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Les 17 et 18 octobre dernier, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) a
tenu son deuxième congrès statutaire placé sous le thème «Mobilisons-nous
pour l’alternance en 2010». A l’issue des travaux, le congrès a confié la
présidence du parti à Me Apévon Dodji. Une semaine plus tard, le mardi 28
octobre 2008, au siège du parti, le président fondateur du CAR, Me Yawovi
Agboyibo a effectivement passé le témoin à son successeur Me Apévon Dodji
(Lire dossier à la page 4). Au lendemain de cette passation, il a accordé
une interview à notre confrère de Nostalgie. Dans cette interview que nous
reprenons pour nos lecteurs, le Bélier Noir de Kouvé a donné les raisons
profondes qui motivent son retrait de la tête du parti avant de se prononcer
sur les propos de l’ancien Premier Ministre Agbéyomé Kodjo qui rejette toute
responsabilité dans l’incarcération du leader du CAR en 2002.
Le jeu de
question-réponse sur Radio Nostalgie
Vous cédez aujourd’hui votre place de président national pour
un poste honorifique. Au plus haut sommet de votre parti, on parle
d’alternance. Est-ce la réalité ou procédez-vous seulement à une rotation à
la tête du parti ?
Je ne sais pas ce que vous entendez par la rotation. Est-ce que la rotation
implique que demain je revienne encore à la tête du parti ? Non ! ça c’est
exclu. C’est d’abord une question de principe dans notre statut. Il n’est
pas dit que voilà, on fait huit (8) ans, un autre vient puis on revient. Ce
n’est pas dans la lettre. Même si c’est dans la lettre, compte tenu de mon
âge, il n’est pas question que demain je revienne à la tête du parti, car
c’est quelque chose d’acquis. C’est une application fidèle de nos
statuts.
Est-ce vrai que vous mettez Me Apévon au-devant du parti
comme un paravent et au moment opportun, vous vous raviserez pour briguer le
poste de candidat du CAR à la présidentielle de 2010 ?
Là, vous êtes en plein procès d’intention. Je crois qu’en tant que
journaliste, il vaut mieux vous en tenir au fait ou attendre les faits au
lieu de les anticiper.
Me Agboyibo, le CAR a eu une débâcle aux dernières élections
législatives dans notre pays. Est-ce la raison pour laquelle vous avez
procédé à une rénovation à la tête de votre parti ?
Pas du tout, pas du tout (rire). Je dis que ce qui nous était arrivé aux
élections de 2007, était les conséquences d’un acte volontairement assumé.
Je l’ai dit lors de l’ouverture des travaux au congrès. En prenant le risque
d’aller à la tête d’un dialogue national sous le régime, en prenant le
risque de piloter un gouvernement dans lequel il y a le RPT, il y a des
conséquences inévitables. Donc je m’attendais à ce qui est arrivé. Mais il
fallait faire un choix en 2006, de diriger un gouvernement, responsabilité
que j’ai refusé en 2005. Après la mort d’Eyadéma, on m’a demandé de le
faire, mais j’ai dit non, dans l’intérêt de mon parti. Tous les Chefs
d’Etats notamment Obasanjo, Kufuor… ont été très sévères à mon endroit que
pourquoi je pense à mon parti avant la nation. Mais j’ai refusé et j’ai été
jusqu’au bout. En 2006, j’ai été confronté au même dilemme. (…) J’ai fait un
choix que j’assume jusqu’au bout. Mais mon retrait aujourd’hui n’a rien à
voir avec les résultats de nos élections. Pour moi, il était normal et même
nécessaire que nos statuts soient respectés.
Quand on considère le Comité d’Action pour le Renouveau,
c’est un parti qui fait un avec votre vie, vu l’investissement énorme que
vous avez engagé. Il y a même le bélier noir qui représente l’emblème du
parti ; une incarnation de votre personne à savoir le bélier noir de Kouvé.
Me Dodji Apévon peut-il supporter tout ce fardeau ?
Nous avons un emblème de parti. C’est le soleil levant et ensuite pour
chaque consultation électorale un logo de circonstance qui peut changer du
jour au lendemain. Donc le CAR n’a jamais adopté le bélier comme son emblème
incontournable. Vous savez, lorsqu’on a été à la tête d’une grande
institution, le plus grand rêve qu’on puisse nourrir, c’est d’imprimer à
l’institution, une ligne, une méthode, une façon d’agir et lorsqu’après,
vous voyez cette méthode, cette ligne se perpétuer, alors vous aurez fait un
travail remarquable.
Vous avez Me Agboyibo, un de vos députés en l’occurrence
Gboné qui a claqué la porte à l’investiture de Me Apévon Dodji comme
président national du CAR. C’était au cours de votre deuxième congrès
statutaire. La sérénité est-elle revenue à la maison ?
C’est complètement réglé. Le linge sale se lave en famille. Depuis là, on
s’est retrouvé et on a tout réglé.
Intéressons-nous à présent à ces déclarations d’Agbéyomé
Kodjo sur une chaîne internationale. A votre égard, l’ancien Premier
Ministre affirmait : «Eyadéma s’est servi de moi pour le mettre en prison
afin de le rendre inéligible». Votre réaction, Me Agboyibo.
Agbéyomé n’est pas un mineur ni un incapable majeur. C’est quelqu’un de très
lucide. Si le Président Eyadéma lui avait demandé d’accabler un innocent, je
ne vois pas en quoi il se plierait. Mais je profite de cette occasion pour
apporter un détail. Vous savez, j’avais été condamné à 6 mois
d’emprisonnement et quand j’ai fini les 6 mois, il était question que
j’aille au-delà des six mois et qu’il fallait que je m’attende à une
condamnation au moins de 10 ans supplémentaires. Et Dieu merci, j’ai appris
que nuitamment, c’est M. Agbéyomé qui se rendait au Commissariat auprès du
témoin présumé Akomabou. Il essaie de le manipuler, de le charger, de lui
dire de tout faire pour faire croire à la Justice que je lui ai demandé de
commettre tel ou tel crime. Dieu merci, Akomabou quel qu’il soit, sur ce
plan au moins, il a été juste. Il a dit non. Il a fallu des pressions
intenses pour que finalement, Akomabou accepte de faire écrire par la Police
ce qu’il voulait. Heureusement, Akomabou, lorsqu’on l’a fait venir devant le
juge d’instruction, il a été clair. Il a dit que c’est Agbéyomé qui lui a
dit de mentir dans mon compte. C’est ainsi que j’ai pu quitter la prison.
Sinon, à s’en tenir à ce que Agbéyomé voulait faire, je devrais continuer à
souffrir en prison. Que Agbéyomé ne se permette pas de charger le feu
président Eyadéma. C’est délibérément qu’il a voulu accabler un innocent.
Agbéyomé Kodjo soutient mordicus aujourd’hui avoir sur la
conscience votre emprisonnement. Comprenez-vous son attitude ?
Vous savez, Agbéyomé, après ma sortie de prison, m’a rencontré et je vous
avoue qu’il m’a dit qu’il regrette ce qui s’est passé. Mais moi je lui ai
dit que dans mon cœur, il n’y a pas de place pour la rancune. J’ai dis que
quel que soit ce qui est arrivé, il a fallu un instrument pour qu’il arrive.
Moi, j’ai tourné la page depuis. Je n’ai aucun ressentiment envers Agbéyomé.
Mais, ce qui serait grave, c’est qu’il essaie de déformer l’histoire. Il a
commis une faute. Même si c’est sous pression, il a attenté à la vie, à la
liberté d’un innocent. Il faut qu’il continue à le regretter. Ce serait
dommage. Mais Akomabou est là, celui dont je parlais tout à l’heure et qu’il
a voulu utiliser pour me faire condamner, non plus à six mois de prison,
mais cette fois-ci, bien au-delà.
Rappelez-vous qu’à la fin de mes 6 mois, j’ai fait 2 mois
supplémentaires. C’était sous la machination d’Agbéyomé. Dieu merci, la
Communauté Internationale, vous les journalistes, beaucoup d’amis ont œuvré
à ce que je sois libéré.
Interview réalisée par Radio Nostalgie,
Transcription de Déo Komi
Commentaire
Il nous a été plusieurs fois donné de revenir dans nos colonnes,
sur l’événement douloureux que constitue l’arrestation et l’incarcération de
Me Yawovi Agboyibo en 2001. Sur ce chapitre, nous n’avons jamais fait de
mystère de la lourde part de responsabilité que porte M. Agbéyomé Kodjo qui
a été l’architecte de cette odieuse machination. Nous avons aujourd’hui
l’intime conviction que nous sommes dans le vrai et que tous les Togolais
partagent notre point de vue.
Depuis que, à la 25e heure
sonnante, Agbéyomé Kodjo se proclame opposant après avoir été politiquement
enterré par son ambition démesurée et son goût irréfréné du pouvoir, l’homme
se croit tout permis. Au lieu de faire acte de contrition et de se taire
pour se faire pardonner, il veut se faire une virginité qu’il n’a jamais
eue. Et pour ce faire, Agbéyomé a choisi de parler. Il n’hésite pas à
débarquer sur les antennes au Togo ou à l’étranger pour vitupérer et verser
dans des rodomontades. Qu’un homme se plaise à bavarder du matin au soir et
aller du coq à l’âne au mépris du ridicule ne nous émeut guère. Mais ce que
tous les observateurs sérieux reprochent à Agbéyomé, c’est qu’il n’ouvre pas
la bouche pour dire la vérité. L’homme ment, ment, ment.
Nous avons déjà écrit qu’il n’a aucun respect pour les Togolais
qu’il méprise au plus haut point et qu’il considère comme des imbéciles.
Comment peut-il en être autrement si l’homme se permet de travestir
l’histoire et de déformer des faits que des Togolais encore en vie
aujourd’hui ont vécus dans la douleur ?
Il n’est plus un secret pour personne que lorsqu’il veut parler
des faits politiques dans ce pays, Agbéyomé Kodjo dont on dit pourtant qu’il
est très lucide, devient du coup, amnésique. Il oublie tout le mal qu’il a
fait et ne se rappelle que des torts des autres. Mais sur un chapitre aussi
douloureux que l’affaire Agboyibo, la décence aurait voulu que Agbéyomé
Kodjo se taise et demande pardon. Au lieu de cela, à quoi assiste-t-on ? Non
seulement il refuse de reconnaître sa responsabilité, il essaie de la
rejeter sur feu le Président Eyadéma. Tenter de rejeter sa responsabilité
sur un défunt. Si cela ne relève pas de la nécromancie, il s’apparente à la
pire forme du cynisme. Mais cela n’est pas pour nous étonner. Avec cet
homme, on peut s’attendre à tout. N’a-t-il pas refusé de reconnaître sa part
de responsabilité dans les tueries de Fréau Jardin, un drame qui a endeuillé
de nombreuses familles et dont les conséquences continuent à peser sur le
Togo jusqu’à ce jour ? Pire, Agbéyomé qui, à l’époque, avait menacé de faire
arrêter son Premier Ministre Koffigoh nargue les Togolais.
C’est un fait que Me Agboyibo ait pardonné à son bourreau. Il a
ainsi fait preuve de grandeur de cœur et d’âme. Mais la nature a des lois
implacables. Si la première victime, celui que de nombreux Togolais ont
versé des larmes en voyant aller en prison innocemment a pardonné, il n’y a
pas de raison pour que les autres ne le fassent pas. Mais Agbéyomé Kodjo ne
doit pas perdre de vue que les faits, gestes et paroles des hommes les
suivent où qu’ils aillent et finissent toujours par les rattraper tôt ou
tard. Me Agboyibo a toujours, certainement par pudeur, gardé silence sur ces
faits douloureux. Mais ce qu’il vient de dire sur Radio Nostalgie sonne
comme une mise en garde. Que celui qui a des oreilles pour entendre,
entende ! Agbéyomé peut faire son numéro. Mais les faits le rattraperont et
l’Histoire le dépècera. C’est dans l’ordre normal des choses.
L. C.
Passation de
service entre Agboyibo et Apévon
Agboyibo : «Je sais que Me APEVON ira loin, très loin»
Apévon : «Je sais que le soutien de mon mentor Me Agboyibo ne me manquera
pas »
On se rappelle que les 17 et 18 Octobre 2008, le Comité d’Action pour le
Renouveau (CAR) a organisé son deuxième congrès statutaire à l’issue duquel
Me Yawovi Agboyibo, Président fondateur dudit parti a, à la surprise
générale, passé le témoin à celui qu’il convient d’appeler son dauphin, Me
Apévon Dodji ; une initiative hautement appréciée et qui, pour plusieurs
observateurs, doit être un exemple à suivre.
Le mardi 28 octobre 2008, pour matérialiser cette alternance, la
cérémonie de passation de service et de prise de fonction des nouvelles
instances du parti a eu lieu dans la salle de conférence Kégbé Mathieu du
CAR. C’était en présence d’une foule nombreuse de militants, sympathisants
et un parterre de journalistes.
Après la prière de circonstance, les mots de bienvenue de Me
Gahoun Hegbor, membre du Comité Sénatorial et la présentation des nouveaux
membres du CAR, l’honneur était échu au Président sortant Me Agboyibo et Me
Apévon le nouveau Président national de prononcer leurs discours.
Le Président sortant, Me Agboyibo, du haut de la tribune a loué
les qualités intrinsèques de son successeur.
A travers un discours pathétique et émouvant, le Bélier noir de
Kouvé a indiqué que Me Apévon est un militant capable, courageux qui a
montré sa force, qui avait servi, qui sert, qui servira et qui mettra son
génie au profit du CAR et de toute la nation entière. Il a souligné qu’il ne
doute pas un seul instant de sa capacité de réussite et de sa capacité à
bien faire. Pour l’accompagner, il a déclaré : «Je suis là, nous sommes là
pour le soutenir et l’accompagner», a laissé entendre l’ancien Premier
Ministre Agboyibo. Il a imploré la bénédiction divine pour que le nouveau
Président aille loin, très loin dans sa mission.
Me Apévon, pour sa part, a remercié Me Agboyibo pour avoir bien
conduit le parti jusqu’au jour d’aujourd’hui. Il a manifesté sa gratitude à
son égard et fait savoir qu’il sait que le soutien de son mentor ne lui
manquera pas. «… Oui, je sais que ma mission est difficile compte tenu du
climat politique malsain dans lequel nous avons évolué jusqu’alors mais je
suis plein de courage parce que je sais que le soutien de Maître Agboyibo ne
me manquera pas…», a martelé Me Apévon.
Pour permettre à nos lecteurs de s’imprégner des échanges qui ont
eu lieu entre les deux maîtres de céans au cours de cette cérémonie
solennelle, nous publions in extenso les deux discours. Lecture !
Discours du Président National sortant, Me Yawovi Madji AGBOYIBO à
l’occasion de la cérémonie de passation de service
Mesdames, Messieurs, les membres du Comité Directeur,
Mesdames, Messieurs, les membres du conseil sénatorial,
Mesdames, Messieurs, les représentants de la J-CAR et de la Branche Féminine
du CAR,
Mesdames, Messieurs, les journalistes,
Chères militantes, chers militants,
Mesdames, Messieurs,
Je me réjouis de la cérémonie que le parti organise ce jour dans le
prolongement de ses assises des 17 et 18 octobre 2008.
Le Congrès s’est achevé dans la satisfaction de tous.
Il est réconfortant que les résultats de nos travaux aient eu au sein de nos
populations et à l’extérieur, des échos que personne ne pouvait prévoir.
Nous nous en félicitons.
Il importe à présent que les nouvelles instances dirigeantes du parti
prennent fonction.
C’est donc avec un réel plaisir que je voudrais, en cette occasion
solennelle et devant vous tous, passer le flambeau au Président élu du
parti, Me Dodji apevon.
Je tiens à exprimer mes félicitations à lui-même et à tous les autres
membres du Comité Directeur, ainsi qu’à tous nos conseillers sénatoriaux.
J’y reviendrai.
Mais auparavant, j’aimerais au nom de vous tous, rendre un hommage tout
particulier à Me Gahoun HEGBOR, Vice-président du Comité Directeur sortant,
il eut à présider le Comité chargé de la préparation du Congrès. Nous lui
devons la réussite de notre congrès.
Il paraît qu’il fait tout en bien. On dit qu’il est l’homme du bien au sens
où le mot s’appliquait à Caton de la Rome Antique. . .
On dit qu’il ne fait rien qui ne vienne de son cœur. Et que dès qu’il
accepte une chose, il va jusqu’au bout, il nous a convaincus au
car déjà qualité de rigueur.
Depuis la création du parti, il s’est révélé comme un homme
incomparable en bien, il a étonné par sa loyauté et son dévouement pour le
parti, il a été d’une tolérance et d’une fidélité exemplaires envers ma
personne. Je lui en sais gré quand je me souviens du nombre de fois où on a
tenté de le détourner.
Il était incontestablement le militant indiqué pour prendre ma relève. J’ai
échangé avec lui à propos. Il m’a répondu qu’il y a un meilleur dans nos
rangs, il a dit qu’il préférait s’éclipser au profit d’un jeune qu’il
fallait pour redonner du sang neuf au parti. Et il est revenu spécialement
de Paris à la veille du Congrès pour apporter son soutien à celui qu’il
considérait comme étant le meilleur candidat, le candidat de nous tous.
Qu’il en soit remercié.
Mesdames, Messieurs, les membres sortants du Comité Directeur, aujourd’hui
membres du Conseil Sénatorial,
Pendant près de 18 ans, vous et moi, nous avons été des compagnons de route.
nous avons choisi une méthode
pour faire passer en douceur le pays de la dictature à la démocratie, vous
m’avez entouré de votre confiance et de votre foi dans les valeurs et dans
la méthode qui sont à l’origine de mon engagement pour les droits de l’homme
et la démocratie. Vous avez été de tout temps à mes côtés, vous êtes
demeurés constants en dépit des intimidations, des dénigrements et des
épreuves d’emprisonnement, vous avez sacrifié vos biens, votre jeunesse et
parfois l’avenir de vos enfants, vous vous êtes faits des ennemis. Tout cela
pour la cause du parti et de la nation. Vous avez aujourd’hui, pour la
plupart atteint un âge avancé, vous n’aviez plus l’énergie des années 90.
Et pourtant, vous êtes toujours déterminés à poursuivre l’idéal qui nous a
mis ensemble, vous avez décidé de continuer à vous battre pour le salut du
Togo en accompagnant, à travers le conseil Sénatorial, les jeunes qui
doivent incarner à l’avenir le Comité Directeur.
Quoi de plus émouvant !
Je manque de mots pour vous exprimer ma gratitude. Que votre détermination
serve de modèle à la nouvelle génération de militants à qui nous transférons
la redoutable fonction de membres du comité Directeur.
La responsabilité que nous confions à la nouvelle équipe dirigeante du parti
est incontestablement lourde.
Mais je n’ai pas de doute sur le mérite de ceux à qui nous passons le
flambeau.
Mon très ci 1er ami et compagnon APEVON,
Ce n’est pas un fait du hasard si l’annonce de votre arrivée à la tête du
parti a été acclamée par un tonnerre d’applaudissements dans la salle du
Congrès.
Vous avez abondamment prouvé qu’on ne prend pas la direction du CAR pour
servir ses propres intérêts. Les cupides et les égoïstes n’ont pas leurs
places parmi nous.
Prendre la tête du CAR, c’est un sacerdoce. C’est un engagement à se
sacrifier pour les autres, un engagement à œuvrer aux côtés du peuple pour
la liberté, la justice et une prospérité générale profitable à tous.
Cher Président APEVON, vous nous avez convaincus de votre degré de
désintéressement et de votre détermination pour ce noble combat.
Souffrez que, pour l’histoire, j’évoque, entre autres, deux exemples qui
m’ont profondément marqué
Lorsqu’en septembre 2006 j’avais été nommé Premier Ministre, Chef du
Gouvernement d’union nationale, il m’avait été donné de désigner, parmi les
militants du CAR, trois ministres et un directeur de cabinet avec rang de
ministres. Au sein de mes collaborateurs au parti, vous étiez l’un des plus
attendus à l’une ou l’autre de ces fonctions.
Je vous en avais fait part. Mais vous aviez décliné l’offre, vous m’aviez
demandé de désigner d’autres. Vous aviez préféré vous occuper du parti.
Et quelques temps après, au lendemain des élections législatives d’octobre
2007, nos militants ont acclamé votre présence à la tête de nos élus à
l’Assemblée Nationale. Mais là aussi, vous aviez eu un comportement
merveilleux en décidant de laisser la place à un autre, vous aviez préféré
vous consacrer au parti.
C’est donc à un militant capable de servir l’intérêt général que nous
confions le destin du parti. Je ne doute pas un seul de sa réussite. Je sais
qu’il ira loin. Très loin._
Je suis là, nous sommes là pour le soutenir et l’accompagner.
Me APEVON, tout ce que nous te demandons, c’est de persévérer dans la voie
de l’humilité et de service pour le parti et pour la nation. Ne cherche à
aucun moment à forcer le destin. Demandes constamment au Seigneur d’agir en
sorte que sa volonté soit faite. C’est là l’essentiel. Le reste viendra par
surcroît.
Je voudrais, pour terminer, féliciter à nouveau, vous tous, membres du
comité Directeur et du Conseil sénatorial.
Je vous exhorte à être à la hauteur de la confiance que les militants vous
ont faite en vous attelant à traduire dans les faits, les nombreuses
recommandations que le Congrès a formulées en vue de la restructuration et
de la redynamisation du parti.
Je vous incite à tout mettre en oeuvre pour contribuer à la
recherche de solutions aux besoins des jeunes et des fiefs du parti.
C’est à l’appui de cet appel que je voudrais, Monsieur le Président National
du CAR, vous transmettre les outils de travail que le Congrès a élaborés en
vue de la réalisation des missions qui vous sont assignées.
Je vous remercie.
Discours du
Président National du CAR à l’occasion de la cérémonie de passation de
service
Monsieur le Président d’honneur du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR),
Président du Conseil Sénatorial,
Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Sénatorial,
Mesdames, Messieurs les membres du Comité Directeur,
Militantes et militants,
Je voudrais à mon tour, au nom du Bureau National et au mien propre, vous
remercier très sincèrement pour votre présence à la cérémonie de passation
d; charge de ce jour, cérémonie qui, loin d’être un simple rituel comme les
passations de service habituelles, constitue pour nous un événement d’une
portée capitale
En effet, au cours de notre congrès des 17 et 18 Octobre derniers,
d’importantes innovations ont été apportées aux structures de notre parti
dont notamment la mise sur pied d’un Conseil Sénatorial et le renouvellement
du Comité Directeur.
Mais le fait le plus frappant du congrès et qui a favorablement marqué les
esprits est la courageuse et enrichissante décision de Maître AGBOY1BO de
céder la présidence du parti à un plus jeune que lui. C’est ainsi que le
choix a été porté sur ma modeste personne.
Cet acte sans précédent dans l’histoire politique de notre pays a été salué
dans le monde entier.
Cependant, quelques sceptiques nous demandent de temps à autres si en dehors
de l’annonce faite au congrès, Maître AGBOY1BO n’est plus réellement le
Président du CAR.
Et c’est là que la cérémonie d’aujourd’hui revêt toute son importance de par
sa dimension physique et spirituelle.
C’est ce jour en effet que le Président Fondateur de notre parti, Président
d’honneur et Président du Conseil Sénatorial m’a effectivement transmis, en
présence de tous les autres responsables, le bâton de commandement.
C’est aujourd’hui qu’il m’a une fois encore couvert de sa bénédiction en
m’exhortant, comme Moïse l’a fait à Josué, d’être fort et plein de courage.
Oui, je sais que ma mission est difficile compte tenu du climat politique
malsain dans lequel nous avons évolué jusqu’alors mais je suis plein de
courage parce que je sais que le soutien de Maître AGBOY1BO ne me manquera
pas.
Je suis confiant en l’avenir de notre parti parce que je suis convaincu que
tous les membres du Conseil Sénatorial nous accompagneront sur le sentier oh
! combien ardu de la reconquête de l’électorat.
Mesdames, Messieurs les membres du Conseil Sénatorial,
Mesdames, Messieurs les membres du Comité Directeur,
Militantes et militants,
Vous m’avez fait confiance en faisant de moi le Président National de notre
parti. Je mettrai tout en oeuvre pour mériter cette confiance.
Mais le redressement en profondeur de notre grand parti pour le mettre en
ordre de bataille pour les échéances à venir n’est pas seulement l’œuvre du
Président National, du Bureau National ou du Comité Directeur. Ces derniers
ont la responsabilité de créer l’impulsion nécessaire mais pour atteindre
les objectifs fixés, tout militante et militant du parti doit se sentir
concerné. Et nous devons d’abord être convaincus que l’espoir est permis.
Au risque de me répéter, je voudrais insister sur le nouvel engagement que
doit prendre chaque militante et militant à l’égard de notre parti car nous
devons savoir que la réussite ne frappe pas à notre porte en nous suppliant
de lui ouvrir. Tel un trésor caché, elle n’est découverte que par ceux qui
s’arment de foi et de persévérance.
Je terminerai mes propos en empruntant ces vers de Maria
FONTAINE pour dire à chacun de vous :
«Regarde derrière toi pour mesurer le chemin parcouru, Regarde vers le ciel
et dis toi qu’il va s’éclaircir,
Regarde à tes pieds pour t’assurer que tu es sur le bon chemin.
Regarde devant toi pour revendiquer la victoire à chaque pas».
Je vous remercie. |