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Une vision
partagée sur les acquis et les défis des réformes politiques et économiques
Dans son mot de bienvenue, le Commissaire Européen Louis
Michel a salué l’importance des réformes engagées en matière de gouvernance
politique et économique depuis 2005. Il a encouragé fortement le Togo à
poursuivre ses efforts, soulignant que l’Union Européenne (UE) a eu raison
de faire confiance au Togo et de continuer à soutenir son redressement.
Selon le Commissaire Michel, les résultats obtenus doivent conduire à un
réengagement total de la communauté internationale, avec l’arrivée de
nouveaux financements et de nouveaux partenaires. Il a aussi noté que la
fragilité de la situation du Togo a été encore accentuée par les graves
événements survenus en 2008 (crises alimentaires, hausse des prix du
pétrole, inondations) qui appellent des actions urgentes.
Pour sa part, dans son discours d’ouverture, le Premier ministre togolais,
Gilbert Fossoun Houngbo a exposé les difficultés que son pays a traversées
entre 1990 et 2005 ainsi que leurs causes dues principalement à une faible
gouvernance, tant au niveau politique qu’économique. Il a fait le point sur
les grandes réformes réalisées depuis l’Accord Politique Global (APG) du 20
août 2006. M. Houngbo a, en outre, souligné l’ampleur des progrès accomplis,
l’esprit d’apaisement et de concertation qui a prévalu, et le souci
d’avancer vers une réconciliation nationale. Il a montré à quel point,
malgré les avancées, les actions à entreprendre restent importantes.
Toujours dans son plaidoyer, l’ancien fonctionnaire du PNUD (Programme des
Nations Unies pour le Développement) a annoncé la poursuite résolue des
mesures en matière de gouvernance politique : la promotion d’un travail
législatif consensuel en matière de raffermissement de l’Etat de droit et de
consolidation de la démocratie ; le réaménagement du code électoral pour
prendre en considération les recommandations des missions d’observations
électorales ; l’opérationnalisation des modalités de financement des partis
politiques ; l’engagement des discussions destinées à la mise en place d’un
cadre permanent de dialogue et de concertation ; la mise en place d’un
statut de l’Opposition ; l’élaboration d’une feuille de route précisant le
cadre de la décentralisation, qui sera l’objet d’une approche graduelle ; la
préservation d’un esprit d’apaisement et de dialogue en vue de
l’organisation de la prochaine présidentielle, la mise en place de la
Commission « Vérité – Justice – Réconciliation ».
Le Premier ministre a également souligné la fragilité du Togo, accentuée par
la crise internationale et les catastrophes naturelles enregistrées en 2008.
Cela implique la mise en branle d’actions à impact rapide pour soulager les
souffrances des populations. Il souhaite la mise en place d’un cadre
approprié pour continuer le dialogue entre le Togo et les partenaires et
accompagner l’accélération de la mise en place des conditions et des
mécanismes de l’aide budgétaire.
Pour leur part, les partenaires au développement ont souligné la rapidité et
l’importance des progrès réalisés en matière de gestion des finances
publiques et les avancées des réformes des entreprises publiques et du
secteur financier, qui d’ailleurs demandent à être encore approfondies. Ces
réformes ont permis d’amorcer un redressement économique qui est cependant
menacé par les effets des récents chocs exogènes. Elles ont également ouvert
le chemin vers l’assainissement de la dette dans le cadre de l’initiative
PPTE (Pays pauvres très endettés).
De manière générale, les partenaires précités du Togo ont souligné
l’importance du chemin parcouru et l’ampleur des réformes engagées tant sur
le plan politique qu’économique, qui témoignent du retour de la confiance.
Ils reconnaissent par ailleurs la nécessité d’apporter des concours rapides
et flexibles en vue de faire face aux risques et menaces qui pèsent sur la
poursuite du redressement, le maintien de la stabilité du cadre
macro-économique et la reprise de la croissance.
Le DSRP, cadre de référence pour répondre à ces défis
La Conférence de Bruxelles a permis de dégager un consensus
sur les acquis ainsi que sur les défis à relever sur les plans politique,
économique et social. Il a été convenu que le cadre de référence pour
aborder ces défis est le DSRP (Document Stratégique pour la Réduction de la
Pauvreté). Le DSRP Complet sera finalisé début 2009 avec l’appui de la
Communauté internationale au terme d’un processus participatif. Ce processus
devra constituer dès à présent le cadre de référence pour tous les
partenaires au développement, au niveau global, sectoriel et local. Le
maintien de la stabilité macro-économique, la relance de la croissance et le
redressement des secteurs sociaux sont les piliers de ce cadre de référence.
La nécessité de mobiliser d’une manière rapide et flexible
les ressources nécessaires et de renforcer les capacités
Sur la base des besoins exprimés dans le DSRP, les
partenaires ont convenu de mobiliser des ressources dans le cadre de la
relance de la Coopération internationale dans le respect des principes de la
Déclaration de Paris et de l’Agenda d’Accra. Au-delà des ressources
nécessaires à l’apurement des arriérés de la dette et de son service, le
Togo a besoin de ressources additionnelles immédiates (sous forme de dons
ou de prêts concessionnels) pour financer les investissements indispensables
au renforcement des infrastructures (routes, énergie…), à la fourniture des
services sociaux, à la lutte contre la pauvreté, et plus généralement en vue
de la réalisation des OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement).
Les besoins de financement ont crû avec les chocs exogènes subis par le pays
en 2008. Les partenaires ont reconnu la nécessité d’accroître le niveau de
l’aide et de développer la plus grande flexibilité dans ses modalités.
Des actions spécifiques doivent être engagées pour renforcer très
sensiblement les capacités institutionnelles dans la perspective d’une
réforme profonde de l’administration publique, mais aussi, à court terme, en
vue de renforcer la capacité d’exécution rapide et efficace des projets, et
d’accroître la capacité d’absorption de l’aide. Des modalités spécifiques de
renforcement des capacités seront indispensables, ce qui permettra notamment
la mise en œuvre du Programme d’Urgence et du Plan Intérimaire d’Actions
Prioritaires.
Un consensus sur la nécessité d’une coordination stratégique de l’aide
En vue de la relance de l’aide, le gouvernement togolais a
adopté des indicateurs de performances, partagés dans le cadre du DSRP,
comme base de partenariat à long terme. Il a aussi mis en place un mécanisme
de coordination, ancré dans le DSRP, et qui prévoit un Comité Etat-Donateurs
(CED) et des Comités sectoriels. Au sein de ces Comités, les partenaires
désigneront leur porte-parole et pourront déléguer leur représentation pour
ceux qui ne sont pas sur place. La coordination permettra notamment :
- de mettre en place des mécanismes innovants de financement (fonds
fiduciaires, corbeilles communes…), y inclus la mise en place, dès que
possible, de l’aide budgétaire globale et/ou sectorielle ;
- de faciliter le renforcement des capacités ;
- d’assurer la bonne exécution des projets ;
- d’éviter les duplications et les coûts de transaction élevés ;
- de mettre au point des indicateurs de performance partagés du DSRP comme
base d’un partenariat à long terme.
De ce consensus, il se dégage les prochaines étapes ci-après :
Les partenaires ont convenu d’appuyer le gouvernement de M. Houngbo à
travers, notamment :
- la création immédiate d’un Groupe d’Accompagnement des partenaires vers
la finalisation du DSRP et le point d’achèvement de l’initiative PPTE ainsi
que d’aider l’exécutif à travailler vers la mise en place des aides
budgétaires destinées au financement des investissements publics. La
première réunion du Groupe d’Accompagnement est envisagée dans les plus
brefs délais et sera notamment consacrée à l’identification des mécanismes
de nature à concrétiser les contributions des prix des produits pétroliers
et des biens de première nécessité ;
- la mise en place rapide, dans les secteurs prioritaires, de Comités
sectoriels regroupant les différents acteurs nationaux et partenaires ;
- l’identification rapide de toutes les mesures susceptibles de renforcer
les capacités institutionnelles du Togo et la tenue d’une réunion du groupe
Consultatif en 2009. |