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Selon des informations véhiculées depuis Zurich par certains membres de la
délégation dépêchée auprès de la FIFA par le pouvoir togolais en vue
d’obtenir la dissolution du Bureau Exécutif de la Fédération togolaise de
Football (FTF), l’instance faîtière du football mondial aurait décidé de
raccourcir le mandat de l’actuel bureau pour préconiser l’organisation
d’une élection anticipée le 18 janvier de l’année prochaine.
N’étant pas en possession de la supposée feuille de route, il
serait difficile de commenter avec certitude ladite décision. Néanmoins,
puisque le débat est suscité, il ne serait pas superflu de soulever un
certain nombre d’inquiétudes et d’arbitraires que pourrait engendrer cette
décision si elle venait à être prise.
D’abord, tout le monde reconnaît qu’il y a problème au sein du
Bureau Exécutif. Mais ces problèmes étaient artificiellement créés, couvés
et entretenus par des sommités politiques qui se sont basées sur les limites
intellectuelles de Tata Avlessi pour entretenir un climat malsain au sein du
bureau.
Fort de l’onction politique dont le Tout-Puissant Président
s’enivre, il se met systématiquement au travers de toutes les décisions
unanimement prises au sein du Bureau, avec pour objectifs de créer
délibérément des tensions afin d’amener l’opinion qui n’a pas tous les
éléments d’appréciation, à considérer la situation à la FTF comme « explosive »
et bigrement ingérable.
Nous n’en voulons pour preuve que son opposition systématique à la reprise
du Championnat de première division sous des prétextes fallacieux, le refus
de signer le chèque pour débloquer les fonds pour les Eperviers en attente à
l’Hôtel à Paris pour livrer un match amical contre la RD Congo alors que
lui, voulait la Côte d’Ivoire pour ne citer que cette équipe nationale. Des
gaffes auxquelles il faut ajouter son refus de venir à une réunion convoquée
par le Ministre Pascal Bodjona, Président du Comité de suivi mis sur pied
par la FIFA et qui a reçu la bénédiction du Congrès de Sokodé ; refus
accompagné de: « je ne viendrai pas, je m’en fous même si c’est le
gouvernement », devant un parterre de témoins.
Mais à cela, le pouvoir togolais était incapable de prendre les
mesures qu’il faut afin de le rappeler à l’ordre puisque, visiblement,
l’homme était en mission commandée et joue bien la partition échue.
Le pouvoir togolais, par la voix du Président de la République ,
a profité de la victoire historique sur le Swaziland pour non seulement
mettre en garde le Bureau Exécutif contre les « querelles de personnes »
mais aussi renouveler sa confiance aux membres du Bureau.
Chose bizarre, juste le lendemain de ce renouvellement de
confiance, sans qu’aucune peccadille ne soit signalée, une délégation est
dépêchée sur initiative du Chef de l’Etat à Zurich en vue d’obtenir la
dissolution de même Bureau à qui il a renouvelé sa confiance.
Même si problème il y a, qu’est-ce que ce pouvoir a fait pour
susciter un rapprochement au sein de ce bureau ? A part quelques mises en
garde isolées, quel travail de rapprochement concret a-t-il effectué en vue
de réunir les membres du Bureau Exécutif ?
On a préféré tirer sur plusieurs fibres, pousser Tata à créer des
dissensions entre ses collègues et ensuite amplifier des situations minimes
pour éjecter des venins au sein de l’opinion afin de prouver que « ça ne
va pas au sein de la Fédération ». Tout a été tenté et puisque ce sont
des objectifs politiques qui sont poursuivis, l’opinion ne voit que la
partie visible de l’iceberg.
Au demeurant, quelle que soit la crise artificiellement conçue par certains
membres de la délégation envoyée à Zurich, force est de reconnaître
qu’aucune disposition légale, aucune loi, mais alors aucun article ne permet
à la FIFA, ni à une délégation gouvernementale encore moins à une rencontre
voulue par le politique d’un pays, de se substituer à un Congrès d’une
Fédération pour réduire le mandat de son Bureau Exécutif ou de le dissoudre
purement ou simplement.
Cette décision, si elle est prise, constituera un précédent dangereux, une
jurisprudence aux conséquences non mesurées pour la FIFA. Car dorénavant,
tous les pays du monde entier retiendront que, quand les politiques, qui
n’ont pas le droit de s’ingérer dans le football ont de la peine à dissoudre
un Bureau exécutif d’une fédération jugé indésirable, il suffit de
commanditer une mission à la FIFA avec tout ce qui peut l’accompagner pour
obtenir sa dissolution. Et tous ceux qui ont des comptes à régler avec les
membres de leur fédération, comme c’est le cas au Togo, pourront s’en servir
à cœur joie.
Au-delà de toutes considérations, cette décision, si elle est prise, peut
être facilement attaquable au Tribunal Arbitral des Sports parce que n’ayant
pas été prise sur une base textuelle, juridique. Elle est dénuée de
fondement légal.
Mais faut-il laisser le football togolais dans cette condition de crise ?
Non ! La solution c’est de renvoyer le gouvernement à venir recoller les
morceaux au lieu de chercher à diviser les fils d’un seul pays.
Source : Forum de la Semaine N °399 du 23 0ctobre 2008
Ce que nous pensons :
Le coup de force des nihilistes !
Il a suffit que les perroquets de la délégation officielle à Zurich prennent
leur rêve pour réalité en décrétant la fin du Bureau Exécutif de la
Fédération Togolaise de Football pour assister à un piaillement des
dithyrambiques nihilistes qui pensaient que leur dessein de destruction est
assouvi.
Depuis que cette crise est née au sein de la Fédération, aucun travail de
rapprochement n’était accompli pour ramener les deux camps opposants à
savoir le Président « blanchi » à part contre les autres membres du bureau.
Au contraire, tout est mis en œuvre pour regarder la bouteille toujours à
moitié vide au lieu de la voir, positivement à moitié pleine.
Tous les pas et gestes des membres du Bureau Exécutif sont épiés et
décortiqués, les rentables passés aux oubliettes et les infimes erreurs
comme inhérentes à toute œuvre humaine, amplifiées comme si ce bureau n’est
ingénieux qu’au mal.
Selon les indiscrétions glanées depuis Zurich, la FIFA a cédé
aux desiderata du pouvoir qui veut la fin du Bureau exécutif comme la femme
Hérodias, l’épouse du potentat Hérode, voulait la tête du prophète
Jean-Baptiste sur un plateau d’argent. Ce qui lui était servi, bien sûr avec
toutes les malédictions y afférentes. Le corps électoral de la famille du
football togolais sera convoqué sur le 18 janvier de l’année prochaine
tandis que la Commission électorale sera composée des représentants de la
FIFA , de la CAF , des Ministères de la Décentralisation et des Sports ainsi
que d’un Magistrat. Ce beau monde pour venir siéger autour de l’injustice et
de l’arbitraire. Le tout couronné par un appel aux membres du Bureau élu
légitimement le 09 Janvier 2007 « à collaborer ». Mais autour de quoi les
appelle-t-on « à collaborer ». De l’arbitraire ?
Oui de l’Arbitraire parce que le Bureau actuel tire sa
légitimité d’un Congrès électif souverain et seul un Congrès a le pouvoir de
le démettre selon les propres lois qui régissent et la FIFA et la FTF.
Aucune disposition statutaire ne prévoit la démission d’un bureau élu par un
Congrès. Aucun article, que ce soit dans les Statuts de la FIFA encore moins
des statuts de la FTF, ne prévoit qu’une rencontre entre les membres de la
FIFA et des politiques puisse remplacer légalement un Congrès statutaire ou
extraordinaire d’une Fédération autonome d’un pays.
Tout au plus, une décision prise à ce niveau devait être
préalablement soumise à un Congrès extraordinaire qui seul peut décider du
sort du bureau qu’il a élu. Ce serait du respect à la majorité et à la
souveraineté d’un Congrès. Le reste n’est rien d’autre qu’un coup de force
pure et dure qui peut être facilement attaqué devant le Tribunal Arbitral de
Lausanne avec toutes les chances de remporter le procès. Quand bien même
nous ne connaissons pas encore la réaction des élus du 09 janvier, ni celle
de la majorité de ceux qui leur ont accordé leur confiance qui,
individuellement pris seront recevable dans leur plainte.
Nous sommes de nature légalistes, nous nous sommes toujours
battu pour la légalité et nous comptons demeurer comme tels. Si dans un
pays, deux frères se battent, on utilise par les tares et insuffisance de
l’un pour régler des comptes à l’autre. Un bon leader cherche à unir quels
que soient les cas et non à désunir ! Cela ne peut qu’être ainsi car si en
politique malgré les armes de guerre utilisées contre les uns et les autres
ont fini toujours par s’entendre, pourquoi voulez-vous diviser en football,
un facteur d’union par excellence. Toute œuvre bâtie sur l’arbitraire et
l’injustice tombe toujours tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. C’est
la loi de la Nature et il n’est pas tard d’y remédier. C’est en tout cas, ce
que nous nous pensons.
Dimas Dzikodo :
Forum de la Semaine N °399 du 23 0ctobre 2008 |