|
Excellence,
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Honorables
députés,
Excellences,
mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique et des organisations
internationales,
Messieurs les
Présidents des institutions de la République,
Messieurs les
ministres d’Etat,
Mesdames et
messieurs les ministres,
Mesdames et
messieurs les Autorités administratives, militaires, religieuses et
traditionnelles,
Distingués
Invités,
Mesdames et
messieurs,
Permettez moi,
de prime abord, de rendre grâce à Dieu, Le Tout-puissant, de m’accorder la
faveur de me retrouver ici avec vous. C’est donc avec beaucoup d’émotion et
d’humilité que je m’exprime aujourd’hui devant vous, dans cette auguste
enceinte, haut lieu du débat démocratique, suite à ma nomination comme
Premier Ministre de
la République togolaise.
La majesté des
lieux, l’importance des enjeux et l’urgence des défis qui nous attendent
donnent à cet instant une solennité d’une rare intensité. Comment
pourrais-je le cacher ? Je suis profondément ému de me retrouver à cette
tribune aujourd’hui, et d’avoir le privilège de m’adresser à vous,
honorables Députés, dignes représentants du peuple togolais.
Ai-je besoin d’ajouter que j’ai le plus grand respect pour les
parlementaires que vous êtes et pour le rôle éminent que vous jouez en
matière de législation et de contrôle de l’action gouvernementale ?
Veuillez
accepter que je vous réitère mes hommages pour le travail de qualité que
vous accomplissez.
Je voudrais à
cet instant précis, que vous me permettiez de remercier Monsieur le
Président de
la République pour l’insigne honneur qu’il m’a fait en me
confiant la responsabilité de conduire l’action gouvernementale sous sa
haute direction en vue de traduire, dans la vie de chacun de nos
concitoyens, les idées nobles qu’il a pour ce pays.
Monsieur le
Président de l'Assemblée nationale,
Honorables
Députés,
Le gouvernement
qui se présente devant vous ce jour, conformément à l’article 78 alinéas 2
et 3 de notre Constitution, soumet à l’appréciation de l’Assemblée Nationale
les grandes lignes de son action, par une déclaration de politique générale.
Ce gouvernement
entend poursuivre la mise en œuvre du programme quinquennal pour lequel le
peuple togolais a accordé son suffrage au Président de
la République il y a de cela trois ans.
En me nommant à
ce poste, le Président de la République m’a accordé ainsi sa confiance que
j’essaierai chaque jour de mériter en mettant en œuvre sa vision qui
consiste à moyen et à long terme, à porter notre pays qui sort d’une longue
période de fragilité politique et économique au stade d’une nation à
économie émergente.
Dans cette
perspective, notre devoir impérieux est de trouver une parfaite cohérence
entre une pensée, celle qui résulte des orientations définies par son
Excellence Monsieur le Président de la République, une action, celle du
gouvernement, et les attentes de tous nos concitoyens. La tâche qui nous
attend est immense. Mais c’est également une tâche exaltante et noble.
Je voudrais
avec votre permission, rendre hommage à mon prédécesseur, Monsieur Komlan
MALLY, qui en si peu de temps, a réussi à lever les principales contraintes
au redémarrage de notre économie et à mettre en chantier les principaux
projets dont la réalisation jettera définitivement, nous l’espérons, les
bases de la relance de notre économie.
Sous sa conduite, la coopération avec les principaux
partenaires au développement bilatéraux ou multilatéraux a repris ; le
Document Intérimaire de Stratégie pour
la Réduction de
la Pauvreté
(DSRPI) a été validé ; le processus d’élaboration du DSRP-Complet est lancé
; la conférence des partenaires au développement du Togo est prévue pour les
18 et 19 septembre 2008 à Bruxelles. Ce n’est pas un mince mérite.
Vous me
permettrez d’associer également, à cet hommage tous mes prédécesseurs et
aînés qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes dans des circonstances souvent
difficiles, au service de
la Patrie. Je voudrais pouvoir compter sur leur accompagnement et
leurs précieux conseils.
Je mesure toute
la responsabilité qui est la mienne à ce stade de l’évolution de notre pays,
face au nombre et à l’importance des chantiers à mettre en œuvre, aux défis
urgents à relever pour répondre aux profondes et légitimes aspirations de
nos laborieuses populations, car malgré tout ce qui a pu être réalisé à ce
jour, nos concitoyens ne ressentent pas toujours concrètement les fruits de
l’effort commun dans leur vie de tous les jours.
C'est pourquoi,
en me basant sur la vision du Président de la République pour qui la
cohésion sociale doit être le socle de tout progrès et le fondement d’une
nation émergente, les priorités du gouvernement que j’ai l’honneur de
diriger seront réalisées dans les deux directions suivantes :
I-
Capitaliser les résultats des efforts déjà accomplis pour
les traduire en retombées directes sur le vécu quotidien du plus grand
nombre de togolais ;
II-
Continuer les réformes déjà engagées dans le Cadre de
l’Accord Politique Global ainsi que les réformes structurelles pour
promouvoir une croissance et un développement économique humain durable, en
vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
POURSUITE DE L’EFFORT
DE CONSOLIDATION DE
LA NATION
Monsieur le
Président de l'Assemblée nationale, Honorables députés,
Le Togo a connu une longue période de crises socio-
politiques dont nous commençons à sortir grâce à l’action courageuse et
résolue du Président de
la République
et aussi aux efforts de l’ensemble de la classe politique, du peuple
togolais et des partenaires sociaux qui ont opté pour un dialogue permanent.
Notre pays a
donné la preuve, au cours de ces trois dernières années, que lorsque les
fils et filles d’un même pays décident, dans une vision commune, de prendre
en main leur destinée, ils peuvent transcender les conflits récurrents qui
les ont souvent détournés de l’essentiel et créer les bases d’une véritable
réconciliation nationale.
L’effort
louable que nous avons déployé pour apaiser la vie politique vient de nous
faire franchir une nouvelle étape importante.
En effet, lors
de la signature de l’Accord Politique Global le 20 août 2006, la classe
politique et les organisations de la société civile ont convenu de la mise
sur pied de deux commissions chargées, l’une de faire la lumière sur les
actes de violences à caractère politique commis par le passé et l’autre de
proposer des mesures en vue de promouvoir le pardon et la réconciliation.
Dans le cadre
de la mise en place de ces commissions, le Chef de l’Etat a lancé le 15
avril 2008, des consultations nationales en direction de l’ensemble des
forces vives de la nation en vue de recueillir leurs points de vue sur cet
important projet. Les résultats de ces consultations conduites avec l’appui
technique du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme, viennent d’être remis
au Chef de l’Etat et tout sera dès maintenant mis en œuvre pour la création
de la Commission Vérité,
Justice et Réconciliation, dans le but de régler définitivement les
problèmes qui ont pu troubler notre vie sociopolitique au cours des 50
dernières années.
Il ne s’agira ni d’une occasion de règlement de comptes ni d’une occasion
pour rouvrir des plaies que le temps a peut être commencé à cicatriser. Mais
ce sera une occasion pour nous de comprendre notre histoire politique
commune, d’apaiser les cœurs et de réparer les torts pour mieux consolider
notre cohésion nationale et sociétale afin de nous remettre ensemble au
travail pour la construction d’un Togo prospère.
Le Chef de
l’Etat a pris l’engagement de traduire dans les faits, toutes les décisions
adoptées consensuellement par la classe politique dans le cadre de l’Accord
Politique Global.
La volonté du gouvernement de tout mettre en œuvre
pour consolider l’apaisement de la vie sociopolitique que nous observons
depuis l’arrivée au pouvoir de son Excellence Faure Essozimna GNASSINGBE,
reste inchangée.
Les
recommandations issues des consultations nationales en vue de la mise en
place de la commission Vérité, Justice et Réconciliation insistent sur la
mise en œuvre des reformes prévues par l’Accord Politique Global et mon
gouvernement veillera à la réalisation de ces différents objectifs.
Dans ce
contexte je voudrais vous rassurer qu’un contact permanent est maintenu avec
le facilitateur de l’Accord Politique Global et qu’une réunion des acteurs
concernés est attendue dans les prochains jours en vue de la mise en place
du cadre permanent de concertation et de dialogue, de l’adoption du statut
de l’opposition et du financement des partis politiques.
Au demeurant,
il faut reconnaître que l’Accord Politique Global est, depuis sa signature,
progressivement et méthodiquement, mis en œuvre avec une application déjà
définitive de la plupart de ses conclusions.
Nous pouvons
citer entre autres l’organisation des élections législatives anticipées avec
une commission électorale indépendante (CENI) consensuelle, le retour des
réfugiés et des personnes déplacées dans leurs foyers, l’accès libre des
partis politiques aux médias d’Etat, la réforme de l’armée, la recomposition
de la Cour Constitutionnelle,
etc.
Par ailleurs,
je voudrais remercier le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme et toutes
les institutions du système des Nations Unies, l’Organisation Internationale
de la Francophonie,
l’Union Européenne et les pays amis qui ont appuyé le processus des
consultations nationales. Nous espérons pouvoir continuer à compter sur leur
appui et leur soutien pour la mise en œuvre des conclusions et
recommandations du rapport de ces consultations, dans le cadre de la mise en
place de la commission Vérité, Justice et Réconciliation.
Monsieur le
Président de l'Assemblée nationale, Honorables Députés, Les dernières
inondations que notre pays a malheureusement connues ont démontré que les
togolais peuvent se rassembler et faire preuve de solidarité et de cohésion.
Ainsi, la mobilisation générale que nous avons pu noter de la part des
différentes couches sociales lors de ces catastrophes naturelles, montre que
notre pays est en train de se réconcilier progressivement avec lui-même.
La réaction spontanée des uns et des autres est un signe encourageant que
la cohésion nationale se reconstruit.
Comment ne pas
le comprendre ainsi, quand civils et militaires ensemble, se sont donnés la
main pour voler au secours des sinistrés.
Je voudrais à
cet égard rendre à notre armée nationale un hommage appuyé pour sa
disponibilité, sa promptitude et son savoir-faire qu’elle a mis au service
de la population à l’occasion de ces sinistres.
Elle l’avait
déjà démontré en diverses circonstances par le passé. Mais à cette occasion
particulière, nous voyons une fois encore, le signe de la confiance qui
renaît entièrement avec les autres couches de la société.
En vue de
continuer à faire d’elle une armée professionnelle, aguerrie et capable de
répondre à toutes les sollicitations et aux défis du développement, nous
devons dans le prolongement des grandes reformes dont elle a été elle-même à
l’origine, améliorer son équipement, notamment en matière de génie
militaire.
Le projet de
loi de programmation militaire que votre auguste assemblée sera
prochainement appelée à examiner, s’inscrit dans ce cadre.
Sur le plan de
la sécurité et de la protection civile, les dernières catastrophes
naturelles ont montré la capacité de nos services à réagir aux sinistres.
Je voudrais
ici, au nom du peuple togolais, féliciter toutes les forces de sécurité, le
corps des sapeurs pompiers, les services de l’administration territoriale,
des travaux publics et le département de l’action sociale ainsi que
l’ensemble de tous les acteurs politiques, administratifs et sociaux pour
leur mobilisation, leur disponibilité et leur efficacité qui ont permis de
réduire les souffrances de nos compatriotes sinistrés.
Mais, ces
catastrophes ont en même temps montré les limites des corps de la protection
civile quant à leur équipement et à la formation de leur personnel.
Nous devons
désormais, disposer dans le cadre de la mise en application du plan
d’Organisation des Secours (plan ORSEC), d’un mécanisme adéquat d’alerte et
de réaction rapide aux catastrophes, dotés de moyens et de personnel
appropriés.
C’est le lieu
de saisir l’occasion pour remercier tous ceux qui, sur le plan
international, les partenaires bilatéraux et multilatéraux et tous les
autres pays amis, ont apporté avec promptitude et sollicitude leurs secours
aux populations sinistrées.
C’est aussi
l’occasion de remercier tous ceux qui, sur le plan national, ont volé au
secours des populations sinistrées : les opérateurs économiques, les
associations et les ONG, les syndicats, les confessions religieuses, les
partis politiques et les citoyens ordinaires.
Si nous pouvons voir à travers ces gestes, le
renforcement de la cohésion sociale et le fait que notre pays, redevenu
totalement crédible aux yeux de
la Communauté Internationale,
inspire de nouveau confiance, nous devons aussi humblement tirer toutes les
leçons pour l’avenir.
Comme l’a
déclaré le Président de
la République lors de sa visite aux sinistrés, nous devons faire
la distinction entre ce qui relève de la nature et ce qui relève de nos
propres manquements et aussi de la faiblesse de notre administration afin
d’apporter les solutions justes au drame que nous avons vécu.
Monsieur le
Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,
Au fur et à mesure que nos efforts déployés pour
régler les questions politiques ont commencé à donner des résultats,
l’ampleur de la paupérisation de nos compatriotes s’est révélée au grand
jour.
Les conflits politiques qui nous ont occupé depuis
le début de la décennie 90 jusqu’en 2005, ont relégué au second plan les
questions économiques, laissant ainsi notre pays s’appauvrir et la misère
s’installer partout dans nos villes, villages et hameaux. Il devient urgent
aujourd’hui d’engager de manière énergique des actions rapides en vue de la
réduction de la pauvreté et de l’amélioration du bien être de nos
concitoyens. En outre, la flambée des prix des produits agricoles et des
produits pétroliers suivie des catastrophes naturelles que nous avons
connues, ont aggravé la situation et jeté une lumière crue sur l’état de
pauvreté des togolais. Les nombreuses reformes déjà engagées pour favoriser
la relance de la croissance économique et renouer avec les partenaires
économiques n’ont pas encore produit dans la vie des togolais les résultats
escomptés.
Maintenant que
nous avons la confiance des partenaires qui sont prêts à accompagner nos
efforts dans le sens de la réduction de la pauvreté, mon gouvernement se
fixe pour les prochains mois un programme d’urgence comportant huit domaines
de priorité.
Ainsi, pour
assurer la relance de l’activité économique basée sur la promotion de la
croissance stable et durable et l’amélioration immédiate des conditions de
vie de la majorité de nos concitoyens, nous allons inscrire notre action
dans le cadre du Programme Intérimaire d’Actions Prioritaires (PIAP)
2008–2010, qui a retenu huit (8) secteurs principaux que sont : l’éducation,
l’agriculture, l’eau et l’assainissement, la santé, l’énergie, les
infrastructures incluant les routes, la gouvernance et l’action sociale.
PROGRAMMES D’URGENCE
En attendant la
finalisation du DSRP-Complet d’ici le premier trimestre de l’année 2009, il
s’avère nécessaire de trouver un début de solution aux problèmes des
Togolais, notamment ceux touchés par l’extrême pauvreté et ceux rendus
encore plus vulnérables par les aléas climatiques et la hausse vertigineuse
des prix des produits alimentaires. Devant cette urgence, il importe que des
actions rapides susceptibles de produire des effets palpables dans un délai
de six mois, soient clairement identifiées et mises en œuvre. Il s’agit de
faire face à des besoins urgents pour lesquels des réponses au moins
partielles peuvent être apportées à très court terme. Il nous faudra être
créatif, afin d’identifier les voies et moyens nous permettant d’accélérer
les procédures d’ordonnancement et autres sans pour autant négliger la
rigueur et le contrôle.
Quatre secteurs
dans lesquels des actions urgentes ont été identifiées, sont retenus pour
faire partie d’un programme d’urgence à démarrer immédiatement. Il s’agit
des secteurs des infrastructures et des transports, de l’agriculture, de la
santé et de l’éducation.
Les actions retenues dans ce plan d’urgence sont
sélectives et visent des zones et des communautés particulièrement
vulnérables. Ce programme est conçu de manière à traduire dans les faits,
les actions les plus urgentes d’une partie du plan d’action de la première
année du DSRP-I dans les domaines retenus.
Les
infrastructures
Les actions
d’urgence dans le domaine des infrastructures visent en priorité la remise
en état des ouvrages détruits par les dernières inondations survenues en
juillet 2008 afin de rétablir la circulation sur l’ensemble du trafic
routier. Il s’agira de réparer et de reconstruire les ouvrages d’art et les
portions de route endommagés ou emportés afin de rétablir le trafic national
et international qui a été sérieusement perturbé sinon bloqué par endroits.
Le rétablissement de ce trafic nécessite les actions
urgentes prioritaires suivantes :
* La mise au point des déviations urgentes ou des itinéraires de rechange
adéquats;
* La reconstruction et la réhabilitation des ouvrages d’art détruits ou
endommagés ;
* La réalisation des études de faisabilité pour la reconstruction et la
réhabilitation des infrastructures
endommagées.
L'énergie
Les difficultés
que connaît actuellement le Togo en matière de disponibilité en énergie
électrique, difficultés caractérisées par les délestages et coupures à
répétition, montrent fort bien la vulnérabilité de notre pays vis-à-vis de
ce secteur.
Cette situation
qui a mis à mal l’appareil productif national, a entraîné des conséquences
dommageables pour les entreprises et les ménages.
Pour faire face
à ces difficultés, le gouvernement entend mettre en place une politique
énergétique cohérente du pays.
Celle-ci
consiste, entre autres, en la réalisation de grands projets régionaux qui
devraient bientôt résoudre le lancinant problème de pénurie, notamment la
réalisation du barrage hydroélectrique d’Adjaralla et l’interconnexion des
réseaux du Nigeria, du Bénin et du Togo c'est-à-dire le projet NEPA.
Il faut
souligner également le projet du Gazoduc Ouest Africain qui vise à amener le
gaz naturel nigérian sur les territoires du Bénin, du Togo et du Ghana. Mais
dans l’immédiat, afin de trouver des solutions durables à la crise
énergétique et fournir l’électricité à plus de foyers, la CEET a entrepris
les actions suivantes avec l’appui du gouvernement :
* Projet d’extension du réseau électrique sur un prêt de près de 10
milliards de francs CFA de la BOAD,
* Extension du réseau des principales villes de
l’intérieur du pays et électrification rurale sur un prêt de 13 millions US$
de la BIDC,
* Achat d’une centrale de 14 groupes diesel pour une
puissance de 14 MW pour 7 milliards de francs CFA,
* Réhabilitation de la centrale Sulzer de Lomé pour
2 milliards de francs CFA,
* Signature d’un contrat d’achat/vente d’énergie électrique avec un
producteur indépendant ContourGlobal pour une puissance de 100MW. Cette
centrale sera connectée sur le réseau en 2010.
Il est du
devoir du Gouvernement, et je m’y engage, à veiller à l’opérationnalisation
effective de ces actions de
la CEET
L’agriculture
Le Togo tout
comme les autres pays de la sous-région, subit de plein fouet les
conséquences de la hausse du prix des produits alimentaires. Mais la
situation nutritionnelle qui était déjà profondément affectée par la crise
sociopolitique et les aléas climatiques de ces dernières années, s’est
encore dégradée depuis la fin de l’année 2007 suite à la crise alimentaire
mondiale qui n’a pas épargné notre pays. Dans le cas particulier de la ville
de Lomé, les prix ont augmenté en moyenne de 45,7 % au cours du premier
trimestre 2008 pour le maïs, de 17,5 % pour le riz importé et 39,7 % pour le
pain de blé. Une réaction rapide est indispensable pour relancer la
production au niveau de l’agriculture vivrière en vue d’améliorer
l’approvisionnement des marchés et contenir la hausse des prix. À court
terme les mesures envisagées porteront notamment sur l’amélioration de la
productivité de l’agriculture vivrière (maïs, sorgho, mil, riz, igname,
manioc, produits maraîchers etc.), et l’amélioration de la nutrition à
travers un programme d’aide alimentaire en faveur des plus démunis.
Pour renforcer
à très court terme la production vivrière, les actions prioritaires
suivantes sont envisagées :
* La
distribution des semences de contre-saison pour les produits maraîchers ;
* La production de semences améliorées à travers notamment la réhabilitation
de la ferme semencière de Sotouboua ;
* L’octroi à
crédit concessionnel des intrants (engrais, semences améliorées, pesticides,
petit matériel agricole)
*La
réhabilitation d’anciens barrages et retenues d’eau ;
* Le lancement
des études pour la valorisation de la vallée de l’Oti et l’aménagement de la
plaine de Djagblé ;
* La
valorisation des bas-fonds ;
* La
construction de nouvelles retenues d’eau et des magasins de stockage.
* Ces actions seront complétées par la réhabilitation des points critiques
de certaines pistes rurales (ponceaux, dalots, radiers, passages busés) et
la mise en place d’un appui multiforme dans les domaines de la production et
de la commercialisation.
En plus des
actions ciblées ci-dessus, une aide alimentaire d’urgence sera fournie aux
populations vulnérables dont la vie est menacée par la situation actuelle
d’insécurité alimentaire La santé.
Tout comme
l’éducation, la santé a été victime de la crise économique et les
statistiques actuellement disponibles montrent que les dépenses en matière
de santé au Togo rapporté au PIB, représentent la moitié du ratio des autres
pays de l’UEMOA. En attendant la finalisation du plan national de
développement sanitaire (PNDS) et la préparation des programmes sectoriels,
les actions sélectionnées dans le cadre du plan d’urgence vise à développer
:
* Les
équipements de stockage des centres de santé (chaîne de froid);
* La formation à la gestion et à l’administration des structures du comité
de gestion santé (COGES);
*
L’amélioration de la disponibilité des médicaments (Antirétroviraux
notamment)
*Le
développement des ouvrages d’assainissement ;
* Une
contribution à la mise en œuvre du programme élargi de vaccination (PEV)
* La prise
en charge gratuite des césariennes ;
* Le
renforcement de la prévention du VIH dans les groupes à risques ;
* La prise en charge psychosociale des personnes vivant avec le VIH ;
* La contribution à l’accessibilité des nouveaux médicaments antipaludiques
et des moustiquaires pré-imprégnées aux enfants de moins de cinq ans et aux
femmes enceintes ;
* Le
renforcement de la surveillance de la qualité de l’eau de boisson etc.
L'éducation
Le secteur de
l’éducation a aussi beaucoup souffert de la longue crise sociopolitique et
de ses conséquences sur les dépenses publiques en faveur de l’éducation. En
contraignant les familles à prendre une part croissante dans le financement
de la scolarisation des enfants, la crise a particulièrement pénalisé les
populations les plus pauvres. En attendant la finalisation de la politique
et des programmes sectoriels de l’éducation, le plan d’urgence portera
principalement sur la réalisation de l’étude sur le financement du système
éducatif et le lancement de la requalification des établissements de
l’enseignement primaire.
A cet effet les
mesures proposées dans le cadre du plan d’urgence portent sur :
* La mise en
place du mécanisme alternatif de financement permettant la suppression
progressive des frais d’écolage ;
* La
réhabilitation et / ou la construction d’un nombre restreint de salles de
classe et de latrines ;
* L’équipement
de salles de classe en table- bancs et la dotation en manuels scolaires dans
l’enseignement primaire ;
* La formation
initiale des enseignants recrutés en 2008 et la formation continue des
enseignants du primaire ;
* Le
pré-positionnement de kits scolaires pour les élèves affectés par les
catastrophes, de kits de réfection et de tentes pour cent (100) écoles.
Ce programme
d’urgence qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du DSRP-I
constituent le programme d’actions à court et moyen terme du gouvernement.
Elles seront réalisées dans le constant souci de développer des activités à
très haute intensité de main d’œuvre, permettant d’offrir des emplois à
notre jeunesse bien formée dont la préoccupation essentielle et légitime est
de trouver du travail pour devenir des citoyens pleinement productifs dont
notre économie a besoin. Mon gouvernement fera de la lutte contre le chômage
des jeunes, une priorité, d’où la création du Secrétariat d’Etat chargé de
la jeunesse et de l’emploi des jeunes.
Concomitamment
à ce programme d’urgence, le gouvernement s’engage à capitaliser les acquis
au plan politique social et économique permettant d’asseoir les bases d’un
environnement favorable à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le
Développement.
POURSUITE DES REFORMES STRUCTURELLES
L’amélioration de la gouvernance économique.
Notre stratégie
de croissance accélérée et de lutte contre le chômage nécessite des
politiques macroéconomiques et des réformes structurelles, visant la mise en
œuvre des réformes institutionnelles, la poursuite de l’assainissement des
finances publiques et la lutte contre la corruption de même que la gestion
saine et efficace des flux d’aide.
* la poursuite
d’une politique monétaire élaborée en concertation avec nos partenaires de
l’UEMOA en particulier et de la zone franc en général, et centrée sur la
lutte contre l’inflation. Il est nécessaire ici de signaler que l’euro,
devise principale de nos revenus d’exportations, constitue une des variables
de la compétitivité externe de nos économies. Avec l’appui de la BCEAO, le
Gouvernement étudiera toutes les mesures fiscales et budgétaires permettant,
si nécessaire, la protection de notre économie contre les risques d’une
déflation brutale consécutive à la dépréciation de cette monnaie de
référence ;
* l’adoption
d’une politique budgétaire centrée sur la rationalisation des dépenses
publiques, la mobilisation des ressources internes en vue de respecter les
normes communautaires, l’amélioration de l’efficacité de l’aide et de la
capacité d’absorption de l’Etat ; cet aspect est d’autant plus important
qu’avec la reprise de la coopération avec les principaux partenaires au
développement, d’importants crédits seront mis en place et seule leur
consommation optimale pourra induire des effets positifs immédiats sur
l’amélioration des conditions de vie des citoyens ;
* Face aux
préoccupations maintes fois exprimées par les opérateurs économiques
relativement à la complexité du système fiscal, le Gouvernement veillera à
rendre ce système beaucoup plus simple, plus incitatif et adapté à
l’environnement économique national à travers la relecture du Code général
des impôts, du Code des douanes, l’adoption d’un nouveau Code des
investissements et veillera à l’application effective des mesures
d’allègement fiscal annoncées en faveur des entreprises soumises à l’impôt
sur les sociétés.
* la poursuite
des mesures d'assainissement des finances publiques et la lutte contre la
corruption :
L'assainissement des finances publiques passera par la rationalisation et la
maîtrise des dépenses publiques afin que les ressources publiques soient
affectées aux dépenses prioritaires et qu'elles servent à produire en
quantité et en qualité optimale les biens et services pour le plus grand
nombre de personnes. Pour ce faire, l'amélioration de la transparence dans
la gestion budgétaire et le renforcement des contrôles de tous ordres dans
l'exécution des dépenses seront des instruments privilégiés de gestion des
finances publiques.
La qualité de
la gouvernance est gage du succès des politiques et programmes de
développement. C’est à cet égard que le Gouvernement va persévérer dans la
mise en œuvre des institutions de contrôle et de la lutte contre la
corruption qui reste une préoccupation forte de nos compatriotes. Endiguer
ce fléau exige, d’abord et avant tout, un changement de comportements à tous
les niveaux pour tirer le meilleur profit de l’arsenal juridique qui va
s’enrichir avec l’adoption prochaine par votre auguste assemblée de la loi
anti-corruption et la mise en place de la Cour des Comptes. En effet, les avant-projets de lois instituant ces deux
entités sont déjà prêts et seront incessamment sur la table de Monsieur le
Président pour répondre à l'une des exigences de la législature passée et de
l'état de droit, à savoir la production de projets de lois de règlements
pour accompagner les projets de lois de finances.
La relecture du
code des marchés publics quant à elle, permettra d’instaurer une gestion
plus rigoureuse dans la passation des marchés afin de donner à tous les
opérateurs économiques, une égalité de chances pour l’accès au marché de
l’Etat. A moyen terme, la création des Directions Régionales des Marchés
Publics favorisera une plus grande responsabilisation locale se traduisant
par plus de fluidité et de diligence. L’institution d’un organe de
régulation et de recours à composition tripartite, administration, société
civile et secteur privé, assurera une plus grande transparence des marchés
publics.
-l'amélioration
de la sécurisation dans les régies et les systèmes de recouvrement des
recettes fiscales et la régularité des contrôles ;
La récente
nomination de l’inspecteur général des finances ouvre la voie à la mise en
place effective de ce corps de contrôle des finances publiques. Instrument
privilégié de surveillance rapprochée pour éviter que des erreurs fatales
soient commises, l’inspection des finances qui vient enrichir le dispositif
institutionnel de contrôle, aura à discipliner dans un premier temps tous
ceux qui gèrent les deniers publics afin de les amener à respecter
l'orthodoxie que prescrivent les textes et à déclencher les sanctions qui
conviennent envers les contrevenants.
-
l'amélioration de l'environnement des affaires et du cadre
réglementaire et institutionnel en vue de la relance de l'économie du pays
par le secteur privé ;
Le redressement
et la relance de l'économie nécessitent également la création des conditions
propices à l'épanouissement du secteur privé qui devra désormais jouer
effectivement son rôle de moteur de la croissance économique. A cet effet,
les actions prioritaires du Gouvernement s'organiseront autour du
renforcement de l'environnement réglementaire et institutionnel de promotion
du secteur privé national ainsi que pour l'attraction des investissements
directs étrangers.
A cet égard, il
y a lieu d'améliorer et de perfectionner le fonctionnement du guichet unique
pour les formalités de création des entreprises. De plus, il importe
d'adapter la législation nationale des affaires au droit OHADA et de doter
le pays d'un nouveau code des investissements en vue de garantir les droits
de propriété, le transfert des capitaux et des dividendes tout comme la
liberté privée d'entreprendre.
Il va de soi
que la relance du secteur privé va de pair avec la question du commerce et
de la compétitivité de nos entreprises. Pour mieux s’insérer dans l’économie
mondiale, notre pays doit exploiter judicieusement les nouvelles
opportunités. À cet effet le gouvernement entend :
- maintenir une participation active aux activités de l’OMC. Dans cette
perspective, le gouvernement veillera à l’ouverture prochaine d’une mission
diplomatique à Genève ;
- mettre un accent sur la formation des opérateurs économiques afin de leur
permettre de mieux tirer profit des nouvelles opportunités offertes par l’AGOA
et les futurs Accords de Partenariat Économique entre l’Union Européenne et
les pays ACP ;
- continuer d’exploiter toutes les possibilités d’économies d’échelle et de
spécialisation que nous offrent les processus d’intégration régionale au
niveau de l’UEMOA et de la CEDEAO.
Il veillera
particulièrement à valoriser l’avantage comparatif dont jouit notre pays
dans le domaine portuaire en faisant du Port Autonome de Lomé, un hub du
trafic sous continental.
L'un des
objectifs clés de la relance de l'économie sera de gagner la bataille de la
création d'emplois. La promotion des PME/PMI ainsi que des initiatives
porteuses des groupes spécifiques tels que les jeunes et les femmes seront
décisives à cet égard. Le dispositif institutionnel mis en place en 2006 et
comprenant notamment l'Agence Nationale de Promotion et de Garantie de
Financement des PME/PMI (ANPGF) ainsi que le Fonds d'Appui aux Initiatives
Economiques des Jeunes (FAIEJ) seront les instruments privilégiés de
l'action gouvernementale dans ce domaine.
Tout sera donc
mis en œuvre afin que ces institutions soient véritablement opérationnelles
et remplissent les missions qui leur sont assignées en faveur des groupes
cibles considérés afin de libérer et soutenir les énergies des jeunes et des
femmes dans le sens de la création de richesses et d'emplois pour lesquels
des appuis appropriés seront conçus et mis en œuvre.
Pour développer
efficacement les PME/PMI, il sera nécessaire de moderniser les systèmes de
production et de distribution de biens et services, notamment en développant
la recherche dans son ensemble à travers sa promotion dans les universités
et instituts. En plus, la recherche technologique spécifique sera amplifiée
pour doter les entreprises de savoir faire et de techniques adaptés à notre
contexte national et susceptibles de rendre compétitifs les produits de
fabrication locale face à la concurrence féroce et grandissante des produits
importés.
PROTECTION SOCIALE
Parallèlement à
ces actions dans le domaine économique, le gouvernement mettra tout en œuvre
pour assurer un minimum de protection sociale aux Togolais, surtout les
couches les plus vulnérables de la population, notamment les personnes
âgées, les handicapées, les enfants d'une manière générale et plus
particulièrement les orphelins et autres enfants rendus vulnérables du fait
du VIH/SIDA. La protection de la mère et de l’enfant est une ardente
obligation.
En effet la
paupérisation grandissante de la population consécutive à la réduction
progressive du pouvoir d’achat a entraîné l'effritement de la solidarité
familiale qui constituait naguère notre système traditionnel de protection
sociale.
Pour pallier la
faiblesse de la solidarité familiale, le gouvernement veillera au
renforcement des capacités des structures existantes, en l'occurrence
l'Agence de Solidarité Nationale, et à la mise en place de mécanismes de
protection et de sécurité sociale au profit des travailleurs du secteur
informel et des artisans, et à l’amélioration de la prévention et de la
gestion de la vulnérabilité aux différents chocs et catastrophes.
En ce qui
concerne les personnes handicapées, il s'agira plus particulièrement de leur
prise en charge en matière d'éducation et de formation professionnelle,
d'assistance et d’insertion socioprofessionnelle.
Les personnes
âgées, qui demeurent également un groupe vulnérable, feront l’objet
d’attention particulière de mon gouvernement.
MODERNISATION
ET DECENTRALISATION DE L'ETAT
Pour réaliser
toutes ces reformes politiques et économiques avec de grandes chances de
succès, nous devons reconstruire un Etat fort et en faire un moteur du
développement. Construire un Etat fort, suppose qu’il faut continuer la
réforme de l'administration et de la justice pour répondre aux exigences
d'un monde moderne.
Un Etat fort,
est un Etat qui protège les libertés, qui assure la sécurité des
administrés, qui sécurise leurs activités quotidiennes et obtient de tous,
le respect de l’autorité et des lois pour un fonctionnement efficace des
institutions républicaines.
Ainsi le
programme de modernisation et de reforme de l'administration dont le cadre
stratégique a été validé au cours de cette année sera rapidement mis en
œuvre.
II vise
notamment à procéder à un recadrage des missions de l'Etat et à la mise en
valeur des ressources humaines.
Mais ce
programme ne peut réussir que si chaque agent de l'Etat décide de rompre
avec les pratiques et les dérives qui compliquent tant la vie des
administrés et nous serons jugés demain pour une large part sur notre
capacité à adapter l'administration aux enjeux des temps modernes que nous
vivons.
A la mission
traditionnelle de l'administration qui est de reconstruire et moderniser le
Togo après plus d'une décennie de sclérose, doivent s'ajouter celle de
contribuer à rendre notre pays plus compétitif et plus attractif pour les
investisseurs et celle de consolider chaque jour la cohésion sociale pour
que la modernisation ne sa réalise aux dépens des plus faibles.
Le programme de
modernisation de la justice qui se poursuit et qui transformera
définitivement la perception que les citoyens ont de notre justice sera
complété par la lutte sans merci que nous devons livrer à la corruption.
Il est
inacceptable, voire répréhensible que des citoyens qui ont une parcelle de
responsabilité au sein de l'Etat utilisent la corruption pour s'enrichir
indûment au détriment de la collectivité.
Toutes les
reformes entreprises depuis quelques années et qui nous valent aujourd'hui
la reconnaissance de nos partenaires au développement ne peuvent réussir
sans un véritable changement de mentalités et de comportements.
Monsieur !e
Président de l'Assemblée Nationale, Honorables Députés,
Mon
prédécesseur a pris l'engagement devant vous en décembre 2007, que le
processus de décentralisation que nous avons entamé depuis 10 ans doit se
poursuivre pour déboucher, grâce à des élections libres et transparentes,
sur la mise en place de structures locales décentralisées, susceptibles de
promouvoir le développement à la base.
A ce jour, la
plupart des textes devant organiser cette décentralisation sont déjà
adoptés. Les décrets d’application de ces lois seront rapidement adoptés
dans les semaines à venir.
En dehors de
ces textes, le programme national d'appropriation du contenu de la
décentralisation prévu pour préparer nos compatriotes à comprendre et à
assumer la mission qui sera celle des structures décentralisées doit se
mettre en place avec l’appui des partenaires au développement.
Sans une bonne
compréhension de nouvelles responsabilités qui seront les leurs, la
décentralisation ne sera pas bénéfique à nos populations.
La réussite de
ce programme de décentralisation passe, non seulement par la réalisation
d'infrastructures devant accueillir et offrir un cadre décent de travail aux
autorités décentralisées, mais également par la sensibilisation et la
formation, pour mieux appréhender le concept de la décentralisation.
Ce sont là les
urgences qui doivent être réalisées dans les semaines et les mois à venir,
pour assurer la réussite du programme de décentralisation, base fondamentale
et indispensable qui associera l'ensemble de nos populations à la
réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
|