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En débauchant des responsables de l’opposition : Le RPT recompose le paysage politique national !
Golfe Info #448 du 19 sept. 2008

Dans le microcosme politique togolais, il existe des leaders qui ont pensé ces trois dernières années, à tort ou à raison, qu’en « s’alliant » au système RPT, ils pourront œuvrer plus facilement pour le  changement démocratique. Mais, au file des expériences, le constat qui se dégage est qu’en plus de ce qu’on a l’impression qu’ils ont échoué, ils sont presque grillés, remerciés en monnaie de singe et se retrouvent sur le carreau. En procédant ainsi, le régime en place clarifie par ailleurs, le paysage politique national.

De l’avis de plusieurs analystes, les partis politiques de l’opposition togolaise tels que la CDPA (Convention Démocratique des Peuples Africains) du professeur Léopold Messan Gnininvi, le NID de Gabriel Dosseh-Anyron, la CPP (Convergence Patriotique Panafricaine) d’Edem Kodjo, le PDR (Parti pour la Démocratie et le Renouveau) de Zarifou Ayéva, le PSR (Pacte Socialiste pour le Renouveau) de Me Abi Tchessa ou encore le NDP (Nouvelle Dynamique Populaire) de Gilbert Atsu ainsi que certains responsables d’organisations de la société civiles qui ont, à un moment donné, cru qu’en participant au gouvernement sous la coupole du RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), ils pourraient introduire dans le système, les germes du changement, sont devenus aujourd’hui, des «forces négligeables» sur l’échiquier politique national. D’après ces analystes, en «participant» aux «délices» du pouvoir avec le régime quarantenaire, les dirigeants de ces formations politiques ou organisations se retrouvent fragiliser à deux niveaux.

Premièrement, ils sont en manque d’arguments par rapport aux dérives du pouvoir et sont condamnés à cet effet, malgré eux (peut-être), à servir de béquilles à un régime chancelant et en quête de l’onction d’une frange non négligeable de la classe politique.

Deuxièmement, les responsables de ces partis et regroupements précités deviennent à tort ou à raison, aux yeux des populations, des traîtres ou des «lâches» pour avoir choisi, au cours du combat démocratique, de collaborer avec ceux que d’aucuns désignent au mépris des principes démocratiques comme «ennemis  du peuple».

Par ailleurs, leurs rendements durant leur passage au gouvernement n’ont pas été toujours reluisants. Et pour cause : les portefeuilles qu’ils occupent sont pour la plupart, des strapontins d’une part et d’autre part, ils ne disposent pas autant que certains de leurs collègues du RPT de tous les pouvoirs pour véritablement accomplir la mission qui lui sont confiée. Les vrais décideurs étant ailleurs ! A titre d’exemple, on citera le cas du professeur Léopold Messan Gnininvi dans le gouvernement de Me Yawovi Agboyibo au lendemain de la signature de l’Accord Politique Global du 20 août 2006.

En effet, d’après plusieurs sources, des proches du chef de l’Etat auraient bloqué vers fin 2007, alors que le pays faisait encore face à une grave crise énergétique, une solution proposée par le ministère des Mines et de l’Energie dirigé alors par le numéro 1 de la CDPA. D’après plusieurs indiscrétions, l’ancien Premier ministre Me Yawovi Agboyibo aurait été lui aussi confronté à l’ « insolence » de certains proches collaborateurs du chef de l’Etat durant les 14 mois qu’a duré la transition ayant débouché sur les élections du 14 octobre 2007. Ces genres de pratiques ont en partie, empiété sur ses activités au point où, à un moment donné, le « bélier noir de Kouvé» a voulu rendre le tablier. Ses propos sur les «activistes de tout bord» en janvier 2007 dans les locaux de la présidence à l’occasion de la cérémonie de présentation de voeux au maître des lieux en dit long sur sa situation.

Et de bipolariser le débat politique

«Monsieur Edem Kodjo, nous l’avons pratiqué et nous allons encore l’essayer». Ainsi s’exprimait sur les antennes de TV7, le «bouillant» Natchaba Ouattara Fambara quelques mois après la nomination de M. Kodjo en 2005 à la tête du premier gouvernement du «fils de la nation». Ces déclarations venant de cette «personnalité» grise du RPT traduit à suffisance, l’idée que se fait le parti au pouvoir en faisant la cour aux personnalités de l’opposition.  

En tombant dans le piège du RPT en acceptant les «strapontins», ces responsables finissent par donner malgré eux, le sens que le régime veut qu’ils donnent au combat démocratique: «la mangeoire» Par ailleurs, c’est le parti au pouvoir qui semble, en procédant de cette manière, contribuer à la bipolarisation de la classe politique nationale. Ce, d’autant plus qu’il serait d’après certains observateurs, difficile aux partis politiques susmentionnés de se réclamer encore de l’Opposition. En somme, ces responsables politiques se sont drapés, déclare un professeur de droit constitutionnel de l’Université de Lomé, dans le moule du RPT et de ce fait, ont perdu toute crédibilité auprès des populations. Dès lors, le paysage politique togolais semble se scinder en deux : le RPT au pouvoir et à l’inverse, le CAR (Comité d’Action pour le Renouveau) de Me Yawovi Agboyibo et l’UFC (Union des Forces de Changement) de Gilchrist Olympio dans l’opposition. Il s’agit là de l’opposition parlementaire à laquelle il faut ajouter les partis extraparlementaires qui n’ont pas encore but le calumet du «participationnisme » avec le régime des Gnassingbé. Face à ce constat, fait remarquer un historien, les concepts tels que « opposition modérée, opposition lucide, opposition constructive etc. » devront disparaître du langage politique national. Car, pour les Togolais, il n’y a pas de troisième voix possible. On est de l’opposition ou on ne l’est pas. De même, au RPT, il se dit que « tous ceux qui sont contre nous, sont des opposants ». Ainsi, l’ouverture politique que le parti de Faure Gnassingbé prône revêt des aspects énigmatiques pour certains responsables de l’opposition togolaise. Faute de mieux décrypter les codes d’accès, des porte-flambeaux de la lutte pour l’instauration d’un Etat moderne ont fini par se faire «mâter» par le parti quarantenaire au point de disparaître de la scène.  Pendant qu’on y est, où sont passés les Zarifou Ayéva, Abi Tchessa, Dosseh Anyron, Gilbert Atsu, Loretta Acouetey et autre Amah Gnassingbé qui ont choisi à un moment donné de la lutte politique d’aller changer le système de l’intérieur ? Seule l’histoire saura les juger. Car, il se peut que le peuple ait eu tort de les condamner.

Noël  Y. A. Glissou

Déclaration de politique générale du Premier ministre Houngbo
«En attendant la finalisation du DSRP-Complet d’ici le premier trimestre de l’année 2009, il s’avère nécessaire de trouver un début de solution aux problèmes des Togolais, notamment ceux touchés par l’extrême pauvreté et ceux rendus encore plus vulnérables par les aléas climatiques et la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires.»

 
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