Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Carrefour Contact
ACTUALITÉ / NEWS
Impacts de la crise financière mondiale : Nadim Kalife s’oppose à la volonté de la Banque Mondiale de dévaluer le Franc CFA
Liberté Hebdo #416 du 11 Oct 2008
L’économiste togolais Nadim Michel Kalife (NMK) réagit aux propos de l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, M. Shantayanan Devarajan sur les impacts de la crise financière qui secoue actuellement le monde. C’est dans le journal sénégalais « Sud Quotidien » du 7 octobre 2008.

Michel Nadim Kalife

1- La crise financière survenue aux États-Unis menace le flux de capitaux à destination d’Afrique. L’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, M. Shantayanan Devarajan qui assimile ce phénomène à une « faillite de la réglementation de l’État américain » avertit sur une baisse de la compétitivité des pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest).

Réponse de NMK : Cette baisse de compétitivité du FCFA est constatée depuis plus d’un an, bien avant les remous économiques causés par la crise financière actuelle. Au contraire, je dirai que l’éclatement présent de la bulle financière a fait remonter la valeur du $ américain par rapport à l’Euro, d’environ 10% en ramenant son taux de change de 1,50$ à 1,35$ pour 1 Euro, et que ce taux va encore baisser prochainement à 1,20$ pour 1 Euro, avec la baisse prochaine du Taux de base des intérêts qui sera décidée par la BCE (banque centrale européenne), ce qui nous ramènera au seuil antérieur de compétitivité. De toutes façons, la zone FCFA se trouve en équilibre au niveau de sa balance du commerce extérieur, du fait que les producteurs de pétrole (Tchad, Gabon, Congo, Côte d’Ivoire) et d’uranium (Niger) et d’or (Mali, Burkina) ont vu les cours de leurs exportations suffisamment augmenter pour compenser la baisse des recettes de coton, cacao, café. Par contre, la hausse de l’Euro et donc du Franc CFA par rapport au Dollar durant la période qui vient de s’écouler, a beaucoup bénéficié aux consommateurs de la zone FCFA, puisqu’ils achetaient moins cher tous les produits importés de Chine, d’Asie du SUD-EST, et de tous les pays dont la monnaie est arrimée au dollar américain.

Il ne faut pas oublier que les 14 pays membres de la zone FCFA n’ont que très peu d’exportations industrielles, et par conséquent la notion de compétitivité internationale que la Banque Mondiale utilise dans ses analyses économiques, ne peut pas s’appliquer sans nuances à nos économies.Il faut rappeler à l’économiste en chef de la Banque Mondiale que nos pays de l’UEMOA et de la CEMAC sont des consommateurs de produits industriels et des exportateurs de matières premières, essentiellement. Par conséquent, le fait que le Franc CFA soit rattaché à l’Euro, a servi à améliorer le pouvoir d’achat des consommateurs, notamment des salariés et des rentiers de la zone FCFA, ce qui a permis d’éviter des troubles politiques graves dans l’ensemble des pays de l’UEMOA (Afrique de l’Ouest) et de la CEMAC (Afrique Centrale), comme cela s’était passé en 1990 avec toutes les Conférences Nationales qui avaient eu lieu simultanément dans l’ensemble de la zone monétaire du Franc CFA qui souffraient tous de la surévaluation du Franc CFA. Or, à cette époque-là, en 1990, les produits asiatiques étaient chers à cause de leurs monnaies alors surévaluées (puisque c’est seulement en 1997 que ces pays asiatiques avaient dû dévaluer leurs monnaies de 80%, rendant désormais leurs produits moins chers) ; et c’est après l’an 2000 que les pays de la zone FCFA ont commencé à importer de plus en plus massivement les produits asiatiques, leur permettant d’améliorer le pouvoir d’achat de leurs consommateurs.

Et si maintenant, à la demande de la Banque Mondiale, le Franc CFA venait à être dévalué, alors là, il y aurait une série de graves troubles politiques dans tous les pays de la zone FCFA qui n’ont pas les moyens de revaloriser les salaires du montant du taux de la dévaluation. Car le niveau de vie des salariés dans la zone FCFA a dû baisser de plus de moitié depuis la dernière dévaluation de 1994, et ils n’accepteront pas une nouvelle baisse, et cela d’autant plus que partout existe le multipartisme désormais et que les partis d’opposition en profiteront pour soulever les masses populaires...

Il ne faut pas oublier, en effet, que toutes les populations africaines de la zone FCFA ont gardé un très mauvais souvenir de la dévaluation de 1994, qu’elles avaient toutes subie à l’époque sans rien y comprendre, puisque c’était la première fois qu’une telle opération cambiaire intervenait en zone FCFA. Et si une nouvelle dévaluation était annoncée ou déclarée, alors là, il y aurait du « grabuge » : tous les pouvoirs établis seraient gravement menacés par les grèves généralisées et par des revendications en cascade...etc.

Et ce qu’envisage l’économiste en chef de la BM, Devarajan, me paraît d’autant plus irréaliste qu’il ne tient pas compte du contexte économique propre à la zone FCFA, qui n’avait guère réagi favorablement à la dernière dévaluation. En effet, si l’on avait constaté un relèvement du taux de croissance à 5% dans la zone FCFA sur 3 ans, entre 1994 et 1997, ce n’était pas essentiellement en raison de la dévaluation du FCFA intervenue le 11 janvier 1994, mais surtout en raison de la forte remontée des cours du coton et des autres produits d’exportation de cette zone durant ces 3 années. D’ailleurs, mon analyse est confirmée par la rechute de la croissance dans ces mêmes pays dès 1998.

Il faut comprendre qu’il ne pouvait y avoir de retombées positives et durables de la dévaluation de 1994 en zone FCFA, en raison de l’absence de politiques d’accompagnement de cette dévaluation, ce qui n’a pas permis de profiter de l’amélioration de principe de la compétitivité industrielle, puisqu’il n’y a pas eu d’investissements industriels massifs qui aient été attirés ni encouragés par des dispositions fiscales appropriées, et surtout que le contexte politique et les pratiques des gouvernements en place n’inspiraient guère confiance aux investisseurs sérieux qui évitent les pays entachés de corruption majeure. Or, ces caractéristiques demeurent présentes dans la plupart des pays membres de la zone FCFA : la corruption fait fuir les investisseurs sérieux qui ont peur de subir une justice corrompue, les taux d’imposition fiscale sont trop lourds par rapport à d’autres pays, notamment asiatiques, les marchés publics demeurent entre les mains du pouvoir politique en place ce qui fausse la concurrence, la douane et l’impôt ne sont pas payés par tout le monde ce qui rend la concurrence inégale en condamnant les honnêtes opérateurs économiques,...etc.

Par conséquent, j’estime, en bon connaisseur du contexte économique et politique local dans les pays africains de la zone FCFA, qu’il ne faut pas dévaluer le Franc CFA tant que les réserves des 2 banques centrales BCEAO et BEAC suffisent à couvrir 3 mois d’importations des 2 zones réunies, UEMOA+CEMAC. Ce qui est le cas !

En conclusion : Il ne faut surtout pas que l’économiste en chef de la Banque Mondiale, Mr Devarajan, très sympathique par ailleurs, fervent adepte des mathématiques appliquées à l’économie, vienne perturber le fragile sous-équilibre économique de la zone FCFA sans nous apporter en même temps les solutions pour un nouvel équilibre immédiat reposant sur des centaines de milliers de créations d’emplois nouveaux qui pourraient compenser la baisse de pouvoir d’achat des actuels salariés et pensionnés. C’est une question de « cost benefit » social que l’économiste-mathématicien, Mr Devarajan, dans son bureau de Washington, devrait avoir présent à l’esprit en permanence, parallèlement à ses courbes mathématiques qui ne voient qu’un seul aspect du problème global. Ce genre d’économistes-mathématiciens sont très dangereux pour l’équilibre social : ils ignorent les réalités concrètes et ils raisonnent seulement à travers leurs lunettes astronomiques... C’est très très très GRAVE pour nos populations démunies, dont plus de 60% vivent dans l’extrême pauvreté, sans aucune réserve pour affronter la pénurie en cas de rupture d’équilibre !!! Il ne faut pas recommencer la bêtise de 1994, SVP....

2- L’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, est formel. « L’impact le plus négatif de la crise financière va se ressentir sur le flux de capital ».

En conférence de presse, ce lundi 6 octobre à Washington, M. Shantayanan Devarajan, pense qu’avec cette crise financière qui sévit aux États-Unis et en Europe, les risques sont élevés pour les pays africains. A l’en croire, l’Afrique a connu un accroissement très fort en matière d’investissements fixes étrangers et d’investissement pour les portefeuilles pendant les cinq à six ans précédentes.

Avec cette morosité relevée dans la situation financière, M. Devarajan pense qu’il y a possibilité que ce flux de capital qui a nourri l’investissement en Afrique va diminuer d’une manière profonde pour le continent. Une situation qui va alourdir les problèmes que traversent certains pays africains qui sont confrontés à une situation macro-économique liées à la crise financière ou pas. Dans ce cadre, l’économiste en chef de la banque mondiale a cité le cas de l’inflation en Éthiopie qui est à 60% alors que la balance commerciale est à 30% du Pib et l’Afrique du Sud, dont la balance des comptes courants est à peu près à 8,2% du Pib.

Réponse de NMK : M. Devarajan semble ignorer que 90% des flux de capitaux dont il parle ici sont des investissements réalisés par les grandes multinationales dans les mines et le pétrole, et que la logique de ces investissements n’a rien à voir avec la compétitivité des monnaies locales. Ces productions minières et de pétrole sont destinées à une demande extérieure qui est indépendante de la nature du Franc CFA.

Et si l’on dévaluait le Franc CFA, cela va augmenter d’autant le montant des dettes extérieures exprimées en dollar ou en euro, qu’il faudra rembourser en Francs CFA dévalués. Certes, les recettes des Etats africains de la zone FCFA vont augmenter en Francs CFA versés par les compagnies étrangères qui exploitent les minerais et le pétrole, mais comme les finances publiques sont très mal gérées dans la plupart des pays, cette augmentation des recettes publiques irait profiter aux corrompus et non pas aux peuples africains de la zone FCFA. Par contre, le pouvoir d’achat de ces peuples baisserait et leur misère grandirait encore, comme je l’ai déjà expliqué plus haut.

Alors, j’invite M. Devarajan de réviser sa façon d’analyser et de se tremper plus longtemps dans les eaux bouillantes de la zone FCFA avant de penser qu’il est facile d’y nager en restant juste dans l’hélicoptère qui survole ces eaux, d’ailleurs boueuses en plus d’être bouillantes.

3- Pour ce qui est du cas des pays de la zone CFA et particulièrement de l’UEMOA, M. Devarajan, économiste en chef de la Banque Mondiale, pense que «l’accroissement de l’inflation dû à la crise alimentaire va diminuer la compétitivité de leurs économies à cause des taux de change fixe avec l’euro ».

Réponse de NMK : Au contraire, je constate que le taux de change fixe du FCFA avec l’Euro a protégé la zone FCFA d’une plus forte hausse des cours des denrées alimentaires et des matières premières exprimés en dollar. Cela a permis de réduire de 30% l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires (notamment le riz) importées en zone FCFA. Les autres pays africains, non membres de la zone FCFA, ont beaucoup plus souffert que nous en zone FCFA.

Quant à la compétitivité de la zone FCFA, je répète qu’il faut savoir si cette compétitivité est souhaitable dans l’état actuel des politiques des dirigeants africains de la zone FCFA, qui n’ont pas de vision d’avenir pour leur pays ni pour l’UEMOA, leur seul souci étant la gestion quotidienne des calamités naturelles et des tensions éventuelles générées par les revendications salariales, en dehors de leurs soucis énormes depuis un an pour le sort de leurs fortunes personnelles confiées aux banques étrangères qui semblent toutes plongées en difficultés inextricables en ce moment. Donc, ce n’est vraiment pas le moment de proposer un schéma de rétablissement de la compétitivité des pays membres de l’UEMOA ni de la CEMAC.

Il faudrait vraiment descendre de votre hélicoptère et vous poser en terre UEMOA et aller interroger les populations pour connaître les réalités du pays, M. Devarajan. Car vous donnez une triste image de la Banque mondiale avec vos lunettes mathématiques qui ne peuvent pas saisir la réalité du vécu africain en zone UEMOA comme ailleurs en Afrique Noire. Excusez-moi de la rudesse de mes propos, mais je le fais à bon escient, pour vous réveiller et descendre de votre nuage de Washington. La Banque Mondiale et le FMI nous ont déjà causé beaucoup de malheurs entre 1981 et 2000, en raison de leur manque de connaissance du terrain africain, du fait que leurs agents et responsables restent entre les murs des dirigeants africains quand ils nous rendent visite en Afrique, et cette façon de travailler les empêche de connaître les vrais problèmes sociaux, du fait que les responsables et fonctionnaires africains que vous rencontrez vous mentent comme ils mentent à leur peuple.

4- En plus de cela, M. Devarajan pense que la dépréciation du dollar par rapport à l’euro « va constituer un problème pour les exportations des pays de la zone FCFA ». En somme, L’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique pense qu’une récession économique des États-Unis ou de l’Europe sur l’Afrique aura un impact sur les produits de base comme le pétrole et les matières premières. Selon lui, « il y aura une diminution sur le prix du pétrole et ça va avoir des effets asymétriques pour les pays importateurs du pétrole par rapport aux pays exportateurs ».

L’analyse de cette crise financière montre également l’épée de Damoclès qui pèse sur l’aide étrangère. M. Shantayanan Devarajan pense que «si la récession économique se traduit par une diminution des recettes fiscales des pays de l’Europe et des Etats-Unis, il va avoir un effet sur l’aide étrangère qui est financée par ces mêmes recettes fiscales ». A l’en croire, il y aura probablement une diminution des envois des migrants dans une moindre mesure

Réponse de NMK : Concernant les exportations de la zone FCFA je vous ai déjà répondu qu’il n’y a rien à espérer d’une dévaluation que vous souhaitez tant que nos dirigeants n’auront pas élaboré, de concert au sein de l’UEMOA et de la CEMAC, une grande politique d’industrialisation nécessitant une grande mobilisation de moyens de financement au sein de cette zone. Ce qui est loin d’être le cas pour le moment. Donc, je vous prie de réviser votre appréciation des choses...

Pour ce qui est de l’impact de la récession américaine et européenne sur l’aide reçue par l’Afrique, je pense que ce qui est déjà programmé, notamment le Xème FED européen, sera respecté, car cela représente une goutte d’eau pour l’Union Européenne, et leur humanisme les empêchera de revenir dessus. Par contre, il est vrai que de nouvelles aides n’afflueront pas de si tôt... Espérons que les organisations internationales de la FAO, de l’UNESCO, ... ne verront pas leur budget se réduire.

Mais cette pression de la crise extérieure pourrait sensibiliser, peut-être, nos dirigeants à mieux gérer les ressources nationales pour éviter des soulèvements populaires, ce qui serait alors un bien pour l’Afrique !

5- Pour permettre de comprendre les causes de ce qu’il a appelé « débâcle » survenue aux Etats-Unis, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique pense à  « une faillite de la réglementation de l’État américain ».

Réponse de NMK: Quant à la « faillite de la réglementation de l’Etat américain », c’est tout à fait clair ! mais j’ajouterai avec une plus grande clarté que cette crise financière repose sur la déréglementation des banques progressive intervenue aux USA depuis les années 1980 où le géant de l’économie mondiale, les USA, ont voulu montrer au monde entier l’avantage du libéralisme économique sur toute autre façon de gérer les économies nationales, alors que la France et d’autres pays européens prônaient un libéralisme régulé par des règles d’encadrement pour éviter les grandes dérives comme cela vient de survenir.

Il serait bon qu’avec les graves leçons à tirer de la crise actuelle, l’on arrive à instaurer au niveau mondial, une haute autorité de surveillance des bourses ainsi que des banques. Cela pourrait remplacer le FMI qui ne sert plus à grand-chose depuis qu’il a mené à la faillite nombre de pays émergents en les faisant avaler par les grands pays industriels qui ont racheté à bas prix leurs industries et leurs gisements de mines, ainsi que tous les pays membres de la zone FCFA qu’il a obligé à rembourser une dette extérieure composée à 90% de fausses factures (surfacturations...), ce qui a ruiné ces pays durant les 25 dernières années en appauvrissant leurs populations de plus en plus démunies, analphabétisées et malnutries.

6- Face à cette situation, M. Devarajan pense que « pour cette fois, il faut que l’analyse soit faite par les africains eux-mêmes avec l’appui des institutions comme la Banque Mondiale ». Cet élément de la Banque mondiale pense que les pays doivent mieux solidifier leur intégration. Afin de trouver une solution à cette crise, M. Shantayanan Devarajan avance que ministres des Finances du monde entier et gouverneurs des banques centrales seront en assise la semaine prochaine à Washington, aux Etats-Unis, pour discuter de la question.

Réponse de NMK : Je suis tout à fait d’accord, cette fois-ci, avec M. Devarajan. Toutefois, comme en Afrique, ce sont les gouvernements en place qui font appel aux économistes de leurs choix pour diagnostiquer les problèmes économiques de leurs pays, et qu’ils excluent ceux qui sont critiques et intègres, ils choisissent ceux qui sont soumis ou ceux qui sont des « alimentaires ». Le travail n’est pas alors bien fait, et l’état de corruption perdure et même s’aggrave, au détriment croissant des populations pauvres qui représentent entre 50% et 70% du peuple selon les pays. Ce qu’il faudrait, c’est imposer une conditionnalité majeure à l’octroi de toute aide extérieure. C’est d’imposer la règle de suivre et de contrôler dans les détails l’utilisation des aides extérieures par un comité permanent choisi par l’ensemble des bailleurs de fonds et dont les membres seront choisis et rémunérés par le groupe des bailleurs de fonds, indépendamment des autorités locales. 
Source : Sud Quotidien (Sénégal)


Togo-Swaziland les Eperviers au grand complet : Adebayor a rejoint depuis hier ses coéquipiers

C’est demain la date fatidique. La dernière journée des éliminatoires couplées CAN/Mondiale 2010. le Togo qui a son destin au bout des souliers livre sa bataille à Accra contre les Sihlangu du Swaziland. Cette ultime journée déterminera le sort des différentes équipes engagées dans cette joute continentale. 20 pays seront appelés  à poursuivre la roue tandis que les autres rentreront malheureusement à la maison et deviendront des spectateurs.

Pour ne pas faire partie de cette dernière catégorie, les joueurs togolais sont très déterminés à gagner leur match.

Pour l’attaquant Thomas Dossevi, le seul mot d’ordre est : «beaucoup  de buts ». En effet les protégés du coach Kodjovi Mawuena ont obligation  non seulement de gagner ce match mais aussi de marquer beaucoup de buts. Et la présence de tous s’avère indispensable. Ils ont presque tous répondu à l’ invitation de la fédération  et s’estiment très motivés pour cette rencontre car sachant que la tâche qui les attend est rude et immense.

Pour l’entraîneur Mawuena, « il faut nécessairement une union sacrée autour de cette rencontre. Ce qui doit passer par une bonne relation entre les joueurs, entre staff technique et dirigeants et entre dirigeants et joueurs… Aussi, la présence du douzième homme est vivement souhaité ».

Désillusionnée à Mbabane par son adversaire au match aller, la bande à Mawuena n’a plus droit à l’erreur. Une chose est sûre, le Togo a besoin de tous ses cadres, pour venir à bout de la modeste formation swazie qui selon Akoussa Camelio, Directeur technique national joue au mental. C’est une qui a  la volonté et a la rage de vaincre, a une bonne physique, est très rapide et se jette corps et âme dans la bataille. Elle n’a pas peur des duels. Ils sont, depuis mercredi tous là et se sont entraînés ensemble. Le portier Agassa Kossi, poumon de l’équipe nationale, n’a pas voulu rester en dehors de cette opération commando.

 Les Togolais peuvent maintenant pousser un ouf de soulagement. Le capitaine des Eperviers dont la venue était incertaine pour ce match sera finalement de la partie. De sources proches du joueur, lAdebayor a quitté Londres depuis hier soir pour Accra où il va retrouver ses coéquipiers partis un peu plus tôt. Donc c’est une formation togolaise au grand complet qui affrontera le Swaziland. Que nos vœux les accompagnent et qu’ils ramènent la qualification.

Coco Tchak 


Spécial élection présidentielle aux USA : Corps électoral : La question des électeurs infidèles ; Les grands électeurs (Suite)

Les électeurs infidèles

            Un électeur infidèle vote pour un autre candidat que celui pour lequel il a été élu, ou qui refuse de voter pour un quelconque candidat. Le fait s’est produit à 158 reprises dans l’histoire des Etats-Unis. Dans 71 cas, les votes furent modifiés car le candidat originel était mort avant que l’électeur n’ait pu voter pour lui. Deux candidats se sont abstenus de voter pour aucun candidat. Les 85 autres votes furent modifiés dans l’intérêt de l’électeur, ou peut-être par accident. De façon générale, les électeurs infidèles agissent seuls. Cependant, pendant l’élection de 1836, 23 électeurs de Virginie changèrent de votes d’un bloc. Cette année là, le candidat à la vice-présidence, Richard Johnson, accompagnant le président Martin Van Buren, ne reçut pas la majorité absolue des voix du collège électoral et ne fut élu que par le Sénat, en 1837.

24 Etats possèdent des lois qui répriment les électeurs infidèles ; certains, comme le Michigan, ont même le pouvoir d’annuler leur vote. Bien qu’aucun électeur n’ait jamais été condamné, la constitutionnalité de ces lois a été contestée devant la cour suprême en 1952 (Ray v. Blair). La cour a jugé en faveur du droit des Etats à exiger que les grands électeurs votent pour le candidat pour lequel ils ont été élus. La constitutionnalité des sanctions n’a en revanche jamais été portée devant la cour suprême.

Les grands électeurs étant normalement choisis par les partis politiques ou les candidats à la présidence eux-mêmes, ils font souvent preuve d’une grande loyauté et un électeur infidèle risque plus une exclusion politique que des poursuites judiciaires.

A deux reprises, un candidat est mort entre la sélection des grands électeurs en novembre et le vote du collège électoral en décembre. En 1872, le candidat démocrate Horace Greeley mourut avant la réunion du collège électoral ; les grands électeurs qui auraient dû voter pour lui, répartirent leurs voix sur plusieurs candidats, y compris trois suffrages pour feu Greeley. Le candidat républicain, le président sortant Ulysses S. Grant, ayant déjà remporté la majorité absolue des suffrages, il n’y eu aucune pression pour se mettre d’accord sur un candidat de remplacement. De façon similaire, en 1912, les républicains choisirent le président sortant, William Howard Taft, et son vice-président James Sherman ; Sherman mourut peu avant l’élection, trop tard pour qu’il soit possible de changer les noms sur les bulletins. Ce couple de candidats termina troisième, derrière les démocrates (Woodrow Wilson) et les progressistes (Theodore Roosevelt), et les huit votes que Sherman aurait reçus furent attribués à Nicholas Butler.

Jusqu’à présent, aucun électeur infidèle n’a modifié le résultat d’une élection.

Les grands électeurs

L’élection présidentielle américaine se joue au suffrage universel indirect. Les citoyens américains votent en faveur des candidats de leur choix à la présidence et à la vice-présidence. Les candidats obtenant le plus grand nombre de voix dans un état, reçoivent la totalité des voix des Grands électeurs de cet Etat. Le système des Grands électeurs est régi par la section 2 de l’Article 1 de la Constitution. Le nombre des Grands électeurs de chaque état est fonction du nombre d’élus de cet état au Congrès : soit deux sénateurs et un nombre de députés proportionnel à la population de l’Etat. A l’heure actuelle on compte 538 Grands électeurs, soit 100 sénateurs (2 dans chacun des 50 Etats de l’Union) et 435 représentants, auxquels il faut ajouter, depuis 1964 et le XXIIIème amendement, trois électeurs du District de Columbia.

Le Président des Etats-Unis est élu au suffrage universel selon un scrutin à deux degrés : celui du « vote populaire » en novembre et celui du « vote électoral » en décembre :

   - Le vote populaire : c’est le vote effectué par l’ensemble du corps électoral américain ; dans chaque Etat, les citoyens électeurs votent pour une liste de « Grands Electeurs » du parti soutenant le candidat à la présidence de leur choix. La liste qui obtient la majorité des votes populaires emporte tous les mandats attribués à l’Etat.

   - Le vote électoral : le vote est émis par les « Grands Electeurs » élus au suffrage universel dans chaque Etat ; chaque Etat a autant de « Grands Electeurs » qu’il a de députés à la Chambre des représentants du Congrès + le nombre invariable de 2 sénateurs ; le chiffre des représentants dépend de l’importance de la population de l’Etat.

 Les partis politiques nomment leurs Grands électeurs lors des Conventions politiques d’Etats. Un Electeur ne peut pas faire partie du Congrès ou être membre d’un bureau fédéral. Les Grands électeurs se réunissent le premier lundi qui suit le deuxième mercredi de décembre, pour élire officiellement le Président et le Vice-Président des Etats-Unis. L’élection a lieu à la majorité absolue, soit 270 voix sur 538. La seule condition imposée par la Constitution est l’obligation pour eux de voter pour au moins un candidat qui ne vient pas de leur état.

Les listes des votes des Grands électeurs sont certifiées et scellées, et transmises au Président du Sénat. Ce dernier les ouvre le 6 janvier lors d’une séance exceptionnelle, en présence des Sénateurs et des Représentants, pour quantifier les votes. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, la Chambre des Représentants désigne le vainqueur parmi les trois candidats arrivés en tête. Si le même cas se produit pour la vice-présidence, c’est le Sénat qui est chargé de choisir entre les deux candidats ayant obtenus le plus de voix.

La répartition des Grands électeurs par rapport à la population de chaque Etat engendre de sévères luttes lors des campagnes présidentielles dans des Etats dits clés. Ainsi, sur un total de 538 Grands électeurs, la Californie regroupe 54 Grands électeurs à elle seule. Le Texas en compte 32, l’Etat de New York 33, la Floride 25, la Pennsylvanie 23, l’Illinois 22. Un candidat remportant tous ces Etats possède donc quasiment le nombre de voix nécessaire à son élection. En effet, la majorité des autres Etats de l’Union ne représente qu’une petite manne de Grands électeurs.

Z. A. avec Wikipedia


Au cœur des « mon pays »

Kpatcha : Mon pays, on va manger sur ce match ?

Kouloum : Ce sera difficile, mais je suis sûr qu’on va leur marquer des buts

Kpatcha : Et tu crois qu’on va sortir de ce groupe ? 

Kouloum : C’est là-bas qu’il y a le problème de difficulté. Si on gagne, on peut passer facilement.

Kpatcha : Comment on va faire pour choisir ceux qui vont passer même ?

Kouloum : Ce n’est plus histoire de comment on va faire. C’est seulement les huit meilleurs deuxièmes qu’on va ramasser pour compléter les premiers.

Kpatcha : Tu es sûr qu’on va rester dedans ?

Kouloum : On va rester dans les « eux ». Qu’est-ce que tu crois que c’est ?

Kpatcha : Et si les autres aussi gagnent ?

Kouloum : C’est là que ce sera compliqué. Mais il suffit de marquer « beaucousement» et on va passer.

Kpatcha : Si c’est comme ça, c’est bon.

Kouloum : Je ne peux pas te mélanger. Je te dis vrai.

Kpatcha : C’est comme ça la « siiation » et le petit-là ne veut pas venir nous aider?

Kouloum : Il faut le laisser, le moment où on a besoin de lui, il nous fait le dindon.

Kpatcha : C’est vrai, il se gonfle trop. Quand c’est affaire de pays, on laisse tout tomber pour arriver et défendre le pays.

Kouloum : Est-ce que les gens « comprend » ça à part nous ?

 Kpatcha : Ils ne connaissent pas ce qu’on appelle défendre un pays. Sinon moi, le capitaine me « nerve » trop.

Kouloum : Moi aussi. Je n’ai pas jamais vu un capitaine aussi rebelle comme lui.

Kpatcha : Ce qu’il fait là, c’est un sabotage. Et ça je ne vais pas jamais lui pardonner.

Kouloum : Class, en football, tout peut arriver. Si on va sortir, on va sortir. Et si on va tomber, on va tomber, même s’il joue.

Kpatcha : Ne me « corrompissionne » pas, pays. Il n’a qu’a venir jouer avant qu’on tombe. 

 
Retourner à la page Accueil
 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved

ARCHIVES