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Le
rapport des consultations
nationales du processus Vérité, Justice et Réconciliation dans notre pays a
été rendu public le 11 septembre 2008. La fin de ces consultations et la
remise officielle, il y a quelques jours, au Chef de l’Etat par Monsieur
Mussa Gasama, Représentant du HCDH au Togo, du rapport desdites
consultations n’a pas suscité un grand intérêt au sein de l’opinion
nationale. C’est même presque passé comme une lettre à la poste. Beaucoup
d’intellectuels togolais tout comme l’homme de la rue, à les écouter, ne
semblent pas enthousiasmés par les consultations elles-mêmes et encore moins
par le contenu du rapport, et ils ont affiché une indifférence peut-être
justifiée à l’annonce de l’événement.
Pour certains, le manque d’enthousiasme et d’intérêt se justifie par le fait
que, du temps du Gal Eyadèma, il était apparu à tort ou à raison évident,
que ce dernier semblait constituer lui-même un frein à la réconciliation
entre les fils d’une même nation, étant donné que sous son règne, des
opérations de réconciliation avaient été décrétées plus d’une fois et
exécutées, y compris des réconciliations armée-nation, sans que cela eût
abouti à quelque chose de concret, ce qui explique que, plusieurs années
après sa mort, on en soit encore à parler de réconciliation nationale. Les
pouvoirs publics ayant simplement voulu faire semblant à chaque fois, d’être
animés de bonne volonté et de bonnes intentions. C’était de la
réconciliation sur fond d’hypocrisie.
Sans doute, à l’avance, les auteurs savaient qu’il y avait une limite dans
la prétendue réconciliation qu’il ne fallait pas dépasser. Sans doute encore
parce que, dans la tête de certains Togolais qui tiraient un certain profit
mesquin de la division entre les populations togolaises, et qui étaient «
heureux » de voir à chaque élection, le sang de leurs compatriotes
couler gratuitement, une réconciliation sincère au sens patriotique du
terme, sonnerait le glas d’un certain privilège mal acquis, consacrant leur
succession au pouvoir.
Après donc la mort du Gal Eyadema, il n’y avait plus, tout bien pesé, de
raison de continuer à maintenir ce peuple dans la haine ethnique et dans la
division créées de toutes pièces puis encouragées ignominieusement. Encore
que, l’un de ses fils dont la mère serait originaire de la région sud du
pays, l’avait remplacé contre tout bon sens, mais avait pris soin de
promettre de faire oublier « les mauvais souvenirs » de son père par
des slogans du genre : « Lui c’est lui, moi, c’est moi ! »; « Un
leader nouveau, un esprit nouveau », etc. Toutes les ethnies du nord au
sud, plongées dans la misère et dans la déchéance depuis des lustres pour
des raisons qu’on ignore, mais qu’on s’est toujours arrangé à opposer entre
elles, histoire de diviser pour régner, s’étaient permis à un moment donné,
de rêver, croyant en la bonne foi de M. Faure Gnassingbé.
Le
manque d’enthousiasme suite à la fin de ces
consultations nationales et à
la présentation du rapport y relatif est lié au fait que, en l’espace de
deux ans et demi, voire trois, le Président de la République, garant de
l’unité nationale, aura fortement déçu les attentes. Notamment, en quoi
faisant ? En se livrant lui-même à partir d’un moment à des discours
provocateurs dans lesquels ses compatriotes ne retrouvaient plus
«l’esprit nouveau» annoncé; en cautionnant les propos injurieux et
provocateurs de son copain Gilbert Bawara pendant qu’on parle d’apaisement;
en le faisant reconduire en dépit de toutes ses multiples dérives verbales,
pour la troisième fois successive dans son quatrième gouvernement; en
tolérant des concours de recrutement dont le résultat était sur fond de
tribalisme comme par le passé, idem pour le dernier recrutement des agents
de la police dénoncé en son temps par plusieurs confrères...
Plusieurs autres arguments militent en faveur du manque de confiance en
l’actuel Chef de l’Etat par ceux qui aspirent à voir les choses changer
véritablement en bien dans le pays. Ces arguments sont liés à la non
réduction du train de vie de l’Etat, à la poursuite de l’opacité dans la
gestion des finances publiques, (la dissolution pure et simple du Fonds
d’Entretien Routier sans un audit par ex., alors que la faillite de
l’institution est consommée), à la survivance de l’insalubrité dans la
capitale depuis l’arrivée au pouvoir de M. Faure Gnassingbé, ainsi qu’à la
réforme de la justice qui n’a lieu jusqu’ici que du bout des lèvres. Tout
cela a conduit des millions de Togolais à se dire qu’avec l’actuel Président
de la République, les Togolais ne devraient s’attendre à rien d’autre que la
déception.
Selon le rapport, en son point IV 2.4 « 84% des personnes
enquêtées dans toutes les préfectures et de tous sexes, âges, ethnies,
catégories socioprofessionnelles confondues croient massivement que la
réconciliation entre les Togolais est possible. Cependant, elles adjoignent
à cette conviction des conditions, notamment rétablir la confiance (84, 51%)
et créer les conditions pour vivre ensemble (84,30%) ». Le rapport fait
bien de mettre l’accent sur cette préoccupation de l’échantillon interrogé
qui conditionne son optimisme par le rétablissement de la confiance
et la création des conditions pour vivre ensemble bien entendu, à
réaliser par le pouvoir en place.
C’est ici qu’intervient le gros du travail. Et, connaissant le degré très
élevé de carence de bonne volonté et surtout de volonté politique de la part
des pouvoirs publics, il y a de fortes raisons de ne pas croire qu’ils
puissent aboutir à quelque chose de positif, car aucune œuvre humaine n’est
possible sans la volonté et la conviction de réussir. Ceux qui ont marqué
leur indifférence par rapport à l’annonce de la fin des consultations et à
la présentation du rapport desdites consultations ont visiblement des
raisons de faire un tel choix.
Il
urge de considérer pour ce qui nous concerne, cet optimisme nourri
par les « consultés» quant à la possibilité de réconcilier
véritablement les populations, comme un défi à relever par les autorités du
pays. Car ce serait une grande déception pour ces gens d’espérer pendant que
tout le monde se désespérait, et de voir leur optimisme noyé comme une
goutte d’eau dans la mer. Du moment où les personnes interrogées ne sont pas
restées pessimistes comme la grande majorité des Togolais quant à
l’aboutissement de l’opération de réconciliation nationale, la chose se
présente désormais comme un défi que le pouvoir devrait se mettre à cœur de
relever vaille que vaille.
Le
rapport précise plus loin : «Beaucoup s’accordent à dire que la
réconciliation du peuple togolais, est possible et qu’elle résultera du
changement des comportements au sommet de la classe politique et de la mise
en œuvre d’un certain nombre de mesures et de réformes pour la rendre
effective. Elle suppose un pardon sincère et mutuel. Elle suppose aussi que
chaque Togolais ait assez à manger ». Le pouvoir en place qui fait au
Togo la pluie et le beau temps, réussira-t-il enfin à descendre de son
piédestal et mettre véritablement l’intérêt national et celui des
populations au-dessus de leur « abdominalisme » comme sait si bien le
dire quelqu’un, puis changer réellement de comportements pour aider les
Togolais à prendre ensemble le train du changement ? Le pouvoir togolais
parviendra-t-il à faire en sorte que chaque Togolais mange à sa faim ? On
attend de voir.
«
Le problème du Togo est politique. S’il n’est pas résolu, il y a risque
de voir tourner le pays en rond indéfiniment ». L’Universitaire
togolais Comi Toulabor a tout résumé par cette assertion et comprenne qui le
peut. Pour les millions de Togolais, que de confiance placée en nos
autorités politiques à des moments sensibles et décisifs pour permettre à
notre pays de faire son entrée dans l’histoire par la grande porte, mais
noyée dans les incongruités habituelles !
Alain Simouba
Infrastructures routières apocalyptiques du Togo : De la nécessité de
rappeler au nouveau Premier ministre ses « promesses incantations »
La
pluie qui s’est abattue hier sur Lomé a encore certainement causé des
désagréments aux usagers de nos «jolis » boulevards et avenues. Les
fosses communes, comme un compatriote a l’habitude de caricaturer les
nids-de-poule béants qu’abritent les routes dans la capitale, se sont
retrouvées submergées par les eaux de ruissellement, constituant ainsi des
pièges potentiels. Comme d’habitude, les plus malheureux ont été les
motocyclistes et c’est des jurons qu’ils ont dû pousser à chaque mètre
parcouru. Un véhicule qui passe par inattention dans un cloaque, et c’est
des désagréments au Zedman et à son passager ; ces derniers sont aussi la
cible d’autres motocyclistes qui font éclabousser sur eux de l’eau et de la
boue du fait d’un garde-boue défaillant. Un spectacle désolant en somme.
C’est la routine à Lomé, et
aussi sur les différentes routes qui desservent l’hinterland. La nationale
n°3 était enviée pour son état relativement acceptable par rapport aux
autres. Mais un tour là-dessus aujourd’hui fait déchanter. Les nids-de-poule
se sont multipliés en un temps record et par endroits sur des dizaines de
mètres, le bitume est complètement enlevé et avec ces pluies qui tombent à
répétition, c’est un champ de boue qui se crée sur cette route. Ce sont là
les conséquences du passage des poids lourds à la suite des inondations de
juillet et août derniers.
Ce spectacle désolant ne vient
que relancer le nouveau locataire de
la Primature
sur l’urgence de remettre en état les infrastructures routières
calamiteuses. C’est ici qu’il importe de lui rappeler les promesses sous
forme d’incantations que lui-même a faites lors de la présentation mardi 16
septembre dernier de son programme de gouvernement à l’Assemblée nationale,
promesses inscrites d’ailleurs au crédit des programmes baptisés d’urgence
: «Les actions d’urgence dans le domaine des infrastructures
visent en priorité la remise en état des ouvrages détruits par les
dernières inondations survenues en juillet afin de rétablir la circulation
sur l’ensemble du trafic routier. Il s’agira de réparer et de reconstruire
les ouvrages d’art et les portions de route endommagés ou emportés afin de
rétablir le trafic national et international qui a été sérieusement perturbé
sinon bloqué par endroits.
Le rétablissement de ce trafic nécessite les actions urgentes
prioritaires suivantes :
-
La mise au point des déviations urgentes ou des itinéraires de rechange
adéquats ;
-
La reconstruction et la réhabilitation des ouvrages d’art détruits ou
endommagés ;
-
La réalisation des études de faisabilité pour la reconstruction et la
réhabilitation des infrastructures endommagées ».
Gilbert Fossoun Houngbo ne
devrait non plus oublier qu’il s’est donné un délai de six mois pour changer
le destin des Togolais.
T.K.
Grogne à FORTIA CEMENT à Tabligbo : Les employés menacent d’entrer en grève
à partir de la semaine prochaine
Le
19 juillet 2008, les employés de FORTIA-CEMENT, une unité de production de
ciment sise à Tabligbo, ont observé un mouvement de grève de 24 heures à la
suite d’un préavis lancé quelques jours plus tôt. Ils réclamaient de
meilleures conditions de vie et de travail dans l’entreprise notamment
l’instauration d’une visite médicale conformément à la législation du
travail en vigueur au Togo, le réajustement salarial…
Les grévistes ont été surpris
de constater que non seulement d’autres personnes ont été recrutées pour
travailler à leur place en violation des dispositions du code du travail,
mais aussi six de leurs camarades accusés d’avoir saboté des machines, ont
été licenciés.
Selon les témoignages, le
lendemain du mouvement, c’est-à-dire le 20 juillet 2008 à 6 heures, heure
prévue pour la reprise du travail, l’entrée fut interdite à tous les
grévistes. Le Directeur général de la société organisa un tour de force par
une tentative de licenciement qui aura duré quatre jours sans succès,
l’Administration publique ayant refusé de lui donner satisfaction en
évoquant le droit de grève des travailleurs.
Déçu, le DG suspecta six des
ouvriers qui avaient fait le poste de nuit la veille de grève pour un
présumé sabotage qui, selon les autres employés, n’existe pas. « Ce
samedi 19 juillet jour de la grève, à 6 heures, pendant que FORTIA tournait
avec un personnel recruté pour la circonstance, tous les grévistes avaient
quitté l’usine pour les locaux de la préfecture où nous avons été reçus par
le préfet de Yoto sous les cameras de
la
TVT »,
a
expliqué un employé.
Contraint de ne pas pouvoir
licencier les grévistes, le DG assortit la reprise du travail assortie d’une
condition: reprise sans les six suspects en attendant les résultats de
l’enquête diligentée à leurs égards. Selon les employeurs, une commission
inique a été mise en place et constituée de personnes acquises à la cause
de l’employeur. On cite comme président de la commission, le Contrôleur
Administratif qui s’était distingué en signant une lettre d’intimidation aux
ouvriers. Il est tenu responsable de l’échec des négociations. Les autres
membres se composent comme suit : M. Raju, le chargé de FORTIA (plaignant),
M. Agbobli, agent de WACEM ayant travaillé à la place des grévistes, M.
Agblémagnon Koffi, agent du service commercial de FORTIA, M. Kuwonou, agent
retraité et Mlle Koffi Kouma, secrétaire à WACEM. « Pour cette
commission, seules les réponses voulues par l’employeur sont enregistrées.
Des réponses autres que celles-là sont perçues comme de l’arrogance, de
l’insubordination et de l’impolitesse du suspect. Les explications sont
refusées car il s’agit uniquement de répondre par oui ou non. Nous avons
subi des interrogations de plus de 7 heures d’affilée et ceci allant de 2 à
5 jours par personne. Pis encore, ces interrogatoires portent sur des sujets
qui n’ont rien à voir avec un quelconque sabotage », a fustigé un des
employés mis en cause. Pour ceux-ci, cette fameuse enquête n’est que
manœuvres de provocation, d’intimidation et de torture psychologique à eux
infligées, par les employeurs indiens.
Le ministre du Travail et de
la
Sécurité sociale convaincu de l’inexistence d’acte de sabotage après sa
propre investigation, a demandé que les 6 ouvriers suspendus reprennent le
travail. Mais la direction générale qui ne reconnaît aucune autorité à part
la sienne s’y est opposée. Jusqu’à ce jour, les employés suspectés de
sabotage n’ont pas repris le travail.
Par solidarité avec leurs
camarades injustement mis à la porte, les autres employés de FORTIA
entendent observer une grève à partir de mardi 30 septembre prochain si
leurs camarades ne sont pas rétablis dans leurs droits. « Nous avons
accordé pratiquement une semaine à nos employeurs. Il faut que nos camarades
retrouvent leur boulot et dans des meilleures conditions de travail. Si
au-delà de 48 heures, nous ne trouvons pas satisfaction, nous serons obligés
de durcir le ton et ceci jusqu’à satisfaction », a averti M. Komlanvi
Sabama, le Secrétaire général du syndicat des Mines.
Médard A.
Changement de gouvernement au Togo : La non reconduction de Foli-Bazi Katari
divise les natifs du Tchaoudjo
La
formation du nouveau gouvernement et le départ de certains ministres
continuent de susciter des réactions. La non reconduction du ministre
Foli-Bazi Katari fait des mécontents au sein des natifs de la préfecture de
Tchaoudjo. Une manifestation de certains activistes de la préfecture était
même prévue à cet effet samedi dernier.
On susurre que l’ancien
ministre aurait aidé beaucoup de ses frères lorsqu’il était aux affaires. Il
leur aurait trouvé de l’emploi et plusieurs jeunes de la localité
reposeraient leur espoir sur lui dans le cadre du dernier concours de
recrutement. Pour ceux-ci, le ministre est victime d’une manœuvre. Et ils
étaient prêts à manifester samedi dernier dans la ville de Sokodé.
Voyant la contestation venir, un Général qui est dans l’entourage immédiat
de Faure, aurait organisé une réunion le week-end dernier entre les cadres
originaires de la préfecture. De sources concordantes, les discussions
furent houleuses et certains auraient à dit plus haut ce que tout le monde
pense bas.
Par ailleurs, le retour de l’ancien
ministre de
la
Fonction publique, de
la Réforme administrative et des Relations avec
les Institutions de
la
République aurait aussi été évoqué.
S’il se décidait à occuper son siège, il devrait bouter dehors Mme Ouro
Bagna Nassara, 2ème Vice-présidente
de l’Assemblée nationale et épouse d’un officier supérieur des FAT
originaire de la préfecture.
R.
K
Suite aux dernières pluies : Les sinistrés d’Adakpamé, Dévégo et Bénomé de
nouveau sous les eaux
Les
pluies diluviennes qui se sont abattues fin juillet sur le Togo notamment
dans la région méridionale, ont provoqué des inondations. Des sinistrés se
comptaient par milliers dans les quartiers périphériques de la seule ville
de Lomé. On se souvient que le déclic a été donné par l’effondrement du pont
d’Amakpapé dans la nuit du 26 au 27 juillet dernier. Suite à cette
catastrophe naturelle, les habitants se sont retrouvés dans les eaux. Talons
aux fesses, hommes, femmes, suivis des enfants, étaient obligés de déguerpir
les lieux pour laisser place au nouveau maître de logis, dame Eau.
Face à ce drame, le
gouvernement s’est dépêché dans les zones sinistrées pour sauver ce qui peut
l’être. Ainsi, les sinistrés se sont vus abrités dans les centres d’accueil
qui ne sont autres que les établissements scolaires. Après avoir bénéficié
pendant quelques semaines des vivres et des non vivres, et après que des
eaux se sont retirées de certaines zones, ils étaient obligés de regagner
leurs domiciles soit volontairement soit manu militari. Certaines
concessions malheureusement baignent toujours dans les eaux et plus
précisément dans les localités d’Adakpamé, Dévégo et Bénomé à Baguida. Les
habitants de ces quartiers pensaient que la petite saison pluvieuse dans
laquelle ils se trouvent, aura au moins pitié d’eux. Mais tel n’est pas le
cas. Depuis la semaine dernière, deux pluies viennent anéantir l’espoir de
ces sinistrés qui attendaient faire un adieu aux précipitations. Un tour
dans ces lieux nous a permis de refaire l’état des lieux.
A Adakpamé, à quelques mètres
du dispensaire du quartier, se trouvait un tas d’ordures qui accueille
chaleureusement par son odeur puante tout passant. Une montagne d’ordures
qui vit au cœur du marché! Quand on a voulu savoir le rôle de ces déchets,
un habitant du quartier explique : « quand il pleut, il y a un peu
partout de l’eau sur la voie et dans le marché. On attendait depuis fort
longtemps qu’une solution idoine soit trouvée pour nous un jour. Mais en
vain. pour le moment, c’est ce tas d’ordures qu’on a amené pour boucher ces
trous que vous voyez.». « On n’a pas le choix. On veut nous tuer
tous. Nous sommes entourés de maladies, même ceux qui viennent faire des
achats ne sont pas épargnés », déplore une revendeuse d’igname. A
quelques pas de là, on trouve un lac artificiel de couleur verdâtre sur la
voie et dans les maisons environnantes. Contre toute attente, les gens se
débrouillent pour y vivre. « On n’a nulle part où aller même si les
moustiques troublent nos sommeils. C’est la pluie de jeudi dernier qui a
encore tout gâté. C’est l’argent de toute une vie que j’ai dépensé pour
avoir ce lopin de terrain », indique un vieux propriétaire d’une maison.
A Baguida et plus précisément
à Dévégo et Bénomé, la situation est identique. « On attendait que notre
quartier soit totalement épargné de ces eaux.
mais ce qu’on craignait,
c’est ce qui est arrivé avec les pluies de ces derniers temps. C’est
parti pour la grande saison sèche où nous serons un peu à l’aise »,
souligne Mawouli, un habitant de Bénomé. Mais visiblement, plusieurs
demeures sont orphelines d’habitants. «Les gens sont partis vivre chez
les voisins, d’autres ont quitté définitivement le quartier en allant louer
ailleurs. Si nous, nous sommes toujours là, c’est par faute de moyens »,
aconfie un sinistré de la localité. Notre prière, ajoute-t-il, c’est que
Dieu ferme les vannes du ciel afin que l’eau cesse sa furie contre nous.
Les pluies avec leurs cortèges
de lacs artificiels dans les quartiers et maisons ne font pas que des
malheureux. Certaines personnes se sont transformées en pêcheurs grâce à ces
étangs laissés par ces dernières pluies. Et les enfants s’y adonnaient à
cœur joie. On les voit tout autour de ces eaux stagnantes avec des hameçons
pour prendre des poissons. Apparemment on se plaît dans cette activité à en
croire certains habitants surpris en pleine activité de pêche. Un élève qui
monte en classe de 2nde
au Lycée de Baguida déclare : « nous prenons beaucoup de poissons, mais
c’est uniquement pour la cuisine ». Vers 17 heures, à Dévégo, on voit
des enfants avec des instruments de pêche, regagner leurs domiciles
respectifs.
Comme on le constate, ces
dernières pluies tombées à corsent l’addition aux habitants, même s’ils ont
de quoi agrémenter leur cuisine.
Don
Jean Kossi |