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« La France et son secrétaire d’Etat à la Coopération et au
Développement, Alain Joyandet, s’investiront sans économie pour aider les
Togolais à organiser une élection présidentielle juste et équitable et à
reconstruire ensemble leur pays », rapporte le communiqué de l’UFC (Union
des forces de changement) à la suite d’une rencontre intervenue jeudi 25
septembre 2008 en France entre Gilchrist Olympio, président national de
cette formation politique togolaise et M. Joyandet.
Initialement
prévue pour le 08 septembre (lors du passage du diplomate français à Lomé)
avant d’être reportée, cette rencontre a été consacrée à la nécessité des
réformes institutionnelles et constitutionnelles et à la question de
l’insécurité au Togo. Pour le leader de l’UFC, ces réformes portent d’une
part sur les conditions d’éligibilité du président de la République et de la
composition de la Cour constitutionnelle. D’autre part, elles visent à
améliorer le cadre électoral afin d’instaurer l’Etat de droit, la bonne
gouvernance, le respect des Droits de l’homme et la démocratie d’une manière
durable au Togo. Selon M. Olympio, le secrétaire d’Etat français a été très
attentif à tous les problèmes soulevés. « La façon
dont il nous a écouté et ses commentaires nous laissent croire que
la France sera très attentive au développement politique dans ce pays et que
certaines lois que nous avons actuellement et qui sont discriminatoires
seront assouplies »,
a déclaré le numéro un de l’UFC au micro de RFI (Radio France
internationale).
Pour sa part,
Alain Joyandet a rassuré l’opposant togolais de la disponibilité de la
France à mettra tout en œuvre pour que les conditions d’éligibilité à
l’élection présidentielle ne soient discriminatoires vis-à-vis d’aucun
togolais. « L’écho
que j’ai pu avoir de la présidence de
la République
était qu’aucun candidat sérieux ne serait empêché de se présenter à cette
élection, sous réserve évidemment qu’un certain nombre de conditions soient
remplies. Ces conditions sont bien sûr politiques et non personnelles »,
a déclaré le ministre français.
Ces dernières
déclarations n’ont pas ému beaucoup d’acteurs politiques togolais, étant
donné qu’ils ont toujours suspecté la France de soutenir le pouvoir en place
à Lomé et d’avoir contribué à son maintien. Pour ces politiques, ces
déclarations rappellent dans une certaine mesure la promesse faite par feu
général Eyadema Gnassingbé
devant Jacques Chirac en 1999 de ne pas toucher à une seule virgule de la
constitution pour se représenter comme candidat à la présidentielle de
2003. Promesse qu’il balayera par la suite du revers de la main en faisant
toiletter la loi fondamentale et en sortant « gagnant de ce scrutin ».
Et comme par enchantement, le président français d’alors, Jacques Chirac,
sera le premier à le féliciter.
Pour certains
observateurs de la vie sociopolitique locale, la nécessité des réformes
aussi bien politiques qu’économiques est urgente pour le pays. Or, à
l’allure où vont les choses, ces derniers estiment que ces réformes risquent
d’être faites unilatéralement, dans la précipitation, si elles ne sont pas
mises au placard, et par conséquent ne sauraient faire l’unanimité. « Aujourd’hui
que les élections locales semblent être reléguées aux oubliettes, ces
réformes constitutionnelles et institutionnelles restent les moyens
d’espérer une élection présidentielle juste et équitable en 2010 », a
confié un responsable politique. Election dont la bonne tenue renforcera les
bailleurs de fonds dans leurs nouvelles convictions envers le pays et à
pouvoir décaisser des fonds à son profit.
En clair, la
déclaration de M. Joyandet reste très laconique aux yeux de nombre de
togolais qui, depuis quelques
années, n’accordent plus suffisamment de crédit aux propos de leurs
«ancêtres gaulois».
En somme, des analystes ont du mal à croire que la France va
exercer des pressions sur Lomé pour une accélération des réformes. Ils
attendent de voir le pays de M. Sarkozy « mettre tout en œuvre pour le
développement politique du Togo » pour y croire.
Sedjrawodo A. Adry
Un grand nom de l’histoire du Togo s’en est allé :
Mme Marie Sivomey sera inhumée mercredi prochain
Décédée à la
mi-septembre, l’ancienne maire de la capitale togolaise, Mme Madoe Marie
Sivomey, sera inhumée cette semaine. Retour sur le parcours hors pair d’une
fervente catholique et d’une grande dame dévouée au service de
l’administration locale.
Le 15
septembre dernier, le Togo et l’Afrique ont perdu une de leurs plus
valeureuses filles, en la personne de Mme Madoe Marie Sivomey, née
Gbikpi-Benissan. Cette dernière a rendu l’âme à l’âge de 87 ans des suites
des divers maux liés à la sénescence, selon ses proches. Elle fut la
première femme maire d’une capitale africaine (Lomé) pendant près d’une
décennie. Mme Sivomey sera conduite à sa dernière demeure mercredi prochain
(1er octobre) au
cimetière de la plage, à l’issue d’une messe d’enterrement et d’actions de
grâces qui se déroulera à 9h en l’Eglise Saint Augustin d’Amoutiévé (à
Lomé). La mise en bière est prévue ce mercredi à 8h. La veille, une
messe-veillée aura lieu à partir de 18h30 en la même Eglise. Après cette
messe-veillée, confie le président du comité d’organisation des funérailles
de Mme Sivomey, la dépouille mortelle de l’ex-maire de Lomé sera exposée
dans sa maison mortuaire sise au quartier Amoutiévé (ancienne « Rue
de
la Fraternité »,
actuelle « Rue Sivomey »). Au passage, signalons que jusqu’à ce jour,
aucun calendrier d’une quelconque cérémonie d’hommage national à cette
illustre défunte n’a été rendu public par les autorités togolaises !
« On
ne devient pas maire pour les honneurs »
Rarement le
passage d’une femme dans l’administration locale aura durablement marqué
plusieurs générations dans l’histoire récente et lointaine du Togo comme
celui de Mme Madoe M. Sivomey. En effet, cette «petite dame» (en référence à
sa taille), connue du grand public pour avoir été pendant sept années la
première femme maire d’une capitale africaine, a été de toutes les grandes
luttes sociales et politiques menées généralement en faveur de ses
contemporaines, mais aussi pour le bien-être de tous ses contemporains. A la
veille de la célébration de sa 87e bougie,
elle nous confiait qu’elle ne comptait pas cependant s’arrêter là ! Le sort
en a décidé autrement, handicapée qu’elle était de temps en temps par divers
maux relatifs à la vieillesse.
Lorsqu’elle
nous reçut en mai dernier (dans le cadre de la rubrique « le Togo au
féminin » de Golfe Info), le poids des années ne semblait pourtant pas avoir
entamé l’attention que « Madame le maire » (surnom affectueux que lui
ont donné ses administrés durant son passage à la tête de la mairie de Lomé
entre juillet 1967 et mai 1974) accordait au déroulement de l’actualité
nationale et internationale. « Je compte me battre farouchement pour
qu’une femme reprenne la tête de la direction de l’administration municipale
de Lomé à la faveur des prochaines élections municipales », disait cette
native d’Anèho (préfecture des Lacs, sud-Togo) à qui voulait l’entendre.
Car, justifiait-elle, « il y a de plus en plus de femmes instruites au
Togo et ce combat vaut la peine d’être mené ».
De son
élection à la tête de la « Délégation spéciale de la commune de Lomé »
(l’équivalent d’une mairie) et des vicissitudes qui l’ont suivie, cette
benjamine d’une famille de dix (10) enfants parmi lesquels figurait
l’émérite et défunt évêque Gbikpi-Benissan, s’en souvenait comme hier. « Est-elle
en mesure d’accomplir les tâches à elle confiées ? », se rappelait- elle
des interrogations sournoises lâchées par certains hauts cadres togolais (de
sexe masculin), lorsqu’ils ont été mis au courant de son élection. « Parmi
les potentiels candidats au poste de maire, j’étais la plus rodée aux
rouages de l’administration pour avoir préalablement dirigé les services
sociaux (…) Mes activités et convictions religieuses m’ont beaucoup aidé à
me forger une réputation auprès de mes administrés, car on ne devient pas
maire pour les honneurs (…) J’ai puisé mon principal soutien lors de mon
mandat municipal dans la masse féminine. Ainsi, généralement, je prenais de
grandes décisions au sortir de fréquentes discussions avec les femmes du
grand marché de Lomé », racontait cette Togolaise qui avait gardé les
stigmates de la démarche agile qu’elle a adoptée pendant sa jeunesse. Et
d’ajouter : « L’analphabétisme des femmes est une grande injustice
sociale. Je me suis efforcée à ce titre, sur la base de simples paroles
bibliques, de faire comprendre aux femmes lettrées de l’époque la nécessité
de soutenir et d’encourager l’alphabétisation de leurs sœurs illettrées.
Cela a donné de grands résultats. J’ai souvenance que les certificats de
celles qui se sont mises à cette école leur ont été remis au siège du
parlement lors d’une grande fête (…) Ces échanges fréquents avec les Loméens
et Loméennes sur différents sujets liés à leur quotidien font partie des
meilleurs souvenirs » de l’épopée la plus glorieuse dans
l’administration de celle qui fut aussi pendant six (06) années présidente
du Comité paroissial d’Amoutiévé (Lomé). Au nombre de ses pires souvenirs,
Mme Marie Sivomey évoquait « les huées dont elle a été l’objet lors de la
visite d’un secrétaire général des Nations unies au Togo », huées
orchestrées par des jeunes gens à cause de sa « position rigoureuse sur
la morale » ! Au cours de son mandat municipal, « Mme le maire »
soulignait avoir principalement « développé les
transports urbains grâce à l’appui de
la DTG
(concessionnaire au Togo d’une firme allemande) et réalisé des jumelages
entre Lomé et des villes européennes comme Calais (France), Duisburg
(Allemagne) etc. »
« Les
femmes doivent prendre sur elles l’engagement de se battre quotidiennement »
« Durant
mes sept ans aux commandes de la mairie de Lomé, j’ai été débarrassée du
préjugé selon lequel les hommes sont hostiles à la promotion féminine. La
réussite de ma carrière professionnelle est due en grande partie au soutien
que mon mari (le regretté Kuassi Sivomey) m’a toujours apporté ». A ce
titre, précisait celle qui était veuve depuis 2001, « les femmes doivent
prendre sur elles l’engagement de se battre quotidiennement, quel que soit
le secteur dans lequel elles évoluent ». Mieux, recommandait cette
Togolaise admise à la retraite en 1979, « les femmes doivent davantage
être positionnées comme candidates lors des prochaines batailles électorales
pour être mieux représentées sur le plan politique (dans les sphères de
prise de décision). Elles pourront à partir de ce moment mieux plancher sur
les problèmes ou les injustices que subissent quotidiennement leurs sœurs ».
Depuis 1979,
l’emploi du temps de Mme Sivomey était occupé par des activités ménagères,
la délivrance «d’expertises» à des organisations féminines (catholiques ou
non) et surtout la fréquentation de sa paroisse, « Saint Augustin d’Amoutiévé ».
Cette somme d’expériences l’amenait à dire que « tout concourt au succès
de la femme lorsqu’elle est décidée à réaliser une grande tâche. Cette
disposition d’esprit lui attire du coup la considération des hommes. C’est
également dans ma foi chrétienne que j’ai tiré les secrets de ma réussite
professionnelle. Sans l’aide du Tout-puissant, l’être humain ne peut faire
aboutir aucune de ses entreprises, quelle que soit la religion qu’il
pratique. En un mot, ce que femme veut, Dieu veut ».
« Mémé »,
comme l’appelaient affectueusement ses proches, n’a pas fait que servir le
Togo à travers la direction qu’elle a assurée à la mairie de la capitale
togolaise. Avant d’arriver à la direction de la municipalité de Lomé, elle a
travaillé au Service des Finances de la collectivité locale précitée, à la
Direction des impôts, à la Direction des Finances Affaires réservées- budget
et au ministère des Finances et de l’Economie. Mme Sivomey fut aussi membre
du Comité de ville de Lomé, membre fondateur de l’UNFT (Union nationale des
femmes du Togo), secrétaire générale adjointe de l’UFEMTO (Union des femmes
du Togo), trésorière du Conseil des femmes de l’ouest africain, membre du
Conseil exécutif de la FMVJ- Cités unies (Fédération mondiale des villes
jumelées). « Madame le maire » fut en outre, la première Togolaise à
avoir participé en 1961 à une session (16ème) de l’Assemblée générale des
Nations Unies (elle a pris part au total à trois sessions et sera élue
Rapporteuse de la 3ème Commission de cette Assemblée en 1974 lors de la
29ème session). Elle fut également membre de différentes délégations
togolaises à diverses missions officielles, colloques, congrès etc.
Elle a par ailleurs fait de nombreux voyages d’études en tant
que membre d’organisations féminines dans plusieurs pays africains et
occidentaux. Sur le plan confessionnel, veuve Sivomey a été membre de la
JOCF (Jeunesse ouvrière catholique féminine), secrétaire générale de la
FOFCATO (Fédération des organisations féminines catholiques du Togo) etc.
Elle a également reçu des distinctions honorifiques au Togo (dont le Prix de
l’excellence féminine, Prix Houingnigan), dans l’ex-Zaïre et en
France.
Edem Gadégbéku
Championnat national de d1, pour éviter «l’année blanche» :
Les acteurs s’activent pour une session de rattrapage
Les inquiétudes d’une éventuelle « année blanche » pour le
championnat national de football de première division au Togo sont en voie
d’être dissipées. A en croire les dernières annonces de date pour son
démarrage, les reports qui s’en ont suivi et les déclarations de certains
acteurs, le championnat pourrait démarrer dans les jours et semaines à
venir.
Réunis
vendredi dernier au siège de cette instance de gestion du football, les
présidents de clubs et quelques membres du bureau exécutif de la FTF se sont
accordés à finaliser d’ici le 04 octobre prochain les préalables techniques
(commissions, techniques, règlements de la compétition, calendrier des
mutations et licences…) devant régir le championnat.
Si au cours de
cette rencontre certains responsables sportifs ont manifesté leur volonté à
mettre fin à une année de trêve, tel n’a pas été le cas chez d’autres, à
l’instar de Togo Télécom et ASKO de Kara. Pour ces derniers, le démarrage de
cette compétition n’est pas le bienvenu si les membres du BE de la FTF ne
procèdent pas à une vraie réconciliation. Ils ont également émis des
inquiétudes par rapport à la dispersion des joueurs, suite à la longue trêve
et de l’absence de subventions devant permettre aux dirigeants de club de
subvenir aux besoins de leurs poulains.
Faisant
constater l’absence de tous ces préalables, le Trésorier Général d’ASKO de
Kara, Alpha Bato, a conclu que la date du 04 octobre proposée par le BE de
la FTF n’est pas bien indiquée pour le démarrage du championnat de D1, car
d’après lui, on ne saurait non plus envisager un championnat de D1 sans
parler de la D2.
Le championnat 2007-2008 que les uns et les autres souhaitent
court, s’il venait à être organisé devra permettre au Togo de sauver sa face
aux yeux de la CAF (Confédération Africaine de Football ) et de la FIFA
(Fédération Internationale de Football Association).
Gabin
Koissidjin
«Année blanche» dans le football togolais :
Amendes et régression se profilent à l’horizon
Après l’échec
de la dernière rencontre de finalisation de la date de démarrage du
championnat national de football entre les membres du BE de la FTF et les
dirigeants de clubs, les risques d’amende et de régression sur le plan
continental et mondial se profilent à l’horizon pour le sport roi national.
Face à cette situation, le football national se trouve dans un dilemme :
opter pour un forfait pour les compétitions continentales des clubs pour
payer des amendes à la CAF ou organiser une compétition de rattrapage pour
dégager ses représentants en coupes interclubs avant la fin du mois de
novembre pour sauver les meubles.
Pour se
conformer aux exigences des calendriers internationaux de la CAF et de la
FIFA et éviter des amendes venant de ces deux instances, les acteurs du
football togolais ont procédé ces derniers jours à des réglages pour se
fixer un programme de compétition de rattrapage pour la saison sportive
2007-2008. Ainsi, les dirigeants de clubs ont fait vendredi dernier
plusieurs propositions. Il s’agit entre autres de la reconduction des deux
représentants de la saison dernière, à savoir ASKO (Association Sportive de
la Kozah) de Kara et USM (Union Sportive de Masséda) ou de l’organisation
d’un tournoi pour dégager les deux meilleurs devant représenter le Togo sur
le continent… Selon les tenants de cette seconde proposition, ce tournoi
sera suivi dans les semaines à venir du championnat classique 2008-2009. Si
aucune décision n’a été prise pour l’instant, la seule certitude est que
tous les acteurs sont contre un championnat classique et marathon pour
consacrer en moins de deux mois, le champion 2007-2008 et son dauphin.
Certains ont
justifié le rejet de cette hypothèse par le fait que des clubs qui ont prêté
leurs joueurs à des formations des championnats du Bénin, du Ghana et du
Burkina Faso, se retrouveront sans effectif solide pour leur assurer ne
serait-ce que le maintien. Pis encore, les promus n’auront pas le temps de
s’adapter aux réalités de la série A nationale.
A l’issue de
la rencontre de vendredi dernier, le SG adjoint de la FTF, Amavi Patatu, a
promis que le bureau de cette instance va s’employer dans les jours à venir
« pour remodeler l’échéance du 04 octobre et le type de compétition à
jouer » afin de « ne pas se trouver en
difficulté vis-à-vis des dispositions de
la CAF et de
la FIFA ».
A l’analyse de certains observateurs du football togolais et
africain, un forfait du Togo en coupes continentales des clubs saison
2008-2009 aura pour principale conséquence, le renvoi des clubs togolais au
tour préliminaire de ces compétitions dans les années à venir. Une phase
dont le Togo était exempte depuis sa qualification pour le Mondial 2006.
Gabin
Koissidjin |