits de l’homme et la démocratie. Vous avez été de tout temps à mes côtés, vous êtes demeurés constants en dépit des intimidations, des dénigrements et des épreuves d’emprisonnement, vous avez sacrifié vos biens, votre jeunesse et parfois l’avenir de vos enfants, vous vous êtes faits des ennemis. Tout cela pour la cause du parti et de la nation. Vous avez aujourd’hui, pour la plupart atteint un âge avancé, vous n’aviez plus l’énergie des années 90.

Et pourtant, vous êtes toujours déterminés à poursuivre l’idéal qui nous a mis ensemble, vous avez décidé de continuer à vous battre pour le salut du Togo en accompagnant, à travers le conseil Sénatorial, les jeunes qui doivent incarner à l’avenir le Comité Directeur.

Quoi de plus émouvant !

Je manque de mots pour vous exprimer ma gratitude. Que votre détermination serve de modèle à la nouvelle génération de militants à qui nous transférons la redoutable fonction de membres du comité Directeur.

La responsabilité que nous confions à la nouvelle équipe dirigeante du parti est incontestablement lourde.

Mais je n’ai pas de doute sur le mérite de ceux à qui nous passons le flambeau.

Mon très ci 1er ami et compagnon APEVON,

Ce n’est pas un fait du hasard si l’annonce de votre arrivée à la tête du parti a été acclamée par un tonnerre d’applaudissements dans la salle du Congrès.

Vous avez abondamment prouvé qu’on ne prend pas la direction du CAR pour servir ses propres intérêts. Les cupides et les égoïstes n’ont pas leurs places parmi nous.

Prendre la tête du CAR, c’est un sacerdoce. C’est un engagement à se sacrifier pour les autres, un engagement à œuvrer aux côtés du peuple pour la liberté, la justice et une prospérité générale profitable à tous.

Cher Président APEVON, vous nous avez convaincus de votre degré de désintéressement et de votre détermination pour ce noble combat.

Souffrez que, pour l’histoire, j’évoque, entre autres, deux exemples qui m’ont profondément marqué

Lorsqu’en septembre 2006 j’avais été nommé Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’union nationale, il m’avait été donné de désigner, parmi les militants du CAR, trois ministres et un directeur de cabinet avec rang de ministres. Au sein de mes collaborateurs au parti, vous étiez l’un des plus attendus à l’une ou l’autre de ces fonctions.

Je vous en avais fait part. Mais vous aviez décliné l’offre, vous m’aviez demandé de désigner d’autres. Vous aviez préféré vous occuper du parti.

Et quelques temps après, au lendemain des élections législatives d’octobre 2007, nos militants ont acclamé votre présence à la tête de nos élus à l’Assemblée Nationale. Mais là aussi, vous aviez eu un comportement merveilleux en décidant de laisser la place à un autre, vous aviez préféré vous consacrer au parti.

C’est donc à un militant capable de servir l’intérêt général que nous confions le destin du parti. Je ne doute pas un seul de sa réussite. Je sais qu’il ira loin. Très loin._

Je suis là, nous sommes là pour le soutenir et l’accompagner.

Me APEVON, tout ce que nous te demandons, c’est de persévérer dans la voie de l’humilité et de service pour le parti et pour la nation. Ne cherche à aucun moment à forcer le destin. Demandes constamment au Seigneur d’agir en sorte que sa volonté soit faite. C’est là l’essentiel. Le reste viendra par surcroît.

Je voudrais, pour terminer, féliciter à nouveau, vous tous, membres du comité Directeur et du Conseil sénatorial.

Je vous exhorte à être à la hauteur de la confiance que les militants vous ont faite en vous attelant à traduire dans les faits, les nombreuses recommandations que le Congrès a formulées en vue de la restructuration et de la redynamisation du parti.

          Je vous incite à tout mettre en oeuvre pour contribuer à la recherche de solutions aux besoins des jeunes et des fiefs du parti.

C’est à l’appui de cet appel que je voudrais, Monsieur le Président National du CAR, vous transmettre les outils de travail que le Congrès a élaborés en vue de la réalisation des missions qui vous sont assignées.

Je vous remercie.

Discours du Président National du CAR à l’occasion de la cérémonie de passation de service

Monsieur le Président d’honneur du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Président du Conseil Sénatorial,

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Sénatorial,

Mesdames, Messieurs les membres du Comité Directeur,

Militantes et militants,

Je voudrais à mon tour, au nom du Bureau National et au mien propre, vous remercier très sincèrement pour votre présence à la cérémonie de passation d; charge de ce jour, cérémonie qui, loin d’être un simple rituel comme les passations de service habituelles, constitue pour nous un événement d’une portée capitale

En effet, au cours de notre congrès des 17 et 18 Octobre derniers, d’importantes innovations ont été apportées aux structures de notre parti dont notamment la mise sur pied d’un Conseil Sénatorial et le renouvellement du Comité Directeur.

Mais le fait le plus frappant du congrès et qui a favorablement marqué les esprits est la courageuse et enrichissante décision de Maître AGBOY1BO de céder la présidence du parti à un plus jeune que lui. C’est ainsi que le choix a été porté sur ma modeste personne.

Cet acte sans précédent dans l’histoire politique de notre pays a été salué dans le monde entier.

Cependant, quelques sceptiques nous demandent de temps à autres si en dehors de l’annonce faite au congrès, Maître AGBOY1BO n’est plus réellement le Président du CAR.

Et c’est là que la cérémonie d’aujourd’hui revêt toute son importance de par sa dimension physique et spirituelle.

C’est ce jour en effet que le Président Fondateur de notre parti, Président d’honneur et Président du Conseil Sénatorial m’a effectivement transmis, en présence de tous les autres responsables, le bâton de commandement.

C’est aujourd’hui qu’il m’a une fois encore couvert de sa bénédiction en m’exhortant, comme Moïse l’a fait à Josué, d’être fort et plein de courage.

Oui, je sais que ma mission est difficile compte tenu du climat politique malsain dans lequel nous avons évolué jusqu’alors mais je suis plein de courage parce que je sais que le soutien de Maître AGBOY1BO ne me manquera pas.

Je suis confiant en l’avenir de notre parti parce que je suis convaincu que tous les membres du Conseil Sénatorial nous accompagneront sur le sentier oh ! combien ardu de la reconquête de l’électorat.

Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Sénatorial,

Mesdames, Messieurs les membres du Comité Directeur,

Militantes et militants,

Vous m’avez fait confiance en faisant de moi le Président National de notre parti. Je mettrai tout en oeuvre pour mériter cette confiance.

Mais le redressement en profondeur de notre grand parti pour le mettre en ordre de bataille pour les échéances à venir n’est pas seulement l’œuvre du Président National, du Bureau National ou du Comité Directeur. Ces derniers ont la responsabilité de créer l’impulsion nécessaire mais pour atteindre les objectifs fixés, tout militante et militant du parti doit se sentir concerné. Et nous devons d’abord être convaincus que l’espoir est permis.

Au risque de me répéter, je voudrais insister sur le nouvel engagement que doit prendre chaque militante et militant à l’égard de notre parti car nous devons savoir que la réussite ne frappe pas à notre porte en nous suppliant de lui ouvrir. Tel un trésor caché, elle n’est découverte que par ceux qui s’arment de foi et de persévérance.

Je   terminerai   mes   propos   en   empruntant   ces   vers   de   Maria FONTAINE pour dire à chacun de vous :

«Regarde derrière toi pour mesurer le chemin parcouru, Regarde vers le ciel et dis toi qu’il va s’éclaircir,

Regarde à tes pieds pour t’assurer que tu es sur le bon chemin.

Regarde devant toi pour revendiquer la victoire à chaque pas».

Je vous remercie.

 
 

 
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