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Houngbo bouffé par le système ou l’Etat Faure du Premier Ministre !
AgoraPress - Editorial de Samuel Batchati

Lomé, le 18 Sept 2008 - C’est sûr, dans la présentation du programme de son gouvernement au parlement, le Premier Ministre, parlant de l’Etat Faure, ne s’est pas rendu compte de l’homonymie scandaleuse et scabreuse entre "Faure", un président "comme ça" du Togo et le fier adjectif "fort". Question à zéro franc : de quel Faure ou fort parlait le flambant neuf Premier Ministre Gilbert Fossoun Houngbo ? Certainement pas d’un Etat fort ! Le bon monsieur du PNUD se rétracte  derrière cette homonymie, une homonymie qui tombe à pic, pour un jeu de mots mystificateur. En somme un jeu de mots salvateur pour présenter un Etat Faure, donc pas un Etat fort.

De quoi est-il exactement question ? D’un Etat Faure. Une pourriture de pays abandonnée par un général crevé à la dictature, à un fils encore béjaune, un fils qui n’a pas fini ses premiers jeux scolaires des cours de récréation depuis la maternelle, au point qu’il n’est pas rare de le voir écumer les nuits, les différents quartiers de Kara et de Lomé, histoire de jeter sa gourme. Puis de se présenter le lendemain à la présidence l’esprit encore endormi pour ses audiences et pour réfléchir sur un Togo Faure. A la manière que le bougre veut que le Togo marche. Minablement !

Le Togo n’est plus à présenter. Bouffé par la déliquescence, la rouille des cerveaux et la pourriture de la cupidité, ce pays n’a d’autre secours pour se sauver que du fils du général Eyadema, un échec sur tous les plans du Togo. Sur tous les plans. La misère tangible n’a d’écho que la déchéance physique dans laquelle le pays est plongé sans aucune lueur salvatrice à l’horizon. Il suffit juste d’arrêter la caméra sur les images des écoles (voir images), pour se rendre compte du délabrement complet dans lequel est engagée la terre de nos aïeux. Il suffit de fixer la caméra sur des femmes puisant encore de l’eau des rivières et plus grave encore des barrages pour la boisson (voir images).

Alors qu’elles sont encore fraîches dans les mémoires, les marches de soutien au général pour les adductions d’eau dans tout le pays.

Il suffit de zoomer sur les rues des villes togolaises pour se rendre compte de leurs délabrements (voir photos). Il suffit d’arrêter la caméra dans les ménages pour se rendre compte de la détresse des pères et des mères overwrought, à bout de nerfs, de maintenir vainement une vie familiale sans souci du moindre besoin. Il suffit de balayer les rues des villes du Togo pour s’apercevoir des images contraires au manque d’argent dont parlent les dirigeants : le Togo n’a pas d’argent ! Car il est surprenant que des voitures américaines, des italiennes, des allemandes et des japonaises, vendues à des prix faisant fuir la clientèle huppée, circulent dans les villes de Lomé. Comme la Ford de Gilbert Bawara, le diplômé, qualifié et certifié du ministère de la coopération ; comme les innombrables Hammer de Kpatcha Gnassingbé, ci-devant ministre de la défense et des anciens combattants, fils du général défunt.

Au regard de cette disparité flagrante, on peut comprendre le coup de gueule de l’UFC après la présentation du programme de gouvernement de Gilbert Houngbo. L’UFC a en effet qualifié le programme du technocrate du Pnud, perdu dans les dédales de la politicaillerie polissonne du RPT, de "Catalogue de bonnes intentions", rappelant au passage "l’échec retentissant" du gouvernement Komlan Mally dû à "l’immobilisme politique du RPT", un parti depuis des décennies réfractaire au changement. 

Du travail et encore du travail reste à faire. Il est inutile aujourd’hui  inutile de reprendre la rengaine de la misère des Togolais. C’est le secret de polichinelle que les dirigeants togolais pensent plus à leur enrichissement personnel qu’au bien-être des Togolais.

Mais ce que les Togolais attendent de voir se réaliser est d’une part l’entreprise audacieuse, cousue de mensonges et d’hypocrisies, ce qu’admirablement on a appelé "Justice et réconciliation", et d’autre part l’installation de la cour des comptes. La police des dirigeants, canaille véreuse.

Tant que cette cour des comptes ne sera pas installée pour assainir les finances publique au Togo et faire en sorte que toutes les recettes parviennent au Trésor public au lieu de finir dans les poches des PDG, DG et ministres sans scrupule, eh bien, les Togolais resteront perdus dans le labyrinthe où Thésée descendit pour tuer le Minotaure. Même Gilbert Fossoun Houngbo n’apportera pas le fil d’Ariane pour les sortir d’une folie certaine. Car les caciques du RPT, jamais, au grand jamais, ne le laisseront installer cette cour. Son discours n’apporte rien de nouveau par rapport à ce que les autres premiers ministres ont déjà dit, au point qu’on conclurait au bonhomme déjà grignoté par la rouille sclérotique du régime RPT.

En fait que diable vient-il faire dans cette galère ?

Déclaration de politique générale du Premier ministre Houngbo
«En attendant la finalisation du DSRP-Complet d’ici le premier trimestre de l’année 2009, il s’avère nécessaire de trouver un début de solution aux problèmes des Togolais, notamment ceux touchés par l’extrême pauvreté et ceux rendus encore plus vulnérables par les aléas climatiques et la hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires.»

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Les Réalités, loin du discours

Des femmes puisant de l'eau de boisson

Une rue en ville à Kara

Une école au Togo 48 ans après les indépendances

 
 

 

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