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Du conseil au cadre permanent de concertation : Les acquis du gouvernement Agboyibo volent en éclats
Golfe Info #460 du 18 Oct 2008

Le gouvernement togolais vient de créer un cadre permanent de dialogue et de concertation pour connaître des questions d’intérêt national. Il y a plus d’un an, le gouvernement d’union nationale conduit par Me Yawovi Agboyibo avait créé, sur proposition de son ministre de l’Administration territoriale, Arthème Séléagodji Ahoomey-Zunu, actuel secrétaire général de la présidence de la République, le conseil national de concertation et de dialogue permanent pour traiter de ces mêmes questions et des sujets politiques. Aujourd’hui, sur rapport du nouveau ministre de l’Administration territoriale, directeur de cabinet de la présidence au moment de l’adoption du décret mis en cause ici, le gouvernement Houngbo constate que ce mécanisme ne répond ni à l’esprit, ni à la lettre de l’APG et a opté pour  la mise en place d’un cadre pour répondre à ses exigences. Une décision qui ouvre une nouvelle polémique au sein de la classe politique nationale.

Réuni en conseil des ministres mercredi 15 octobre dernier, le gouvernement togolais a décidé de la création du « cadre permanent de dialogue et de concertation » pour répondre aux dispositions de l’APG (Accord politique global) en son point 5.1. Ce cadre qui doit connaître de toutes les questions d’intérêt national va regrouper en plus des partis représentés à l’Assemblée nationale, ceux ayant obtenus 5 % de suffrages aux dernières élections législatives et des personnalités désignées par le chef de l’Etat.

 Par ailleurs, tous les Togolais, ainsi que les partis non représentés au cadre permanent qui le souhaitent, peuvent apporter leurs contributions au dialogue, en saisissant par écrit ce mécanisme de tout sujet qu’ils jugent d’intérêt national. En outre, le cadre peut consulter, en cas de besoin, toute personne  physique ou morale parmi lesquelles des personnalités, les principales confessions religieuses (catholique, protestante et musulmane), la chefferie traditionnelle et les associations représentatives de la société civile sur certains sujets d’intérêt national.

Selon le communiqué du gouvernement, ce cadre permanent de dialogue et de concertation vient remplacer le conseil national de concertation et de dialogue politique mis en place en mai 2007 par le gouvernement d’union nationale pour répondre à l’esprit et à la lettre de l’APG qui parle de cadre et non de conseil.

Aux yeux de certains hommes politiques, la décision du gouvernement est en déphasage avec les dispositions de l’APG. Pour Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des forces de changement) ce communiqué du gouvernement pose un autre problème et « l’on comprend que leur tactique est totalement dévoyée ». Me Agboyibo (chef du gouvernement d’union nationale) pour sa part qualifie cette décision du conseil des ministres « d’histoire ». Selon lui, l’APG n’a pas prévu de cadre permanent à mettre en place par un gouvernement post-électoral. Le Premier ministre du gouvernement d’union nationale estime que suivant l’esprit de cet accord, ce cadre devait être créé par le gouvernement d’union nationale.

Les mêmes qui font  défont

Le 14 mai 2007,  sur un rapport du ministre de l’administration territoriale d’alors, un décret portant création d’un conseil national de concertation et de dialogue politique (CNCDP) a été pris et signé par le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, le Premier ministre d’alors Me Yawovi Agboyibo avec ampliation au directeur de cabinet du président de la République, Pascal Bodjona. Ce décret pris sur le rapport du ministre Séléagodji Ahoomey-Zunu, avait défini les attributions, le fonctionnement et la composition de ce mécanisme. Aujourd’hui, le gouvernement Faure-Houngbo semble avoir trouvé des lacunes dans le décret du 17 mai 2007 et veut procéder à sa correction. Ce qui surprend nombre de Togolais, étant donné que les  initiateurs et signataires de ce décret hormis le président du CAR (Comité d’action pou le renouveau) sont toujours aux affaires.

Pascal Bodjona alors directeur de cabinet du président de la République est aujourd’hui ministre de l’Administration territoriale et initiateur du projet de décret portant création d’un cadre à la place du conseil dont il avait approuvé la création il y a plus d’un an. Une modification qui, aux yeux de certains hommes politiques n’est qu’un jeu de mots et qui, à leur sens, semble beaucoup plus s’écarter de la lettre et de l’esprit de l’APG que ne le précise le communiqué du conseil des ministres. En effet, soutiennent-ils, la création du cadre par un gouvernement post-électoral ne répond pas aux dispositions de l’accord du 20 août 2006 et la nomination des personnalités par le chef de l’Etat l’est encore moins. Reste que pour l’actuel gouvernement, en plus de ce que l’APG n’a pas fait mention dans sa lettre de Conseil permanent de dialogue et de concertation politique, mais plutôt de cadre permanent de dialogue et de concertation sur les sujets d’intérêt national, respecter aujourd’hui son esprit reviendrait à rassembler autour d’une table, les délégués (3 au total) des partis représentés au parlement.

Réagissant sur le sujet au cours d’une sortie médiatique hier, le porte-parole du gouvernement Pascal Bodjona, a déclaré s’inscrire en faux contre la déclaration de Me Agboyibo. D’après lui, la mise en œuvre des dispositions de l’APG n’est pas exclusivement réservée au gouvernement d’union nationale,  mais à l’Etat dans sa continuité. Ce qui suppose selon lui que n’importe quel autre gouvernement peut poursuivre les réformes. Par ailleurs, estime M. Bodjona, c’est par souci d’ouverture que le chef de l’Etat se retire de la présidence de ce cadre (tel que le lui avait conféré le décret du 14 mai) pour permettre à plus de Togolais d’apporter leurs contributions et que les conditions de participation ont été élargies aux partis ayant obtenus 5% aux législatives.

Une argumentation balayée du revers de la main par certains observateurs qui soutiennent que l’article 3 du décret du 14 mai 2007 précise bien qu’il s’agit des questions d’intérêt national. Cet article stipule en effet que: « le CNCDP est chargé de créer, par un dialogue permanent, les conditions de stabilité et de consolidation des institutions démocratiques et républicaines autour des questions d’intérêt national et des principes démocratiques et républicains ».

Ainsi, pour ces Togolais, la décision du conseil des ministres n’est qu’un retour en arrière pour ajouter certaines dispositions à ce conseil et lui changer de nom. Tout ceci à quelles fins ? Aucune, répond le gouvernement qui estime par la voix du ministre Bodjona que la vie chère qui ne figure pas sur la liste des sujets d’intérêt national définie dans le prolongement de l’article 3 suscité, est un sujet d’intérêt national, au même titre que les prérogatives du chef du gouvernement.

Sedjrawodo A. Adry
 


Journée mondiale de l’alimentation : Plus de 3,5 millions de Togolais vivent avec moins de 450 FCFA par jour

Selon  le programme d’actions prioritaires adopté par le gouvernement togolais en juin 2008, environ de 70% de togolais, soit plus de 3,5 millions des 5 millions d’âmes qu’abrite le territoire togolais  vivent avec moins  de 450 F CFA  par jour. S’il est évident que ces données officielles, fruits  d’une enquête menée en 2006,  ne traduisent pas de façon exhaustive la réalité du phénomène de la pauvreté au Togo, tout porte à croire qu’ici comme partout ailleurs dans le monde, peu d’efforts sont déployés  pour  sortir les pauvres de la précarité.

D’après  les études réalisées dans le cadre du programme d’actions prioritaires, l’ensemble des pauvres du Togo est vulnérable à l’insécurité alimentaire et 64% (soient 2,5 millions d’âmes)  d’entre eux sont  sous- alimentés. Des  données qui démontrent  selon ce document, qu’il existe une forte corrélation entre la pauvreté et la faim.

Et comme si cela ne suffisait pas, le PIAP 2008-2010 révèle que la stabilité, l’accessibilité et la qualité alimentaire restent problématiques pour une plus grande partie de la population  togolaise. Citant une étude du PAM (Programme alimentaire mondiale), le document susmentionné  indique que les pauvres togolais sont susceptibles d’éprouver des difficultés d’alimentation au moindre  aléa défavorable à la production agricole. Plus de 50 % de Togolais vivant de cette activité.

Par ailleurs, poursuit le document, les données récentes sur la nutrition des enfants montrent que 26 % des moins de 5 ans souffrent d’un déficit pondéral (leur poids est inférieur ou insuffisant  (2.500 grammes) par rapport à leur âge) et que 23 % d’entre eux soufrent de retard de croissance. Ces chiffres, conclut le document, dénotent de la situation chronique de malnutrition que vivent des enfants togolais.

Parallèlement à ce sombre tableau, les études révèlent un bilan céréalier globalement déficitaire ces dix dernières années avec une ponte négative de 77,375 tonnes en 1998 contre une ponte positive de 53.185 tonnes un an plus tôt. Conséquence de ce bilan déficitaire, durant les 25 dernières années souligne le PIAP, le Togo a davantage bénéficié de l’aide alimentaire que des importations commerciales de produits alimentaires.

Face à ce constat, les autorités togolaises qui semblent avoir pris conscience du drame que vivent leurs concitoyens, ont annoncé ce que Jean-Pierre Fabre, secrétaire général de l’UFC (Union des forces de changement) appelle « un catalogue de bonnes intentions ».

Après avoir révélé le 17 décembre 2007 devant les députés de la quatrième législature que plus de 62 % de Togolais ne disposent pas de moyens minima pour répondre à leurs besoins vitaux tels que se nourrir, se soigner, se loger, se vêtir, etc.… Komla Mally, alors premier ministre, a indiqué « qu’il est urgent que des mesures hardies et énergiques soient prises pour permettre à l’économie de notre pays de retrouver le chemin d’une croissance forte, soutenue et durable impulsée par tous les secteurs d’activités ». Pour M. Mally, c’était là « l’un des moyens fondamentaux pour améliorer les conditions de vie des populations togolaises ». Pour y parvenir, avait-t-il conclut, « il est important d’éliminer de toutes les politiques publiques, les aspects qui empêchent d’obtenir des performances à la hauteur des sacrifices souvent consentis ». «Ceci,  avait expliqué l’ex premier ministre, implique que nous acceptions tous de changer  notre  façon de gérer  les affaires  nationales d’une manière générale, et plus particulièrement, dans le domaine de la gouvernance économique ».

Et  d’ajouter plus loin que l’un des domaines prioritaires  de renforcement  de la gouvernance et de la transparence concerne l’assainissement des finances publiques. D’après M. Mally, cette action d’assainissement s’entend « la mobilisation de plus de ressources internes pour faire face aux besoins … ».

Neuf mois plus tard, les promesses de M. Mally seront reprises par son successeur, Gilbert Fossoun Houngbo, nommée le 07 septembre 2008 premier ministre de la République togolaise.

Dans   sa déclaration  de politique générale le 16 septembre 2008 devant les élus du peuple, M. Houngbo a indiqué qu’ « en attendant la finalisation du DSRP-complet d’ici le premier trimestre 2009, il s’avère nécessaire de trouver un début de solution aux problèmes des togolais, notamment  ceux touchés par l’extrême pauvreté  et ceux rendus encore plus vulnérables  par les aléas climatiques et la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires ». D’où son plan d’urgence qui couvre selon ses propres termes, les trois prochains mois (octobre, novembre et décembre 2008).

En somme, au Togo, des gens sont pauvres, si non très pauvres. Et ça, le gouvernement le sait. Reste que ses actions d’éclats paraissent beaucoup plus comme des actes électoralistes destinés à faire du saupoudrage. Les vraies solutions tardant à venir. Houngbo les promet pour 2009. D’ici là, le nombre de pauvres va  s’accroître. Celui des « riches » aussi.

Peut-être que la célébration hier 16 octobre de la journée mondiale de l’alimentation va leur rappeler qu’il faut aller vite, très vite, mais bien. Et c’est là, le piège.

Marc D. Kouakani-Assi


Accès au traitement des PVVIH au Togo : Pas d’ARV pour les nouveaux malades

Depuis le début de l’année, il est très difficile aux personnes vivant avec le  virus du sida d’avoir accès aux traitements anti-rétroviraux. « Aujourd’hui, même avec les moyens, nous n’avons pas accès à nos produits ; qu’allons nous devenir les jours à venir si cette situation qui  perdure ne trouve pas de solution ? », ainsi s’interroge une malade. Comme cette dernière, la pénurie des ARV préoccupe beaucoup le réseau des associations des séropositifs  qui a animé une journée de réflexion, mercredi dernier, dans la salle de réunion du ministère en charge de l’Environnement. Objectif de cette assise, réfléchir sur la situation qui prévaut afin de trouver les voies et moyens pour faire leur plaidoyer auprès des autorités togolaises pour que  les PVVIH puissent disposer de ces produits qui leur permettent de mieux vivre avec la maladie. 

Au Togo, sur 25.000 séropositifs, seuls 8.000 bénéficient de ce traitement. Les 17.000 restants n’y ont pas accès. Il est de ce fait difficile aux nouvelles  PVVIH en attente pour le traitement d’avoir accès aux ARV.  D’après,  la directrice de la CAMEG (Centrale d’achat des médicaments essentiels et génériques du Togo), Dr Assih Mamessilé, « il est plus important de continuer à traiter les anciens malades que de vouloir servir tout le monde et de tomber dans une situation de pénurie » qui dit-elle, serait grave pour l’ensemble des malades.  

La CAMEG, confie son responsable, ne dispose pas d’assez de moyens financiers pour s’approvisionner en fonction des besoins exprimés. Mais à partir de l’année prochaine et grâce aux retombées de la conférence internationale des bailleurs tenue, en avril dernier à New York aux USA, le Togo va bénéficier des financements qui lui permettront  de faire face aux nouvelles demandes.

Au terme de cette la journée de réflexion annoncée plus haut, le réseau  des PVVIH va répertorier les demandes sur le plan national et  attirer l’attention des autorités togolaises sur la gravité de leur situation afin que des actions rapides soient entreprises et appliquées pour éviter  qu’on enregistre des morts pour insuffisance  de produits.

Abdou Yêkini Radji


Election présidentielle au Ghana : La bataille s’annonce très rude entre le NDC et le NPP
Dans moins de 2 mois, les électeurs ghanéens seront aux urnes pour élire le successeur du président sortant, John Kufuor. Après la révision des listes électorales et la distribution des cartes d’électeurs depuis plusieurs semaines, l’heure est à la précampagne dans la capitale Accra et dans les grandes villes du pays.

Si à Accra, l’on s’active dans les état-majors des deux principaux partis politiques, à savoir le NDC (National Democratic Congress) et le NPP (New Patriotic Party), parti au pouvoir, à travers des opérations de charme pour rallier les autres tendances politiques à leur cause, dans les autres villes à l’instar de la cité portuaire de Téma, c’est la campagne de proximité qui a pignon sur rue. Ça et là, c’est des drapeaux accrochés aux poteaux électriques, des affiches publicitaires et des posters des candidats qui se chargent d’apporter le message et les extraits de leur projet de société aux électeurs.

A la différence du Togo, où très souvent c’est seule la photo du candidat à la présidentielle et le logo de son parti que l’on retrouve sur les affiches, c’est plutôt un ensemble de photo des élus locaux (députés, maires et conseillers), du candidat à la présidentielle et les logos des partis politiques (le parapluie pour le NDC et l’éléphant pour le NPP) qui sont mises à contribution pour séduire le public. Les Ghanéens étant entrain de s’apprêter à aller à des élections générales. Dans cette opération, les partis les plus en vue sont le NDC de John Atta-Mills et le NPP de Nana Akuffo-Addo qui quadrillent tout le pays en implantant des panneaux de 12 m2  et 16 m2, même dans les hameaux les plus reculés. 

Les tendances

D’après certains électeurs de la région de la volta, cette élection est celle de la dernière chance pour le développement de cette zone, qui s’est vue duper par le NPP lors des dernières échéances. Plusieurs promesses leur ayant été faites et qui n’ont pas été tenues. Entre la dernière élection et l’échéance qui se profile à l’horizon, des observateurs étrangers de la scène politique ghanéenne notent que la transhumance de personnalités politiques vers le NDC de John Atta-Mills a été massive. Un phénomène, qui d’après un chef de parti politique local, peut avoir des incidences sur l’issue du scrutin du 07 décembre prochain.

Prenant un peu de hauteur par rapport à l’analyse des précédents intervenants, un correspondant d’un média étranger présent dans la capitale ghanéenne fait des rapprochements entre le scrutin au pays de Kwame Nkrumah et celui du pays de l’Oncle Sam. D’après cet analyste, « l’expérience a montré qu’une victoire du parti républicain aux Etats-Unis, conduit tout droit vers le sacre du parti au pouvoir au Ghana». De ce fait, il conclut qu’« une victoire du NDC ne sera possible que si les démocrates l’emportaient aux Etats-Unis ». Mais attention, l’assurance de voir le NDC et le NPP jouer les premiers rôles, ne doit pas faire oublier les partis charnières comme, le CPP (le parti du coq politique) de Nduom et le NPC (New Patriotic Congress) d’Edward Mahama ; tous décidés à jouer leur rôle de faiseur de roi en cas de 2ème tour.

Si ces analyses sont fondées, il ne fait aucun doute que malgré la précampagne qui bat son plein et la campagne proprement dite qui s’annonce très houleuse, les regards sont déjà braqués sur le 04 novembre prochain, jour de la présidentielle  américaine.

Seule certitude, quelque soit l’issue du scrutin du 07 décembre prochain au Ghana, le président élu devra poursuivre les chantiers de développement économique et infrastructurel entamés par ses prédécesseurs.

Gabin Koissidjin

 

 
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