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Conséquences de la crise financière mondiale : Gilbert Houngbo risque d’être rattrapé par ses promesses de changer le Togo en 6 mois
Liberté Hebdo #423 du 17 Oct. 2008

- Nicolas Sarkozy va diminuer les aides françaises au développement
En annonçant qu’il allait changer le Togo dans les six mois à venir, le nouveau Premier ministre n’a pas pris en compte les imprévus. Aujourd’hui, la crise financière mondiale va considérablement réduire ses marges de manœuvres.

        Présentation du discours programme et la table ronde de Bruxelles. Le 18 septembre dernier, le Premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo était à l’Assemblée nationale pour soumettre à l’appréciation des députés le discours programme de son gouvernement. Celui-ci s’articule autour de  deux préoccupations majeures : «capitaliser les résultats des efforts déjà accomplis pour les traduire en retombées directes sur le vécu quotidien du plus grand nombre de Togolais », et «continuer les réformes déjà engagées dans le cadre de l’Accord politique global (APG) ainsi que les réformes structurelles pour promouvoir une croissance et un développement économique humain durable, en vue de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ». A l’en croire, la concrétisation de toutes ses ambitions améliorera le quotidien des Togolais et la bonne gouvernance sera une réalité. Répondant aux questions des élus du peuple, l’ex-Monseiur PNUD-Afrique a indiqué qu’il n’a besoin que de six mois pour changer le Togo. Il était sûr de ce qu’il disait et était confiant en l’avenir. Une attitude qui a surpris nombre de Togolais. Certains députés ont ri sous cap en l’écoutant. Même certains ministres conscients des réalités du pouvoir RPT ont confié que leur patron aurait pu faire l’économie de cette promesse, surtout qu’il est, comme tout le monde, un être fini qui n’a aucune prise sur le futur.

          Rappelons que ce passage à l’Assemblée nationale était intervenu à la veille de la conférence des partenaires du Togo à Bruxelles. Cette rencontre avait pour but de vanter les mérites du Togo et rassurer tous les partenaires qui ont encore des clichés sur le pays. « Sucess story », c’est de cette manière que les témoins ont présenté les faits. « Selon ces analystes, c’est un grand challenge que le Togo a remporté, car c’est la première fois qu’un pays auquel les coopérations ont été suspendues a pu mobiliser des bailleurs et des institutions financières internationales pour les convaincre de l’évolution en cours dans le pays et des possibilités d’investissement qu’il offre », s’est-on félicité dans l’entourage des organisateurs. Au terme de la conférence de Bruxelles, le Togo a obtenu le principe de l’appui des bailleurs dans différents secteurs. La nouvelle de la mobilisation de 600 milliards de FCFA a circulé, même si elle a été récemment démentie par le ministre de la Coopération Gilbert Bawara.

          L’aggravation de la crise financière mondiale. « La crise ne sévit pas seulement à Wall Street, mais partout  dans le monde. Nous avons besoin d’un plan de sauvetage économique pour les familles laborieuses et l’économie réelle, avec des  règles et des politiques qui fournissent des emplois décents. Nous devons mieux assurer le lien entre productivité et salaires et  entre croissance et emploi», explique le Directeur général du Bureau  international du Travail (BIT), Juan Somavia, dans un communiqué. Les secteurs frappés par cette crise sont la construction, l’automobile, le tourisme, la finance,  les services et l’immobilier. Par conséquent, le Bureau signale que la crise financière mondiale pourrait entraîner la perte de 20 millions d’emplois.

          Face à ce qui s’apparente à une banqueroute généralisée, les banques centrales et les Etats tentent de venir en aide à tous les établissements les plus fragiles pour éviter des faillites qui auraient des conséquences très importantes sur l’économie réelle. Les banques centrales injectent de nouveau des liquidités pour que ces banques puissent emprunter.  Elles volent au secours de certaines banques en récupérant à leur compte les titres dépréciés, comme les subprimes (prêts hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine). Enfin, l’Etat tente de sauver certains établissements pour éviter un effondrement de tout le système bancaire. Par exemple, le gouvernement américain a fait voter un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars alors que la France a injecté 200 milliards d’euros.

          Des jours difficiles pour Houngbo.      Avec l’aggravation de la crise financière mondiale, l’aide aux pays pauvres se fera désirer. Les occidentaux chercheront à régler d’abord leurs problèmes avant de penser aux pays africains. Ces forces exogènes risquent de porter un coup dur aux promesses éclatantes faites le 18 septembre 2008. On le sait, les fonds  débloqués par l’Union Européenne sont annoncés depuis et les rodomontades d’un certain Louis Michel n’ont emballé personne. Aujourd’hui, l’aide européenne promise aux pays africains pour leur permettre de faire face à la crise alimentaire, se fait attendre. Personne n’en parle. Et les eurocrates sont préoccupés par l’effondrement des institutions financières, ce que Nicolas Sarkozy a qualifié de « la fin d’un monde ».

          Déjà le concepteur de l’« immigration choisie »  a déjà oublié son beau discours de Cap : « En matière de développement, je souhaite que la France contribue plus activement à la lutte contre la pauvreté en Afrique. Elle le fera en continuant à soutenir la réalisation des objectifs de développement du millénaire. Elle maintiendra son engagement financier dans ce domaine ». Le journal français «Libération », citant un communiqué de l’ONG Oxfam, fait état de ce que «la limitation des autorisations d’engagement disponibles dans la loi de finances 2009-2011 va conduire l’AFD (Agence française de développement, ndlr) à suspendre sine die l’instruction d’un certain nombre de financement de projets de subvention, dont l’octroi était prévu entre aujourd’hui et 2009 ». Il s’agit de 55 principaux projets qui seront privés d’aides françaises. Au Togo, deux projets: « Projet d’Environnement Urbain à Lomé - n°2 », «Santé - Développement des districts sanitaires 2 » ne vont pas être exécutés, faute d’aide.  En  outre, pour la seule Afrique de l’Ouest, les suppressions de subventions entre 2008 et 2009 représentent 49 millions d’euros. Pour l’Afrique centrale, ce montant est de 19 millions d’euros. Au total, les autorisations d’engagement de subventions passeront de 320 à 134 millions d’euros en 2009.

          Ces faits montrent à suffisance que le Premier ministre fera face à de sérieux problèmes avec ses promesses. Certes, certaines voies sont en train d’être replâtrées, comme on sait le faire. Mais le chemin est encore long.       
R. Kédjagni


Enjeu électoral au Togo : La présidentielle de 2010 suscite beaucoup d’interrogations

        Dans moins de 18 mois et plus exactement  en 2010, les Togolais iront aux urnes pour  l’élection de leur Président. Celui qui conduira la destinée de plus de 5 millions d’habitants. Plus les trotteuses bougent, les minutes s’égrainent, les jours passent, puis les semaines et les mois, plus les populations s’interrogent sur le paysage politique en 2010. Les politiques ne sont pas du reste. C’est ainsi que des calculs politiques ont donné la possibilité à certains de se déclarer déjà candidats. D’autres, pour des raisons de stratégies, préfèrent entretenir le suspense.

Dans cette ambiance empreinte de scepticisme chez certains et d’optimisme chez d’autres, des interrogations sont aujourd’hui au bout des lèvres, quant à l’aboutissement paisible de la prochaine présidentielle au Togo. Aussi, faut-il déplorer le silence coupable des leaders, du Gouvernement et des ONG sur l’organisation de cette élection qui doit nécessairement passer par la formation civique des citoyens.

          Quels sont les candidats à la prochaine échéance électorale ? Quels messages véhiculeront-ils ? Seront-ils en mesure d’accepter les résultats des urnes, les vrais ? En cas de contestation, que peut-il se passer ? Toutes ces questions restent aujourd’hui sans réponse et agrémentées par un déficit notoire de communication. Même si d’aucuns clament haut et fort  que les réformes constitutionnelles s’opèrent, celles consensuelles tardent à voir le jour. Les Togolais s’interrogent pour savoir à quelle sauce ils seront mangés en 2010.

Il faut dire que depuis quelques temps, on a enregistré des acquis en matière des droits de l’homme. Ce que des observateurs de la scène politique togolaise ont souvent évoqué, confiants en ce que le Togo se met progressivement sur l’orbite de la démocratisation. Mais,  on note également des facteurs qui font douter d’un lendemain meilleur après l’élection de 2010. Il s’agit, outre la question des réformes, de celle relative à l’impunité qui doit être le soubassement de la réconciliation à laquelle aspirent les Togolais.

          Alors que rien n’est concrètement fait pour envisager une élection sans violence, on enregistre trois postulants déjà déclarés : Gilchrist Olympio, Agbéyomé Kodjo et Kofi Yamgnane. Il faut souligner que, bien que Faure Gnassingbé ne soit pas encore prononcé, il est plus que certain qu’il le fera vaille que vaille. Il est rare en Afrique, de voir le Président sortant jeter l’éponge, suite à un bilan négatif. Viendront certainement s’ajouter à la liste des candidats, ceux qui, par le passé, avaient voulu conquérir le pouvoir. Il s’agit de Me Yawovi Madji Agboyibo, Léopold Messan Gnininvi, Dahuku Péré et Nicolas Lawson, etc.

          Force est de constater que de tous ces candidats, aucun n’a pris une initiative relative à  l’éducation civique. C’est la preuve que cette élection présidentielle, malgré l’enjeu qu’elle représente, n’est pas abordée comme il se doit.

En réalité, c’est le moment où jamais de prendre les taureaux par les cornes, quand on sait que les risques de dérapage existent à tout moment. Il est évident que les législatives 2007 s’étaient déroulées dans le calme et sans violence. Mais cela ne doit pas devenir une source d’illusion, quand on sait que la présidentielle est hautement sensible et qu’il faille de si tôt conscientiser les électeurs. Le silence des candidats potentiels serait coupable. L’épineuse question pour tous les présidentiables aujourd’hui est de savoir s’ils seront prêts à accepter les résultats des urnes.

Réformes constitutionnelles et institutionnelles

          Sur le plan  constitutionnel, l’on assiste à un antagonisme béat entre deux principaux courants à savoir le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) et l’Union des Forces de Changement (UFC) soutenue par d’autres formations politiques.

Pendant que les politiques se livrent à toutes sortes de diversions, il y a des dispositions constitutionnelles qui nécessitent un consensus politique.

Par exemple, nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il « n’est exclusivement de nationalité togolaise de naissance… ; ne réside sur le territoire national depuis douze (12 mois au moins», souligne l’article 62 de la constitution. Cette disposition de l’article 168 du Code électoral est allée plus loin en son alinéa 3 : « Tout candidat à l’élection du Président de la République jouissant d’une ou de plusieurs nationalités étrangères doit apporter la preuve qu’il y a effectivement renoncé par un acte régulier ayant valeur légale ». Sur ces questions qui divisent la classe politique, on se demande à quand une solution idoine ? En voulant être légaliste, ces dispositions pénaliseront à coup sûr un certain nombre de candidats.

Alternance

Il faut souligner que la méfiance entre les courants politiques constitue un facteur indésirable qui peut ne pas favoriser l’alternance politique au Togo. « Nous avons toujours tendu la perche de partage du pouvoir à nos amis de l’opposition. Mais, il y a toujours une fin de non recevoir. C’est la preuve qu’ils ne sont pas prêts à admettre les autres citoyens dans la gestion des affaires de la cité. Aussi, à les entendre, on sent qu’ils demeurent dans la logique du lendemain des indépendances. Il y a lieu de craindre une politique d’exclusion ou de chasse à l’homme au lendemain des élections. Nous mettrons évidemment les bouchées doubles pour gagner la prochaine présidentielle en toute transparence, afin d’éviter le pire à notre pays », a affirmé un cadre du RPT et pas des moindres.

« Ce sont des alibis qui ne tiennent pas debout. Cela est impossible au Togo dans la mesure où notre pays est un et indivisible. Il s’agit tout simplement de propos de séduction sur fond d’intimidation », a rétorqué un autre cadre d’un parti de l’opposition qui a requis l’anonymat. Tant que cette divergence de points de vue ne sera pas tue, l’alternance au Togo ne serait qu’un rêve. En vue d’une cohésion entre les acteurs politiques, il y a  nécessité d’aller plus loin que l’Accord Politique Global (APG) qui a permis la tenue des élections législatives d’octobre 2007 sans violence, contrairement à la présidentielle du 25 avril 2005. Il y a lieu forcément de régler la question de l’impunité.

Impunité et réconciliation

Pour nombre de Togolais aujourd’hui, la question de réconciliation doit obligatoirement passer par la résolution de celle de l’impunité qui a trop perduré dans le pays. Elle ne doit se limiter qu’aux crimes politiques, mais doit être étendue aux crimes économiques. « Une fois que les acteurs sont connus, il suffit qu’ils répondent de leurs actes devant les tribunaux et que justice soit rendue en se conformant aux textes en vigueur. Ce n’est qu’après ceci, que le pardon peut venir. Ce serait de la complaisance de parler du pardon sans que les acteurs eux-mêmes ne passent aux aveux et demandent pardon avec l’engagement de ne pas récidiver », ont souvent indiqué les partisans d’une solution judiciaire. Quant aux consultations  nationales, elles préconisent la mise en place d’une Commission Vérité-Justice-Réconciliation.

Les forces étrangères

          Les puissances étrangères constituent une autre pesanteur dans le choix des dirigeants africains. On note que presque tous les candidats sont des représentants légaux non déclarés des puissances. La visée de tous réside dans la formule « hégémonie politique», d’intérêt économique ou encore de sa présence stratégique sur le continent. Ainsi, les calculs des uns et des autres influent le plus souvent sur les réalités des urnes. On susurre que les prochaines élections présidentielles, contrairement à ce qui avait été fait dans le cas lors les dernières législatives, seront organisées sur les fonds propres du Togo.

La société civile

          Pour jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir, les organisations de la Société civile ont  l’impérieux devoir de refuser toute coloration politique comme c’est souvent le cas au Togo,  et ceci, depuis belle lurette. L’heure en réalité est à l’éducation des populations sur les enjeux que représente la prochaine élection présidentielle au Togo.

Chaque maillon de la société a sa  partition à jouer. Il faut commencer à régler d’ores et déjà tous ces problèmes et ne pas attendre le dernier moment pour les évaluer. C’est à ce seul prix que les Togolais peuvent organiser une élection libre, démocratique et sans violence.
Didier Ledoux
 


Appui de l’UE à l’Etat togolais : Un important lot de matériels offert à certains ministères et institutions

L’Etat togolais vient de bénéficier d’un important lot de matériels roulant, mobiliers et équipements divers  de la part de l’Union Européenne.  Constitué de voitures (14), copieurs  de grands et moyens tirage, groupes électrogènes, des ordinateurs de bureau, des ordinateurs portables, des imprimantes, des scanners professionnels etc., ce don est destiné aux ministères de l’Economie et des Finances, du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et des petites et Moyennes Entreprises, de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du Territoire. L’Assemblée Nationale, la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ainsi que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH)  ont aussi bénéficié de ces matériels. 

 Cette action vise à «l’amélioration de la performance et la transparence de la gouvernance politique et économique des services de l’Etat et des  institutions togolaises », a souligné M. Joâo Melo De Sampaio, chargé d’Affaires de la Délégation de la Commission Européenne. Il a précisé qu’une seconde livraison est prévue pour l’année prochaine.

La promotion de la santé fait aussi partie des principales priorités  des actions  menées en faveur de la population par la Commission Européenne au Togo et particulièrement  dans le cadre de la lutte intégrée contre le VIH/ SIDA. Ainsi,  pour faire face aux besoins urgents du pays en médicaments anti-rétroviraux (ARV), l’UE a aussi doté le Programme National de Lutte contre le SIDA (PNLS) d’un important lot de médicaments dans le cadre de la prise en charge des malades du SIDA.

C’est le ministre de la Coopération, du  Développement et de l’Aménagement du Territoire, Gilbert Bawara qui a réceptionné les dons sur l’Esplanade du Palais des Congrès le vendredi 24 octobre dernier, devant des responsables ministérielles et institutions nationales et internationales. Il a exprimé la reconnaissance de l’Etat togolais au donateur et a promis  de faire de son mieux pour que  ceux à qui les dons sont destinés puissent en bénéficier. Pour ceux qui n’ont pas pu bénéficier, il les a rassuré que son ministère luttera pour qu’ils soient aussi  satisfaits.
Coco Tchak


 Sans détour : Médias privés: Mauvais procès

          « Morbleu ! C’est une chose indigne, lâche, infâme, / De s’abaisser ainsi jusqu’à trahir son âme » (Molière, Le Misanthrope)

L’aide de l’Etat à la presse n’est pas une faveur que le gouvernement accorde aux médias privés. Loin de là. C’est une disposition légale et si jusqu’alors, ce n’est pas fait, c’est dû à cette volonté délibérée des autorités togolaises de clochardiser la corporation et de discréditer cette noble profession. Que n’a-t-on pas fait pour étouffer la presse privée dès son origine ? Que n’a-t-on pas fait pour opposer les journalistes qui, a priori, remplissent la même mission ? Combien de fois n’a-t-on pas embastillé des journalistes qui osaient dire ce que tout le monde ruminait dans son for intérieur ? Combien de fois n’est-on pas descendu dans les imprimeries et dans les kiosques pour ramasser les journaux ? De lointains souvenirs... puisque les choses se sont améliorées depuis le 14 avril 2004. Date au cours de laquelle les gouvernants ont décidé de corriger le déficit démocratique. Et de faire du Togo un pays normal. Où les droits de chacun devront être respectés. Ainsi, le Code de la presse a été revu pour mettre fin aux années de plomb.  C’est le début d’une nouvelle aventure. En revanche, l’aide publique à la presse n’a jamais suivi cette embellie. Obligeant les journalistes à continuer à traverser dans des conditions précaires. Ce n’est qu’avec le nouveau gouvernement que l’idée de l’aide directe aux medias a commencé à prendre corps. Trois cent millions de FCFA ont été au départ annoncés au titre de l’année 2008. Fonds à consommer avant le 31 décembre. Mais l’euphorie n’a été que de courte durée. Il a suffi quelques jours pour que le rythme change. Le rendez-vous est désormais pris pour janvier 2009.

          Mais apparemment, cette initiative ne plait pas à tout le monde, surtout  les as de la pensée unique. Ceux-ci ont orchestré une campagne de diabolisation, mieux, de procès de la presse privée. La télévision a été la première à être mise à contribution. Une mission débat a été improvisée. Comme l’animateur fait partie de ces gens qui croient avoir inventé le journalisme au Togo, il a eu le toupet de parler de « la pagaille » qui existerait dans la presse privée. Au lieu d’obliger ce confrère imprudent à rectifier le tir, certains des invités ont repris cet adjectif à leur compte et l’ont commenté à loisir. Or, les médias publics sont loin d’être des modèles. Là aussi, il y a « la pagaille ». Sinon, on ne va pas interrompre une émission parce que la présentatrice a osé montrer des images d’un trou qui avale les femmes dans le Grand marché de Lomé. Depuis lors, l’émission est frappée d’embargo. Plus de « Question de femme ». « La pagaille », c’est également cette propension à censurer des propos critiques envers le pouvoir. Un comportement qui prend le contre-pied de l’art d’accoucher les esprits de Socrate. Dans ces conditions, pas de place pour le progrès.

          En outre, au cours d’une réunion avec les responsables d’associations des medias publics et privés le semaine dernière, certaines personnes ont encore chargé proprement la presse privée. Leur objectif est de nous confiner dans les reportages plats : ça commence avec une audience du chef de l’Etat et se termine avec un séminaire atelier une localité donnée. Non, nous n’allons pas faire ce journalisme de paresseux. Nous resterons la lumière qui éclairera la caverne. Nous resterons les bâtisseurs de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.      

Zeus Aziadouvo

 

 
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