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«Après 40 années de luttes vaines, un front uni de l’opposition s’avère
indispensable dans la perspective de la présidentielle de 2010 pour
mobiliser le peuple qui aspire au changement et lui donner sa victoire qui
lui a été toujours volée», souhaite un militant d’un parti politique de
l’opposition. A chaque fois que l’occasion lui est offerte, le président de
l’Alliance des Démocrates pour le Développement Intégral (ADDI) M. Aimé
Tchaboré Gogué n’a cessé de le répéter. Il a réitéré ce vœu lors du 2e congrès
ordinaire de l’Union des Forces de Changement (UFC) tenu en mi-juillet
2008 à Lomé. Invité dans l’émission 7 sur 7 sur
la TV7
le dimanche 21 septembre dernier, M. Gogué est encore revenu sur le sujet.
Le président de l’ADDI a indiqué que son parti a engagé des discussions
profondes avec l’UFC pour une fusion des deux forces politiques en vue
d’œuvrer pour une victoire du peuple en 2010. Les deux formations politiques
dont les idéologies convergent, sentent aujourd’hui la nécessité de mettre
ensemble leurs énergies et réorganiser la lutte pour l’avènement d’une
démocratie et d’une liberté qui puissent baliser la voie au progrès social.
« Loin d’être ce que nos détracteurs vont tenter de faire
croire, la fusion apparaît aujourd’hui comme un modèle pouvant conduire à la
mise en commun des deux projets de sociétés pilotés par des responsables
librement choisis en leur sein et donner des gages de sincérité dont une
bonne frange de Togolais abusée par l’aventure politique a besoin. De cette
fusion émergeront des organes directeurs qui reflètent non seulement le
désir de leurs dirigeants mais aussi de tout le peuple fatigué des
divergences de détails. Pour nous, cette fusion est le point de départ d’une
autre façon de faire de la politique. Des échanges sincères et pragmatiques
doivent permettre de rassurer tous ceux qui veulent un changement profond à
prendre courage et à se détourner des luttes qui nous autodétruisent pendant
que le peuple compte désespérément sur nous », avait notamment déclaré
M. Gogué lors des assises de l’UFC.
A la veille des échéances électorales importantes, les partis de
l’opposition, sous la pression des populations, forment des fronts qui
malheureusement s’éclatent après les élections. C’est le cas du COD II, de
la CFD
en 2003 ou encore de
la Coalition
de 2005 qui se sont tous soldés par des échecs cuisants. Au lieu de s’unir
contre l’ennemi commun, les partis de l’opposition ont toujours dévoyé leurs
luttes sous l’autel des querelles intestines et des intérêts partisans.
« Le refus, l’orgueil et l’égoïsme des uns et des autres n’ont
jamais permis de mettre toutes nos énergies au service du développement de
notre peuple et de lutter contre les forces obscures qui nous empêchent
d’évoluer vers la création d’un Etat nation (…) Notre manque de cohésion,
notre refus de considérer les variables essentielles qui puissent nous
amener à la définition d’un cadre politique, ont eu des effets dévastateurs
sur nous-mêmes et sur nos populations », reconnaît le président de l’ADDI
.
Pour M. Gogué, les forces de l’opposition démocratique se sont
souvent entredéchirées, chamaillées, vilipendées, trahies au moment où elles
ont le plus besoin de mettre leurs énergies au service du changement.
L’alliance des partis de l’opposition a cet avantage de créer une
dynamique au sein des populations avides de changement. Les différentes
formes de rassemblement des forces démocratiques expérimentées par le passé
ayant échoué, il leur revient d’explorer d’autres schémas. C’est sur cette
voie que s’engagent l’UFC et l’ADDI ayant pris conscience de leur
autodestruction, de peines que leurs tergiversations causent au peuple. «
Afin de changer la situation politique du Togo, les forces progressives
devront construire un pont pour passer de l’autre côté de la rive. Certains
par leurs forces individuelles sont capables de construire 95% du pont. Mais
tant que les 5% manquants resteront, la situation ne pourra point être
changée. Ces 5% sont indispensables et cruciaux à la réussite finale de
notre lutte », insiste M. Gogué.
Médard A.
Table ronde de Bruxelles : Le boucan du pouvoir et les attentes des
populations : De forts risques d’effet boomerang
Les jeudi 18 et vendredi 19 septembre dernier eut lieu la fameuse
table ronde des bailleurs de fonds. C’est tout un boucan qui a entouré
l’événement. Aujourd’hui, on glose au sein du pouvoir d’avoir pu acquérir la
confiance des bailleurs de fonds et on fait de la surenchère autour des
milliards qu’ils mettraient à la disposition du Togo. Mais cette
médiatisation à outrance à des fins propagandistes risque de se retourner
contre le clan au pouvoir.
Tapage médiatique en amont comme en aval
Tout d’abord, la rencontre était annoncée avec trompette et
tintamarre. Et tout a été mis en œuvre pour qu’elle ait lieu. C’était une
véritable course contre la montre qu’a faite le nouveau Premier ministre
Gilbert Fossoun Houngbo. Revenu de New York le dimanche 14 septembre, il a
rendu publique la composition de son équipe gouvernementale le lendemain et
présenté son programme aux députés à l’Assemblée nationale mardi dans la
matinée, et déjà dans la soirée, la forte délégation togolaise s’est envolée
pour Bruxelles. Le jeu en valait la chandelle, car il s’agissait d’un
rendez-vous avec l’argent. Cette table ronde était décrite comme la solution
ultime à la souffrance du peuple togolais.
Le tapage médiatique au sortir de la rencontre n’était pas
moindre. Et bien évidemment, elle est récupérée par le clan au pouvoir. «
La table ronde de Bruxelles a été une totale réussite », clame-t-on à
rompre nos tympans. Et tout de suite, sur la télévision nationale, on trouve
le père de cette réussite : Faure Gnassingbé. « C’est sa politique des
réformes tant politiques qu’économiques qui a séduit les bailleurs de fonds
à accepter mettre la main à la poche », argue-t-on. Et par-dessus tout,
on brandit la manne de 600 milliards comme le fruit de cette rencontre,
comme si la délégation conduite par Gilbert Fossoun Houngbo est revenue avec
ce pactole dans les mallettes.
Couteau à double tranchant
Tout ce tapage médiatique est orchestré à des fins propagandistes,
juste pour louanger Faure Gnassingbé. Mais ce boucan risque de se retourner
contre le clan et d’entraîner un effet boomerang. Ces 600 milliards de FCFA
brandis comme retombées de cette rencontre, en plus de la promesse de
Gilbert Fossoun Houngbo de changer leur destin en six (06) mois, risquent de
donner des idées aux populations, de les faire saliver. Les Togolais
voudront voir leur quotidien aussitôt changé, tous leurs problèmes
existentiels résolus, quoi de plus normal.
En effet, les populations voudront voir tout de suite siffler la
fin de la vie chère faite d’augmentation des prix de tous les produits et
qui les contraint à se plier en quatre pour pouvoir dormir au chaud. Les
Togolais voudront du moins d’un allègement de leur souffrance. L’autre
terrain sur lequel les gouvernants seront attendus par les populations est
sans nul doute celui des infrastructures routières. Les Togolais ne
digéreraient pas que malgré les 600 milliards, les boulevards et avenues de
Lomé soient encore de vastes champs de « nids de dinosaure », les
routes encore des pistes de rallye, les ponts effondrés et autres voies
endommagées restent en l’état. Et il y a de forts risques d’assister à des
mouvements d’humeur pour des revendications.
C’est malheureusement cet effet contreproductif qu’aura le boucan
fait tout autour de cette table ronde. Même si cela advenait, le pouvoir
n’aura à s’en prendre qu’à soi-même. Car il aura brandi ces 600 milliards
comme des fonds déjà acquis alors que ce ne sont que des promesses des
bailleurs de fonds. D’ailleurs dans ce lot, la moitié des sous a été déjà
annoncée avant même la tenue de la table ronde de Bruxelles. En plus, ces
fonds sont répartis sur une période de trois (03) ans, ce qui fait à peine
une aide de dix-sept (17) milliards de FCFA par mois, des chiffres que
réalisent de loin des sociétés étatiques au Togo. Par-dessus tout, la grande
partie de ces fonds ira à l’apurement de la dette du Togo.
Le ton avec les médecins ?
Le personnel soignant du Togo était en effet en grève les mercredi
17 et jeudi 18 septembre dernier. Par ce mouvement, le personnel de
la Santé
du Togo réclamait de meilleures conditions de travail et de vie. Un
mouvement de débrayage est encore prévu pour le 30 septembre et le 1er novembre
prochains. Ces mouvements, est-ce des manières pour les agents de
la Santé
de maintenir la pression sur les autorités, sentant l’odeur des milliards de
FCFA des bailleurs de fonds ? Difficile d’y répondre par l’affirmative,
mais il est permis de se poser cette question. Et il est fort probable qu’on
assiste dans les semaines et mois à venir à ces genres de mouvements
d’humeurs dans d’autres secteurs.
Hier c’était la reprise de la coopération avec l’Union Européenne
qu’on annonçait avec trompette et tintamarre, mais les populations ne
ressentent aucun effet de cette reprise dans leur vie quotidienne à ce jour.
Leur vie s’est plutôt corsée avec la vie chère et ses corollaires.
Aujourd’hui, c’est 600 milliards qu’on annonce avec tout un boucan. Pour
quel effet ?
Tino Kossi
Insalubrité de la ville de Lomé : Bienvenue à notre nouveau Premier Ministre
!
C’est ainsi que nous saluons le PM Gilbert Houngbo dans sa prise de fonction
après son retour de Bruxelles, suite à la table ronde des bailleurs de
fonds. Sous le gouvernement du Premier Ministre Komlan Mally, nous avions eu
à manifester en tant que citoyen, à travers plusieurs articles, notre
préoccupation quant au sort réservé par les premiers responsables du pays à
notre Capitale en matière de salubrité. Depuis des années déjà, la ville de
Lomé est abandonnée à elle-même. Et les comportements méprisants des
citoyens à l’égard de leur ville sont justement le reflet du laisser-aller
voulu et tacitement institutionnalisé par nos autorités.
Nous aimerions bien nous reprendre, pour dire que nous nous sommes trompés
de jugement. Mais nous ne le pouvons pas, d’autant plus que tous les
Ministres du précédent gouvernement y compris le Chef de l’Etat, ont eu au
moins une fois à sortir de Lomé pour se rendre dans d’autres capitales du
même continent. Nous n’irons pas chercher trop loin. Accra ou Cotonou à
côté, Abidjan ou encore d’autres capitales anglophones, francophones,
lusophones ou arabophones d’Afrique. Ces Ministres ont dû, sans aucun doute,
être frappés par la propreté apparente des autres villes d’Afrique. Mais
quelle initiative a-t-on déjà prise, en vue de changer l’aspect de Lomé
devenue un dépotoir ? Quelle proposition a-t-on déjà eu à faire à qui de
droit ? Et que dit le Chef de l’Etat lui-même à propos de l’état actuel de
la Capitale du pays qu’il dirige ?
Pourtant, dans ces conditions, d’emblée, l’homme devrait s’interroger pour
savoir, en tant qu’autorité, le secret par lequel certains hommes d’Etat ont
réussi à conserver à leur Capitale un aspect si propre, si reluisant et si
attrayant. Si, plusieurs mois après que, par notre modeste contribution,
nous avions cru bon de soumettre notre exécutif à des critiques et lui faire
une proposition par rapport à un projet de loi à soumettre à l’Assemblée
nationale, en vue de mettre définitivement fin à l’invasion de nos rues par
des jets sauvages de peaux de banane, d’orange, de noyaux de mangue, des
restes de canne à sucre, des tortillons de papier, des plastiques
d’emballage d’eau, des cannettes de bière et autres, quelquefois à partir de
voiture, œuvre de citoyens indélicats, aucun indice de volonté politique ne
soit visible jusqu’à ce jour, il y a lieu de s’inquiéter véritablement pour
l’avenir de ce pays dirigé pourtant par une certaine classe d’intellectuels.
Ailleurs, les choses ne se passent pas ainsi.
D’ailleurs, il faut se poser la question de savoir à quoi sert ce Ministère
en charge de
la Formation
civique qui existe depuis plusieurs années, mais qui ne forme personne au
civisme. Et pourtant, les médias d’Etat sont là et pourraient bien
sensibiliser les populations aux bonnes manières et les dissuader par «
la peur du gendarme ». Etant donné que le nouveau PM dit avoir la
confiance du Chef de l’Etat et qu’il est sûr d’avoir les coudées franches
pour mener à bien son programme, autrement il n’aurait pas accepté le poste
à lui confié, nous voudrions le croire sur parole et nous insistons qu’il
accorde une grande priorité à l’assainissement de la ville de Lomé en
commençant par la gestion des ordures ménagères et la discipline à imposer
aux citoyens, afin que chacun contribue à la propreté de la ville de Lomé et
pourquoi pas de toutes les autres villes du pays.
A Lomé, dès que vous débarquez d’avion ou du véhicule qui vous a déposé de
l’autre côté de la frontière, vous n’atterrirez pas à votre domicile ou à
votre hôtel sans avoir été salué, ne serait-ce qu’une fois, par des tas
d’ordures sauvages vous donnant déjà la mesure de la ville où vous vous
trouvez. Le lendemain ou les jours suivants, un tour de ville vous instruit
davantage si vous arrivez pour la première fois au Togo. A l’heure actuelle,
le laisser-aller dans lequel notre Capitale est abandonnée fait désordre. On
ne dirait pas qu’il y a des dirigeants dotés tout de même du pouvoir de
changer les choses en bien.
Nous voudrions placer cette petite anecdote assez significative d’il y a
quelques semaines qui nous édifiera tous. Une fillette de trois ans environ,
dont le père est blanc, est arrivée à Lomé en août dernier avec sa maman
togolaise pour des vacances. Pour avoir été élevée dans l’esprit de la
propreté et de l’autodiscipline, cette enfant a pincé entre ses doigts un
tortillon de bonbon qu’elle a refusé de jeter par terre, même avec
l’insistance de sa maman qui sait que dans son dépotoir natal, pareille
chose ne relève guère du scandale. Il avait fallu qu’une poubelle lui fût
présentée pour qu’elle s’en débarrasse librement. Ceux qui prétendent
diriger ce pays, pourront-ils un jour surprendre agréablement les Togolais
et le monde, en inculquant de pareilles bonnes manières à leurs enfants à la
maison et en les imposant ensuite à tous leurs concitoyens, pour soigner un
tant soit peu l’image bien écornée des Togolais ?
Que Monsieur le Premier Ministre Gilbert Houngbo qui a réussi à arracher la
confiance des bailleurs de fonds pour notre pays, aide tous les membres de
son Exécutif à comprendre qu’il importe aussi, dans le cadre de la lutte
contre la pauvreté, d’amener ses millions de compatriotes à adopter des
attitudes responsables. La lutte contre la pauvreté ne consiste-t-elle pas
aussi à se créer un environnement sain ? La balle est dans le camp du PM que
nous souhaitons ardemment voir confondre tous ses détracteurs par des
résultats assez élogieux, histoire de prouver que Adoboli c’est Adoboli et
Houngbo c’est Houngbo. « Lui c’est lui, moi c’est moi » .
Alain Simouba
Scandale du lait
contaminé en Chine : Des mesures idoines de protection prises dans de
nombreux pays, réaction approximative des autorités togolaises
Le scandale du lait contaminé qui a éclaté depuis quelques jours en Chine
continue de défrayer la chronique. De la mélamine, une substance toxique
généralement utilisée dans la fabrication du plastique et de la colle a été
découverte dans du lait pour enfants de fabrication chinoise, portant les
marques du groupe Sanlu. Selon le Beijing News, un quotidien chinois proche
du gouvernement, le drame du lait contaminé a réellement commencé en
décembre 2007 quand des consommateurs du lait incriminé se sont plaints.
Mais l’information a été gardée secrète par cette firme et les pouvoirs
publics n’ont été informés que le 9 septembre dernier. La substance
incriminée entraînerait des troubles du rein.
Au fil des jours, de nouvelles découvertes sont faites. C’est
ainsi que des traces de mélamine ont été également retrouvées dans une
variété de gâteau vendue à Hong Kong, a annoncé par ailleurs le gouvernement
chinois. La substance se trouvait dans un gâteau à la fraise de la marque
Four Seas, une compagnie basée à Hong Kong. Des tests ont également permis
de découvrir la substance toxique dans des bonbons de la marque « Lapin
blanc », fabriquée en Chine.
Selon les informations transmises par les autorités sanitaires
chinoises, ce sont près de cinquante-trois mille (53 000) enfants au total
qui ont dû être soignés en Chine. Treize mille (13000) d’entre eux restent
hospitalisés et plus d’une centaine de nourrissons présentent des symptômes
sérieux. Quatre (04) bébés auraient déjà succombé à la contamination.
Des responsables de la firme Sanlu et de la province Gansu où ont
été faites les premières découvertes ont été appréhendés et le lait
incriminé retiré du circuit. Mais l’impact se fait déjà sentir à l’étranger.
C’est la panique dans le monde entier.
La situation préoccupe en particulier l’Organisation Mondiale de
la Santé
(OMS). L’un de ses directeurs s’est inquiété du retard avec lequel les
dirigeants chinois avaient révélé ce scandale. « Pourquoi n’ont-ils pas
partagé cette information ? », s’est-il interrogé. L’Union
européenne, qui n’importe pas de produits laitiers chinois, a tout de même
renforcé les contrôles à ses frontières.
Dans de nombreux pays africains, mais aussi au Japon, en Malaisie
ou à Singapour, l’importation du lait chinois, ainsi que des yaourts et
d’autres produits à base de lait, est interdite.
On le voit bien, des Etats prennent des dispositions pour protéger
leurs populations. Mais c’est timidement que les autorités togolaises ont
réagi.
Le scandale a éclaté depuis des semaines, mais c’est seulement
hier mardi que les autorités togolaises ont bougé le cul. Un comité
interministériel composé des préposés à
la Santé, au Commerce et à l’Agriculture a été mis en place pour gérer le
dossier. Ce comité a comme première action, rencontré les importateurs qui
l’ont assuré de la non importation des produits laitiers de la Chine.
mais quand on sait que le
pays est devenu, comme le dirait l’autre, « un dépotoir des produits
chinois », que le marché togolais est de plus en plus envahi par ces
chinoiseries, que ce soit dans l’électroménager, la pharmacie, le cosmétique
ou l’alimentation, on ne doute pas un seul instant de la présence de tels
produits contaminés au Togo.
T.K.
Triste sort pour un ministre débarqué : Cornélius Aïdam victime de la
politique de rotation instaurée par le patron de la CPP
Depuis le 15 septembre dernier, Cornélius Aïdam, détenteur du portefeuille
de
la Communication, de
la Culture
et de
la Formation
civique dans le gouvernement de Komlan Mally, a pris le manteau d’ancien
ministre. L’ex-militant de l’Union des démocrates sociaux (UDS) avec un
certain Antoine Folly, n’a passé que neuf mois aux affaires. Diantre,
pourquoi Komlan Mally a-t-il très tôt rempli sa mission ?
Il aurait pu faire partie de la nouvelle équipe mais la théorie de
rotation chère au Président de
la Convergence
patriotique panafricaine (CPP), Edem Kodjo, est passée par là. Au sein de ce
parti, c’est le « Président annexe » qui fait les rois. Tous les
militants sont servis par ordre hiérarchique. Dans le premier gouvernement
dirigé par le natif de Noépé, c’étaient Lucien Sanvi de Tové et Dr Kanny
Sokpoh-Diallo (dame éclipse solaire) qui étaient cooptés au nom du parti.
Arthème Ahoomey-Zunu et Sanvi de Tové étaient les ministres CPP de l’équipe
gouvernementale dirigée par Me Yawovi Agboyibo. Pour le gouvernement
post-législatives de 2007, les places étaient chères. Une seule place était
revenue à
la CPP
et Aïdam fut désigné pour l’occuper. Dans la foulée, Ahoomey-Zunu qui a «
bien joué son rôle » dans l’organisation des législatives du 14 octobre
2007, a
« séduit » le chef de l’Etat qui l’a nommé Secrétaire Général de
la Présidence. Comme
la tradition l’exige, c’est à chacun son tour, Mme Henriette Kuévi Amedjogbé
qui fut l’un des deux représentants à la Commission électorale nationale
indépendante (CENI), est faite ministre de l’Enseignement technique et de la
Formation professionnelle.
Si Cornélius Aïdam veut «manger » encore ministre un jour,
il lui faut de la patience. Lundi dernier, il a dit au revoir à ses
collaborateurs à l’occasion de la traditionnelle cérémonie de passation de
service. Il est remplacé par Oulegoh Kéyéwa avec qui il aurait eu des
relations tumultueuses. Un fait que n’a pas manqué de lui rappeler le
nouveau ministre de
la Communication en s’inspirant de ce passage biblique : « la pierre
qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la principale de l’angle ».
Triste sort pour cet ancien ministre qui lisait avec dextérité les
communiqués des conseils des ministres.
Par ailleurs, le militant de
la CPP n’aurait pas fait des amis au cours de son passage à la tête de ce
ministère. On lui reproche de vouloir tout faire en assistant à toutes les
manifestations ou en allant à toutes les missions. Il est aussi rapporté que
le comptable du ministère était réduit à la portion congrue, obligé de
ronger ses ongles.
R. Kédjagni |