Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Carrefour Contact
ACTUALITÉ / NEWS
Présidentielle au Togo, de Chirac à Sarkozy : En quoi la position française sera-t-elle différente ?
Golfe Info #452 du 29 Sept 2008

« La France et son secrétaire d’Etat à la Coopération et au Développement, Alain Joyandet, s’investiront sans économie pour aider les Togolais à organiser une élection présidentielle juste et équitable et à reconstruire ensemble leur pays », rapporte le communiqué de l’UFC (Union des forces de changement) à la suite d’une rencontre intervenue jeudi 25 septembre 2008 en France entre Gilchrist Olympio, président national de cette formation politique togolaise et M. Joyandet.

Initialement prévue pour le 08 septembre (lors du passage du diplomate français à Lomé) avant d’être reportée, cette rencontre a été consacrée à la nécessité des réformes institutionnelles et constitutionnelles et à la question de l’insécurité au Togo.  Pour le leader de l’UFC, ces réformes portent d’une part sur les conditions d’éligibilité du président de la République et de la composition de la Cour constitutionnelle. D’autre part, elles visent à améliorer le cadre électoral afin d’instaurer l’Etat de droit, la bonne gouvernance, le respect des Droits de l’homme et la démocratie d’une manière durable au Togo. Selon M. Olympio, le secrétaire d’Etat français a été très attentif à tous les problèmes soulevés. « La façon dont il nous a écouté et ses commentaires nous laissent croire que la France sera très attentive au développement politique dans ce pays et que certaines lois que nous avons actuellement et qui sont discriminatoires seront assouplies », a déclaré le numéro un de l’UFC au micro de RFI (Radio France internationale).

Pour sa part, Alain Joyandet a rassuré l’opposant togolais de la disponibilité de la France à mettra tout en œuvre pour que les conditions d’éligibilité à l’élection présidentielle  ne soient discriminatoires vis-à-vis d’aucun togolais. « L’écho que j’ai pu avoir de la présidence de la République était qu’aucun candidat sérieux ne serait empêché de se présenter à cette élection, sous réserve évidemment qu’un certain nombre de conditions soient remplies. Ces conditions sont bien sûr politiques et non personnelles », a déclaré le ministre français.

Ces dernières déclarations n’ont pas ému beaucoup d’acteurs politiques togolais, étant donné qu’ils ont toujours suspecté la France de soutenir le pouvoir en place à Lomé et d’avoir contribué  à son maintien. Pour ces politiques, ces déclarations rappellent dans une certaine mesure la promesse faite par feu général Eyadema Gnassingbé devant Jacques Chirac en 1999 de ne pas toucher à une seule virgule de la constitution pour se représenter comme candidat à la présidentielle de 2003.  Promesse qu’il balayera par la suite du revers de la main en faisant toiletter la loi fondamentale et en sortant « gagnant de ce scrutin ». Et comme par enchantement, le président français d’alors, Jacques Chirac, sera le premier à le féliciter.

Pour certains observateurs de la vie sociopolitique locale, la nécessité des réformes aussi bien politiques qu’économiques est urgente pour le pays. Or, à l’allure où vont les choses, ces derniers estiment que ces réformes risquent d’être faites unilatéralement, dans la précipitation, si elles ne sont pas mises au placard, et par conséquent ne sauraient faire l’unanimité. « Aujourd’hui que les élections locales semblent être reléguées aux oubliettes, ces réformes constitutionnelles et institutionnelles restent les moyens d’espérer une élection présidentielle juste et équitable en 2010 », a confié un responsable politique. Election dont la bonne tenue renforcera les bailleurs de fonds dans leurs nouvelles convictions envers le pays et à pouvoir décaisser des fonds à son profit.

En clair, la déclaration de M. Joyandet reste très laconique aux yeux de nombre de togolais qui, depuis quelques années, n’accordent plus suffisamment de crédit aux propos de leurs «ancêtres gaulois».

En somme, des analystes ont du mal à croire que la France va exercer des pressions sur Lomé pour une accélération des réformes. Ils attendent de voir le pays de M. Sarkozy « mettre tout en œuvre pour le développement politique du Togo » pour y croire.

Sedjrawodo A. Adry


Un grand nom de l’histoire du Togo s’en est allé : Mme Marie Sivomey sera inhumée mercredi prochain

Décédée à la mi-septembre, l’ancienne maire de la capitale togolaise, Mme Madoe Marie Sivomey, sera inhumée cette semaine. Retour sur le parcours hors pair d’une fervente catholique et d’une grande dame dévouée au service de l’administration locale.

Le 15 septembre dernier, le Togo et l’Afrique ont perdu une de leurs plus valeureuses filles, en la personne de Mme Madoe Marie Sivomey, née Gbikpi-Benissan. Cette dernière a rendu l’âme à l’âge de 87 ans des suites des divers maux liés à la sénescence, selon ses proches. Elle fut la première femme maire d’une capitale africaine (Lomé) pendant près d’une décennie. Mme Sivomey sera conduite à sa dernière demeure mercredi prochain (1er octobre) au cimetière de la plage, à l’issue d’une messe d’enterrement et d’actions de grâces qui se déroulera à 9h en l’Eglise Saint Augustin d’Amoutiévé (à Lomé). La mise en bière est prévue ce mercredi à 8h. La veille, une messe-veillée aura lieu à partir de 18h30 en la même Eglise. Après cette messe-veillée, confie le président du comité d’organisation des funérailles de Mme Sivomey, la dépouille mortelle de l’ex-maire de Lomé sera exposée dans sa maison mortuaire sise au quartier Amoutiévé (ancienne « Rue de la Fraternité », actuelle « Rue Sivomey »). Au passage, signalons que jusqu’à ce jour, aucun calendrier d’une quelconque cérémonie d’hommage national à cette illustre défunte n’a été rendu public par les autorités togolaises !

« On ne devient pas maire pour les honneurs »

Rarement le passage d’une femme dans l’administration locale aura durablement marqué plusieurs générations dans l’histoire récente et lointaine du Togo comme celui de Mme Madoe M. Sivomey. En effet, cette «petite dame» (en référence à sa taille), connue du grand public pour avoir été pendant sept années la première femme maire d’une capitale africaine, a été de toutes les grandes luttes sociales et politiques menées généralement en faveur de ses contemporaines, mais aussi pour le bien-être de tous ses contemporains. A la veille de la célébration de sa 87e bougie, elle nous confiait qu’elle ne comptait pas cependant s’arrêter là ! Le sort en a décidé autrement, handicapée qu’elle était de temps en temps par divers maux relatifs à la vieillesse.

Lorsqu’elle nous reçut en mai dernier (dans le cadre de la rubrique « le Togo au féminin » de Golfe Info), le poids des années ne semblait pourtant pas avoir entamé l’attention que « Madame le maire » (surnom affectueux que lui ont donné ses administrés durant son passage à la tête de la mairie de Lomé entre juillet 1967 et mai 1974) accordait au déroulement de l’actualité nationale et internationale. « Je compte me battre farouchement pour qu’une femme reprenne la tête de la direction de l’administration municipale de Lomé à la faveur des prochaines élections municipales », disait cette native d’Anèho (préfecture des Lacs, sud-Togo) à qui voulait l’entendre. Car, justifiait-elle, « il y a de plus en plus de femmes instruites au Togo et ce combat vaut la peine d’être mené ».

De son élection à la tête de la « Délégation spéciale de la commune de Lomé » (l’équivalent d’une mairie) et des vicissitudes qui l’ont suivie, cette benjamine d’une famille de dix (10) enfants parmi lesquels figurait l’émérite et défunt évêque Gbikpi-Benissan, s’en souvenait comme hier. « Est-elle en mesure d’accomplir les tâches à elle confiées ? », se rappelait- elle des interrogations sournoises lâchées par certains hauts cadres togolais (de sexe masculin), lorsqu’ils ont été mis au courant de son élection. « Parmi les potentiels candidats au poste de maire, j’étais la plus rodée aux rouages de l’administration pour avoir préalablement dirigé les services sociaux (…) Mes activités et convictions religieuses m’ont beaucoup aidé à me forger une réputation auprès de mes administrés, car on ne devient pas maire pour les honneurs (…) J’ai puisé mon principal soutien lors de mon mandat municipal dans la masse féminine. Ainsi, généralement, je prenais de grandes décisions au sortir de fréquentes discussions avec les femmes du grand marché de Lomé », racontait cette Togolaise qui avait gardé les stigmates de la démarche agile qu’elle a adoptée pendant sa jeunesse. Et d’ajouter : « L’analphabétisme des femmes est une grande injustice sociale. Je me suis efforcée à ce titre, sur la base de simples paroles bibliques, de faire comprendre aux femmes lettrées de l’époque la nécessité de soutenir et d’encourager l’alphabétisation de leurs sœurs illettrées. Cela a donné de grands résultats. J’ai souvenance que les certificats de celles qui se sont mises à cette école leur ont été remis au siège du parlement lors d’une grande fête (…) Ces échanges fréquents avec les Loméens et Loméennes sur différents sujets liés à leur quotidien font partie des meilleurs souvenirs » de l’épopée la plus glorieuse dans l’administration de celle qui fut aussi pendant six (06) années présidente du Comité paroissial d’Amoutiévé (Lomé). Au nombre de ses pires souvenirs, Mme Marie Sivomey évoquait « les huées dont elle a été l’objet lors de la visite d’un secrétaire général des Nations unies au Togo », huées orchestrées par des jeunes gens à cause de sa « position rigoureuse sur la morale » ! Au cours de son mandat municipal, « Mme le maire » soulignait avoir principalement « développé les transports urbains grâce à l’appui de la DTG (concessionnaire au Togo d’une firme allemande) et réalisé des jumelages entre Lomé et des villes européennes comme Calais (France), Duisburg (Allemagne) etc. »               

« Les femmes doivent prendre sur elles l’engagement de se battre quotidiennement »

« Durant mes sept ans aux commandes de la mairie de Lomé, j’ai été débarrassée du préjugé selon lequel les hommes sont hostiles à la promotion féminine. La réussite de ma carrière professionnelle est due en grande partie au soutien que mon mari (le regretté Kuassi Sivomey) m’a toujours apporté ». A ce titre, précisait celle qui était veuve depuis 2001, « les femmes doivent prendre sur elles l’engagement de se battre quotidiennement, quel que soit le secteur dans lequel elles évoluent ». Mieux, recommandait cette Togolaise admise à la retraite en 1979, « les femmes doivent davantage être positionnées comme candidates lors des prochaines batailles électorales pour être mieux représentées sur le plan politique (dans les sphères de prise de décision). Elles pourront à partir de ce moment mieux plancher sur les problèmes ou les injustices que subissent quotidiennement leurs sœurs ».

Depuis 1979, l’emploi du temps de Mme Sivomey était occupé par des activités ménagères, la délivrance «d’expertises» à des organisations féminines (catholiques ou non) et surtout la fréquentation de sa paroisse, « Saint Augustin d’Amoutiévé ». Cette somme d’expériences l’amenait à dire que « tout concourt au succès de la femme lorsqu’elle est décidée à réaliser une grande tâche. Cette disposition d’esprit lui attire du coup la considération des hommes. C’est également dans ma foi chrétienne que j’ai tiré les secrets de ma réussite professionnelle. Sans l’aide du Tout-puissant, l’être humain ne peut faire aboutir aucune de ses entreprises, quelle que soit la religion qu’il pratique. En un mot, ce que femme veut, Dieu veut ».

« Mémé », comme l’appelaient affectueusement ses proches, n’a pas fait que servir le Togo à travers la direction qu’elle a assurée à la mairie de la capitale togolaise. Avant d’arriver à la direction de la municipalité de Lomé, elle a travaillé au Service des Finances de la collectivité locale précitée, à la Direction des impôts, à la Direction des Finances Affaires réservées- budget et au ministère des Finances et de l’Economie. Mme Sivomey fut aussi membre du Comité de ville de Lomé, membre fondateur de l’UNFT (Union nationale des femmes du Togo), secrétaire générale adjointe de l’UFEMTO (Union des femmes du Togo), trésorière du Conseil des femmes de l’ouest africain, membre du Conseil exécutif de la FMVJ- Cités unies (Fédération mondiale des villes jumelées). « Madame le maire » fut en outre, la première Togolaise à avoir participé en 1961 à une session (16ème) de l’Assemblée générale des Nations Unies (elle a pris part au total à trois sessions et sera élue Rapporteuse de la 3ème Commission de cette Assemblée en 1974 lors de la 29ème session). Elle fut également membre de différentes délégations togolaises à diverses missions officielles, colloques, congrès etc.

Elle a par ailleurs fait de nombreux voyages d’études en tant que membre d’organisations féminines dans plusieurs pays africains et occidentaux. Sur le plan confessionnel, veuve Sivomey a été membre de la JOCF (Jeunesse ouvrière catholique féminine), secrétaire générale de la FOFCATO (Fédération des organisations féminines catholiques du Togo) etc. Elle a également reçu des distinctions honorifiques au Togo (dont le Prix de l’excellence féminine, Prix Houingnigan), dans l’ex-Zaïre et en France.

Edem Gadégbéku


Championnat national de d1, pour éviter «l’année blanche» : Les acteurs s’activent pour une session de rattrapage

Les inquiétudes d’une éventuelle « année blanche » pour le championnat national de football de première division au Togo sont en voie d’être dissipées. A en croire les dernières annonces de date pour son démarrage, les reports qui s’en ont suivi et les déclarations de certains acteurs, le championnat pourrait démarrer dans les jours et semaines à venir.

Réunis vendredi dernier au siège de cette instance de gestion du football, les présidents de clubs et quelques membres du bureau exécutif de la FTF se sont accordés à finaliser d’ici le 04 octobre prochain les préalables techniques (commissions, techniques, règlements de la compétition, calendrier des mutations et licences…) devant régir le championnat.

Si au cours de cette rencontre certains responsables sportifs ont manifesté leur volonté à mettre fin à une année de trêve, tel n’a pas été le cas chez d’autres, à l’instar de Togo Télécom et ASKO de Kara. Pour ces derniers, le démarrage de cette compétition n’est pas le bienvenu si les membres du BE de la FTF ne procèdent pas à une vraie réconciliation. Ils ont également émis des inquiétudes par rapport à la dispersion des joueurs, suite à la longue trêve et de l’absence de subventions devant permettre aux dirigeants de club de subvenir aux besoins de leurs poulains.

Faisant constater l’absence de tous ces préalables, le Trésorier Général d’ASKO de Kara, Alpha Bato, a conclu que la date du 04 octobre proposée par le BE de la FTF n’est pas bien indiquée pour le démarrage du championnat de D1, car d’après lui, on ne saurait non plus envisager un  championnat de D1 sans parler de la D2.

Le championnat 2007-2008 que les uns et les autres souhaitent court, s’il venait à être organisé devra permettre au Togo de sauver sa face aux yeux de la CAF (Confédération Africaine de Football ) et de la FIFA (Fédération Internationale de Football Association).

Gabin Koissidjin


«Année blanche» dans le football togolais : Amendes et régression se profilent à l’horizon

Après l’échec de la dernière rencontre de finalisation de la date de démarrage du championnat national de football entre les membres du BE de la FTF et les dirigeants de clubs, les risques d’amende et de régression sur le plan continental et mondial se profilent à l’horizon pour le sport roi national. Face à cette situation, le football national se trouve dans un dilemme : opter pour un forfait pour les compétitions continentales des clubs pour payer des amendes à la CAF ou organiser une compétition de rattrapage pour dégager ses représentants en coupes interclubs avant la fin du mois de novembre pour sauver les meubles.

Pour se conformer aux exigences des calendriers internationaux de la CAF et de la FIFA et éviter des amendes venant de ces deux instances, les acteurs du football togolais ont procédé ces derniers jours à des réglages pour se fixer un programme de compétition de rattrapage pour la saison sportive 2007-2008. Ainsi, les dirigeants de clubs ont fait vendredi dernier plusieurs propositions. Il s’agit entre autres de la reconduction des deux représentants de la saison dernière, à savoir ASKO (Association Sportive de la Kozah) de Kara et USM (Union Sportive de Masséda) ou de l’organisation d’un tournoi pour dégager les deux meilleurs devant représenter le Togo sur le continent… Selon les tenants de cette seconde proposition, ce tournoi sera suivi dans les semaines à venir du championnat classique 2008-2009. Si aucune décision n’a été prise pour l’instant, la seule certitude est que tous les acteurs sont contre un championnat classique et marathon pour consacrer en moins de deux mois, le champion 2007-2008 et son dauphin.

Certains ont justifié le rejet de cette hypothèse par le fait que des clubs qui ont prêté leurs joueurs à des formations des championnats du Bénin, du Ghana et du Burkina Faso, se retrouveront sans effectif solide pour leur assurer ne serait-ce que le maintien. Pis encore, les promus n’auront pas le temps de s’adapter aux réalités de la série A nationale. 

A l’issue de la rencontre de vendredi dernier, le SG adjoint de la FTF, Amavi Patatu, a promis que le bureau de cette instance va s’employer dans les jours à venir « pour remodeler l’échéance du 04 octobre et le type de compétition à jouer » afin de « ne pas se trouver en difficulté vis-à-vis des dispositions de la CAF et de la FIFA ».

A l’analyse de certains observateurs du football togolais et africain, un forfait du Togo en coupes continentales des clubs saison 2008-2009 aura pour principale conséquence, le renvoi des clubs togolais au tour préliminaire de ces compétitions dans les années à venir. Une phase dont le Togo était exempte depuis sa qualification pour le Mondial 2006.

Gabin Koissidjin

 
 
Retourner à la page Accueil
 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved

ARCHIVES