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« Mon rêve,
c’est de faire du Togo dans les cinq ou dix prochaines années, un pays
émergent ». Cette phrase vient de l’ex-Monsieur Afrique du PNUD (Programme
des nations unies pour le développement), nommé depuis le 07 septembre 2008
premier ministre de la République Togolaise. C’était lors de sa première
sortie médiatique le 1er octobre
dernier. En s’exprimant ainsi, Gilbert Fossoun Houngbo vient de se lancer un
défi de taille. Aura-t-il les moyens de le relever ? La question reste
posée. Toujours est-il que de par le monde, en Asie notamment, c’est à
travers de tel rêve que certains grands hommes ont pu faire de leur pays de
véritable puissance industrielle de premier ordre aujourd’hui.
Pays émergent, tentative
de définition
Dans un article de la «Libre
Belgique», l’auteur écrit que les pays émergents sont ceux dont la
croissance économique est sérieusement amorcée (croissance du PIB et des
exportations de produits manufacturés, augmentation des flux internationaux
de capitaux) et qui ont une infrastructure financière présentant des
risques. Ce sont en fait des pays qui connaissent plusieurs années de
croissance positive. Ils ont aujourd’hui pour noms : le Brésil, la Chine, le
Taïwan, la Turquie, le Maroc, la Tunisie, le Vénézuéla, l’Argentine, etc.
Pour Arnaud Millien,
statisticien-économiste auprès de la revue française «Variances», « un
pays émergent est en réalité un pays dont l’économie est en transition ».
La croissance d’un tel pays poursuit-il «n’est plus basée sur
l’exploitation agricole, mais sur une industrie en pleine croissance». «Un
pays émergent d’aujourd’hui conclut-il, c’est un pays développé de demain».
Au vu de cette approche
analytique du concept de pays émergent, tout porte à croire que le Togo dont
l’agriculture est en convalescence et dont le tissu industriel se résume à
quelques unités de production ne saurait en espace d’une dizaine d’années
s’élever au rang des pays comme le Brésil ou la Chine. En effet avec leur
niveau de développement, parfois enviable quand on se retrouve du côté de
Lomé ; le Sénégal, le Nigéria, le Kenya, l’Inde ou encore le Ghana, la Côte
d’Ivoire et le Burkina Faso sont autant que le Togo classés par la Banque
mondiale comme des «pays à revenu faible». C’est dire qu’avec des
taux de croissance largement supérieurs (+8% en 2004 pour le Burkina ; +6%
pour le Sénégal ; +6.1% pour le Mali) à ceux du Togo qui, selon Komlan Mally,
n’a guère dépassé 1% ces dix dernières années, ces pays ne sont pas classés
parmi les nations émergentes. En clair, pour que le rêve de l’ex-Monsieur
Afrique du PNUD devienne réalité sur la Terre de nos aïeux, il va falloir
que toute une batterie de mesures pragmatiques et réalistes (ce qui est
différent des mesures opportunistes et électoralistes) soit prise. Faure
Gnassingbé et dans une moindre mesure, le technocrate et adepte Keynésien
Gilbert Fossoun Houngbo auront-ils les moyens financiers, politiques et
géopolitiques nécessaires pour faire du Togo un pays émergent à l’horizon
2030 ? la question reste posée. Vivra verra, sera-t-on tenté de conclure.
Gilbert Fossoun Houngbo,
du rêve à la réalité ?
Loin d’être une utopie, le
rêve de Gilbert Fossoun Houngbo pour le Togo, dit un professeur d’économie à
l’Université de Lomé, est réalisable, peut être pas dans 10 ans, mais un peu
plus. Pour y parvenir, il faut, poursuit l’universitaire, une vision et des
hommes pour la réaliser. Or fait-il observer, au Togo,
les autorités semblent plus préoccupées par les élections que par la
construction d’une nation forte prospère et moderne.
En effet,
fait remarquer l’économiste en question, les récentes mesures annoncées par
les autorités paraissent plus électoralistes que pragmatiques. D’après ce
dernier, construire une nation prospère, demande des préalables sans
lesquels tout effort de prospérité sera voué à l’échec. Au nombre de ces
préalables, il cite la volonté politique et le pragmatisme économique. La
volonté politique dit-il, pour prendre des mesures courageuses et parfois
impopulaires, quitte à heurter certaines sensibilités. Le pragmatisme
économique pour allier les exigences d’une certaine mondialisation et les
impératifs nationaux. Ce langage un peu codé parait pour l’instant dénué de
sens du côté de Lomé.
A quelques
15 mois du prochain scrutin présidentiel, la course est plutôt aux actions
d’éclats et aux mesures populistes. L’objectif est de montrer à l’électorat
qu’on pense à lui et qu’on tient ses promesses. Pourra-t-on ainsi construire
une nation prospère ou un pays émergent, seule l’élite dirigeante saura y
répondre. Les gesticulations des théoriciens des modèles économiques sont
trop littéraires et méconnaissent trop les réalités géopolitiques du pays
pour être « vraies ».
Qu’à cela
ne tienne, le 16 septembre dernier, le nouveau premier ministre togolais
présentait devant les députés de l’Assemblée tricolore un ambitieux
programme dit d’urgence, axé sur le document de stratégie intérimaire de
réduction de la pauvreté (DSRP-I). Dans ce programme, l’ex-Monsieur Afrique
du PNUD entend faire du Togo « une nation moderne et forte ». Ce
qu’il explicitera 15 jours plus tard en ces termes : « mon rêve est de
faire du Togo, un pays émergent » dans les 5 ou 10 prochaines années. En
sa qualité de président du groupe parlementaire UFC (Union des forces de
changement), premier parti de l’opposition parlementaire togolaise,
Jean-Pierre Fabre ne se fera pas prier. Pour lui, les promesses de M.
Houngbo ne sont «qu’un catalogue de bonnes intentions». Son collègue
du CAR (Comité d’action pour le renouveau), Kossi Amégnona fera observer que
le diagnostic du mal togolais fait par le technocrate Houngbo est «incomplet».
En effet,
d’après le professeur Aimé Gogué de l’Alliance des démocrates pour le
développement intégral (ADDI), le problème togolais est d’origine politique.
Cette vision est partagée par son collègue Comi Touléabor qui estime
qu’aussi longtemps qu’on ne trouvera pas une solution à cette crise qui,
depuis le premier coup d’Etat de 1963, pollue la vie politique nationale, on
tournera en rond. Au-delà de ces observations politiciennes, les togolais
peuvent analyser les exemples venus d’ailleurs.
Asie,
miracle ou vision ?
Dans leur
livre «La grande bataille, les marchés à l’assaut du pouvoir», publié
en janvier 2000 aux éditions Odile Jacob, Daniel Yergin et Joseph Stanislaw,
racontent l’histoire épique des pays asiatiques qui, après le désastre de la
première et de la deuxième guerre mondiales, talonnent aujourd’hui les
supers puissances occidentales.
Après la
crise économique et financière de 1997, racontent-ils, un fait exceptionnel
allait marquer le monde entier. Alors qu’on ne les voyait pas venir, les
pays asiatiques ont pris la parole pour dire aux puissances occidentales
qu’il faut désormais compter avec eux. «Comment tant de pays étaient-ils
parvenus simultanément à s’élever si haut, et si vite ?» se
demandent-ils. Mahathir Mohamad alors premier ministre malaisien croit le
savoir : son pays (comme tous les autres de l’Asie de l’Est et du Centre)
n’a connu que la croissance généralement supérieure à 6% par an.
A ceux qui
parlent de «miracle asiatique», l’ex-premier ministre de la Malaisie
répond : «Il n’y a pas de miracle asiatique. Ce qui nous a conduits là,
c’est une certaine conception de l’économie. Et le fait d’avoir su le
traduire en actes». D’après M. Mahathir, leurs pays ont fait des choix
politiques et économiques qui se sont révélé les meilleurs. En quoi consiste
alors la formule asiatique, se demandent les auteurs de l’ouvrage sus
mentionné. A travers les variantes, répondent-ils, une constante apparaît :
un compromis entre le nouveau libéralisme (celui des années 1970-1990) et le
planisme. Pour le reste, constatent-ils, les interprétations divergent.
Certains notent l’omniprésence discrète du gouvernement. Dans tous ces pays,
écrivent-ils plus loin, une élite bureaucratique avait pour mission de
détecter les entreprises prometteuses, de les conseiller dans leurs
orientations stratégiques et de les protéger par des mesures tarifaires, de
crédit ou d’investissement. En somme, ici, gouvernement et entreprise
marchaient main dans la main.
Japon,
le complexe de la défaite
Le cas
japonais paraît plus étonnant et plus épique.
«En
1945, ce pays offrait le spectacle d’un pays dévasté. Humilié par la
défaite, ses dirigeants arrêtés, discrédités, sans toit, la nation nipponne
se trouvait réduite à la survie, démoralisée, à la dérive. Les premières
années de l’après guerre allaient être marquées par la désorganisation, la
pénurie et l’inflation. A la fin des années 40, l’occupation américaine,
financièrement couteuse et politiquement reléguée au second plan par
l’émergence de la guerre froide, adoptait un cours inversé. : La priorité
était désormais au redressement économique du japon», dixit Daniel
Yergin. Un plan sera mis en place à cet effet. En 1952, la guerre de Corée
transformait le Japon en base d’approvisionnement aux troupes américaines,
provoquant un boom sur les
exportations. A partir de cet instant le royaume nippon va passer du
redressement économique à la croissance soutenue.
Résultat
de tous ces efforts, aujourd’hui, le Japon est la deuxième puissance
économique mondiale, alors que nombre de pays asiatiques qui, en 1960
avaient un PIB (Produit intérieur brut) à peine égale à celui du Ghana ou
encore du Togo, sont passés au stade de pays émergents. D’aucuns parlent
même de «puissances de demain». Le secret de toutes ces réussites se
résume en un seul mot : la foi. La foi dans le travail, la foi dans l’homme.
Les japonais, les chinois, les coréens du sud, les philippins, les Thaï et
autres ont cru en leurs capacités et en leurs ressources (qu’elles soient
humaines ou minières) et ils sont là où on les voit aujourd’hui. Loin, très
loin de l’Afrique et très proche de l’Occident. En l’espace de 40 ans, les
pays asiatiques ont réussi à renverser la vapeur et s’imposent aujourd’hui,
non pas comme des forces négligeables, mais comme de véritables puissances
intermédiaires.
En un mot,
l’Asie a bataillé dur. Elle a moins pensé aux élections. Son souci premier,
c’était de se faire respecter et de damer le pion à l’Europe. L’Afrique ou
encore le Togo peut-il y parvenir, Gilbert Houngbo y croit. A lui d’en faire
donc la démonstration.
Marc
d.
Kouakani-Assi
Visite du commissaire européen à Lomé :
Louis Michel au contact des réalités des populations
De
passage à Lomé cette fin de semaine et en provenance d’Accra (au Ghana) où
il a pris part au sommet des pays ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique), le
commissaire européen au Développement Louis Michel a rencontré les
différents acteurs de la vie sociopolitique du Togo. Le but de cette
rencontre était de mesurer les avancées et progrès réalisés par le pays et
qui ont été vantés à Bruxelles (Belgique) en septembre dernier, lors de la
table ronde des bailleurs organisée par les autorités togolaises.
Arrivé
dans la capitale togolaise en fin d’après-midi du vendredi 03 septembre, le
commissaire européen au Développement et à l’Action humanitaire, Louis
Michel a eu plusieurs rencontres avec différentes autorités du Togo. Pendant
les 48 heures qu’a duré son séjour, le diplomate européen a rencontré
successivement le chef de l’Etat Faure Gnassingbé, le Premier ministre
Gilbert Houngbo et certains membres de son cabinet, le président de
l’Assemblée nationale Abbas Bonfoh puis les présidents des groupes
parlementaires. L’ex-chef de la diplomatie belge s’est aussi entretenu avec
la communauté des ambassadeurs des Etats membres de l’UE au Togo. M. Michel
a également échangé avec les acteurs locaux de la société civile et a visité
certains projets en cours de réalisation et financés par l’Union européenne.
Sa rencontre avec la presse prévue dans la soirée du samedi dernier s’est
plutôt déroulée avec ses lieutenants Séréani Sébregondi, représentant
résident à Accra de la Commission européenne et Joao Mélo de Sampaïo, chargé
d’Affaires de la commission résident à Lomé.
Au cours
de ces différentes rencontres, le commissaire européen a rappelé la
confiance que la communauté internationale accorde désormais au Togo
d’aujourd’hui au regard des avancées que le pays a fait sur le plan
politique (référence aux législatives d’octobre 2007dont le déroulement a
été qualifié de « globalement satisfaisants » par la communauté
internationale) et sur le plan de la gouvernance économique.
D’après M. Michel, la communauté internationale mise désormais sur le Togo
comme un pays fréquentable qui a besoin d’être accompagné surtout au regard
du PIAP (Programme intérimaire d’actions prioritaires) présenté par le
Premier ministre à Bruxelles. Conférence à la suite de laquelle les
partenaires au développement de Lomé et les bailleurs de fonds ont confirmé
la reprise de la coopération avec le Togo et le déblocage en sa faveur de
financements ainsi que l’ouverture prochaine de leurs représentations à
Lomé, y compris celle de la délégation de la commission de l’UE.
En
rencontrant les députés togolais, Louis Michel a écouté les présidents des
différents groupes qui lui ont exposé leurs préoccupations. Pour Kossi
Amegnona (président du groupe parlementaire du CAR (Comité d’action pour le
renouveau), « le Togo ne peut pas avancer en comptant seulement sur les
aides en espèce. Il nous faut aussi des institutions fiables et de la bonne
gouvernance ». Son souhait aujourd’hui est que toutes les promesses
faites par les bailleurs de fonds puissent se sentir dans les jours à venir
dans le panier de la ménagère. L’UFC (Union des forces de changements),
représenté par Patrick Lawson, a pour sa part demandé au commissaire
européen d’aider le Togo a évolué dans la mise en œuvre des réformes
institutionnelles et constitutionnelles prévues par l’APG (Accord politique
global). L’autre question qui a préoccupé le président de la commission du
développement est celle du financement des partis politiques. Selon M.
Lawson, cette disposition devra permettre d’éviter à l’avenir l’achat des
consciences et d’offrir une formation aux cadres électoraux pour que les
prochaines élections « soient meilleures » par rapport aux
législatives du 14 octobre 2007. Pour Dama Dramani, président du groupe
parlementaire RPT, le commissaire européen a donné son point de vue sur les
avancées réalisées par le Togo. Des progrès qui sont « nets, clairs, sans
ambiguïté », ce qui donne du crédit au Togo, a-t-il dit. D’après M.
Dramani, Louis Michel a également souhaité qu’au niveau de l’Assemblée
nationale, un travail parlementaire soit fait pour accompagner la volonté
politique des autorités à s’investir dans les réformes.
L’ex-chef
de la diplomatie belge a par ailleurs, au cours de sa visite, rencontré de
simples citoyens togolais auprès de qui il a déclaré avoir noté une
certaine impatience et une attente pour l’amélioration de leurs conditions
de vie. C’est en ce sens qu’il a exhorté les gouvernants à respecter le
programme de politique générale présenté par le cabinet Houngbo pour sortir
définitivement le pays de la crise.
Louis
Michel poursuit sa tournée africaine aujourd’hui au Bénin avant de se rendre
au Mali demain.
Sedjrawodo A. Adry
Suppression des frais de scolarité au préscolaire et au primaire au Togo :
Une décision à double facettes !
L’annonce
mercredi 03 septembre dernier par le gouvernement de la suppression des
frais de scolarité dans le préscolaire et dans le scolaire suscite des
inquiétudes chez les chefs d’établissements concernés par cette mesure. Et
pour cause, ces derniers se voient dépouillés des fonds qui, avant la
présente décision, leur permettaient de faire face aux besoins courants des
établissements dont ils ont la charge. «Comment allons-nous nous prendre
pour assurer le fonctionnement quotidien de nos établissements ?», voici
la question que se posent certains de ces directeurs d’écoles.
En effet,
d’après nos sources, une partie de l’écolage revient sous forme de ristourne
aux établissements. Ils y servent de budget de fonctionnement. Ce fonds
permet dans certains cas le payement d’une partie des salaires des
enseignants volontaires (ils sont en faite payés par les parents d’élèves à
l’aide des cotisations parallèles), les gardiens d’écoles, les femmes de
ménages, etc… «Je me demande si l’Etat togolais, en supprimant les frais
d’écolage, va en même temps allouer des subventions aux écoles pour
leurs besoins internes», s’est interrogé un directeur d’une école de
base à Lomé.
Affirmatif, répond le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire.
D’après ce dernier, une subvention de 200 millions de francs CFA sera
allouée aux établissements pour leur permettre de faire face à leurs besoins
courants. Tout en saluant cette initiative des autorités togolaises, un
responsable d’une association de parents d’élèves fera remarquer que le
montant prévu pour venir en aide aux établissements est assez modeste et ne
concerne en réalité que les EDIL. Et d’ajouter que la suppression brusque de
l’écolage va poser problème.
Par
ailleurs, le gouvernement a promis mettre à la disposition des écoles, le
matériel pédagogique nécessaire. Mais, au-delà du matériel de travail,
soutiennent certains chefs d’établissements, les écoles doivent
nécessairement disposer d’un fonds de roulement pour faire face aux
éventuels imprévus. Où les trouveront-ils ? La question reste sans réponse.
Véritable gratuité de l’école ?
A
l’analyse de la décision du gouvernement relative aux frais scolaires dans
le préscolaire et dans le scolaire, il est clair que parler de gratuité de
l’école est un abus de langage. Pour certains analystes, la décision
gouvernementale, contrairement aux interprétations des uns et des autres, ne
s’apparente pas à une gratuité de l’école, mais constitue une simple
suppression pure et simple des frais de scolarité. Dans le communiqué du
conseil des ministres, il est écrit que «les frais d’écolage seront pris
en charge par l’Etat pour tous les élèves des écoles préscolaires et
primaires publiques».
La
gratuité de l’école, selon ces sources, signifie que l’Etat prend en charge
l’écolage, les frais de fournitures scolaires, etc.…
De toute
évidence, il apparaît que la suppression de l’écolage dans le préscolaire et
dans le scolaire, quoi qu’étant salutaire pour les parents d’élèves, revêt
au même moment la casquette d’une décision à double facettes.
«Exonérer»
de payer les frais de scolarité, les parents seront de toute évidence plus
sollicités dans le cadre des cotisations parallèles pour permettre aux
établissements de faire face à certaines charges courantes.
Grégoire Awesso |