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Le gouvernement togolais vient de créer un cadre permanent de dialogue et de
concertation pour connaître des questions d’intérêt national. Il y a plus
d’un an, le gouvernement d’union nationale conduit par Me Yawovi Agboyibo
avait créé, sur proposition de son ministre de l’Administration
territoriale, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu, actuel secrétaire général de
la présidence de la République, le conseil national de concertation et de
dialogue permanent pour traiter de ces mêmes questions et des sujets
politiques. Aujourd’hui, sur rapport du nouveau ministre de l’Administration
territoriale, directeur de cabinet de la présidence au moment de l’adoption
du décret mis en cause ici, le gouvernement Houngbo constate que ce
mécanisme ne répond ni à l’esprit, ni à la lettre de l’APG et a opté pour
la mise en place d’un cadre pour répondre à ses exigences. Une décision qui
ouvre une nouvelle polémique au sein de la classe politique nationale.
Réuni en conseil des ministres mercredi 15 octobre dernier, le gouvernement
togolais a décidé de la création du « cadre permanent de dialogue et de
concertation » pour répondre aux dispositions de l’APG (Accord politique
global) en son point 5.1. Ce cadre qui doit connaître de toutes les
questions d’intérêt national va regrouper en plus des partis représentés à
l’Assemblée nationale, ceux ayant obtenus 5 % de suffrages aux dernières
élections législatives et des personnalités désignées par le chef de l’Etat.
Par ailleurs, tous les Togolais, ainsi que les partis non représentés au
cadre permanent qui le souhaitent, peuvent apporter leurs contributions au
dialogue, en saisissant par écrit ce mécanisme de tout sujet qu’ils jugent
d’intérêt national. En outre, le cadre peut consulter, en cas de besoin,
toute personne physique ou morale parmi lesquelles des personnalités, les
principales confessions religieuses (catholique, protestante et musulmane),
la chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la
société civile sur certains sujets d’intérêt national.
Selon le communiqué du gouvernement, ce cadre permanent de dialogue et de
concertation vient remplacer le conseil national de concertation et de
dialogue politique mis en place en mai 2007 par le gouvernement d’union
nationale pour répondre à l’esprit et à la lettre de l’APG qui parle de
cadre et non de conseil.
Aux yeux de certains hommes politiques, la décision du gouvernement est en
déphasage avec les dispositions de l’APG. Pour Jean-Pierre Fabre, secrétaire
général de l’UFC (Union des forces de changement) ce communiqué du
gouvernement pose un autre problème et « l’on comprend que leur tactique
est totalement dévoyée ». Me Agboyibo (chef du gouvernement d’union
nationale) pour sa part qualifie cette décision du conseil des ministres «
d’histoire ». Selon lui, l’APG n’a pas prévu de cadre permanent à
mettre en place par un gouvernement post-électoral. Le Premier ministre du
gouvernement d’union nationale estime que suivant l’esprit de cet accord, ce
cadre devait être créé par le gouvernement d’union nationale.
Les mêmes qui font défont
Le 14 mai 2007, sur un rapport du ministre de l’administration
territoriale d’alors, un décret portant création d’un conseil national de
concertation et de dialogue politique (CNCDP) a été pris et signé par le
chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, le Premier ministre d’alors Me Yawovi
Agboyibo avec ampliation au directeur de cabinet du président de la
République, Pascal Bodjona. Ce décret pris sur le rapport du ministre
Séléagodji Ahoomey-Zunu, avait défini les attributions, le fonctionnement et
la composition de ce mécanisme. Aujourd’hui, le gouvernement Faure-Houngbo
semble avoir trouvé des lacunes dans le décret du 17 mai 2007 et veut
procéder à sa correction. Ce qui surprend nombre de Togolais, étant donné
que les initiateurs et signataires de ce décret hormis le président du CAR
(Comité d’action pou le renouveau) sont toujours aux affaires.
Pascal Bodjona alors directeur de cabinet du président de la République est
aujourd’hui ministre de l’Administration territoriale et initiateur du
projet de décret portant création d’un cadre à la place du conseil dont il
avait approuvé la création il y a plus d’un an. Une modification qui, aux
yeux de certains hommes politiques n’est qu’un jeu de mots et qui, à leur
sens, semble beaucoup plus s’écarter de la lettre et de l’esprit de l’APG
que ne le précise le communiqué du conseil des ministres. En effet,
soutiennent-ils, la création du cadre par un gouvernement post-électoral ne
répond pas aux dispositions de l’accord du 20 août 2006 et la nomination des
personnalités par le chef de l’Etat l’est encore moins. Reste que pour
l’actuel gouvernement, en plus de ce que l’APG n’a pas fait mention dans sa
lettre de Conseil permanent de dialogue et de concertation politique, mais
plutôt de cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets
d’intérêt national, respecter aujourd’hui son esprit reviendrait à
rassembler autour d’une table, les délégués (3 au total) des partis
représentés au parlement.
Réagissant sur le sujet au cours d’une sortie médiatique hier, le
porte-parole du gouvernement Pascal Bodjona, a déclaré s’inscrire en faux
contre la déclaration de Me Agboyibo. D’après lui, la mise en œuvre des
dispositions de l’APG n’est pas exclusivement réservée au gouvernement
d’union nationale, mais à l’Etat dans sa continuité. Ce qui suppose selon
lui que n’importe quel autre gouvernement peut poursuivre les réformes. Par
ailleurs, estime M. Bodjona, c’est par souci d’ouverture que le chef de
l’Etat se retire de la présidence de ce cadre (tel que le lui avait conféré
le décret du 14 mai) pour permettre à plus de Togolais d’apporter leurs
contributions et que les conditions de participation ont été élargies aux
partis ayant obtenus 5% aux législatives.
Une argumentation balayée du revers de la main par certains observateurs qui
soutiennent que l’article 3 du décret du 14 mai 2007 précise bien qu’il
s’agit des questions d’intérêt national. Cet article stipule en effet que:
« le CNCDP est chargé de créer, par un dialogue permanent, les conditions
de stabilité et de consolidation des institutions démocratiques et
républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes
démocratiques et républicains ».
Ainsi, pour ces Togolais, la décision du conseil des ministres n’est qu’un
retour en arrière pour ajouter certaines dispositions à ce conseil et lui
changer de nom. Tout ceci à quelles fins ? Aucune, répond le gouvernement
qui estime par la voix du ministre Bodjona que la vie chère qui ne figure
pas sur la liste des sujets d’intérêt national définie dans le prolongement
de l’article 3 suscité, est un sujet d’intérêt national, au même titre que
les prérogatives du chef du gouvernement.
Sedjrawodo A. Adry
Journée mondiale de l’alimentation :
Plus de 3,5 millions de Togolais vivent avec moins de 450 FCFA par
jour
Selon le programme d’actions prioritaires adopté par le gouvernement
togolais en juin 2008, environ de 70% de togolais, soit plus de 3,5 millions
des 5 millions d’âmes qu’abrite le territoire togolais vivent avec moins
de 450 F CFA par jour. S’il est évident que ces données officielles,
fruits d’une enquête menée en 2006, ne traduisent pas de façon exhaustive
la réalité du phénomène de la pauvreté au Togo, tout porte à croire qu’ici
comme partout ailleurs dans le monde, peu d’efforts sont déployés pour
sortir les pauvres de la précarité.
D’après les études réalisées dans le cadre du programme d’actions
prioritaires, l’ensemble des pauvres du Togo est vulnérable à l’insécurité
alimentaire et 64% (soient 2,5 millions d’âmes) d’entre eux sont sous-
alimentés. Des données qui démontrent selon ce document, qu’il existe une
forte corrélation entre la pauvreté et la faim.
Et comme si cela ne suffisait pas, le PIAP 2008-2010 révèle que la
stabilité, l’accessibilité et la qualité alimentaire restent problématiques
pour une plus grande partie de la population togolaise. Citant une étude du
PAM (Programme alimentaire mondiale), le document susmentionné indique que
les pauvres togolais sont susceptibles d’éprouver des difficultés
d’alimentation au moindre aléa défavorable à la production agricole. Plus
de 50 % de Togolais vivant de cette activité.
Par ailleurs, poursuit le document, les données récentes sur la nutrition
des enfants montrent que 26 % des moins de 5 ans souffrent d’un déficit
pondéral (leur poids est inférieur ou insuffisant (2.500 grammes) par
rapport à leur âge) et que 23 % d’entre eux soufrent de retard de
croissance. Ces chiffres, conclut le document, dénotent de la situation
chronique de malnutrition que vivent des enfants togolais.
Parallèlement à ce sombre tableau, les études révèlent un bilan céréalier
globalement déficitaire ces dix dernières années avec une ponte négative de
77,375 tonnes en 1998 contre une ponte positive de 53.185 tonnes un an plus
tôt. Conséquence de ce bilan déficitaire, durant les 25 dernières années
souligne le PIAP, le Togo a davantage bénéficié de l’aide alimentaire que
des importations commerciales de produits alimentaires.
Face à ce constat, les autorités togolaises qui semblent avoir pris
conscience du drame que vivent leurs concitoyens, ont annoncé ce que
Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des forces de
changement) appelle « un catalogue de bonnes intentions ».
Après avoir révélé le 17 décembre 2007 devant les députés de la quatrième
législature que plus de 62 % de Togolais ne disposent pas de moyens minima
pour répondre à leurs besoins vitaux tels que se nourrir, se soigner, se
loger, se vêtir, etc.… Komla Mally, alors premier ministre, a indiqué «
qu’il est urgent que des mesures hardies et énergiques soient prises pour
permettre à l’économie de notre pays de retrouver le chemin d’une croissance
forte, soutenue et durable impulsée par tous les secteurs d’activités ».
Pour M. Mally, c’était là « l’un des moyens fondamentaux pour améliorer
les conditions de vie des populations togolaises ». Pour y parvenir,
avait-t-il conclut, « il est important d’éliminer de toutes les
politiques publiques, les aspects qui empêchent d’obtenir des performances à
la hauteur des sacrifices souvent consentis ». «Ceci, avait expliqué
l’ex premier ministre, implique que nous acceptions tous de changer notre
façon de gérer les affaires nationales d’une manière générale, et plus
particulièrement, dans le domaine de la gouvernance économique ».
Et d’ajouter plus loin que l’un des domaines prioritaires de renforcement
de la gouvernance et de la transparence concerne l’assainissement des
finances publiques. D’après M. Mally, cette action d’assainissement s’entend
« la mobilisation de plus de ressources internes pour faire face aux
besoins … ».
Neuf mois plus tard, les promesses de M. Mally seront reprises par son
successeur, Gilbert Fossoun Houngbo, nommée le 07 septembre 2008 premier
ministre de la République togolaise.
Dans sa déclaration de politique générale le 16 septembre 2008 devant les
élus du peuple, M. Houngbo a indiqué qu’ « en attendant la finalisation
du DSRP-complet d’ici le premier trimestre 2009, il s’avère nécessaire de
trouver un début de solution aux problèmes des togolais, notamment ceux
touchés par l’extrême pauvreté et ceux rendus encore plus vulnérables par
les aléas climatiques et la hausse vertigineuse des prix des produits
alimentaires ». D’où son plan d’urgence qui couvre selon ses propres
termes, les trois prochains mois (octobre, novembre et décembre 2008).
En somme, au Togo, des gens sont pauvres, si non très pauvres. Et ça, le
gouvernement le sait. Reste que ses actions d’éclats paraissent beaucoup
plus comme des actes électoralistes destinés à faire du saupoudrage. Les
vraies solutions tardant à venir. Houngbo les promet pour 2009. D’ici là, le
nombre de pauvres va s’accroître. Celui des « riches » aussi.
Peut-être que la célébration hier 16 octobre de la journée mondiale de
l’alimentation va leur rappeler qu’il faut aller vite, très vite, mais bien.
Et c’est là, le piège.
Marc D.
Kouakani-Assi
Accès au traitement des PVVIH au Togo :
Pas d’ARV pour les nouveaux malades
Depuis
le début de l’année, il est très difficile aux personnes vivant avec le
virus du sida d’avoir accès aux traitements anti-rétroviraux. «
Aujourd’hui, même avec les moyens, nous n’avons pas accès à nos produits ;
qu’allons nous devenir les jours à venir si cette situation qui perdure ne
trouve pas de solution ? », ainsi s’interroge une malade. Comme cette
dernière, la pénurie des ARV préoccupe beaucoup le réseau des associations
des séropositifs qui a animé une journée de réflexion, mercredi dernier,
dans la salle de réunion du ministère en charge de l’Environnement. Objectif
de cette assise, réfléchir sur la situation qui prévaut afin de trouver les
voies et moyens pour faire leur plaidoyer auprès des autorités togolaises
pour que les PVVIH puissent disposer de ces produits qui leur permettent de
mieux vivre avec la maladie.
Au Togo, sur 25.000 séropositifs, seuls 8.000 bénéficient de ce traitement.
Les 17.000 restants n’y ont pas accès. Il est de ce fait difficile aux
nouvelles PVVIH en attente pour le traitement d’avoir accès aux ARV.
D’après, la directrice de la CAMEG (Centrale d’achat des médicaments
essentiels et génériques du Togo), Dr Assih Mamessilé, « il est plus
important de continuer à traiter les anciens malades que de vouloir servir
tout le monde et de tomber dans une situation de pénurie » qui dit-elle,
serait grave pour l’ensemble des malades.
La CAMEG, confie son responsable, ne dispose pas d’assez de moyens
financiers pour s’approvisionner en fonction des besoins exprimés. Mais à
partir de l’année prochaine et grâce aux retombées de la conférence
internationale des bailleurs tenue, en avril dernier à New York aux USA, le
Togo va bénéficier des financements qui lui permettront de faire face aux
nouvelles demandes.
Au terme de cette la journée de réflexion annoncée plus haut, le réseau des
PVVIH va répertorier les demandes sur le plan national et attirer
l’attention des autorités togolaises sur la gravité de leur situation afin
que des actions rapides soient entreprises et appliquées pour éviter qu’on
enregistre des morts pour insuffisance de produits.
Abdou Yêkini Radji
Election présidentielle au Ghana :
La bataille s’annonce très rude entre le NDC et le NPP
Dans moins de 2 mois, les
électeurs ghanéens seront aux urnes pour élire le successeur du président
sortant, John Kufuor. Après la révision des listes électorales et la
distribution des cartes d’électeurs depuis plusieurs semaines, l’heure est à
la précampagne dans la capitale Accra et dans les grandes villes du pays.
Si à Accra, l’on s’active dans les état-majors des deux principaux partis
politiques, à savoir le NDC (National Democratic Congress) et le NPP (New
Patriotic Party), parti au pouvoir, à travers des opérations de charme pour
rallier les autres tendances politiques à leur cause, dans les autres villes
à l’instar de la cité portuaire de Téma, c’est la campagne de proximité qui
a pignon sur rue. Ça et là, c’est des drapeaux accrochés aux poteaux
électriques, des affiches publicitaires et des posters des candidats qui se
chargent d’apporter le message et les extraits de leur projet de société aux
électeurs.
A la différence du Togo, où très souvent c’est seule la photo du candidat à
la présidentielle et le logo de son parti que l’on retrouve sur les
affiches, c’est plutôt un ensemble de photo des élus locaux (députés, maires
et conseillers), du candidat à la présidentielle et les logos des partis
politiques (le parapluie pour le NDC et l’éléphant pour le NPP) qui sont
mises à contribution pour séduire le public. Les Ghanéens étant entrain de
s’apprêter à aller à des élections générales. Dans cette opération, les
partis les plus en vue sont le NDC de John Atta-Mills et le NPP de Nana
Akuffo-Addo qui quadrillent tout le pays en implantant des panneaux de 12 m2
et 16 m2, même
dans les hameaux les plus reculés.
Les tendances
D’après certains électeurs de la région de la volta, cette élection est
celle de la dernière chance pour le développement de cette zone, qui s’est
vue duper par le NPP lors des dernières échéances. Plusieurs promesses leur
ayant été faites et qui n’ont pas été tenues. Entre la dernière élection et
l’échéance qui se profile à l’horizon, des observateurs étrangers de la
scène politique ghanéenne notent que la transhumance de personnalités
politiques vers le NDC de John Atta-Mills a été massive. Un phénomène, qui
d’après un chef de parti politique local, peut avoir des incidences sur
l’issue du scrutin du 07 décembre prochain.
Prenant un peu de hauteur par rapport à l’analyse des précédents
intervenants, un correspondant d’un média étranger présent dans la capitale
ghanéenne fait des rapprochements entre le scrutin au pays de Kwame Nkrumah
et celui du pays de l’Oncle Sam. D’après cet analyste, « l’expérience a
montré qu’une victoire du parti républicain aux Etats-Unis, conduit tout
droit vers le sacre du parti au pouvoir au Ghana». De ce fait, il
conclut qu’« une victoire du NDC ne sera possible que si les démocrates
l’emportaient aux Etats-Unis ». Mais attention, l’assurance de voir le
NDC et le NPP jouer les premiers rôles, ne doit pas faire oublier les partis
charnières comme, le CPP (le parti du coq politique) de Nduom et le NPC (New
Patriotic Congress) d’Edward Mahama ; tous décidés à jouer leur rôle de
faiseur de roi en cas de 2ème tour.
Si ces analyses sont fondées, il ne fait aucun doute que malgré la
précampagne qui bat son plein et la campagne proprement dite qui s’annonce
très houleuse, les regards sont déjà braqués sur le 04 novembre prochain,
jour de la présidentielle américaine.
Seule certitude, quelque soit l’issue du scrutin du 07 décembre prochain au
Ghana, le président élu devra poursuivre les chantiers de développement
économique et infrastructurel entamés par ses prédécesseurs.
Gabin Koissidjin |