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Lomé, le 18 Sept 2008 -
C’est sûr, dans la présentation du programme de son
gouvernement au parlement, le Premier Ministre, parlant de l’Etat Faure, ne
s’est pas rendu compte de l’homonymie scandaleuse et scabreuse entre
"Faure", un président "comme ça" du Togo et le fier adjectif "fort".
Question à zéro franc : de quel Faure ou fort parlait le flambant neuf
Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo ? Certainement pas d’un Etat fort !
Le bon monsieur du PNUD
se rétracte derrière cette homonymie, une homonymie qui tombe à pic, pour
un jeu de mots mystificateur. En somme un jeu de mots salvateur pour
présenter un Etat Faure, donc pas un Etat fort.
De quoi est-il exactement question ? D’un Etat Faure. Une pourriture de pays
abandonnée par un général crevé à la dictature, à un fils encore béjaune, un
fils qui n’a pas fini ses premiers jeux scolaires des cours de récréation
depuis la maternelle, au point qu’il n’est pas rare de le voir écumer les
nuits, les différents quartiers de Kara et de Lomé, histoire de jeter sa
gourme. Puis de se présenter le lendemain à la présidence l’esprit encore
endormi pour ses audiences et pour réfléchir sur un Togo Faure. A la manière
que le bougre veut que le Togo marche. Minablement !
Le Togo n’est plus à présenter. Bouffé par la déliquescence, la rouille des
cerveaux et la pourriture de la cupidité, ce pays n’a d’autre secours pour
se sauver que du fils du général Eyadema, un échec sur tous les plans du
Togo. Sur tous les plans. La misère tangible n’a d’écho que la déchéance
physique dans laquelle le pays est plongé sans aucune lueur salvatrice à
l’horizon. Il suffit juste d’arrêter la caméra sur les images des écoles
(voir images), pour se rendre compte du délabrement complet dans lequel est
engagée la terre de nos aïeux. Il suffit de fixer la caméra sur des femmes
puisant encore de l’eau des rivières et plus grave encore des barrages pour
la boisson (voir images).
Alors qu’elles sont encore fraîches dans les mémoires, les marches de
soutien au général pour les adductions d’eau dans tout le pays.
Il suffit de zoomer sur les rues des villes togolaises pour se rendre compte
de leurs délabrements (voir photos). Il suffit d’arrêter la caméra dans les
ménages pour se rendre compte de la détresse des pères et des mères
overwrought, à bout de nerfs, de maintenir vainement une vie familiale
sans souci du moindre besoin. Il suffit de balayer les rues des villes du
Togo pour s’apercevoir des images contraires au manque d’argent dont parlent
les dirigeants : le Togo n’a pas d’argent ! Car il est surprenant que des
voitures américaines, des italiennes, des allemandes et des japonaises,
vendues à des prix faisant fuir la clientèle huppée, circulent dans les
villes de Lomé. Comme la Ford de Gilbert Bawara, le diplômé, qualifié et
certifié du ministère de la coopération ; comme les innombrables Hammer de
Kpatcha Gnassingbé, ci-devant ministre de la défense et des anciens
combattants, fils du général défunt.
Au regard de cette disparité flagrante, on peut comprendre le coup de gueule
de l’UFC après la présentation du programme de gouvernement de Gilbert
Houngbo. L’UFC a en effet qualifié le programme du technocrate du Pnud,
perdu dans les dédales de la politicaillerie polissonne du RPT, de "Catalogue
de bonnes intentions", rappelant au passage "l’échec retentissant"
du gouvernement Komlan Mally dû à "l’immobilisme politique du RPT",
un parti depuis des décennies réfractaire au changement.
Du travail et encore du travail reste à faire. Il est inutile aujourd’hui
inutile de reprendre la rengaine de la misère des Togolais. C’est le secret
de polichinelle que les dirigeants togolais pensent plus à leur
enrichissement personnel qu’au bien-être des Togolais.
Mais ce que les Togolais attendent de voir se réaliser est d’une part
l’entreprise audacieuse, cousue de mensonges et d’hypocrisies, ce
qu’admirablement on a appelé "Justice et réconciliation", et d’autre part
l’installation de la cour des comptes. La police des dirigeants, canaille
véreuse.
Tant que cette cour des comptes ne sera pas installée pour assainir les
finances publique au Togo et faire en sorte que toutes les recettes
parviennent au Trésor public au lieu de finir dans les poches des PDG, DG et
ministres sans scrupule, eh bien, les Togolais resteront perdus dans le
labyrinthe où Thésée descendit pour tuer le Minotaure. Même Gilbert Fossoun
Houngbo n’apportera pas le fil d’Ariane pour les sortir d’une folie
certaine. Car les caciques du RPT, jamais, au grand jamais, ne le laisseront
installer cette cour. Son discours n’apporte rien de nouveau par rapport à
ce que les autres premiers ministres ont déjà dit, au point qu’on conclurait
au bonhomme déjà grignoté par la rouille sclérotique du régime RPT.
En fait que diable vient-il faire dans cette galère ? |