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Élèves, parents, enseignants en un mot, tous les acteurs de l’éducation
préscolaire et primaire de la région de la Kara étaient sortis massivement
en fin de semaine dernière pour témoigner leur gratitude à l’endroit des
autorités togolaises, suite à la suppression des frais de scolarité dans le
premier degré. Si pour les populations des villes de Kara et de Bassar, cet
acte est un signe de reconnaissance au gouvernement Houngbo pour les avoir
soulagé dans une certaine mesure, ce sont les discours des autorités qui ont
accueilli les manifestants qui donnent l’impression d’une récupération
politique de cette décision qui est avant tout une disposition
constitutionnelle. Le RPT fait-il de cette décision un acte de campagne pour
la prochaine présidentielle ?
«La
mesure voulue par le chef de l’Etat répond parfaitement à son engagement
dans les 20 plus qu’il vous a proposé en 2005 dans son vaste programme de
société. Le président s’engageait à faire une action déterminante dans le
domaine de l’éducation», ainsi s’est adressé le ministre de
l’Administration Territoriale et de la Décentralisation et porte parole du
gouvernement, Pascal Bodjona aux acteurs de l’éducation de Kara rassemblés
au Palais des Congrès de la localité. Ces derniers, très mobilisés, ont tenu
« spontanément ou non » à remercier le gouvernement pour cette mesure
prise en leur faveur. A Bassar, c’est le préfet de la ville qui a accueilli
les manifestants qui ont sillonné rues et artères (ne penser surtout pas au
retour des vielles habitudes) pour saluer les efforts du gouvernement.
Si partout
au Togo, la mesure a été saluée par les populations, la particularité de
celles des villes Kara et de Bassar a été leur mobilisation pour « louer»
le chef de l’Etat pour cet acte, qui à en croire le ministre Bodjona, est la
tenue d’une promesse électorale.
Mobilisation spontanée ou provoquée ?
Si la
manifestation en soi n’a visiblement rien de politique, les discours des
autorités le sont moins. Très vite, les adversaires du pouvoir en place ont
trouvé en ces mouvements des populations de Kara et de Bassar un retour des
attitudes passéistes qui ont été à l’origine du culte de la personnalité au
Togo. Pour cette sortie du porte-parole du gouvernement, le discours a pris
l’air d’une campagne électorale aux yeux de certains Togolais. En effet,
ceux-ci estiment qu’en mettant la suppression des frais de scolarité dans le
préscolaire et le primaire sur le compte des « 20 plus » de Faure Gnassingbé,
Pascal Bodjona semble faire d’un acte qui se veut républicain et
constitutionnel un acquis du parti au pouvoir, le RPT (Rassemblement du
peuple togolais). La constitution togolaise en son article 35 dispose en
fait que « l’école est obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de
15 ans et l’Etat assure progressivement la gratuité de l’enseignement public ».
En somme, une obligation pour quiconque est au pouvoir.
La
politisation des mesures sociales par les autorités togolaises font que
certains hommes politiques y trouvent un alibi pour ne pas apporter leurs
contributions pour aider le gouvernement à faire face aux situations
difficiles car, disent-ils, « leurs efforts ne serviront à la fin qu’à
enrichir l’actif du pouvoir en place ». Pour d’autres observateurs,
toutes les mesures d’urgence prises par le gouvernement n’ont d’autres
objectifs que d’ouvrir des chantiers qui seront en suspens avant 2010 pour
faire croire aux populations que le développement est en marche dans le pays
et qu’il faut leur accorder un nouveau mandat pour son achèvement.
En somme, la mobilisation des populations de Kara et de Bassar n’est pas
seulement consécutive à la décision de la gratuité de l’école primaire. Le
fait étant que ces régions sont celles où abondent les EDIL (Ecoles
d’initiatives locales) qui en faite ne bénéficiaient pas de la gratuité,
même si une subvention de 200 millions de F cfa leur sont accordée. Il
apparaît en fait que les propos du porte parole du gouvernement à la
rencontre de ces populations la semaine dernière ne sont qu’une opération de
charme à l’endroit de celles-ci. Des populations à qui on a pas expliqué
qu’il leur revient de droit d’inscrire leurs enfants gratuitement au cours
primaire, mais plutôt que c’est une réalisation des promesses de campagne de
Faure Gnassingbé ; un programme dont plusieurs points plus importants encore
sont mis au placard.
Sedjrawodo A. Adry
Fonction publique togolaise :
A quand les résultats du concours de
recrutement ?
Les épreuves écrites du concours de recrutement de la fonction publique se
sont déroulées depuis les 1ers et
2 août 2008. Plus de deux mois après, les candidats attendent toujours les
résultats qui ne tombent toujours pas. Un silence qui n’est pas de nature à
rassurer certains candidats qui commencent sérieusement à s’interroger sur
les raisons du retard constaté dans la proclamation des résultats.
Au sein de
la population juvénile qui a massivement pris part à ce concours, les
spéculations vont bon train.
Selon
certaines indiscrétions proches du ministère de la fonction publique, le
gouvernement aurait constaté trop de complaisances dans le traitement des
dossiers. Les candidats originaires de certaines localités du pays auraient
été privilégiés par rapport aux autres lors des délibérations.
Pour
remédier à cette situation d’injustice, le nouveau chef du gouvernement
togolais, Gilbert Fossoun Houngbo, aurait demandé que l’on reprenne les
dossiers afin que les meilleurs soient privilégiés.
Mais, loin
de voir dans la non proclamation des résultats une quelconque malversation,
certains Togolais pensent que les autorités ont l’intention d’utiliser ce
concours à des fins politiques et électoralistes. La raison par eux évoquée
est que le gouvernement voudrait laisser ces résultats en sursis afin de les
proclamer à une période favorable pour marquer les esprits dans le cadre de
la présidentielle de 2010. Ce faisant, elles pourront faire croire à la
population que le régime tient ses engagements de campagne. « Le concours
des enseignants s’est déroulé depuis mars 2008. Mais ils ont attendu octobre
pour proclamer les résultats et ont mis cela à l’actif des premières actions
du gouvernement Houngbo. Cela ne peut être qu’une stratégie électorale»,
a estimé un observateur.
Tout compte
fait, vu le vide qu’ont laissé les départs à la retraite et les décès dans
l’administration togolaise (plus de 12.000 postes vacants selon
l’ex-ministre de la Fonction publique, Foli-Bazy Katari), il est nécessaire,
voire indispensable de proclamer au plus vite les résultats de ce concours.
Il en va non seulement de la santé de la fonction publique togolaise, mais
aussi du développement du pays.
Rodolph Tomegah
Les non-dits de l’annonce des primes du chef de l’Etat aux
joueurs :
Les Eperviers ont boudé les 46 millions de
Faure Gnassingbé
Hier, à
travers les écrans de télévision, il nous a été servi une face de l’iceberg
de l’audience que le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, a accordé aux
Eperviers du Togo après leur large victoire sur les Sihlangu du Swaziland.
D’après le discours officiel relayé par la presse dite d’Etat, les joueurs
auraient reçu une prime totale de 46 millions, soit 2 millions de F cfa pour
chacun des 23 joueurs ayant répondu à la convocation de la FTF pour les
préparatifs de ce match. Seulement voilà, dans la réalité des faits, il n’en
serait rien de tout ça.
Selon des
sources proches des joueurs, ces derniers après analyse de la situation, ont
constaté que cette somme ne prenait pas en compte les primes du staff
technique. Ils ont donc de ce fait décidé unanimement et en solidarité à
leur encadrement de ne pas empocher le pactole. Les gestes d’apaisement de
certains responsables de la FTF n’ont rien changé à la donne. Adébayor et
compagnie attendent que le chef de l’Etat revoit à la hausse son « cadeau »
qui n’est en fait qu’un droit des joueurs.
L’autre
grande déception des joueurs vient du fait qu’ils ont été mobilisés sur la
présidence à jeun ou du moins sans avoir rien mangé de consistant. Ce qui
les aurait fait penser à un déjeuner avec le chef de l’Etat. Mal leur a
pris. Après les beaux et aimables discours de félicitation du maître des
lieux, les Eperviers ont été plutôt conviés à une collation. Aux dernières
nouvelles, des tractations seraient en cours pour rectifier le tir.
Gabin Koissidjin
Crise à
répétition à la
ftf :
Faure G. sonne la fin de la récréation
Recevant
hier au palais de la présidence les joueurs de la sélection nationale du
Togo, le président de la République togolaise, Faure Gnassingbé, a souhaité
que la victoire éclatante des Eperviers (6-0) sur les Sihlangu du Swaziland,
mette un terme aux multiples crises qui ont secoué la FTF (Fédération
Togolaise de Football) ces deux dernières années. «Que cette victoire
soit une occasion de sursaut» pour mettre un terme aux feuilletons de
disputes et de querelles qui ont été entre tant servi aux sportifs togolais
par les responsables de cette instance sportive, a-t-il déclaré en
substance. Allant au-delà de ce souhait partagé par tous les acteurs
sportifs, Faure Gnassingbé a fait part aux membres du bureau exécutif de la
FTF de l’exaspération de l’Etat. «Si des solutions ne sont pas trouvées,
le gouvernement, ensemble avec
la FIFA
(Fédération Internationale de Football Association) prendront leurs
responsabilités»,
a-t-il indiqué.
Quand aux
joueurs, le chef de l’Etat leur a réaffirmé la confiance et le soutien des
autorités togolaises. Il s’est dit convaincu que «nous revivrons ce que
nous avons vécu en 2005», c’est-à-dire la qualification pour la CAN et
le Mondial 2006.
Joignant
l’acte à la parole, il a mis à la disposition des joueurs 46 millions de F
CFA en guise de prime de victoire.
Gabin Koissidjin
6e journée
des éliminatoires CAN/Mondial, Togo-Swaziland :
Mission accomplie pour les Eperviers
On l’a
annoncé toute la semaine dernière comme une rencontre aux multiples enjeux
et dont l’issue sera incertaine. Ce match entre les Eperviers du Togo et les
Sihlangu du Swaziland a tenu toutes ses promesses, même s’il a été à sens
unique, avec à la clé une outrageuse domination des Togolais. Avec 6
réalisations, le capitaine Adébayor (auteurs de 4 des 6 buts) et ses
coéquipiers ont corrigé leur goal différentiel (désormais à +5) et sont
qualifiés pour la suite de la compétition.
Dans cette
rencontre qui a eu pour antre, Ohene Djan Stadium d’Accra, les «Eperviers»
du Togo n’ont mis que 15 minutes pour ouvrir le score.
En effet,
sur une occasion qui a suivi un coup de tête d’Adébayor sur la barre
transversale, Salifou Moustapha d’une frappe puissante des 25 mètres, bat
imparablement le goal Simelane Njabuliso du Swaziland. On était à la 14ème minute
de jeu. Ce but aura pour mérite de réveiller le public sportif togolais qui,
pour l’occasion, s’est transporté à Accra. On peut dès lors entendre dans
les travées de ce stade mythique des Black Stars du Ghana, les chants de
louanges à la gloire des Eperviers. Avec ce but libérateur, les poulains du
coach Kodjovi Mawuèna déroulent sans complexe leur jeu, obligeant les Swazis
à replier complètement dans leur camp. La disposition tactique des Togolais
et la bonne circulation de balle trouveront écho favorable dans les pieds d’Adébayor
à la 30ème minute.
Servi à la lisière de la surface de réparation, l’attaquant d’Arsenal se
déjoue d’abord de ses gardes du corps avant de mettre le cuir hors de portée
du gardien swazi qui ne fera que constater les dégâts. A 2-0, l’appétit du
public deviendra encore plus vorace. Ainsi, il réclamera à chaque offensive
togolaise un autre but. Mais, très modeste dans le jeu, les boys du coach
Kodjovi Mawuèna, ne réussiront qu’un seul but de plus avant la pause. Une
réalisation d’Olufadé Adékanmi. Il portait ainsi à 3 son capital de but
depuis le début de ces éliminatoires. A la reprise, on s’attendait à un
sursaut d’orgueil des Rois du terrain (Sihlangu dans un dialecte du
Swaziland) mais c’est sans compter avec la détermination des Eperviers. Très
déterminé, Adébayor, bien soutenu par ses compères d’attaque (Olufadé et
Moustapha) et le jeune milieu de terrain, Floyd Ayité, prendra le match à
son compte. Le leader des Eperviers sera ainsi l’auteur des trois autres
buts togolais aux 47ème,
69ème et 82ème minutes.
Avec ce
score fleuve, le Togo se positionne désormais à la 2ème place
du groupe 11 avec 6 points, derrière la Zambie (1ère avec
7 points) et se qualifie pour le tour suivant en tant qu’un des huit
meilleurs deuxièmes. Quant au Swaziland, son rêve d’une première
qualification pour la CAN se voit briser à la porte du dernier tour des
éliminatoires ; une performance qu’il n’a jamais eu à réaliser auparavant.
Le Togo
qualifié pour le 3ème tour
!
Grâce
à sa victoire éclatante de 6-0 samedi dernier sur les Sihlangu du
Swaziland, les Eperviers du Togo se qualifient pour le dernier tour des
éliminatoires de la CAN et du Mondial 2010 de football. Cette qualification
n’a été possible que grâce à la nouvelle formule de désignation des huit
meilleurs deuxièmes adoptée en cours de compétition par la FIFA.
En effet,
les Eperviers du Togo (6 pts, + 5) arrivent en 5ème position
au niveau des huit meilleures sélections ayant occupé la seconde place au
niveau de leur groupe.
Selon les
calculs et les résultats obtenus sur le terrain, les vingt sélections qui
devront continuer la compétition sont : Algérie, Bénin, Burkina Faso,
Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Gabon, Ghana, Guinée Conakry, Kenya,
Malawi, Mali, Maroc, Mozambique, Nigeria, Rwanda, Soudan, Togo, Tunisie et
Zambie.
Ces
sélections connaîtront leurs adversaires de groupe pour le 3ème tour
de ces éliminatoires de la CAN et du Mondial 2010, le 24 octobre prochain à
l’issue du tirage au sort qui aura lieu au siège de la FIFA à Zürich en
Suisse.
Gabin
Koissidjin
Les à-côtés
du match Togo – Swaziland : Quand Lomé se transporte à Accra...
La rencontre
Togo-Swaziland du samedi dernier à Accra au Ghana s’est soldée par le sacre
des Togolais qui ont, à cette occasion, lavé l’affront du 6 juin dernier à
Mbabane Stadium lors de la 2ème journée
de la phase aller contre le même adversaire. A l’époque, les Eperviers
avaient été battu 1 but contre 2. Outre le match sur la pelouse, les
habitudes togolaises se sont également transportées en terre ghanéenne.
Parmi les
bruits de couloir qui ont agrémenté la fête togolaise d’Accra à Lomé, on
retient les aventures des supporters, journalistes, responsables sportifs à
Ohene Djan Stadium et dans les rues de la capitale ghanéenne.
Pour ce qui
est du stade, quelle ne fut la joie de tous les amoureux du ballon rond de
se retrouver pour une nouvelle fois dans un stade derrière les Eperviers.
Mais très vite, cet enthousiasme va se heurter à la mauvaise volonté de
certains venus faire leur petit «business» dans les environs du stade
et les strictes restrictions et exigences des agents du stade. Ainsi,
certains véreux qui se sont appropriés les tickets d’entrée se sont lancés
dans sa commercialisation alors que des fanatiques des Eperviers qui ont
fait le déplacement depuis Lomé et des ressortissants togolais sur place
n’en trouvaient même pas un seul pour avoir accès aux gradins du stade. Cela
a failli également arriver aux journalistes qui se sont retrouvés sans
badges. Et pour cause, les badges ont été arrachés depuis le matin par les
journalistes Ghanéens. La solution de rechange sera la mise à disposition de
certains journalistes des cartes d’invitation pour la tribune officielle.
En plus de
ce comportement qui a failli conduire à des altercations entre les agents
de sécurité ghanéens et les journalistes et supporters togolais, certains
responsables du bureau exécutif de la FTF (Fédération Togolaise de Football)
se sont vus aussi refusés l’accès au stade par la porte des officiels pour
n’avoir pas présenté des badges ou des cartes d’accès à la tribune
officielle. Ils ne seront finalement sauvés que par un journaliste qui a
réussi à se procurer un badge de membre du Comité d’organisation.
A l’entrée
principale du stade, les choses n’ont pas été du tout facile. Au lieu de se
chercher un ticket pour son entrée, un supporter a jugé mieux de s’en
prendre au confrère pour avoir réussi à débloquer la situation des
responsables de la FTF et d’avoir également trouvé un seul ticket qu’il
aurait remis au président de l’ANSEPTO (une association des supporters
togolais), Amavi Améganvi.
Loin encore,
c’est l’altercation entre deux membres de l’association des photographes
sportifs du Togo à l’entrée des vestiaires, au sujet des badges qui a
également retenu l’attention du public. Mais le bon sens a finalement eu
raison de nos deux pugilistes qui ne sont pas arrivés aux mains.
Après ces
quelques tracasseries, la place a été laissée aux choses plus gaies. Dans
les tribunes, un autre match s’offrait aux spectateurs. Les deux principaux
groupes de supporters celui de Maman Afissétou Sèmon dit Maman Sèmon et d’Amavi
Améganvi redoublaient d’ardeur dans l’animation à chaque fois que leur image
est projetée sur l’écran géant.
Plus rigolo
encore, on aurait cru que les Togolais étaient en territoire conquis si le
drapeau ghanéen et les inscriptions en anglais sur les panneaux à
l’intérieur du stade ainsi qu’à ses alentours n’étaient pas là pour rappeler
qu’ils étaient en terre étrangère. Justement parlant de la langue, toutes
les gymnastiques ont été bons pour les Togolais afin de faire comprendre à
leurs interlocuteurs anglophones ce pour quoi ils veulent les solliciter.
Toute compte fait le bon ménage entre l’ « anglais shakespearien» d’Aflao
et le «français voltarien» de Lomé n’a donné naissance qu’à un créole
togolo-ghanéen.
Gabin
Koissidjin |