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Au terme d'un séjour de 48 h à Lomé M. Louis Michel satisfait de la normalisation de la situation économique et politique au Togo
La Dépêche du 08 Octobre 2008

M. Louis Michel, le Commissaire européen au Développement et à l'Action Humanitaire a séjourné dans notre pays du 3 au 5 octobre. Le Commissaire européen venait d'Accra où il a pris part au sommet UE-ACP sur les APE qui s'est déroulé la semaine dernière dans la capitale ghanéenne.

Après Lomé, M. Louis Michel se rend au Mali.

Durant son séjour chez nous, M. Louis Michel, qui a joué un rôle capitale dans la reprise de la coopération entre Lomé et Bruxelles a eu des entretiens avec les autorités politiques de notre pays et rencontré les responsables de la Société Civile Togolaise, les ambassadeurs de l'UE au Togo et visité des projets financés par l'UE à Lomé. Il a été reçu successivement par le chef de l'Etat, le Premier ministre, le président de l'Assemblée Nationale. Il a rencontré les Parlementaires et a eu une séance de travail avec les ministres du gouvernement. M. Louis, lors d'un point de presse qu'il a organisé avant de quitter notre pays, a invité le gouvernement à communiquer davantage avec les populations sur l'aide et l'exécution des travaux des projets financés.

Des résultats positifs

Au terme de son séjour de 48h dans notre pays, M. Louis Michel devait donner un point de presse à l'Hôtel Sarakawa le 4 octobre2008. Fatigué par le volume des entretiens qu'il a eus avec les partenaires togolais, Louis Michel n'a pas pu répondre en personne aux questions des journalistes togolais comme c'était prévu. C'est M. Sébregondi Filberto Sériani, chef de la délégation de l'UE au Togo avec résidence à Accra qu'il a chargé de le faire à sa place.

Devant les journalistes rassemblées au grand complet à la salle GABITE de l'Hôtel Sarakawa, M. Sébrégondi, après avoir livré les principaux messages de Louis Michel, a répondu aux questions des confrères togolais. Selon le chef de la Délégation de l'UE au Togo, M. Louis Michel est satisfait se son séjour dans notre pays où il a “constaté des résultats positifs”. Dans la déclaration liminaire qu'il a fait lire aux journalistes togolais, M. Louis Michel a salué tout d'abord le succès de la conférence des bailleurs de fonds du Togo à Bruxelles les 18 et 19 septembre 2008. Il a souligné qu'après la réussite des législatives d'octobre 2007, la communauté internationale mise sur le Togo. Il a salué la nomination du nouveau Premier ministre qui est arrivé à la conférence avec un programme bien détaillé secteur par secteur qui a convaincu les partenaires du Togo. " Le Premier ministre et ses ministres ont passé des tests positifs à Bruxelles ", a souligné le Commissaire au Développement et à l'Action humanitaire. Comme prime à cette bonne tenue du Togo, M. Louis Michel annonce l'ouverture pleine de la Délégation de l'UE au Togo avec un représentant autonome.

Le gouvernement invité à communiquer et à travailler d'arrache-pied

Nous avons toujours dit que le grand problème de Faure, est qu'il ne communique pas. En politique, on doit rendre compte de ce qu'on fait. Même si ça ne va pas, ça donne l'illusion aux populations.

          Lors de son séjour, M. Louis Michel a remarqué ce qu'il appelle " l'attente justifiée de la population ". Chaque jour, on annonce aux Togolais les décaissements des fonds octroyés par les bailleurs de fonds et légitimement les populations attendent des résultats positifs. Louis Michel a exhorté le gouvernement à travailler d'arrache-pied sur les dossiers prioritaires et à communiquer sur l'aide attribuée au pays et sur les décisions prises et l'exécution des travaux des projets financés.

Interpellé sur les reformes

Après avoir rencontré les parlementaires, M. Louis Michel a promis aux élus du peuple un appui financier pour leur permettre de se spécialiser sur les réglementations législatives à travers le monde.

Mais comme il fallait s'y attendre, M. Louis Michel a été interpellé par les députés de l'opposition sur la lenteur des reformes institutionnelles et politiques contenues dans l'APG.

Selon Louis Miche, les reformes institutionnelles et le cadre électoral sont les points d'intérêt. Il a obtenu l'assurance du gouvernement que ses reformes sont prioritaires. Le gouvernement aurait déjà commencé à identifier les membres de la Commission Vérité -Réconciliation-Justice.  La mise à niveau des listes électorales serait en cours.

En conclusion, M. Louis Michel rassure que la communauté internationale est de nouveau avec le Togo. " Mais au-delà des aides, il revient aux Togolais de prendre leur destin en mains ", a souligné le Commissaire au Développement.

Les débats

Après avoir livré le message de Louis Michel, M. Sebregondi a répondu aux questions des journalistes togolais. Celles-ci ont tourné autour de la subvention budgétaire que l'UE vient d'accorder au Togo, sur les réformes politiques, sur les 15 ans de suspension de la Coopération, la gestion des projets financés, les APE, etc.

          Sur chacune des préoccupations, M. Sebregondi a donné des éclaircissements. A une question d'un journaliste de savoir si après tout le Togo, petit pays n'avait payé pour l'exemple, M. Sebregondi a rappelé le contexte de la suspension en invoquant l'article 96 de l'Accord de Cotonou. La Guinée et le Zimbabwé ont été aussi frappés par cet article.

Quant à la question de savoir qui a l'initiative des réformes politiques, il a seulement répondu que celles-ci sont importantes et figurent dans l'ordre prioritaire de l'action du gouvernement. Elles font aussi partie du cadre permanent de dialogue. Il a souhaité que le cadre soit plus élargi que le seul cadre parlementaire.

S'agissant de la gestion des projets financés, il a fait remarquer que l'UE ne s'impliquait pas mais veillait à ce que ses procédures d'engagement soient respectées.

Sur les 600 milliards d'aides promises au Togo, il a dit que l'enveloppe comprenait des dons déjà versés par l'UE. On remarquera dans les promesses chiffrées les 25 000 000 d'euro de l'Allemagne, le pays le plus réticent de l'UE, selon Sebregondi. La preuve selon lui qu'aucune entrave n'existe sur la voie de la coopération de l'UE avec le Togo. On s'en félicite donc. Il reste à nos dirigeants d'expliquer aux populations à quoi serviront ses subventions et dons en cascade accordés au pays.

Kao Victoire

 

Les grands défis de l’école togolaise

A cette nouvelle rentrée scolaire, qu'il soit permis de livrer quelques réflexions sur les problèmes de l'école togolaise qui comme un bateau, chavire.

Les infrastructures scolaires

Elles sont inexistantes. Les salles de classe de la capitale et des grandes villes tranchent avec des bâtiments scolaires des villages qui ne sont que des hangars où des pierres, des mottes de terre font office de table banc, où le tableau noir se réduit à un petit carré trouvé.

          La plupart de ces écoles sont des écoles communautaires créées par initiative locale pour faire face à la pénurie des infrastructures scolaires publiques. Que c'est triste de voir des enfants étudier dans de pareilles conditions. Par ailleurs, le manque de matériel didactique est criard : documents, craies, infrastructures sportives, manquent.

Les enseignants

Depuis la fermeture des écoles de formation (l'ENI de Notsè et l'ENS d'Atakpamé), les enseignants sont recrutés sans aucune formation pédagogique préalable sur le terrain. Ils se posent à eux des problèmes de transmission de savoir qu'ils ont pourtant. Car une chose est de posséder le savoir et une autre chose est de pouvoir le transmettre. Les inspecteurs chargés de pallier la situation sont rares comme des larmes de crocodile. Rares sont aussi les enseignants qui sont suivi par les inspecteurs sur le terrain. La plupart des enseignants ne sont pas compétents.

La politisation de l'éducation

L'école togolaise est positive. C'est la moindre des choses. Les directeurs et proviseurs d'écoles ont leurs couleurs politiques. Souvent, ils sont à couteaux tirés avec leurs agents qui ne sont pas du même bord politique qu'eux. Même le licenciement abusif des enseignants auxiliaires grévistes avait un goût politique et les affectations obéissent à des règles qui n'ont rien avoir avec des impératifs scolaires. L'éducation nationale semble cristalliser les dissensions politiques du pays.

L'enseignant, le parent pauvre de l’administration publique togolaise

Que c'est dur d'être enseignant au Togo ! Partout, la corporation est méprisée parce qu'elle tire le diable par la queue. Les locataires de maison refusent de louer leur maison aux enseignants qui sont considérés comme de mauvais payeurs.

Dans les familles, les enseignants gardent toujours le profil bas quand des problèmes se posent, faute d'argent.

L'enseignant consacre tout son temps à la réussite des enfants et ne peut faire autre chose pour arrondir les fins du mois. Alors que les employés dans d'autres secteurs de l'administration désertent leurs lieux de travail pour aller mener des affaires lucratives parallèles, l'enseignant n'a pas le temps de mener d'autres activités lucratives. Son absence se remarque tout de suite. Ceux des villages sont dans une situation plus pitoyable où il n' y a pas de répétition ou d'autres activités parallèles.

Il est temps de revoir les salaires des enseignants et de penser à payer des primes pour ceux qui acceptent d'aller servir dans les campagnes. Ceci va les encourager.

La démission des parents d'élèves

Les géniteurs de nos élèves semblent démissionner de la formation de leurs progénitures. Assaillis par les problèmes d'argent, ils sont très fatigués après avoir cherché et trouvé de l'argent pour payer la scolarité des enfants. Toute la charge est laissée sur les bras des enseignants et directeurs qui sont eux aussi dépassés par les événements. Ils sont rares à répondre aux convocations des directeurs quand leurs enfants se comportent mal. L'association des parents d'élèves semble appartenir à un passé lointain. Elle ne fonctionne plus normalement nulle part.

Par ailleurs il semble que les apprenant n'ont plus le goût de l'école. Ils sont plutôt appâtés par médias, la musique et d'autres distractions qui sont incompatibles avec l'école. Beaucoup de temps devant les écrans de télévision, dans les boîtes et peu de temps devant les cahiers. Dans les salles de classe, ils ont des comportements de délinquants, cherchant à verser dans l'insolence et dans la brutalité.

Faire face à la baisse du niveau scolaire

On ne le dira jamais assez, le niveau de nos élèves ne cesse de baisser. De la maternelle à l'Université, la situation est préoccupante. Il faut y faire face si on ne veut pas produire des analphabètes. La solution passe par le recrutement des enseignants compétents au maternelle et l'amélioration des conditions de vie des enseignants.

Les solutions

Nous saluons le décret instituant la gratuité de l'école préscolaire et primaire publique au Togo. Nous souhaitons que les écoles communautaires soient transformées en écoles publiques avec la prise en charge par l'Etat des collègues volontaires qui y travaillent. L'amélioration de leur situation peut régler beaucoup de problèmes.

          Les conditions de travail et de vie des enseignants doivent être aussi améliorées pour les mêmes raisons. Il est malsain que l'éducateur donne son cours dans un désarroi visible qui entrave la communication entre lui et les élèves.

          L’Etat doit penser à moderniser les salles de classe et faire en sorte que les effectifs pléthoriques deviennent des effectifs normaux (au plus 50 élèves par classe). Il faut réactiver la structure parent d'élèves qui peut apporter un appui.

 

Le gouvernement Houngbo en ordre de bataille

-        La gratuité de l'école primaire publique désormais une réalité

-        - D'importantes mesures urgentes prises par le gouvernement

-        -  Gilbert HOUNGBO sera-t-il l'homme du miracle togolais ?

Le gouvernement Houngbo a tenu mercredi 1er octobre dernier son premier conseil des  ministres au nouveau Palais de la Présidence de la République. Présidé par le chef de l'Etat, Faure Essozimna GNASSINGBE, ce conseil des ministres  s'est soldé par un train de mesures sociales urgentes dont la gratuité des frais d'écolage  à compter de la rentrée 2008-2009. C'est par les conseils du Président de la République que le conseil a débuté ses travaux. Celui-ci a insisté  sur la nécessité de travailler dans un esprit solidaire, de promouvoir la bonne gouvernance à travers la recherche de la perfection de façon à répondre à l'obligation  de résultat dont ils sont tenus.

En présentant sa communication relative aux résultats de la conférence de Bruxelles, le P.M. Gilbert Houngbo s'est réjoui des progrès considérables réalisés par notre pays en matière d'assainissement des finances publiques et en ce qui concerne la mise en place d'un environnement  propice au développement économique et à l'épanouissement du secteur privé.

Face à la dégradation poussée de la vie des Togolais éprouvés par 15 années de crise socioéconomique et de la suspension de la coopération, le conseil des Ministre a décidé de mener dans un délai de trois (3) mois, à compter  d'octobre 2008, des actions urgentes visant à alléger les souffrances des populations. Au nombre de ces mesures urgentes identifiées on citera entre autres la santé, l'agriculture, l'emploi  des jeunes, les infrastructures routières, les réformes politiques, la justice,   la sécurité sociale, l'éducation, etc. En effet, le conseil des ministres du 1er octobre  dernier a fait de la  gratuité des frais d'écolage une des promesses du candidat Faure, une réalité  pour les écoles préscolaires et primaires publiques. Le recrutement de deux mille cent trente (2.130) nouveaux enseignants est désormais chose faite. Ce personnel enseignant nouvellement recruté va être déployé sur le terrain dès cette rentée.  Outre la gratuité de l'école préscolaire et primaire publique, le conseil des ministres a pris entre autres mesures dans le secteur de l'éduction, l'ouverture à Attiégou (Lomé) et à Kantè (Kéran) de nouveaux lycées d'enseignement technique et professionnel  pour un montant de cinq cent (500) millions de France CFA. Cent (100) blocs pédagogiques, cent (100) blocs sanitaires et cinquante (50) points d'eau seront construits dans les écoles primaires d'ici novembre prochain.

En ce qui concerne les infrastructures, de grands travaux de réhabilitation des rues et le curage des égouts ont été annoncés et amorcés dans l'immédiat pour un montant de quatre (4) milliards de Francs CFA. En attendant la construction définitive des 3 ponts endommagés, la construction d'un pont temporaire permettant de rétablir la circulation à Amakpapé va démarrer ce mois d'octobre.

 Entre autres mesures urgentes prises en conseil des ministres,  il faut relever dans le secteur agricole la mise à la disposition des producteurs de vingt cinq mille (25.000) tonnes d'engrais vivriers pour la prochaine campagne agricole et le stockage de douze mille (12.000) tonnes de céréales visant à assurer une sécurité alimentaire. Dans ce sens, trois cent quatre (304) agronomes, vétérinaires et techniciens  agricoles seront recrutés, formés et équipés. Dans le secteur de l'énergie, le gouvernement entend accorder à la Compagnie Energie Electrique  du Togo (CEET), une subvention de neuf (9) milliards de Francs CFA. Au plan politique et institutionnel, les partis politiques seront  financés dès fin octobre 2008.

L'emploi des jeunes n'est pas du reste. D'où la mise en place imminente de l'Agence Nationale pour l'Emploi en vue de rendre le marché de l'emploi plus visible. De plus, le fonds de garantie pour l'installation des jeunes agriculteurs, le fonds national pour la promotion économique des jeunes, le fonds d'appui aux initiatives locales de développement et le fonds pour l'insertion des jeunes seront immédiatement rendus opérationnels.

En dehors des mesures ci-dessus relevées, le conseil des ministres a adopté un décret relatif à la transformation de l'Observatoire de la Sécurité Alimentaire du Togo (OSAT) en Agence Nationale de Sécurité Alimentaire du Togo (ANSAT) pour mieux faire face à la vie chère et au risque d'aggravation du niveau de pauvreté.

En dehors du conseil des ministres, la journée du 1er octobre a été marquée par un débat télévisé sur la TVT au cours duquel le Premier ministre Gilbert Houngbo a eu à répondre aux questions de notre confrère Franck MISSITE relative  aux retombées de la table ronde de Bruxelles et aux mesures urgentes prises quelques heures plutôt en conseil des ministres.

S'agissant des mesures urgentes prises par le gouvernement en conseil des ministres, le premier ministre a dit être conscient de la lourdeur de la mission qui l'attend et est déterminé avec la franche collaboration de toute son équipe à  tout mettre en œuvre pour non  seulement répondre aux attentes du chef de l'Etat Faure Essozimna GNASSINGBE, mais également à ceux des populations. Pour lui,  répondre aux attentes des populations est l'objectif ultime de son gouvernement. Cela explique la pertinence des mesures urgentes prises dans la matinée du 1eroctobre en conseil des ministres.

Pour ce qui est de la table ronde de Bruxelles, le premier ministre a déclaré une fois de  plus que le succès de ces assises loin d'être une victoire, n'est rien d'autre qu'une bataille de remportée et ceci grâce aux efforts et au travail d'équipe réalisé ces dernières années par l'ensemble de la classe politique.

Il est donc déterminé à oeuvrer  pour remporter cette victoire dont a besoin le peuple togolais.

Gilbert HOUNGBO sera-t-il l'homme du miracle togolais ?

Après la deuxième guerre mondiale, il y a eu le miracle allemand. Y aura-t-il le miracle togolais après quinze ans de ruine occasionnée par la crise sociopolitique ? En Allemagne, le miracle a eu lieu grâce à la bravoure du peuple allemand mais aussi grâce au leadership politique du chancelier ADENAUER.

Au Togo, avec Houngbo aux côtés du président Faure, c'est comme quelque chose est en train de changer. C'est trop tôt pour juger l'action du nouveau du Premier ministre. Mais il donne l'impression de faire bouger le mammouth.  Faure a son style de travail qui consiste à ne pas faire de bruit. En politique, ça ne marche malheureusement pas. Houngbo semble être  l'opposé de son mentor. Il veut bouger en osant. A la manière d'un Sarkozy, il veut tout embrasser : les infrastructures, la santé, l'agriculture, l'éducation, la presse, les réformes politiques, etc. Il veut être partout.

Le dernier conseil des ministres en est la preuve avec un train de mesures et besoins à satisfaire. Il a la volonté d'avancer. En aura-t-il les moyens ? Au Togo, tous nos dirigeants sont bons à leur début. Mais après, c'est comme ils se heurtent à un mur infranchissable. Qui aurait cru que l'énarque Kodjo aux côtés de Faure ne réussirait à nous sortir des goulots d'étranglement ? Et qui aurait aussi cru qu'après avoir réussi les réformes politiques, Faure  replongerait le pays dans un immobilisme suicidaire au point de procéder à des changements en cascade des gouvernements ?

          Avec Houngbo, c'est un autre style. L'homme prend des initiatives et fait le pari. Mieux, il veut communiquer avec le public par le biais de la presse. Un fait rare dans notre pays. Dans un Togo complexe, le P.M Houngbo a un atout qu'aucun de ses prédécesseurs n'avaient : il n'appartient à aucun parti en tout cas pas déclaré. Son seul parti, le Togo et les Togolais. Comme tel, il peut réussir mais à condition de vaincre toutes les forces d'inertie. Attendons de voir.

Kao Victoire & Joël Koye

 

Talaki : Mission accomplie

Le gouvernement qui vient de tomber aura laissé un goût amer à plus d'un ministre. Nombreux sont ceux qui de bonne foi auraient aimé finir des projets qu'ils ont initiés avant de quitter leur poste. Mais tant qu'il y aura la continuité de l'Etat, les partants n'ont rien à craindre. Leurs successeurs feront le travail pour peu qu'ils aient transmis des dossiers transparents. Par contre c'est le cœur en paix que d'autres ministres ont quitté leur poste parce qu'estimant leur mission accomplie et bien accomplie.

C'est le cas du ministre des Travaux Publics, M. Talaki qui est très fier d'avoir réussi à faire ce pourquoi il a remué ciel et terre pour devenir ministre : à savoir chasser son irréductible ennemi de la Direction du Fonds d'Entretien Routier (FER). En effet, depuis son arrivée à la tête du ministère des T.P, Talaki aurait fait de la fixation.  Balayé de la tête des TP par celui qui est aujourd'hui président de la République, Talaki avait l'occasion de se racheter en assumant bien sa nouvelle fonction de ministre. Mais hélas !Presqu'à chaque visiteur, il promettrait de faire tomber Tchamsi, le D.G du FER en moins d'une semaine. La bataille fut rude. Et avec la complicité de quelques traîtres amis et frères de Tchamsi, Talaki réussit son coup. Mieux que de faire tomber le DG du FER, il a assassiné le FER lui-même au moment où on avait le plus besoin de ce service pour faire face aux routes et ponts effondrés !

Qu'importe, sa vengeance assouvie, Talaki en vue de récompenser ses hommes aurait procédé à de honteuses surfacturations sur les travaux urgents en cours. Le confrère " Le Républicain " nous a dit preuve à l'appui comment Talaki a voulu soutirer 400 millions sur un simple trou à boucher à Togblékopé sur le pont du fleuve Zio.

En effet, pour un travail de moins de 100 millions, M. Talaki en demandait plus de 500 millions. Maintenant qu'il est parti, comment va-t-il payer sa dette de reconnaissance ? Peu importe. Il est heureux d'avoir détruit son ennemi Tchamsi, son frère au sein du même parti et c'est ça qui compte pour lui…

Mais comparé à ses surfacturations à lui, Tchamsi apparaît comme un enfant de chœur, puisque lui n'a jamais pu rien prouver contre le FER sollicité qu'il fut par des loups Il aura tout son temps maintenant pour méditer cet adage des maîtres spirituels : " Ce que tu fais, te fait "

A.D.

 

 
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