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Lomé,
le 05 Oct. 2008 -
Le premier conseil des ministres du gouvernement du nouveau premier
ministre Gilbert Houngbo, s’est réuni le premier octobre 2008, à la nouvelle
présidence à Lomé 2. A l’issue des travaux, plusieurs mesures sociales ont
été adoptées. C’est notamment la prise en charge des frais d’écolage du
préscolaire et du primaire dès cette rentrée 2008-2009, la réhabilitation et
l’équipement des centres régionaux et préfectoraux de santé, le recrutement
de 2130 nouveaux agents de l’enseignement, la réhabilitation des
infrastructures routières et beaucoup d’autres mesures. Le conseil a
également pris un décret portant transformation de l’Observatoire pour la
sécurité alimentaire du Togo (OSAT) en une Agence Nationale de Sécurité
Alimentaire du Togo (ANSAT).
Les conclusions de ce premier conseil du gouvernement Houngbo a suscité
des réactions diverses au sein des populations togolaises. En voici quelques
unes.
« Les Togolais l’ont toujours attendue. Enfin, elle est aujourd’hui
effective, la gratuité de l’école au Togo. Selon le communiqué du conseil
des ministres, seul l’écolage sera gratuit. Il faut s’en réjouir, car c’est
déjà un pas. C’est comme cela que les Togolais peuvent trouver des solutions
à leurs problèmes. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Encourageons les
autorités pour qu’elles fassent mieux », a déclaré
M. Attikpo Firmin
fonctionnaire d’Etat.
« Moi, je suis un père de famille, j’ai actuellement trois enfants à
l’école primaire. En dehors de mes propres enfants, je supporte quatre
autres enfants qui sont issus de mon frère et de ma sœur qui ne vivent plus.
Au village, je porte assistance à plusieurs enfants des cousins et des
tantes. Vous imaginez quelle peut être ma joie à l’annonce d’une telle
nouvelle ! C’est vraiment un soulagement pour moi », s’est exclamé, M.
Bernard Banle, chauffeur au ministère de la santé.
« Dans certains villages, des
enfants ont du mal à finir leur cursus scolaire primaire pour cause
d’incapacité de payement d’écolage. Cette mesure du gouvernement, participe,
selon moi, à la lutte contre l’abandon d’études avant le premier diplôme
scolaire qu’est le Certificat d’Etudes du Premier Degré (CEPD) »,
déclare,
M. Alayi Solim,
gendarme.
« Rappelez-vous un peu les promesses du chef de l’Etat lors de la
campagne présidentielle de 2005. Dans une brochure, il a résumé son
programme de développement du Togo qu’il a baptisé ‘’Les 20 plus’’. La
gratuité de l’école fait partie de ces ‘’20 plus’’. Le président Faure a
l’intention de changer le destin des populations de ce pays. Vous allez
voir », a déclaré
M. Aladji Fiacre, fonctionnaire à la direction des impôts.
« C’est bien, lorsque l’Etat décide de prendre en charge l’écolage du
préscolaire et du primaire. Mais qu’est ce que cela représente comme
charges ? L’écolage coûte combien au primaire ? Environ 6.000 F CFA au plus.
Considérez les charges liées aux tenues, aux fournitures ; ce que l’enfant
doit manger à l’école, la santé. Moi je pense qu’on ne peut pas parler déjà
de gratuité de l’école au Togo comme les gens le clament si haut. La
gratuité de l’école, c’est bien de choses qui sont prises en compte. Ce
n’est pas seulement la prise en charge de l’écolage qui ne représente
d’ailleurs presque rien », note
M. Casimir Credo.
« Au Niger, depuis longtemps, nous assistons à la gratuité de
l’école. L’Etat a tout subventionné : la tenue, la quotient, les fournitures
etc. C’est tout ce qu’il faut pour que l’élève étudie sans problème », a
souligné
M. Salifou Ibrahim, conducteur d’engin lourd.
« Qui est-ce qui envoie encore son enfant dans les écoles publiques
au Togo ? D’ailleurs combien d’écoles y a t-il ? A l’intérieur comme ici à
Lomé, sur 100 enfants moins de 5 enfants sont inscrits au public. Des salles
de classe avec des effectifs pléthoriques. A la fin de l’année, sur 100
élèves dans le public, à peine 20 réussissent à leurs examens. Voilà la
réalité dans ces écoles publiques dont on parle tant. C’est pour toutes ces
raisons que des écoles privées naissent toutes les années dans chaque coin
de rues. Ces écoles privées ont fait leur preuve au Togo. Les parents n’ont
plus confiance aux écoles officielles. Il serait souhaitable d’accorder
également des subventions à ces écoles privées pour que les écolages soient
du moins réduits pour les élèves dans ces écoles, si ces frais d’écolage ne
peuvent pas être entièrement pris en charge par le gouvernement », note,
M. Ayi Paméla, directeur du complexe scolaire,
Le Secquoi.
Kounakou Prosper, assistant médical : « Le système de santé est en déconfiture. Le
Togolais n’a plus droit aux soins de santé. Lorsqu’on évacue un malade dans
nos hôpitaux au Togo, même en urgence, les parents sont obligés de cotiser
de l’argent avant même les premiers soins. Ce n’est pas normal. Aucune
mesure d’urgence n’est prévue. Maintes fois, nous avons assisté
malheureusement à la mort des patients lorsque les parents n’ont pas les
moyens pour réagir. Tout l’équipement est désuet. Toutes les installations
sont délabrées. Les conditions du travail laissent à désirer. Si le
gouvernement décide enfin de revoir la situation pour apporter des solutions
au problèmes de santé au Togo, nous devons saluer cette initiative ».
Padaro Pierre : « Mes chers amis, le Togo va connaître de beaux jours, nous allons
oublier nos souffrances. Il faut donner le temps à Faure Gnassingbé, le Togo
redeviendra la Suisse d’Afrique. ‘’Les vingt plus’’ seront réalisés.
Bientôt, nous allons nous soigner gratuitement dans nos hôpitaux. Il faut
que tous les togolais se mettent au travail, Faure nous garantit le bonheur
dans un proche avenir.»
M. Gnalo Pirizam « Au cous de cette semaine, 2130 chômeurs changent de cadre social
avec des répercussions positives sur les membres des familles et sur la
société. Qui dit mieux ? Des écoles qui avaient insuffisance de personnel,
vont encore renforcer leur corps professoral. Alors pourquoi ne pas s’en
réjouir ? »
Voilà quelques réactions que nous avons recueillies au sein des
populations togolaises suite à l’annonce des mesures prises par le premier
conseil du nouveau gouvernement. |