|
- Nicolas Sarkozy va
diminuer les aides françaises au développement
En annonçant qu’il allait changer le Togo dans les six mois à
venir, le nouveau Premier ministre n’a pas pris en compte les imprévus.
Aujourd’hui, la crise financière mondiale va considérablement réduire ses marges
de manœuvres.
Présentation du discours programme et la table ronde de Bruxelles.
Le 18 septembre dernier, le Premier ministre Gilbert Fossoun
Houngbo était à l’Assemblée nationale pour soumettre à l’appréciation des
députés le discours programme de son gouvernement. Celui-ci s’articule autour
de deux préoccupations majeures : «capitaliser les résultats des efforts
déjà accomplis pour les traduire en retombées directes sur le vécu quotidien du
plus grand nombre de Togolais », et «continuer les réformes déjà engagées
dans le cadre de l’Accord politique global (APG) ainsi que les réformes
structurelles pour promouvoir une croissance et un développement économique
humain durable, en vue de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD) ». A l’en croire, la concrétisation de toutes ses
ambitions améliorera le quotidien des Togolais et la bonne gouvernance sera une
réalité. Répondant aux questions des élus du peuple, l’ex-Monseiur PNUD-Afrique
a indiqué qu’il n’a besoin que de six mois pour changer le Togo. Il était sûr de
ce qu’il disait et était confiant en l’avenir. Une attitude qui a surpris nombre
de Togolais. Certains députés ont ri sous cap en l’écoutant. Même certains
ministres conscients des réalités du pouvoir RPT ont confié que leur patron
aurait pu faire l’économie de cette promesse, surtout qu’il est, comme tout le
monde, un être fini qui n’a aucune prise sur le futur.
Rappelons que ce
passage à l’Assemblée nationale était intervenu à la veille de la conférence des
partenaires du Togo à Bruxelles. Cette rencontre avait pour but de vanter les
mérites du Togo et rassurer tous les partenaires qui ont encore des clichés sur
le pays. « Sucess story », c’est de cette manière que les témoins ont
présenté les faits. « Selon ces analystes, c’est un grand challenge que le
Togo a remporté, car c’est la première fois qu’un pays auquel les coopérations
ont été suspendues a pu mobiliser des bailleurs et des institutions financières
internationales pour les convaincre de l’évolution en cours dans le pays et des
possibilités d’investissement qu’il offre », s’est-on félicité dans
l’entourage des organisateurs. Au terme de la conférence de Bruxelles, le Togo a
obtenu le principe de l’appui des bailleurs dans différents secteurs. La
nouvelle de la mobilisation de 600 milliards de FCFA a circulé, même si elle a
été récemment démentie par le ministre de
la Coopération Gilbert
Bawara.
L’aggravation de
la crise financière mondiale. « La crise ne sévit pas seulement à Wall
Street, mais partout dans le monde. Nous avons besoin d’un plan de sauvetage
économique pour les familles laborieuses et l’économie réelle, avec des règles
et des politiques qui fournissent des emplois décents. Nous devons mieux assurer
le lien entre productivité et salaires et entre croissance et emploi»,
explique le Directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Juan
Somavia, dans un communiqué. Les secteurs frappés par cette crise sont la
construction, l’automobile, le tourisme, la finance, les services et
l’immobilier. Par conséquent, le Bureau signale que la crise financière mondiale
pourrait entraîner la perte de 20 millions d’emplois.
Face à ce qui
s’apparente à une banqueroute généralisée, les banques centrales et les Etats
tentent de venir en aide à tous les établissements les plus fragiles pour éviter
des faillites qui auraient des conséquences très importantes sur l’économie
réelle. Les banques centrales injectent de nouveau des liquidités pour que ces
banques puissent emprunter. Elles volent au secours de certaines banques en
récupérant à leur compte les titres dépréciés, comme les subprimes (prêts
hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine). Enfin, l’Etat tente de
sauver certains établissements pour éviter un effondrement de tout le système
bancaire. Par exemple, le gouvernement américain a fait voter un plan de
sauvetage de 700 milliards de dollars alors que
la France a injecté 200 milliards d’euros.
Des jours
difficiles pour Houngbo. Avec l’aggravation de la crise financière
mondiale, l’aide aux pays pauvres se fera désirer. Les occidentaux chercheront à
régler d’abord leurs problèmes avant de penser aux pays africains. Ces forces
exogènes risquent de porter un coup dur aux promesses éclatantes faites le 18
septembre 2008. On le sait, les fonds débloqués par l’Union Européenne sont
annoncés depuis et les rodomontades d’un certain Louis Michel n’ont emballé
personne. Aujourd’hui, l’aide européenne promise aux pays africains pour leur
permettre de faire face à la crise alimentaire, se fait attendre. Personne n’en
parle. Et les eurocrates sont préoccupés par l’effondrement des institutions
financières, ce que Nicolas Sarkozy a qualifié de « la fin d’un monde ».
Déjà le concepteur
de l’« immigration choisie » a déjà oublié son beau discours de Cap : «
En matière de développement, je souhaite que
la France
contribue plus activement à la lutte contre la pauvreté en Afrique. Elle le fera
en continuant à soutenir la réalisation des objectifs de développement du
millénaire. Elle maintiendra son engagement financier dans ce domaine
». Le journal français «Libération », citant un communiqué de l’ONG Oxfam, fait
état de ce que «la limitation des autorisations d’engagement disponibles dans
la loi de finances 2009-2011 va conduire l’AFD (Agence française de
développement, ndlr) à suspendre sine die l’instruction d’un certain nombre de
financement de projets de subvention, dont l’octroi était prévu entre
aujourd’hui et 2009 ». Il s’agit de 55 principaux projets qui seront privés
d’aides françaises. Au Togo, deux projets: « Projet d’Environnement Urbain à
Lomé - n°2 », «Santé - Développement des districts sanitaires 2 » ne
vont pas être exécutés, faute d’aide. En outre, pour la seule Afrique de
l’Ouest, les suppressions de subventions entre 2008 et 2009 représentent 49
millions d’euros. Pour l’Afrique centrale, ce montant est de 19 millions
d’euros. Au total, les autorisations d’engagement de subventions passeront de
320 à 134 millions d’euros en 2009.
Ces faits montrent à
suffisance que le Premier ministre fera face à de sérieux problèmes avec ses
promesses. Certes, certaines voies sont en train d’être replâtrées, comme on
sait le faire. Mais le chemin est encore long.
R. Kédjagni
Enjeu électoral au Togo : La présidentielle de 2010 suscite beaucoup
d’interrogations
Dans moins de 18 mois et plus exactement en 2010, les Togolais
iront aux urnes pour l’élection de leur Président. Celui qui conduira la
destinée de plus de 5 millions d’habitants. Plus les trotteuses bougent, les
minutes s’égrainent, les jours passent, puis les semaines et les mois, plus les
populations s’interrogent sur le paysage politique en 2010. Les politiques ne
sont pas du reste. C’est ainsi que des calculs politiques ont donné la
possibilité à certains de se déclarer déjà candidats. D’autres, pour des raisons
de stratégies, préfèrent entretenir le suspense.
Dans cette ambiance empreinte de scepticisme chez certains et
d’optimisme chez d’autres, des interrogations sont aujourd’hui au bout des
lèvres, quant à l’aboutissement paisible de la prochaine présidentielle au Togo.
Aussi, faut-il déplorer le silence coupable des leaders, du Gouvernement et des
ONG sur l’organisation de cette élection qui doit nécessairement passer par la
formation civique des citoyens.
Quels sont les
candidats à la prochaine échéance électorale ? Quels messages véhiculeront-ils ?
Seront-ils en mesure d’accepter les résultats des urnes, les vrais ? En cas de
contestation, que peut-il se passer ? Toutes ces questions restent aujourd’hui
sans réponse et agrémentées par un déficit notoire de communication. Même si
d’aucuns clament haut et fort que les réformes constitutionnelles s’opèrent,
celles consensuelles tardent à voir le jour. Les Togolais s’interrogent pour
savoir à quelle sauce ils seront mangés en 2010.
Il faut dire que depuis quelques temps, on a enregistré des
acquis en matière des droits de l’homme. Ce que des observateurs de la scène
politique togolaise ont souvent évoqué, confiants en ce que le Togo se met
progressivement sur l’orbite de la démocratisation. Mais, on note également des
facteurs qui font douter d’un lendemain meilleur après l’élection de 2010. Il
s’agit, outre la question des réformes, de celle relative à l’impunité qui doit
être le soubassement de la réconciliation à laquelle aspirent les Togolais.
Alors que rien n’est concrètement fait pour envisager
une élection sans violence, on enregistre trois postulants déjà déclarés :
Gilchrist Olympio, Agbéyomé Kodjo et Kofi
Yamgnane. Il faut souligner que, bien que Faure Gnassingbé ne
soit pas encore prononcé, il est plus que certain qu’il le fera vaille que
vaille. Il est rare en Afrique, de voir le Président sortant jeter l’éponge,
suite à un bilan négatif. Viendront certainement s’ajouter à la liste des
candidats, ceux qui, par le passé, avaient voulu conquérir le pouvoir. Il s’agit
de Me Yawovi Madji Agboyibo, Léopold Messan Gnininvi, Dahuku Péré et Nicolas
Lawson, etc.
Force est de
constater que de tous ces candidats, aucun n’a pris une initiative relative à
l’éducation civique. C’est la preuve que cette élection présidentielle, malgré
l’enjeu qu’elle représente, n’est pas abordée comme il se doit.
En réalité, c’est le moment où jamais de prendre les taureaux par
les cornes, quand on sait que les risques de dérapage existent à tout moment. Il
est évident que les législatives 2007 s’étaient déroulées dans le calme et sans
violence. Mais cela ne doit pas devenir une source d’illusion, quand on sait que
la présidentielle est hautement sensible et qu’il faille de si tôt conscientiser
les électeurs. Le silence des candidats potentiels serait coupable. L’épineuse
question pour tous les présidentiables aujourd’hui est de savoir s’ils seront
prêts à accepter les résultats des urnes.
Réformes constitutionnelles et institutionnelles
Sur le plan
constitutionnel, l’on assiste à un antagonisme béat entre deux principaux
courants à savoir le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et l’Union des
Forces de Changement (UFC) soutenue par d’autres formations politiques.
Pendant que les politiques se livrent à toutes sortes de
diversions, il y a des dispositions constitutionnelles qui nécessitent un
consensus politique.
Par exemple, nul ne peut être candidat aux fonctions de Président
de
la République
s’il « n’est exclusivement de nationalité togolaise de naissance… ; ne réside
sur le territoire national depuis douze (12 mois au moins», souligne
l’article 62 de la constitution. Cette disposition de l’article 168 du Code
électoral est allée plus loin en son alinéa 3 : « Tout candidat à l’élection
du Président de
la République
jouissant d’une ou de plusieurs nationalités étrangères doit apporter la preuve
qu’il y a effectivement renoncé par un acte régulier ayant valeur légale ».
Sur ces questions qui divisent la classe politique, on se demande à quand une
solution idoine ? En voulant être légaliste, ces dispositions pénaliseront à
coup sûr un certain nombre de candidats.
Alternance
Il faut souligner que la méfiance entre les courants politiques
constitue un facteur indésirable qui peut ne pas favoriser l’alternance
politique au Togo. « Nous avons toujours tendu la perche de partage du
pouvoir à nos amis de l’opposition. Mais, il y a toujours une fin de non
recevoir. C’est la preuve qu’ils ne sont pas prêts à admettre les autres
citoyens dans la gestion des affaires de la cité. Aussi, à les entendre, on sent
qu’ils demeurent dans la logique du lendemain des indépendances. Il y a lieu de
craindre une politique d’exclusion ou de chasse à l’homme au lendemain des
élections. Nous mettrons évidemment les bouchées doubles pour gagner la
prochaine présidentielle en toute transparence, afin d’éviter le pire à notre
pays », a affirmé un cadre du RPT et pas des moindres.
« Ce sont des alibis qui ne tiennent pas debout. Cela est
impossible au Togo dans la mesure où notre pays est un et indivisible. Il s’agit
tout simplement de propos de séduction sur fond d’intimidation », a rétorqué un autre cadre d’un parti de
l’opposition qui a requis l’anonymat. Tant que cette divergence de points de vue
ne sera pas tue, l’alternance au Togo ne serait qu’un rêve. En vue d’une
cohésion entre les acteurs politiques, il y a nécessité d’aller plus loin que
l’Accord Politique Global (APG) qui a permis la tenue des élections législatives
d’octobre 2007 sans violence, contrairement à la présidentielle du 25 avril
2005. Il y a lieu forcément de régler la question de l’impunité.
Impunité et réconciliation
Pour nombre de Togolais aujourd’hui, la question de
réconciliation doit obligatoirement passer par la résolution de celle de
l’impunité qui a trop perduré dans le pays. Elle ne doit se limiter qu’aux
crimes politiques, mais doit être étendue aux crimes économiques. « Une fois
que les acteurs sont connus, il suffit qu’ils répondent de leurs actes devant
les tribunaux et que justice soit rendue en se conformant aux textes en vigueur.
Ce n’est qu’après ceci, que le pardon peut venir. Ce serait de la complaisance
de parler du pardon sans que les acteurs eux-mêmes ne passent aux aveux et
demandent pardon avec l’engagement de ne pas récidiver », ont souvent
indiqué les partisans d’une solution judiciaire. Quant aux consultations
nationales, elles préconisent la mise en place d’une Commission
Vérité-Justice-Réconciliation.
Les forces étrangères
Les puissances
étrangères constituent une autre pesanteur dans le choix des dirigeants
africains. On note que presque tous les candidats sont des représentants légaux
non déclarés des puissances. La visée de tous réside dans la formule «
hégémonie politique», d’intérêt économique ou encore de sa présence
stratégique sur le continent. Ainsi, les calculs des uns et des autres influent
le plus souvent sur les réalités des urnes. On susurre que les prochaines
élections présidentielles, contrairement à ce qui avait été fait dans le cas
lors les dernières législatives, seront organisées sur les fonds propres du
Togo.
La société civile
Pour jouer
pleinement son rôle de contre-pouvoir, les organisations de
la Société civile ont l’impérieux devoir de refuser toute
coloration politique comme c’est souvent le cas au Togo, et ceci, depuis belle
lurette. L’heure en réalité est à l’éducation des populations sur les enjeux que
représente la prochaine élection présidentielle au Togo.
Chaque maillon de la société a sa partition à jouer. Il faut
commencer à régler d’ores et déjà tous ces problèmes et ne pas attendre le
dernier moment pour les évaluer. C’est à ce seul prix que les Togolais peuvent
organiser une élection libre, démocratique et sans violence.
Didier Ledoux
Appui de l’UE à l’Etat togolais : Un important lot de matériels offert à
certains ministères et institutions
L’Etat togolais vient de bénéficier d’un important lot de
matériels roulant, mobiliers et équipements divers de la part de l’Union
Européenne. Constitué de voitures (14), copieurs de grands et moyens tirage,
groupes électrogènes, des ordinateurs de bureau, des ordinateurs portables, des
imprimantes, des scanners professionnels etc., ce don est destiné aux ministères
de l’Economie et des Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et
des petites et Moyennes Entreprises, de
la Coopération,
du Développement et de l’Aménagement du Territoire. L’Assemblée Nationale,
la Haute Autorité
de l’Audiovisuel et de
la Communication
(HAAC) ainsi que
la Commission Nationale
des Droits de l’Homme (CNDH) ont aussi bénéficié de ces matériels.
Cette action vise à «l’amélioration de la performance et la
transparence de la gouvernance politique et économique des services de l’Etat et
des institutions togolaises », a souligné M. Joâo Melo De Sampaio, chargé
d’Affaires de
la Délégation
de
la Commission Européenne.
Il a précisé qu’une seconde livraison est prévue pour l’année prochaine.
La promotion de la santé fait aussi partie des principales
priorités des actions menées en faveur de la population par la Commission
Européenne au Togo et particulièrement dans le cadre de la lutte intégrée
contre le VIH/ SIDA. Ainsi, pour faire face aux besoins urgents du pays en
médicaments anti-rétroviraux (ARV), l’UE a aussi doté le Programme National de
Lutte contre le SIDA (PNLS) d’un important lot de médicaments dans le cadre de
la prise en charge des malades du SIDA.
C’est le ministre de
la Coopération,
du Développement et de l’Aménagement du Territoire, Gilbert Bawara qui a
réceptionné les dons sur l’Esplanade du Palais des Congrès le vendredi 24
octobre dernier, devant des responsables ministérielles et institutions
nationales et internationales. Il a exprimé la reconnaissance de l’Etat togolais
au donateur et a promis de faire de son mieux pour que ceux à qui les dons
sont destinés puissent en bénéficier. Pour ceux qui n’ont pas pu bénéficier, il
les a rassuré que son ministère luttera pour qu’ils soient aussi satisfaits.
Coco Tchak
Sans détour :
Médias privés: Mauvais procès
« Morbleu ! C’est une chose indigne, lâche, infâme,
/ De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme » (Molière, Le Misanthrope)
L’aide de l’Etat à la presse n’est pas une faveur que le
gouvernement accorde aux médias privés. Loin de là. C’est une disposition légale
et si jusqu’alors, ce n’est pas fait, c’est dû à cette volonté délibérée des
autorités togolaises de clochardiser la corporation et de discréditer cette
noble profession. Que n’a-t-on pas fait pour étouffer la presse privée dès son
origine ? Que n’a-t-on pas fait pour opposer les journalistes qui, a priori,
remplissent la même mission ? Combien de fois n’a-t-on pas embastillé des
journalistes qui osaient dire ce que tout le monde ruminait dans son for
intérieur ? Combien de fois n’est-on pas descendu dans les imprimeries et dans
les kiosques pour ramasser les journaux ? De lointains souvenirs... puisque les
choses se sont améliorées depuis le 14 avril 2004. Date au cours de laquelle les
gouvernants ont décidé de corriger le déficit démocratique. Et de faire du Togo
un pays normal. Où les droits de chacun devront être respectés. Ainsi, le Code
de la presse a été revu pour mettre fin aux années de plomb. C’est le début
d’une nouvelle aventure. En revanche, l’aide publique à la presse n’a jamais
suivi cette embellie. Obligeant les journalistes à continuer à traverser dans
des conditions précaires. Ce n’est qu’avec le nouveau gouvernement que l’idée de
l’aide directe aux medias a commencé à prendre corps. Trois cent millions de
FCFA ont été au départ annoncés au titre de l’année 2008. Fonds à consommer
avant le 31 décembre. Mais l’euphorie n’a été que de courte durée. Il a suffi
quelques jours pour que le rythme change. Le rendez-vous est désormais pris pour
janvier 2009.
Mais apparemment,
cette initiative ne plait pas à tout le monde, surtout les as de la pensée
unique. Ceux-ci ont orchestré une campagne de diabolisation, mieux, de procès de
la presse privée. La télévision a été la première à être mise à contribution.
Une mission débat a été improvisée. Comme l’animateur fait partie de ces gens
qui croient avoir inventé le journalisme au Togo, il a eu le toupet de parler de
« la pagaille » qui existerait dans la presse privée. Au lieu
d’obliger ce confrère imprudent à rectifier le tir, certains des invités ont
repris cet adjectif à leur compte et l’ont commenté à loisir. Or, les médias
publics sont loin d’être des modèles. Là aussi, il y a « la pagaille ».
Sinon, on ne va pas interrompre une émission parce que la présentatrice a osé
montrer des images d’un trou qui avale les femmes dans le Grand marché de Lomé.
Depuis lors, l’émission est frappée d’embargo. Plus de « Question de femme
». « La pagaille », c’est également cette propension à censurer des
propos critiques envers le pouvoir. Un comportement qui prend le contre-pied de
l’art d’accoucher les esprits de Socrate. Dans ces conditions, pas de place pour
le progrès.
En outre, au cours
d’une réunion avec les responsables d’associations des medias publics et privés
le semaine dernière, certaines personnes ont encore chargé proprement la presse
privée. Leur objectif est de nous confiner dans les reportages plats : ça
commence avec une audience du chef de l’Etat et se termine avec un séminaire
atelier une localité donnée. Non, nous n’allons pas faire ce journalisme de
paresseux. Nous resterons la lumière qui éclairera la caverne. Nous resterons
les bâtisseurs de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.
Zeus Aziadouvo |