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Education, routes, énergie, santé, agriculture et élevage, justice, Cour des
comptes, finances, emploi, sécurité, sports, presse, etc. C’est autant de
secteurs qu’embrasse le programme à court terme du gouvernement de Gilbert
Fossoun Houngbo. En tout, 40 milliards de francs Cfa seront injectés dans
ces projets d’ici le mois de décembre 2008.
Pour son tout premier conseil des ministres, le nouveau Premier ministre
Gilbert Fossoun Houngbo veut joindre l’action à la parole. Il avait promis
que, sous la conduite de Faure Gnassingbé, les Togolais doivent toucher du
doigt, au jour le jour, la réalité des actions du gouvernement. Des actions,
il en a définies d’urgentes. Sur une courte durée : trois mois.
Reconductible. Du concret pour ne pas perdre le fil de ses idées ou au
risque de ne pas en achever une seule avant d’abandonner le poste un jour
par le jeu politique.
En attendant les 600 milliards de francs Cfa promis il y a deux semaines à
la conférence des partenaires au développement du Togo à Bruxelles, le
gouvernement, sur fonds propres, va investir 40 milliards de francs dans une
quinzaine de secteurs pour le compte d’un programme à court terme. Quitte à
donner l’exemple de la bonne volonté des autorités togolaises.
Les gros projets
L’agriculture et l’élevage, les infrastructures, l’éducation, la santé et
l’énergie raflent la mise. Sur le plan agricole, il est prévu un
investissement de 18,07 milliards de francs, dont 14 milliards pour l’achat
d’engrais, 2,2 milliards pour les stocks de sécurité alimentaire pour une
quantité de 12.000 tonnes, 1,7 milliard pour les semences commerciales, etc.
Il est également retenu le recrutement, la formation et l’équipement de 304
agronomes, vétérinaires et techniciens agricoles.
Afin de rendre les routes et les pistes rurales plus ou moins fréquentables,
il sera consacré dans l’immédiat 4 milliards de francs à des travaux de
réhabilitation. Il s’agit essentiellement de l’entretien par le reprofilage
et le bouchage de trous des rues principales et secondaires de la ville de
Lomé sur une distance d’environ 200 km, de la réhabilitation des rues autour
des principaux marchés de la capitale et des ouvrages d’assainissement.
Au titre de l’éducation, il est prévu la prise en charge des frais de
scolarité du préscolaire et du primaire publics, le recrutement de 80
éducatrices de jardin d’enfants et de 1.600 nouveaux enseignants pour le
primaire ; la construction de 100 blocs pédagogiques, 100 blocs sanitaires
et 50 points d’eau dans les écoles primaires au coût de 150 millions de
francs. Dans le secondaire, le gouvernement va recruter 450 enseignants à
repartir, à raison de 250 pour le 1er cycle
et 200 pour le 2nd cycle.
Le recrutement et le déploiement de tous les nouveaux enseignants, au nombre
de 2.130, coûteront à l’Etat environ 2,1 milliards de francs par an au titre
des salaires. Il faut souligner qu’un demi-milliard de francs sera consacré
à la construction de deux nouveaux lycées technique et professionnel à
Attiégou (Lomé) et à Kanté.
Au titre de la santé, 3,7 milliards de francs seront investis dans la
réhabilitation et l’équipement de centres hospitaliers à Lomé et à
l’intérieur du pays, l’achat des antirétroviraux (ARV), la construction de
structures sanitaires à Kara et à Lomé.
L’énergie électrique, devenue depuis un moment la principale préoccupation
des gouvernants, sera subventionnée à hauteur de 9 milliards de francs, dont
une bonne partie est destinée à l’achat de combustibles pour la centrale
thermique. Tandis que 1,2 milliard de francs seront consacrés à la
réalisation de 150 forages d’eau avant décembre 2008.
La réalisation de l’ensemble de ces mesures et actions – qui s’intègrent
parfaitement dans les réformes en cours – «exige beaucoup d’efforts et de
sacrifices de la part du gouvernement, mais aussi et surtout l’adhésion et
le concours de chaque Togolais pour le progrès de notre pays», a
souligné le Premier ministre dans sa communication au conseil des ministres.
La responsabilité et la conscientisation des agents des administrations
publiques sont par ailleurs interpellées pour la réussite de ces actions
d’urgence.
Sylvestre D.
Dilemme dans l’enseignement togolais :
Le public totalement gratuit, le privé fixe 30.000F au minimum
L’Exécutif veut aller vite. Et pour les trois mois qui viennent. En témoigne
la salutaire décision de rendre gratuite, dès la rentrée de lundi, la
scolarité dans le préscolaire et le primaire de l’enseignement public.
«Les frais d’écolage seront pris en charge par l’Etat pour tous les élèves
des écoles préscolaires et primaires publics dès la rentrée du 6 octobre
2008. Deux mille cent trente (2130) nouveaux enseignants seront recrutés et
déployés dès cette rentrée. De nouveaux lycées d’enseignement technique et
professionnel d’un montant d’un demi-milliard, seront ouverts à Attiégou
(Lomé) et à Kantè. Toujours dans le domaine de l’éducation, cent (100) blocs
pédagogiques, cent (100) blocs sanitaires et cinquante (50) points d’eaux
seront construits dans les écoles primaires dans le mois de novembre 2008»,
précise le texte rendu public. La justification est simple : l’école étant
obligatoire pour les enfants des deux sexes jusqu’à l’âge de 15 ans, il est
du devoir de l’Etat de créer les conditions favorables à cette fin.
Voilà qui s’interprète comme une bouffée d’oxygène pour de nombreux parents
d’élèves, si on analyse le refrain de totale satisfaction chanté par ceux-ci
au lendemain de la mesure gouvernementale. Mais, c’est aussi la source d’une
crainte que le gouvernement ne semble pas minimiser. Le risque est réel qu’à
la rentrée scolaire, l’on assiste à une forte affluence dans les écoles
publiques au détriment des structures scolaires privées. Ceci est d’autant
plus plausible que l’association des fondateurs des établissements privés
laïcs vient de décider qu’aucun membre n’est plus en droit d’accepter, dès
le lundi 6 octobre, des frais de scolarité en deçà de trente mille (30.000)
francs. Motif pris de ce que la vie chère fait son chemin et que l’Etat a
revalorisé le salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et le
salaire minimum agricole garanti (SMAG) horaire à 161, 54 F CFA, soit 28.000
F CFA par mois depuis la fin août 2008. Autrement, il est question de croire
que lesdits établissements ne veulent plus payer les 12.000 et 15.000 F à
leurs employés.
La situation peut donc faire fuir certains parents d’élèves déjà habitués à
débourser moins de 15.000 F pour leur progéniture dans une école privée. Ils
peuvent avoir le réflexe naturel de se diriger vers le public. Encore que,
ici, il faut penser avant le lundi au problème de places déjà insuffisantes
avec l’ancien effectif, à la question des enseignants qui n’arrivent plus à
contenir les élèves par défaut de recyclage. Cela risque de compliquer une
situation aujourd’hui non enviable. Le parent un peu à l’aise préfèrera
maintenir son enfant dans le privé avec tous les problèmes de cette branche
de l’enseignement. Un cycle infernal. A moins de dire que la décision du
gouvernement ne vise que les parents qui continuent de retenir leurs
rejetons à cause de l’extrême pauvreté.
Encore que, dans ce cas, il est urgent de rendre effectif le Programme
volontaire d’alimentation en étude avec le Programme alimentaire mondial,
évoqué par Gilbert Houngbo. Selon lui, la trouvaille aura pour résultat la
croissance automatique du taux de scolarisation, l’élimination de la
disparité entre les garçons et les filles, la possibilité pour les femmes de
libérer les enfants afin d’attaquer les activités génératrices de revenus.
L’autre signal fort de ce premier conseil des ministres de l’équipe Houngbo
aura été la prise en compte des écoles d’initiative locale avec une
subvention publique de 200 millions de francs CFA pour l’acquisition du
matériel didactique dès cette rentrée 2008-2009. Dans la réalité, ce sont
des établissements scolaires créés de toute pièce dans des zones très
pauvres par des ressortissants un peu nantis installés en ville ou à
l’étranger. Par faute d’infrastructures (la plupart sont en hangar), les
classes sont jumelées. Les initiateurs s’adressent souvent aux inspecteurs
régionaux de l’éducation pour quémander des enseignants. Ceux-ci arrivent
difficilement à dégager et à affecter un seul (ou au plus deux) pour l’école
dans un village enclavé que l’enseignant lui-même déteste. La rémunération
du reste du corps enseignant est totalement prise en charge par les
initiateurs qui se cotisent à la fin de chaque mois. Puisqu’il n’est pas
question d’exiger d’un parent le paiement de la scolarité ; il préfère
engager son fils dans les travaux champêtres. Celui qui donne 500 ou 1.000 F
fait naturellement un geste de grande charité.
Pour l’heure, on annonce une étude appuyée par l’UNICEF qui aidera à définir
les stratégies de mise en œuvre de la gratuité dans l’enseignement et les
actions urgences à mener dans le cadre de l’introduction de cette gratuité,
ainsi que les perspectives et enjeux futurs du système éducatif. Ce fut une
promesse du candidat Faure en 2005 sur le point de se réaliser.
Sylvestre D.
Financement des partis politiques :
La préoccupation des députés satisfaite
«Sur le plan politique et institutionnel, le financement des partis
politiques sera opérationnel dès fin octobre 2008».
C’est une formule réponse à la préoccupation de la députée Isabelle Améganvi
lors de la présentation du programme de Gilbert Houngbo. En attendant une
allocation plus adéquate en 2009. L’élue de Kloto s’inquiétait après une
déclaration du locataire de la primature, du fait que la rubrique figure
dans le budget 2008 : «…je voudrais vous rassurer qu’un contact permanent
est maintenu avec le facilitateur de l’Accord Politique Global et qu’une
réunion des acteurs concernés est attendue dans les prochains jours en vue
de la mise en place du cadre permanent de concertation et de dialogue, de
l’adoption du statut de l’opposition et du financement des partis
politiques». Ainsi, sur la base de la représentation évoquée par le
Premier ministre, les trois partis politiques du parlement (RPT, UFC et CAR)
verront leur compte augmenté de cent millions de francs CFA. Trois
conditions non cumulatives s’imposent : recueillir au moins 5% des suffrages
sur le plan national aux élections législatives, avoir au moins cinq élus à
l’Assemblée nationale ou recueillir au moins 10% des suffrages sur le plan
national aux élections locales (non organisées). Des conditions tirées
principalement des consultations législatives et locales.
Devenue une forte revendication de tous les partis politiques togolais qui
s’y cachent derrière pour justifier l’amorphisme de leurs activités
essentielles et constitutionnelles d’éducation et de formation citoyenne, la
politique nationale de financement des partis et groupes de partis
politiques a été finalement formalisée courant 2007 par l’Assemblée
nationale avant les législatives du 14 octobre.
Composé de seize articles, ce qui devient un document de référence depuis
l’adoption en 1991 de la charte des partis politiques et de l’adhésion
populaire à la loi fondamentale en 1992 traite au fond des financements
public et privé. Ainsi, dans le premier cas, c’est le principe de la
proportionnalité qui s’applique. En clair, l’enveloppe à attribuer reste
tributaire du poids de la représentativité. Seul le parti ou le groupe de
partis qui a obtenu le nombre de suffrages ou de députés le plus élevé est
rétribué en conséquence. Pour le temps d’une législature (5 ans). En outre,
le texte voté dispose que «chaque parti politique bénéficiera d’un bonus
financier proportionnel au nombre total de femmes élues aux élections
législatives ou locales».
En alerte, les aides des personnes publiques de droit étranger sont exclues
du champ de financement. De même, le financement privé ne peut être obtenu
de la part de personnes morales de droit privé dont la majorité du capital
est détenu par une ou plusieurs personnes de droit public. Au risque de voir
l’Etat aider doublement des partis politiques au détriment des autres.
Au plan général, les partis politiques sont en outre financés par les
cotisations de leurs membres et les produits de leurs activités. Ils ont
l’obligation de tenir une comptabilité régulière de gestion et une
comptabilité matière de leurs biens. Selon la loi, l’obligation leur est
désormais faite de «rendre compte, dans un rapport financier et un
rapport d’activités, de l’origine et de l’utilisation des fonds». A
défaut de la Cour des comptes dont on annonce la création pour la fin
d’année, c’est l’inspection d’Etat qui joue le rôle. Ainsi, la commission
nationale de financement des partis politiques qui reste un organe technique
des lois et règlements sans la présence des politiques est composée de 5
membres : un magistrat de la cour suprême désigné par le Conseil supérieur
de la magistrature, deux inspecteurs d’Etat choisis par l’inspecteur général
d’Etat, deux représentants respectifs des ministères des finances et de
l’administration territoriale.
Réfection des routes au Togo :
Le génie militaire déjà sur les axes prioritaires
Dans son adresse spéciale à la Nation au soir du conseil des ministres, le
Premier ministre Gilbert Houngbo annonçait la mise à contribution des
militaires togolais dans la réfection des infrastructures routières de la
capitale et des bourgades de l’intérieur du pays. La chose est déjà visible
dès hier jeudi sur le boulevard Jean-Paul II à la hauteur de la station
Shell. On y voit des éléments des Forces armées togolaises (FAT) très
acharnés dans les travaux de reprofilage et de bouchage des vastes
nids-de-poule.
Selon l’un des techniciens, la manœuvre entre dans le cadre de la
réhabilitation des axes dits prioritaires de la ville de Lomé. Après le
boulevard Jean-Paul II, le cap sera rapidement mis sur la route de Novissi,
le quartier populaire de Bè, le boulevard du Mono qui constitue une
véritable catastrophe, au vu de son état piteux quand on sait que cette
route véritablement commerciale relie le Bénin au Ghana et rejoint les pays
du Sahel par le rond point du Port autonome de Lomé.
Vivement que cette fois-ci sera la plus sérieuse quand il se souvient qu’il
y a à peine quelques semaines que le boulevard Jean-Paul II a été refait à
coût de millions de francs CFA. L’ancien patron Afrique du PNUD promet
désormais un contrôle rigoureux après la livraison des ouvrages par des
structures nationales et, s’il le faut, étrangères. Il veut gagner le pari
et sa crédibilité est à ce prix. Les présents travaux s’insèrent dans la
logique du Programme Intérimaire d’Actions Prioritaires (PIAP) 2008–2010,
qui a retenu huit (8) secteurs principaux : l’éducation, l’agriculture,
l’eau et l’assainissement, la santé, l’énergie, les infrastructures incluant
les routes, la gouvernance et l’action sociale.
Auguste Dogbo, nouveau TG de la CAHB:
«Je suis confiant pour le handball africain»
Elu trésorier général de la Confédération Africaine de Handball (CAHB)
samedi à Lagos, Auguste Dogbo, Président de la Fédération Togolaise de
Handball a affirmé toute sa confiance au projet de développement de la
discipline qu'a proposé le nouveau président le béninois Arémou Mansourou.
" Je n'ai pas d'ambitions particulières que celles portées et défendues par
le nouveau président. Il s'agit de mettre les quatre années à venir à profit
pour développer le handball. Cela passe par la formations de tous les
acteurs, la promotion de la discipline dans les écoles et la mise en place
d’une politique de développement des infrastructures ", a déclaré Auguste
Dogbo au cours d'une conférence de presse tenue hier.
Elu à son poste avec 12 voix contre 8 pour son challenger camerounais,
trésorier général sortant Martin Mpouli, alors qu’il était parti pour
briguer le poste de Président, Auguste Dogbo dit avoir finalement choisi la
trésorerie après la présentation du rapport financier qui, même s'il a été
adopté ne reflète pas le vrai fonctionnement de l'institution.
A la question de savoir quelles répercussions son élection à ce poste
pourrait apporter au handball togolais, le président de la FTHB a indiqué
qu'il y a beaucoup de projets de développement qui sont financés par le CI0
et d'autres institutions. Et que le Togo en proposera certains pour apporter
un plus à la discipline.
Le Congrès électif de la CAHB tenu à Lagos samedi a mis fin au long règne de
l'Ivoirien Christophe Yapo qui terminait ainsi son 3ème mandat à la
présidence après avoir passé 23 ans au secrétariat général.
Le Nigérian Lanre Glover occupe désormais la première vice-présidence, alors
que l'Egyptien El Beltagy Medhat devient deuxième vice-président.
La Gabonaise Dr Nicole Assélé, présidente de la Fédération gabonaise de
handball, (FEGAHAND) été portée à la tête du secrétariat général.
A Lagos, seules 21 Fédérations ont eu droit de vote sur 49 affiliées. " Pour
avoir droit de vote, il fallait être à jour dans ces cotisations et
participer aux compétitions organisées par la Confédération les quatre
dernières années avant le Congrès électif ", a en outre ajouté Auguste Dogbo.
Gilles Vevey |