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Du rapport sur les consultations nationales : La grande majorité des enquêtés croient la réconciliation possible : un défi à relever
Liberté Hebdo #410 du 29 Sept 2008

Le rapport des consultations nationales du processus Vérité, Justice et Réconciliation dans notre pays a été rendu public le 11 septembre 2008. La fin de ces consultations et la remise officielle, il y a quelques jours, au Chef de l’Etat par Monsieur Mussa Gasama, Représentant du HCDH au Togo, du rapport desdites consultations n’a pas suscité un grand intérêt au sein de l’opinion nationale. C’est même presque passé comme une lettre à la poste. Beaucoup d’intellectuels togolais tout comme l’homme de la rue, à les écouter, ne semblent pas enthousiasmés par les consultations elles-mêmes et encore moins par le contenu du rapport, et ils ont affiché une indifférence peut-être justifiée à l’annonce de l’événement.

Pour certains, le manque d’enthousiasme et d’intérêt se justifie par le fait que, du temps du Gal Eyadèma, il était apparu à tort ou à raison évident, que ce dernier semblait constituer lui-même un frein à la réconciliation entre les fils d’une même nation, étant donné que sous son règne, des opérations de réconciliation avaient été décrétées plus d’une fois et exécutées, y compris des réconciliations armée-nation, sans que cela eût abouti à quelque chose de concret, ce qui explique que, plusieurs années après sa mort, on en soit encore à parler de réconciliation nationale. Les pouvoirs publics ayant simplement voulu faire semblant à chaque fois, d’être animés de bonne volonté et de bonnes intentions. C’était de la réconciliation sur fond d’hypocrisie.

Sans doute, à l’avance, les auteurs savaient qu’il y avait une limite dans la prétendue réconciliation qu’il ne fallait pas dépasser. Sans doute encore parce que, dans la tête de certains Togolais qui tiraient un certain profit mesquin de la division entre les populations togolaises, et qui étaient « heureux » de voir à chaque élection, le sang de leurs compatriotes couler gratuitement, une réconciliation sincère au sens patriotique du terme, sonnerait le glas d’un certain privilège mal acquis, consacrant leur succession au pouvoir.

Après donc la mort du Gal Eyadema, il n’y avait plus, tout bien pesé, de raison de continuer à maintenir ce peuple dans la haine ethnique et dans la division créées de toutes pièces puis encouragées ignominieusement. Encore que, l’un de ses fils dont la mère serait originaire de la région sud du pays, l’avait remplacé contre tout bon sens, mais avait pris soin de promettre de faire oublier « les mauvais souvenirs » de son père par des slogans du genre : « Lui c’est lui, moi, c’est moi ! »; « Un leader nouveau, un esprit nouveau », etc. Toutes les  ethnies du nord au sud, plongées dans la misère et dans la déchéance depuis des lustres pour des raisons qu’on ignore, mais qu’on s’est toujours arrangé à opposer entre elles, histoire de diviser pour régner, s’étaient permis à un moment donné, de rêver, croyant en la bonne foi de M. Faure Gnassingbé.

Le manque d’enthousiasme suite à la fin de ces consultations nationales et à la présentation du rapport y relatif est lié au fait que, en l’espace de deux ans et demi, voire trois,  le Président de la République, garant de l’unité nationale, aura fortement déçu les attentes. Notamment, en quoi faisant ? En se livrant lui-même à partir d’un moment à des discours provocateurs dans lesquels ses compatriotes ne retrouvaient plus «l’esprit nouveau» annoncé; en cautionnant les propos injurieux et provocateurs de son copain Gilbert Bawara pendant qu’on parle d’apaisement; en le faisant reconduire en dépit de toutes ses multiples dérives verbales, pour la troisième fois successive dans son quatrième gouvernement; en tolérant des concours de recrutement dont le résultat était sur fond de tribalisme comme par le passé, idem pour le dernier recrutement des agents de la police dénoncé en son temps par plusieurs confrères...

Plusieurs autres arguments militent en faveur du manque de confiance en l’actuel Chef de l’Etat par ceux qui aspirent à voir les choses changer véritablement en bien dans le pays. Ces arguments sont liés à la non réduction du train de vie de l’Etat, à la poursuite de l’opacité dans la gestion des finances publiques, (la dissolution pure et simple du Fonds d’Entretien Routier sans un audit par ex., alors que la faillite de l’institution est consommée), à la survivance de l’insalubrité dans la capitale depuis l’arrivée au pouvoir de M. Faure Gnassingbé, ainsi qu’à la réforme de la justice qui n’a lieu jusqu’ici que du bout des lèvres. Tout cela a conduit des millions de Togolais à se dire qu’avec l’actuel Président de la République, les Togolais ne devraient s’attendre à rien d’autre que la déception.

Selon le rapport, en son point IV 2.4 « 84% des personnes enquêtées dans toutes les préfectures et de tous sexes, âges, ethnies, catégories socioprofessionnelles confondues croient massivement que la réconciliation entre les Togolais est possible. Cependant, elles adjoignent à cette conviction des conditions, notamment rétablir la confiance (84, 51%) et créer les conditions pour vivre ensemble (84,30%) ». Le rapport fait bien de mettre l’accent sur cette préoccupation de l’échantillon interrogé qui conditionne son optimisme par le rétablissement de la confiance et la création des conditions pour vivre ensemble bien entendu, à réaliser par le pouvoir en place.

C’est ici qu’intervient le gros du travail. Et, connaissant le degré très élevé de carence de bonne volonté et surtout de volonté politique de la part des pouvoirs publics, il y a de fortes raisons de ne pas croire qu’ils puissent aboutir à quelque chose de positif, car aucune œuvre  humaine n’est possible sans la volonté et la conviction de réussir. Ceux qui ont marqué leur indifférence par rapport à l’annonce de la fin des consultations et à la présentation du rapport desdites consultations ont visiblement des raisons de faire un tel choix.

Il urge de  considérer  pour ce qui nous concerne, cet optimisme nourri par les « consultés» quant à la possibilité de réconcilier véritablement les populations, comme un défi à relever par les autorités du pays. Car ce serait une grande déception pour ces gens d’espérer pendant que tout le monde se désespérait, et de voir leur optimisme noyé comme une goutte d’eau dans la mer. Du moment où les personnes interrogées ne sont pas restées pessimistes comme la grande majorité des Togolais quant à l’aboutissement de l’opération de réconciliation nationale, la chose se présente désormais comme un défi que le pouvoir devrait se mettre à cœur de relever vaille que vaille.

Le rapport précise plus loin : «Beaucoup s’accordent à dire que la réconciliation du peuple togolais, est possible et qu’elle résultera du changement des comportements au sommet de la classe politique et de la mise en œuvre d’un certain nombre de mesures et de réformes pour la rendre effective. Elle suppose un pardon sincère et mutuel. Elle suppose aussi que chaque Togolais ait assez à manger ». Le pouvoir en place qui fait au Togo la pluie et le beau temps, réussira-t-il enfin à descendre de son piédestal et mettre véritablement l’intérêt national et celui des populations au-dessus de leur « abdominalisme » comme sait si bien le dire quelqu’un, puis changer réellement de comportements pour aider les Togolais à prendre ensemble le train du changement ? Le pouvoir togolais parviendra-t-il à faire en sorte que chaque Togolais mange à sa faim ? On attend de voir.

« Le problème du Togo est politique. S’il n’est pas résolu, il y a risque de voir tourner le pays en rond indéfiniment ». L’Universitaire togolais Comi Toulabor a tout résumé par cette assertion et comprenne qui le peut. Pour les millions de Togolais, que de confiance placée en nos autorités politiques à des moments sensibles et décisifs pour permettre à notre pays de faire son entrée dans l’histoire par la grande porte, mais noyée dans les incongruités habituelles !

Alain Simouba

Infrastructures routières apocalyptiques du Togo : De la nécessité de rappeler au nouveau Premier ministre ses « promesses incantations »

            La pluie qui s’est abattue hier sur Lomé a encore certainement causé des désagréments aux usagers de nos «jolis » boulevards et avenues. Les fosses communes, comme un compatriote a l’habitude de caricaturer les nids-de-poule béants qu’abritent les routes dans la capitale, se sont retrouvées submergées par les eaux de ruissellement, constituant ainsi des pièges potentiels. Comme d’habitude, les plus malheureux ont été les motocyclistes  et c’est des jurons qu’ils ont dû pousser à chaque mètre parcouru.  Un véhicule qui passe par inattention dans un cloaque, et c’est des désagréments au Zedman et à son passager ; ces derniers sont aussi la cible d’autres motocyclistes qui font éclabousser sur eux de l’eau et de la boue du fait d’un garde-boue défaillant. Un spectacle désolant en somme.

          C’est la routine à Lomé, et aussi sur les différentes routes qui desservent l’hinterland. La nationale n°3 était enviée pour son état relativement acceptable par rapport aux autres. Mais un tour là-dessus aujourd’hui fait déchanter. Les nids-de-poule se sont multipliés en un temps record et par endroits sur des dizaines de mètres, le bitume est complètement enlevé et avec ces pluies qui tombent à répétition, c’est un champ de boue qui se crée sur cette route. Ce sont là les conséquences du passage des poids lourds à la suite des inondations de juillet et août derniers.

          Ce spectacle désolant ne vient que relancer le nouveau locataire de la Primature sur l’urgence de remettre en état les infrastructures routières calamiteuses. C’est ici qu’il importe de lui rappeler les promesses sous forme d’incantations que lui-même a faites lors de la présentation mardi 16 septembre dernier de son programme de gouvernement à l’Assemblée nationale, promesses inscrites d’ailleurs au crédit des programmes baptisés d’urgence :  «Les actions d’urgence dans le domaine des infrastructures visent en priorité la remise en état des ouvrages détruits par les dernières inondations survenues en juillet afin de rétablir la circulation sur l’ensemble du trafic routier. Il s’agira de réparer et de reconstruire les ouvrages d’art et les portions de route endommagés ou emportés afin de rétablir le trafic national et international qui a été sérieusement perturbé sinon bloqué par endroits.

          Le rétablissement de ce trafic nécessite les actions urgentes prioritaires suivantes :

-   La mise au point des déviations urgentes ou des itinéraires de rechange adéquats ;

-   La reconstruction et la réhabilitation des ouvrages d’art détruits ou endommagés ;

-   La réalisation des études de faisabilité pour la reconstruction et la réhabilitation des infrastructures endommagées ».

          Gilbert Fossoun Houngbo ne devrait non plus oublier qu’il s’est donné un délai de six mois pour changer le destin des Togolais. 

T.K. 


Grogne à FORTIA CEMENT à Tabligbo : Les employés menacent d’entrer en grève à partir de la semaine prochaine

            Le 19 juillet 2008, les employés de FORTIA-CEMENT, une unité de production de ciment sise à Tabligbo, ont observé un mouvement de grève de 24 heures à la suite d’un préavis lancé quelques jours plus tôt. Ils réclamaient de meilleures conditions de vie et de travail dans l’entreprise notamment l’instauration d’une visite médicale conformément à la législation du travail en vigueur au  Togo, le réajustement salarial…

          Les grévistes ont été surpris de constater que non seulement d’autres personnes ont été recrutées pour travailler à leur place en violation des dispositions  du code du travail, mais aussi six de leurs camarades accusés d’avoir saboté des machines, ont été licenciés.

          Selon les témoignages, le lendemain du mouvement, c’est-à-dire le 20 juillet 2008 à 6 heures, heure prévue pour la reprise du travail, l’entrée fut interdite à tous les grévistes. Le Directeur général de la société organisa un tour de force par une tentative de licenciement qui aura duré quatre jours sans succès, l’Administration publique ayant refusé de lui donner satisfaction en évoquant le droit de grève des travailleurs.

          Déçu, le DG suspecta six des ouvriers qui avaient fait le poste de nuit la veille de grève pour un présumé sabotage qui, selon les autres employés, n’existe pas. « Ce samedi 19 juillet jour de la grève, à 6 heures, pendant que FORTIA tournait avec un personnel recruté pour la circonstance, tous les grévistes avaient quitté l’usine pour les locaux de la préfecture où nous avons été reçus par le préfet de Yoto sous les cameras de la TVT », a expliqué un employé.

          Contraint de ne pas pouvoir licencier les grévistes, le DG assortit la reprise du travail assortie d’une condition: reprise sans les six suspects en attendant les résultats de l’enquête diligentée à leurs égards. Selon les employeurs, une commission inique a été mise en place et constituée de personnes  acquises à la cause de l’employeur. On cite comme président de la commission, le Contrôleur Administratif qui s’était distingué en signant une lettre d’intimidation aux ouvriers. Il est tenu responsable de l’échec des négociations. Les autres membres se composent comme suit : M. Raju, le chargé de FORTIA (plaignant), M. Agbobli, agent de WACEM ayant travaillé à la place des grévistes, M. Agblémagnon Koffi, agent du service commercial de FORTIA, M. Kuwonou,  agent retraité et Mlle Koffi Kouma, secrétaire à WACEM. « Pour cette commission, seules les réponses voulues par l’employeur sont enregistrées. Des réponses autres que celles-là sont perçues comme de l’arrogance, de l’insubordination et de l’impolitesse du suspect. Les explications sont refusées car il s’agit uniquement de répondre par oui ou non. Nous avons subi des interrogations de plus de 7 heures d’affilée et ceci allant de 2 à 5 jours par personne. Pis encore, ces interrogatoires portent sur des sujets qui n’ont  rien à voir avec un quelconque sabotage », a fustigé un des employés mis en cause. Pour ceux-ci, cette fameuse enquête n’est que manœuvres de provocation, d’intimidation et de torture psychologique à eux  infligées, par les employeurs indiens.

          Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale convaincu de l’inexistence d’acte de sabotage après sa propre investigation, a demandé que les 6 ouvriers suspendus reprennent le travail. Mais la direction générale qui ne reconnaît aucune autorité à part la sienne s’y est opposée. Jusqu’à ce jour, les employés suspectés de sabotage n’ont pas repris le travail.

          Par solidarité avec leurs camarades injustement mis à la porte, les autres employés de FORTIA entendent observer une grève à partir de mardi 30 septembre prochain si leurs camarades ne sont pas rétablis dans leurs droits. « Nous avons accordé pratiquement une semaine à nos employeurs. Il faut que nos camarades retrouvent leur boulot et dans  des meilleures conditions de travail. Si au-delà de 48 heures, nous ne trouvons pas satisfaction, nous serons obligés de durcir le ton et ceci jusqu’à satisfaction », a averti M. Komlanvi Sabama, le Secrétaire général du syndicat des Mines.                             

  Médard A.  


Changement de gouvernement au Togo : La non reconduction de Foli-Bazi Katari divise les natifs du Tchaoudjo

            La formation du nouveau gouvernement et le départ de certains ministres continuent de susciter des réactions. La non reconduction du ministre Foli-Bazi Katari fait des mécontents au sein des natifs de la préfecture de Tchaoudjo. Une manifestation de certains activistes de la préfecture était même prévue à cet effet samedi dernier.

          On susurre que l’ancien ministre aurait aidé beaucoup de ses frères lorsqu’il était aux affaires. Il leur aurait trouvé de l’emploi et plusieurs jeunes de la localité reposeraient leur espoir sur lui dans le cadre du dernier concours de recrutement. Pour ceux-ci, le ministre est victime d’une manœuvre. Et ils étaient prêts à manifester samedi dernier dans la ville de Sokodé.

Voyant la contestation venir, un Général qui est dans l’entourage immédiat de Faure, aurait organisé une réunion le week-end dernier entre les cadres originaires de la préfecture. De sources concordantes, les discussions furent houleuses et certains auraient à dit  plus haut ce que tout le monde pense bas.

Par ailleurs, le retour de l’ancien ministre de la Fonction publique, de la Réforme administrative et des Relations avec les Institutions de la République aurait aussi été évoqué.

S’il se décidait à occuper son siège, il devrait bouter dehors Mme Ouro Bagna Nassara, 2ème Vice-présidente de l’Assemblée nationale et épouse d’un officier supérieur des FAT originaire de la préfecture.

R. K


Suite aux dernières pluies : Les sinistrés d’Adakpamé, Dévégo et Bénomé de nouveau sous les eaux

Les pluies diluviennes qui se sont abattues fin juillet sur le Togo notamment dans la région méridionale, ont  provoqué des inondations. Des sinistrés se comptaient par milliers dans les quartiers périphériques de la seule ville de Lomé. On se souvient que le déclic a été donné par l’effondrement du pont d’Amakpapé dans la nuit du 26 au 27 juillet dernier. Suite à cette catastrophe naturelle, les habitants se sont retrouvés dans les eaux. Talons aux fesses, hommes, femmes, suivis des enfants, étaient obligés de déguerpir les lieux pour laisser place au nouveau maître de logis, dame Eau.

          Face à ce drame,  le gouvernement s’est dépêché dans les zones sinistrées pour sauver ce qui peut l’être. Ainsi, les sinistrés se sont vus abrités dans les centres d’accueil qui ne sont autres que les établissements scolaires. Après avoir bénéficié pendant quelques semaines des vivres et des non vivres, et après que des eaux se sont retirées de certaines zones, ils étaient obligés de regagner leurs domiciles soit volontairement soit manu militari.  Certaines concessions malheureusement baignent toujours  dans les eaux et plus précisément dans les localités d’Adakpamé, Dévégo et Bénomé à Baguida. Les habitants de ces quartiers pensaient que la petite saison pluvieuse dans laquelle ils se trouvent, aura au moins pitié d’eux. Mais tel n’est pas le cas. Depuis la semaine dernière, deux pluies viennent anéantir l’espoir de ces sinistrés qui attendaient faire un adieu aux précipitations. Un tour dans ces lieux nous a permis de refaire l’état des lieux.

          A Adakpamé, à quelques mètres du dispensaire du quartier, se trouvait un tas d’ordures qui accueille chaleureusement par son odeur puante tout passant. Une montagne d’ordures qui vit au cœur du marché! Quand on a voulu savoir le rôle de ces déchets, un habitant du quartier explique : « quand il pleut, il y a un peu partout de l’eau sur la voie et dans le marché. On attendait depuis fort longtemps qu’une solution idoine soit trouvée pour nous un jour. Mais en vain. pour le moment,  c’est ce tas d’ordures qu’on a amené pour boucher ces trous que vous voyez.». « On n’a pas le choix. On veut nous tuer tous. Nous sommes entourés de  maladies,  même ceux qui viennent faire des achats ne sont pas épargnés », déplore une revendeuse d’igname. A quelques pas de là, on trouve  un lac artificiel de couleur verdâtre sur la voie et dans les maisons environnantes. Contre toute attente, les gens se débrouillent pour y vivre. « On n’a nulle part où aller même si les moustiques troublent nos sommeils. C’est la pluie de jeudi dernier qui a encore tout gâté. C’est l’argent de toute une vie que j’ai dépensé pour avoir ce lopin de terrain », indique un vieux propriétaire d’une maison.

          A Baguida et plus précisément à Dévégo et Bénomé, la situation est identique. « On attendait que notre quartier soit totalement épargné de ces eaux. mais ce qu’on craignait, c’est  ce qui  est  arrivé avec les pluies de ces derniers temps. C’est  parti pour la grande saison sèche où nous serons un peu à l’aise », souligne Mawouli, un habitant de Bénomé. Mais visiblement, plusieurs demeures sont orphelines d’habitants. «Les gens sont partis vivre chez les voisins, d’autres ont quitté définitivement le quartier en allant louer ailleurs. Si nous, nous sommes toujours là, c’est par faute de moyens », aconfie un sinistré de la localité. Notre prière, ajoute-t-il, c’est que Dieu ferme les vannes du ciel afin que l’eau cesse sa furie contre nous.

          Les pluies avec leurs cortèges de lacs artificiels dans les quartiers et maisons ne font pas que des malheureux. Certaines personnes se sont transformées en pêcheurs grâce à ces étangs laissés par ces dernières pluies. Et les enfants s’y adonnaient à cœur joie. On les voit tout autour de ces eaux stagnantes avec des hameçons pour prendre des poissons. Apparemment on se plaît dans cette activité  à en croire certains habitants surpris en pleine activité de pêche. Un élève qui monte en classe de 2nde  au Lycée de Baguida déclare : « nous prenons beaucoup de poissons, mais c’est uniquement pour la cuisine ». Vers  17 heures, à Dévégo, on voit des enfants avec  des instruments de pêche, regagner leurs domiciles respectifs.

          Comme on le constate, ces dernières pluies tombées à corsent l’addition aux  habitants, même s’ils ont de quoi agrémenter leur  cuisine.

Don Jean Kossi

 
 
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