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Insatiabilité au sommet de l’Etat : Faure  s’accapare des ministères de la Défense et des Travaux Publics
Forum de la Semaine #389 du 18 Sept 2008

Le Togo est un pays atypique, unique en son genre où tous les comportements absurdes et irrationnels sont de coutume. Le gouvernement du fameux technocrate Gilbert Fossoun Houngbo  est connu des Togolais depuis le 15 septembre.

Si dans l’ensemble il n’y a rien à signaler puisque pour la plupart, ce sont les mêmes «incorrigibles gaffeurs» qui sont maintenus à leur poste, il faut relever que le rattachement à la Présidence des ministères de la Défense et des Anciens Combattants et celui des Travaux Publics et des Transports suscite bien des interrogations.

 Comment se fait-il que dans ce pays où les cadres compétents aussi bien dans l’armée que dans la société civile sont à portée de mains, l’on n’ait pu trouver un seul pour occuper ces postes ?

Faure Gnassingbé et la boulimie du pouvoir

«Contrairement aux caisses de  résonance du pouvoir, le cumul des postes de Défense et celui des Travaux Publics n’est guidé par aucun souci de rigueur ni de transparence», a déclaré un député de l’opposition parlementaire. En effet, si nous prenons le cas du ministère de la Défense et des Anciens Combattants, son rattachement à la Présidence de  la République en décembre 2007 était consécutif au différend qui opposait Faure Gnassingbé à son frère Kpatcha redouté à  tort ou à raison dans l’entourage va-t-en-guerre de Faure Gnassingbé.

Pendant donc 9 mois qu’a duré le gouvernement Mally, Faure Gnassingbé a assuré le rôle  du Président de la  République, Chef suprême des Armées et ministre de la Défense et des Anciens Combattants. Mais à l’œuvre nous n’avons pas vu un Chef suprême des Armées, encore moins un ministre de la Défense prendre ses responsabilités.

La preuve tangible est que lors des dernières inondations avec les effondrements de ponts en cascades et les milliers de sinistrés, notre « vaillante » armée et son génie militaire étaient longtemps introuvables sur le terrain. Interrogé à l’époque sur cette anomalie, un officier supérieur des FAT avait répondu : « L’armée est un corps discipliné qui obéit à une hiérarchie et elle ne peut sortir sans l’ordre de son chef supérieur ». Le chef supérieur ici, nous le connaissons bien et pendant cette période de drame pour les Togolais, il était muré dans son château comme si de rien n’était. Avait-il conscience  de la responsabilité qui lui revenait en tant que chef supérieur des armées ayant le pouvoir de décréter l’état d’urgence et de mobiliser les militaires pour les tâches prioritaires ? Personne ne saura l’affirmer la main sur la conscience.

Puisque ce sont les militaires ghanéens qui étaient venus au secours du Togo en évacuant non seulement les populations des zones sinistrées, mais aussi en mettant leur génie militaire et leurs hélicoptères à la disposition des autorités togolaises et des FAT. Cette intervention ghanéenne a été ressentie par les Togolais et surtout par les FAT comme une humiliation. C’est après de nombreuses critiques de la presse que l’ordre a été formellement donné aux militaires d’aller au secours des victimes, et là aussi, avec beaucoup d’approximations puisqu’ils étaient dépourvus de matériel de travail. Faure a-t-il conscience que le ministère de la Défense n’est pas conçu pour recruter uniquement les soldats et organiser des défilés ?

Dans un monde de concurrence où les forts écrasent les faibles, le ministère de la Défense est un pôle stratégique, un haut lieu de savoir, de l’intelligence, militaire, économique, technologique voire politique. Au Togo, l’on semble être loin de cette réalité parce que la défense nationale se résume à la sécurité personnelle du Chef de l’Etat.                  Autre chose, il n’est un secret pour personne que l’armée togolaise est, comme partout ailleurs, budgétivore. Même si pour des raisons stratégiques, le vrai budget de l’armée n’est pas connu de tout le monde, l’évidence est que des milliards de nos francs sont régulièrement consacrés à ce département au détriment de la Santé, de l’Education et de la Recherche qui ne demeurent pas moins des secteurs vitaux du développement de tout pays. Que fait-on alors de tous ces milliards au point que les FAT se retrouvent sans matériels adéquats ? C’est là l’énigme de ce ministère qui certainement, cache un certain nombre de secrets. Dans un pays démocratique, la transparence dans la gestion des affaires publiques doit s’observer à tous les niveaux, y compris celui du ministère de la Défense. En s’appropriant de nouveau ce département malgré l’immensité des tâches de la Présidence de la République, Faure Gnassingbé confirme encore une fois qu’il entend demeurer le seul maître à bord à tous les niveaux de décision alors que nous ne sommes pas dans un régime présidentiel.

Le rattachement du ministère des Travaux Publics et des Transports à la Présidence est également lié aux mêmes motivations à savoir : garder une main mise sur tous les secteurs juteux de l’économie nationale alors que qui embrasse trop mal étreint. Après avoir confié les ministères clés à ses fidèles et par ricochet à lui-même, à savoir la Coopération, les Mines et l’Energie, les Postes et Télécommunications, l’Economie et les Finances, Faure Gnassingbé met dans son escarcelle ce ministère. Ayant occupé le poste des Travaux Publics, des Mines, de l’Equipement et des Télécommunications dans le gouvernement de son défunt père jusqu’en 2005, il sait mieux que quiconque les milliards qui sont régulièrement mis à la disposition de ce département.

C’est sous son autorité à l’époque que la privatisation des phosphates a tourné au désastre avec la volatilisation des 40 millions de dollars des Juifs Tunisiens. C’est également sous son autorité que le secteur des Travaux Publics a sombré avec des empoignades terribles entre les sieurs Tchandja Malaki, Tchédé, Tchamsi, Celestin Talaki et autres. Le corollaire de cette gestion opaque est le siphonnement des milliards du FER et enfin de compte, la destruction des routes et la rupture en cascade des ponts. Lorsqu’on remet ce ministère sous la responsabilité du Chef de l’Etat alors que ce dernier avait géré le même département avec toutes les conséquences qu’on vient de décrire, l’on se demande si c’est pour recommencer les mêmes manquements ou par souci de mieux faire. La vérité est qu’avec la rupture des ponts, la dégradation avancée des infrastructures, des centaines de milliards sont annoncés par les partenaires bilatéraux et multilatéraux pour la reconstruction du pays. Alors, faudra-t-il garder un œil sûr sur cette manne.  Et misons que c’est dans un souci de bonne gestion et de transparence. Parlant d’ailleurs de bonne gestion, depuis qu’il est aux affaires, Le système RPT a montré ses limites. Le secteur des Travaux Publics malgré les milliards mis à sa disposition, est le goulot d’étranglement du pays. Au Togo, tous les anciens ou nouveaux barons du RPT, les proches parents de la famille présidentielle sont devenus des entrepreneurs avec des sociétés fictives de BTP et de réfection des routes. Le cadre de passation des marchés publics est rangé dans les tiroirs et les marchés sont octroyés dans une opacité totale. En cette période de reconstruction du pays qui exige le déploiement d’énormes efforts pour rassurer les partenaires, le rattachement du ministère des Travaux Publics et des Transports à la présidence de la République est des plus inquiétants.

Tout compte fait, en mettant sous sa coupe malgré ses charges énormes, les ministères de la Défense et des Anciens Combattants et celui des Travaux Publics et des Transports, Faure Gnassingbé confirme sa vision du pouvoir qui fait de lui un «manitou». Cette méthode rappelle étrangement celle des bouffons et mégalomanes Amin Dada et Jean Bedel-Bokassa qui à leur époque étaient à la fois Chefs d’Etat, Chefs des armées, ministres de la Défense, ministre de la Justice et même parfois, recteurs  d’université. Si tel est qu’à chaque remaniement ministériel, le Président de la République s’accaparera un nouveau ministère, l’on est tenté de se demander si à ce rythme, il ne finira pas par avaler tous les ministères. Le Togo a-t-il encore besoin d’un gouvernement ?     

F. N.


Confidentiel : Le PM Gilbert Houngbo donne trois (3) mois à Faure… 

Au lendemain de sa passation de service avec Komlan Mally, Gilbert Fossoun Houngbo s’était précipitamment envolé pour New York sur convocation du Secrétaire Général de l’ONU Ban-Ki-Moon. Quelques jours après ce voyage, le voile se lève sur la nature des discussions entre les deux hommes. Il ressort que les discussions ont tourné autour de l’avenir de Gilbert Houngbo dans le système onusien.

Le nouveau Premier ministre aurait demandé une mise en disponibilité de trois (3) mois. De retour au pays, il aurait donné une période d’essai de 3 mois à Faure Gnassingbé que d’ici là si les choses ne changent pas dans la bonne direction, il serait obligé de repartir pour son poste aux Nations Unies. Cette disposition transparaît clairement dans la déclaration de programme présentée au Parlement où le Premier ministre se donnait six (6) mois pour changer le quotidien des Togolais. En d’autres termes, si dans les 3 premiers mois les choses bougent comme il le souhaite, les Togolais constateront les fruits de cet effort dans les 6 mois.

Il est donc clair qu’avec Gilbert Houngbo, Faure joue sa crédibilité voire sa dernière carte. Il a alors intérêt à discipliner les « incorrigibles gaffeurs » pour laisser les coudées franches au Nouveau PM. Autrement, le sieur Houngbo qui est conscient de la merde dans laquelle il a atterri pourra à tout moment reprendre le chemin de New York. Une si belle carrière aux Nations Unies ne saurait être sacrifiée sur l’autel des caprices d’un pouvoir qui refuse de s’inscrire dans la modernité.                        

F.S


Plaidoyer pour un traité sur le commerce des armes : Amnesty International craint «du sang à la croisée des chemins»

         Les dirigeants du monde ont un rendez-vous important en octobre prochain à New York. Sous la coupole de l’ONU, ils devront décider s’ils s’engagent ou non dans les négociations devant aboutir à un traité sur le commerce des armes dans le monde. En amont à cette rencontre, Amnesty International mène une campagne à travers ses branches locales pour convaincre les Etats de l’impératif du traité, qui devra enfin éviter au monde d’énormes pertes en vies humaines.

         Amnesty International plaide pour une « règle d’or » dans le traité qui pourra disposer que « les gouvernements doivent empêcher les transferts d’armes lorsqu’il y a un risque important que ces armes soient utilisées pour commettre de graves violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains ».

         Dans un rapport publié pour l’occasion, « du sang à la croisée des chemins, plaidoyer pour un traité sur le commerce des armes », l’ONG internationale examine pour la première fois en détail les paramètres et la portée d’un tel traité. Elle s’appuie sur neuf études de cas sur les conséquences désastreuses pour les droits fondamentaux d’un commerce des armes entièrement libre.

         Au Togo, la branche locale de l’ONG et l’association Cercle des jeunes pour une société de paix se mêlent au combat. De leur côté, elles dressent un bilan des actions menées depuis 2003 dans le cadre du contrôle des armes dans le pays. « Malheureusement, les initiatives n’ont pas permis l’atteinte des objectifs à savoir, éviter que les armes ne tombent entre les mains des personnes susceptibles de les utiliser pour commettre des violations des droits de l’homme et aussi amener les détenteurs légaux à ne pas en abuser », publient-elles dans une déclaration.

         Alors qu’en 2006, l’Assemblée générale de l’ONU s’est massivement prononcée pour le lancement des travaux en vue d’un traité et que les discussions semblent progresser, quelques Etats tels que la Chine, l’Egypte, les Etats-Unis, l’Inde, le Pakistan et la Russie essaient de bloquer ou de retarder les propositions, déplore Amnesty. L’ONG cite également le nom des mêmes pays au nombre de ceux qui fournissent des armes pour alimenter les violations des droits humains au Soudan au Darfour, en Irak et dans d’autres endroits du monde.

         En attendant la prochaine AG pleine d’enjeux et que AI considère comme une croisée des chemins, le sang continue de couler aux bouts des armes dans le monde et… au Togo.

Maxime Domegni

 

Déclaration de politique générale du Premier ministre Houngbo
«En attendant la finalisation du DSRP-Complet d’ici le premier trimestre de l’année 2009, il s’avère nécessaire de trouver un début de solution aux problèmes des Togolais, notamment ceux touchés par l’extrême pauvreté et ceux rendus encore plus vulnérables par les aléas climatiques et la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires.»

 
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