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M. Louis
Michel, le Commissaire européen au Développement et à l'Action Humanitaire a
séjourné dans notre pays du 3 au 5 octobre. Le Commissaire européen venait
d'Accra où il a pris part au sommet UE-ACP sur les APE qui s'est déroulé la
semaine dernière dans la capitale ghanéenne.
Après Lomé,
M. Louis Michel se rend au Mali.
Durant son
séjour chez nous, M. Louis Michel, qui a joué un rôle capitale dans la
reprise de la coopération entre Lomé et Bruxelles a eu des entretiens avec
les autorités politiques de notre pays et rencontré les responsables de
la
Société Civile
Togolaise, les ambassadeurs de l'UE au Togo et visité des projets financés
par l'UE à Lomé. Il a été reçu successivement par le chef de l'Etat, le
Premier ministre, le président de l'Assemblée Nationale. Il a rencontré les
Parlementaires et a eu une séance de travail avec les ministres du
gouvernement. M. Louis, lors d'un point de presse qu'il a organisé avant de
quitter notre pays, a invité le gouvernement à communiquer davantage avec
les populations sur l'aide et l'exécution des travaux des projets financés.
Des
résultats positifs
Au terme de
son séjour de 48h dans notre pays, M. Louis Michel devait donner un point de
presse à l'Hôtel Sarakawa le 4 octobre2008. Fatigué par le volume des
entretiens qu'il a eus avec les partenaires togolais, Louis Michel n'a pas
pu répondre en personne aux questions des journalistes togolais comme
c'était prévu. C'est M. Sébregondi Filberto Sériani, chef de la délégation
de l'UE au Togo avec résidence à Accra qu'il a chargé de le faire à sa
place.
Devant les
journalistes rassemblées au grand complet à la salle GABITE de l'Hôtel
Sarakawa, M. Sébrégondi, après avoir livré les principaux messages de Louis
Michel, a répondu aux questions des confrères togolais. Selon le chef de
la
Délégation
de l'UE au Togo, M. Louis Michel est satisfait se son séjour dans notre pays
où il a “constaté des résultats positifs”. Dans la déclaration liminaire
qu'il a fait lire aux journalistes togolais, M. Louis Michel a salué tout
d'abord le succès de la conférence des bailleurs de fonds du Togo à
Bruxelles les 18 et 19 septembre 2008. Il a souligné qu'après la réussite
des législatives d'octobre 2007, la communauté internationale mise sur le
Togo. Il a salué la nomination du nouveau Premier ministre qui est arrivé à
la conférence avec un programme bien détaillé secteur par secteur qui a
convaincu les partenaires du Togo. " Le Premier ministre et ses ministres
ont passé des tests positifs à Bruxelles ", a souligné le Commissaire au
Développement et à l'Action humanitaire. Comme prime à cette bonne tenue du
Togo, M. Louis Michel annonce l'ouverture pleine de
la
Délégation
de l'UE au Togo avec un représentant autonome.
Le
gouvernement invité à communiquer et à travailler d'arrache-pied
Nous avons
toujours dit que le grand problème de Faure, est qu'il ne communique pas. En
politique, on doit rendre compte de ce qu'on fait. Même si ça ne va pas, ça
donne l'illusion aux populations.
Lors de son séjour, M. Louis Michel a remarqué ce qu'il appelle " l'attente
justifiée de la population ". Chaque jour, on annonce aux Togolais les
décaissements des fonds octroyés par les bailleurs de fonds et légitimement
les populations attendent des résultats positifs. Louis Michel a exhorté le
gouvernement à travailler d'arrache-pied sur les dossiers prioritaires et à
communiquer sur l'aide attribuée au pays et sur les décisions prises et
l'exécution des travaux des projets financés.
Interpellé
sur les reformes
Après avoir
rencontré les parlementaires, M. Louis Michel a promis aux élus du peuple un
appui financier pour leur permettre de se spécialiser sur les
réglementations législatives à travers le monde.
Mais comme
il fallait s'y attendre, M. Louis Michel a été interpellé par les députés de
l'opposition sur la lenteur des reformes institutionnelles et politiques
contenues dans l'APG.
Selon Louis
Miche, les reformes institutionnelles et le cadre électoral sont les points
d'intérêt. Il a obtenu l'assurance du gouvernement que ses reformes sont
prioritaires. Le gouvernement aurait déjà commencé à identifier les membres
de la
Commission Vérité
-Réconciliation-Justice. La mise à niveau des listes électorales serait en
cours.
En
conclusion, M. Louis Michel rassure que la communauté internationale est de
nouveau avec le Togo. " Mais au-delà des aides, il revient aux Togolais de
prendre leur destin en mains ", a souligné le Commissaire au Développement.
Les débats
Après avoir
livré le message de Louis Michel, M. Sebregondi a répondu aux questions des
journalistes togolais. Celles-ci ont tourné autour de la subvention
budgétaire que l'UE vient d'accorder au Togo, sur les réformes politiques,
sur les 15 ans de suspension de la Coopération, la gestion des projets
financés, les APE, etc.
Sur chacune des préoccupations, M. Sebregondi a donné des éclaircissements.
A une question d'un journaliste de savoir si après tout le Togo, petit pays
n'avait payé pour l'exemple, M. Sebregondi a rappelé le contexte de la
suspension en invoquant l'article 96 de l'Accord de Cotonou. La Guinée
et le Zimbabwé ont été aussi frappés par cet article.
Quant à la
question de savoir qui a l'initiative des réformes politiques, il a
seulement répondu que celles-ci sont importantes et figurent dans l'ordre
prioritaire de l'action du gouvernement. Elles font aussi partie du cadre
permanent de dialogue. Il a souhaité que le cadre soit plus élargi que le
seul cadre parlementaire.
S'agissant
de la gestion des projets financés, il a fait remarquer que l'UE ne
s'impliquait pas mais veillait à ce que ses procédures d'engagement soient
respectées.
Sur les 600
milliards d'aides promises au Togo, il a dit que l'enveloppe comprenait des
dons déjà versés par l'UE. On remarquera dans les promesses chiffrées les 25
000 000 d'euro de l'Allemagne, le pays le plus réticent de l'UE, selon
Sebregondi. La preuve selon lui qu'aucune entrave n'existe sur la voie de la
coopération de l'UE avec le Togo. On s'en félicite donc. Il reste à nos
dirigeants d'expliquer aux populations à quoi serviront ses subventions et
dons en cascade accordés au pays.
Kao
Victoire
Les grands
défis de l’école togolaise
A cette
nouvelle rentrée scolaire, qu'il soit permis de livrer quelques réflexions
sur les problèmes de l'école togolaise qui comme un bateau, chavire.
Les
infrastructures scolaires
Elles sont
inexistantes. Les salles de classe de la capitale et des grandes villes
tranchent avec des bâtiments scolaires des villages qui ne sont que des
hangars où des pierres, des mottes de terre font office de table banc, où le
tableau noir se réduit à un petit carré trouvé.
La
plupart de ces écoles sont des écoles communautaires créées par initiative
locale pour faire face à la pénurie des infrastructures scolaires publiques.
Que c'est triste de voir des enfants étudier dans de pareilles conditions.
Par ailleurs, le manque de matériel didactique est criard : documents,
craies, infrastructures sportives, manquent.
Les
enseignants
Depuis la
fermeture des écoles de formation (l'ENI de Notsè et l'ENS d'Atakpamé), les
enseignants sont recrutés sans aucune formation pédagogique préalable sur le
terrain. Ils se posent à eux des problèmes de transmission de savoir qu'ils
ont pourtant. Car une chose est de posséder le savoir et une autre chose est
de pouvoir le transmettre. Les inspecteurs chargés de pallier la situation
sont rares comme des larmes de crocodile. Rares sont aussi les enseignants
qui sont suivi par les inspecteurs sur le terrain. La plupart des
enseignants ne sont pas compétents.
La
politisation de l'éducation
L'école
togolaise est positive. C'est la moindre des choses. Les directeurs et
proviseurs d'écoles ont leurs couleurs politiques. Souvent, ils sont à
couteaux tirés avec leurs agents qui ne sont pas du même bord politique
qu'eux. Même le licenciement abusif des enseignants auxiliaires grévistes
avait un goût politique et les affectations obéissent à des règles qui n'ont
rien avoir avec des impératifs scolaires. L'éducation nationale semble
cristalliser les dissensions politiques du pays.
L'enseignant, le parent pauvre de l’administration publique togolaise
Que c'est
dur d'être enseignant au Togo ! Partout, la corporation est méprisée parce
qu'elle tire le diable par la queue. Les locataires de maison refusent de
louer leur maison aux enseignants qui sont considérés comme de mauvais
payeurs.
Dans les
familles, les enseignants gardent toujours le profil bas quand des problèmes
se posent, faute d'argent.
L'enseignant
consacre tout son temps à la réussite des enfants et ne peut faire autre
chose pour arrondir les fins du mois. Alors que les employés dans d'autres
secteurs de l'administration désertent leurs lieux de travail pour aller
mener des affaires lucratives parallèles, l'enseignant n'a pas le temps de
mener d'autres activités lucratives. Son absence se remarque tout de suite.
Ceux des villages sont dans une situation plus pitoyable où il n' y a pas de
répétition ou d'autres activités parallèles.
Il est temps
de revoir les salaires des enseignants et de penser à payer des primes pour
ceux qui acceptent d'aller servir dans les campagnes. Ceci va les
encourager.
La démission
des parents d'élèves
Les
géniteurs de nos élèves semblent démissionner de la formation de leurs
progénitures. Assaillis par les problèmes d'argent, ils sont très fatigués
après avoir cherché et trouvé de l'argent pour payer la scolarité des
enfants. Toute la charge est laissée sur les bras des enseignants et
directeurs qui sont eux aussi dépassés par les événements. Ils sont rares à
répondre aux convocations des directeurs quand leurs enfants se comportent
mal. L'association des parents d'élèves semble appartenir à un passé
lointain. Elle ne fonctionne plus normalement nulle part.
Par ailleurs
il semble que les apprenant n'ont plus le goût de l'école. Ils sont plutôt
appâtés par médias, la musique et d'autres distractions qui sont
incompatibles avec l'école. Beaucoup de temps devant les écrans de
télévision, dans les boîtes et peu de temps devant les cahiers. Dans les
salles de classe, ils ont des comportements de délinquants, cherchant à
verser dans l'insolence et dans la brutalité.
Faire face à
la baisse du niveau scolaire
On ne le
dira jamais assez, le niveau de nos élèves ne cesse de baisser. De la
maternelle à l'Université, la situation est préoccupante. Il faut y faire
face si on ne veut pas produire des analphabètes. La solution passe par le
recrutement des enseignants compétents au maternelle et l'amélioration des
conditions de vie des enseignants.
Les
solutions
Nous saluons
le décret instituant la gratuité de l'école préscolaire et primaire publique
au Togo. Nous souhaitons que les écoles communautaires soient transformées
en écoles publiques avec la prise en charge par l'Etat des collègues
volontaires qui y travaillent. L'amélioration de leur situation peut régler
beaucoup de problèmes.
Les conditions de travail et de vie des enseignants doivent être aussi
améliorées pour les mêmes raisons. Il est malsain que l'éducateur donne son
cours dans un désarroi visible qui entrave la communication entre lui et les
élèves.
L’Etat
doit penser à moderniser les salles de classe et faire en sorte que les
effectifs pléthoriques deviennent des effectifs normaux (au plus 50 élèves
par classe). Il faut réactiver la structure parent d'élèves qui peut
apporter un appui.
Le
gouvernement Houngbo en ordre de bataille
-
La gratuité
de l'école primaire publique désormais une réalité
-
-
D'importantes mesures urgentes prises par le gouvernement
-
- Gilbert
HOUNGBO sera-t-il l'homme du miracle togolais ?
Le
gouvernement Houngbo a tenu mercredi 1er octobre dernier son premier conseil
des ministres au nouveau Palais de
la
Présidence
de la
République. Présidé
par le chef de l'Etat, Faure Essozimna GNASSINGBE, ce conseil des ministres
s'est soldé par un train de mesures sociales urgentes dont la gratuité des
frais d'écolage à compter de la rentrée 2008-2009. C'est
par les conseils du Président de
la
République
que le conseil a débuté ses travaux. Celui-ci a insisté sur la nécessité de
travailler dans un esprit solidaire, de promouvoir la bonne gouvernance à
travers la recherche de la perfection de façon à répondre à l'obligation de
résultat dont ils sont tenus.
En
présentant sa communication relative aux résultats de la conférence de
Bruxelles, le P.M. Gilbert Houngbo s'est réjoui des progrès considérables
réalisés par notre pays en matière d'assainissement des finances publiques
et en ce qui concerne la mise en place d'un environnement propice au
développement économique et à l'épanouissement du secteur privé.
Face à la
dégradation poussée de la vie des Togolais éprouvés par 15 années de crise
socioéconomique et de la suspension de la coopération, le conseil des
Ministre a décidé de mener dans un délai de trois (3) mois, à compter
d'octobre 2008, des actions urgentes visant à alléger les souffrances des
populations. Au nombre de ces mesures urgentes identifiées on citera entre
autres la santé, l'agriculture, l'emploi des jeunes, les infrastructures
routières, les réformes politiques, la justice, la sécurité sociale,
l'éducation, etc. En effet, le conseil des ministres du 1er octobre dernier
a fait de la gratuité des frais d'écolage une des promesses du candidat
Faure, une réalité pour les écoles préscolaires et primaires publiques. Le
recrutement de deux mille cent trente (2.130) nouveaux enseignants est
désormais chose faite. Ce personnel enseignant nouvellement recruté va être
déployé sur le terrain dès cette rentée. Outre la gratuité de l'école
préscolaire et primaire publique, le conseil des ministres a pris entre
autres mesures dans le secteur de l'éduction, l'ouverture à Attiégou (Lomé)
et à Kantè (Kéran) de nouveaux lycées d'enseignement technique et
professionnel pour un montant de cinq cent (500) millions de France CFA.
Cent (100) blocs pédagogiques, cent (100) blocs sanitaires et cinquante (50)
points d'eau seront construits dans les écoles primaires d'ici novembre
prochain.
En ce qui
concerne les infrastructures, de grands travaux de réhabilitation des rues
et le curage des égouts ont été annoncés et amorcés dans l'immédiat pour un
montant de quatre (4) milliards de Francs CFA. En attendant la construction
définitive des 3 ponts endommagés, la construction d'un pont temporaire
permettant de rétablir la circulation à Amakpapé va démarrer ce mois
d'octobre.
Entre
autres mesures urgentes prises en conseil des ministres, il faut relever
dans le secteur agricole la mise à la disposition des producteurs de vingt
cinq mille (25.000) tonnes d'engrais vivriers pour la prochaine campagne
agricole et le stockage de douze mille (12.000) tonnes de céréales visant à
assurer une sécurité alimentaire. Dans ce sens, trois cent quatre (304)
agronomes, vétérinaires et techniciens agricoles seront recrutés, formés et
équipés. Dans le secteur de l'énergie, le gouvernement entend accorder à
la
Compagnie Energie
Electrique du Togo (CEET), une subvention de neuf (9) milliards de Francs
CFA. Au plan politique et institutionnel, les partis politiques seront
financés dès fin octobre 2008.
L'emploi des
jeunes n'est pas du reste. D'où la mise en place imminente de l'Agence
Nationale pour l'Emploi en vue de rendre le marché de l'emploi plus visible.
De plus, le fonds de garantie pour l'installation des jeunes agriculteurs,
le fonds national pour la promotion économique des jeunes, le fonds d'appui
aux initiatives locales de développement et le fonds pour l'insertion des
jeunes seront immédiatement rendus opérationnels.
En dehors
des mesures ci-dessus relevées, le conseil des ministres a adopté un décret
relatif à la transformation de l'Observatoire de
la Sécurité
Alimentaire
du Togo (OSAT) en Agence Nationale de Sécurité Alimentaire du Togo (ANSAT)
pour mieux faire face à la vie chère et au risque d'aggravation du niveau de
pauvreté.
En dehors du
conseil des ministres, la journée du 1er octobre a été marquée par un débat
télévisé sur la TVT
au cours duquel le Premier ministre Gilbert Houngbo a eu à répondre aux
questions de notre confrère Franck MISSITE relative aux retombées de la
table ronde de Bruxelles et aux mesures urgentes prises quelques heures
plutôt en conseil des ministres.
S'agissant
des mesures urgentes prises par le gouvernement en conseil des ministres, le
premier ministre a dit être conscient de la lourdeur de la mission qui
l'attend et est déterminé avec la franche collaboration de toute son équipe
à tout mettre en œuvre pour non seulement répondre aux attentes du chef de
l'Etat Faure Essozimna GNASSINGBE, mais également à ceux des populations.
Pour lui, répondre aux attentes des populations est l'objectif ultime de
son gouvernement. Cela explique la pertinence des mesures urgentes prises
dans la matinée du 1eroctobre en conseil des ministres.
Pour ce qui
est de la table ronde de Bruxelles, le premier ministre a déclaré une fois
de plus que le succès de ces assises loin d'être une victoire, n'est rien
d'autre qu'une bataille de remportée et ceci grâce aux efforts et au travail
d'équipe réalisé ces dernières années par l'ensemble de la classe politique.
Il est donc
déterminé à oeuvrer pour remporter cette victoire dont a besoin le peuple
togolais.
Gilbert
HOUNGBO sera-t-il l'homme du miracle togolais ?
Après la
deuxième guerre mondiale, il y a eu le miracle allemand. Y aura-t-il le
miracle togolais après quinze ans de ruine occasionnée par la crise
sociopolitique ? En Allemagne, le miracle a eu lieu grâce à la bravoure du
peuple allemand mais aussi grâce au leadership politique du chancelier
ADENAUER.
Au Togo,
avec Houngbo aux côtés du président Faure, c'est comme quelque chose est en
train de changer. C'est trop tôt pour juger l'action du nouveau du Premier
ministre. Mais il donne l'impression de faire bouger le mammouth. Faure a
son style de travail qui consiste à ne pas faire de bruit. En politique, ça
ne marche malheureusement pas. Houngbo semble être l'opposé de son mentor.
Il veut bouger en osant. A la manière d'un Sarkozy, il veut tout embrasser :
les infrastructures, la santé, l'agriculture, l'éducation, la presse, les
réformes politiques, etc. Il veut être partout.
Le dernier
conseil des ministres en est la preuve avec un train de mesures et besoins à
satisfaire. Il a la volonté d'avancer. En aura-t-il les moyens ? Au Togo,
tous nos dirigeants sont bons à leur début. Mais après, c'est comme ils se
heurtent à un mur infranchissable. Qui aurait cru que l'énarque Kodjo aux
côtés de Faure ne réussirait à nous sortir des goulots d'étranglement ? Et
qui aurait aussi cru qu'après avoir réussi les réformes politiques, Faure
replongerait le pays dans un immobilisme suicidaire au point de procéder à
des changements en cascade des gouvernements ?
Avec Houngbo, c'est un autre style. L'homme prend des initiatives et fait le
pari. Mieux, il veut communiquer avec le public par le biais de la presse.
Un fait rare dans notre pays. Dans un Togo complexe, le P.M Houngbo a un
atout qu'aucun de ses prédécesseurs n'avaient : il n'appartient à aucun
parti en tout cas pas déclaré. Son seul parti, le Togo et les Togolais.
Comme tel, il peut réussir mais à condition de vaincre toutes les forces
d'inertie. Attendons de voir.
Kao
Victoire & Joël Koye
Talaki :
Mission accomplie
Le
gouvernement qui vient de tomber aura laissé un goût amer à plus d'un
ministre. Nombreux sont ceux qui de bonne foi auraient aimé finir des
projets qu'ils ont initiés avant de quitter leur poste. Mais tant qu'il y
aura la continuité de l'Etat, les partants n'ont rien à craindre. Leurs
successeurs feront le travail pour peu qu'ils aient transmis des dossiers
transparents. Par contre c'est le cœur en paix que d'autres ministres ont
quitté leur poste parce qu'estimant leur mission accomplie et bien
accomplie.
C'est le cas
du ministre des Travaux Publics, M. Talaki qui est très fier d'avoir réussi
à faire ce pourquoi il a remué ciel et terre pour devenir ministre : à
savoir chasser son irréductible ennemi de la Direction du Fonds d'Entretien
Routier (FER). En effet, depuis son arrivée à la tête du ministère des T.P,
Talaki aurait fait de la fixation. Balayé de la tête des TP par celui qui
est aujourd'hui président de
la
République,
Talaki avait l'occasion de se racheter en assumant bien sa nouvelle fonction
de ministre. Mais hélas !Presqu'à chaque visiteur, il promettrait de faire
tomber Tchamsi, le D.G du FER en moins d'une semaine. La bataille fut rude.
Et avec la complicité de quelques traîtres amis et frères de Tchamsi, Talaki
réussit son coup. Mieux que de faire tomber le DG du FER, il a assassiné le
FER lui-même au moment où on avait le plus besoin de ce service pour faire
face aux routes et ponts effondrés !
Qu'importe,
sa vengeance assouvie, Talaki en vue de récompenser ses hommes aurait
procédé à de honteuses surfacturations sur les travaux urgents en cours. Le
confrère " Le Républicain " nous a dit preuve à l'appui comment Talaki a
voulu soutirer 400 millions sur un simple trou à boucher à Togblékopé sur le
pont du fleuve Zio.
En effet,
pour un travail de moins de 100 millions, M. Talaki en demandait plus de 500
millions. Maintenant qu'il est parti, comment va-t-il payer sa dette de
reconnaissance ? Peu importe. Il est heureux d'avoir détruit son ennemi
Tchamsi, son frère au sein du même parti et c'est ça qui compte pour lui…
Mais comparé
à ses surfacturations à lui, Tchamsi apparaît comme un enfant de chœur,
puisque lui n'a jamais pu rien prouver contre le FER sollicité qu'il fut par
des loups Il aura tout son temps maintenant pour méditer cet adage des
maîtres spirituels : " Ce que tu fais, te fait "
A.D.
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