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Dans
l’ensemble le gouvernement n’a pas subi de profonds changements. Sans
surprise, le parti au pouvoir conserve les postes clés. Le Ministre des
Affaires Etrangères échoit à un diplomate Koffi Esaw actuel ambassadeur du
Togo à Addis-Abéba, Ninsao Gnofame cadre de la BTD prend le Ministère de la
Fonction Publique,
Kossivi Ayikoe, ancien Directeur Général de Togotélécom hérite du Ministère
de l’environnement et des ressources forestières. Le Directeur du Protocole
d’Etat Batienne Kpabre-Sylli se retrouve au Ministère du Tourisme. Oulégoh
Kéyéwa enseignant-chercheur à l’Université de Lomé devient Ministre de
la Communication et de
la Culture qui se décharge du volet formation civique que récupère le
Président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme qui en plus de la
Formation Civique est
chargé des Droits de l’Homme et de
la
Consolidation de la Démocratie. Le Conseiller économique de Faure Gnassingbé
est Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé du Développement à la
Base. L’ex Directeur de Cabinet du Ministère de l’Economie et des Finances
Bandifoh Ouro-Akondo est secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la
Coopération et de l’Aménagement du Territoire, chargé de l’Aménagement du
Territoire. Les Ministres Kondi Agba et Foli Bazi Katari ne sont pas
reconduits. On ignore pour l’instant s’ils reprendront leur place à
l’Assemblée Nationale. En vertu de l’article 203 alinéa 6 qui stipule que :
«Lorsque cesse la cause d’incompatibilité le député retrouve de plein
droit ses fonctions».
La
CDPA y reste avec deux Ministres. Léopold Gnininvi d’Etat quitte les
Affaires Etrangères pour le Poste de l’Industrie et l’Artisanat et des
Innovations Technologiques et son colistier Adimado Aduayom maintient son
poste de l’enseignement supérieur et de la Recherche. Par contre, la CPP
perd le Ministère de la Communication et de la Culture avec le départ de
Cornélius mais récupère le Ministère de l’Enseignement Technique et de la
Formation Professionnelle avec l’ancienne membre de la CENI Henriette Kuévi
Amédjogbé en plus de Ministère du Travail qu’occupe Octave Nicoué Broohm.
Les
postes des Travaux Publics et de la Défense Nationale
sont rattachés à la
Présidence de la République. Avant
l’annonce du gouvernement, des rumeurs faisaient état de ce que Kpatcha
Gnassingbé y ferait son entrée. Il n’en a rien été. Toutefois, un de ses
fidèles collaborateurs Tchaou Padumheku précédemment en service à
la
SAZOF à la charge du Ministère des Sports, un poste très sensible eu égard à
la crise qui secoue le sport en général et le football en particulier. Et
s’il y a un seul Ministre qui a été sanctionné c’est bien Antoine Folly qui
s’est montré le plus piètre ministre que le Togo ait connu. L’ex Ministre
des Sports a surtout brillé par ses indiscrétions et ses fourberies,
déshonorant ainsi la fonction ministérielle.
Mally la
surprise
La grande
surprise du nouveau gouvernement, c’est sans nul doute le maintien de Komlan
Mally au gouvernement. Comme ministre d’Etat ministre de la Santé un
département jugé très sensible eu égard aux grands défis à relever dans ce
secteur. L’ex Premier Ministre fait figure de Numéro deux de l’équipe
gouvernementale. En le repositionnant Faure Gnassingbé voudrait certainement
montrer qu’il n’y a pas discorde entre lui et son ancien Premier Ministre et
qu’il ne lui reproche rien. On remarque que la majorité des ministres du
gouvernement Mally demeurent. Apparemment le changement de Premier Ministre
et le léger réaménagement qui s’en est suivi visent à rassurer davantage les
bailleurs de fonds et les institutions internationales. Komlan Mally est le
deuxième Premier Ministre à occuper le poste de ministre après Joseph
Koffigoh.
A. S.
Il était une
fois Agbéyomé : Retour sur les turpitudes d’un ancien tyranneau
Agbéyomé Kodjo,
l’agité qui se croit plus intelligent ignore sans doute que les Togolais
ne sont pas des mabouls. Seuls les larbins qui ne l’avaient pas vu évoluer
quand il jouissait des délices de tyranneau aux côtés de feu Gnassingbé
Eyadema peuvent se laisser abuser par lui. Agbéyomé Kodjo n’hésitait pas à
menacer les journalistes. Nous en avons été victime mais cela n’a nullement
empêché qu’on prenne le risque de publier son brûlot lorsqu’il avait pris
ses jambes au cou après que le Général eût décidé le virer pour une raison
qu’on sera obligé de dévoiler un jour. Lorsqu’il avait été victime d’une
cabale de son successeur à la tête du port autonome, on avait dénoncé
cette campagne d’imposture. On avait également dénoncé les misères que les
tenants du pouvoir avaient fait subir à son épouse et ce, sans espérer
quelque rétribution de lui.
Aujourd’hui
qu’il est poursuivi par son passé crasseux, poussant l’ingratitude à son
paroxysme, il trouve curieusement que les journalistes qui lui
rafraîchissent la mémoire sont payés à cet effet. Lui, le politicien
véreux, démocrate de la 25e heure
qui se fait inviter sur les médias avec fracas pour vitupérer et déverser sa
bile sur ses cibles, ne supporte pas en retour la moindre critique.
Et dans sa
tentative désespérée de se soustraire de la situation fort ubuesque dans
laquelle sa soif insatiable des délices du pouvoir l’a englué, Agbéyomé
Kodjo joue de la fuite en avant. Mais il a beau prendre des gongs pour crier
à perdre haleine que ce qui est écrit ici n’est qu’un tissu de mensonges ,
les témoins sont là et les archives sont têtues. Dans l’espoir de le
retrouver un de ces quatre matins devant les tribunaux pour de plus amples
explications, il s’avère opportun de lui consacrer, en avant-goût, un
feuilleton dont voici le premier épisode.
Il était
une fois Agbéyomé
«J’en suis persuadé que si le Général Eyadema était au pouvoir et que si par
hasard il arrivait qu’il ne pourrait plus exercer les hautes fonctions au
sommet de l’Etat, s’il devrait choisir quelqu’un pour assurer sa succession,
c’est moi Agbéyomé Kodjo. Cet héritage, je le revendique moi aussi». Ainsi
déclarait l’ex-Premier ministre il y a quelques semaines à l’occasion du
lancement de son parti politique. Il s’est par ailleurs vanté d’avoir joué
un rôle crucial dans le maintien du Général-Président au pouvoir et rappelé
que son gouvernement sous Eyadema avait enregistré du succès notamment
auprès du FMI et de la Banque Mondiale.
Mais
lorsqu’il avait pris la poudre d’escampette pour se retrouver à Paris pour
des raisons jusqu’à présent inavouées, le même Agbéyomé changea de discours.
Nous étions en Avril 2003. Le RPT venait de désigner son candidat à
l’élection présidentielle en la personne de feu Gnassingbé Eyadema. Depuis
Paris, Agbéyomé Kodjo fit balancer un message sur Internet. «A l’évidence,
il n’y a pas de quoi se réjouir de cette candidature qui est l’expression
vivante du mépris dans lequel le Chef de l’Etat tient les Togolais. En
effet, qui peut croire sincèrement aujourd’hui que Eyadema réalisera demain
ce programme alors qu’en 36 ans, il n’a pas su, pas pu ou surtout pas voulu
réaliser l’unité de la nation et assurer le minimum d’épanouissement
matériel et moral au peuple ? Sur le plan intérieur, l’actif net de son
action à la tête du pays est lourdement négatif marqué par une dette
intérieure et extérieure qui hypothèque le travail de plusieurs générations,
l’économie atone, les libertés fondamentales confisquées, des leaders de
partis politiques et des journalistes jetés en prison, les droits
élémentaires du citoyen bafoués. Les adversaires politiques sont diabolisés,
méprisés, traqués et humiliés, les autorités religieuses vilipendées et
menacés pour avoir eu le courage de choisir l’inconfort de la vérité aux
prébendes du mensonge et de la corruption. Des associations stipendiées
foisonnent pour déclamer des grossièretés, la haine et la furie de leur
commanditaire sur les médias contre ceux qui refusent la résignation, la
complicité et le discours politiquement correct auquel le régime est
habitué. (Cf. Le Regard N° 332 du 30 Avril 2003).
Que dire donc d’un tel personnage qui revendique aujourd’hui un passé aussi
lourd que scandaleux qu’il avait fait semblant de vomir il y a à peine cinq
ans ?
En
septembre 2001, Agbéyomé Kodjo qui dépeint ainsi le régime Eyadema était
prêt à tout pour que Eyadema qui, selon lui, ne pourra pas réaliser demain
ce qu’il n’a pas su, pas pu ou surtout pas voulu réaliser aujourd’hui, soit
candidat à l’élection présidentielle de 2003.
Et
dans cette logique, il avait tout mis en œuvre pour empêcher la
participation de l’opposition aux législatives d’octobre 2002 afin de
permettre au RPT d’avoir la majorité nécessaire pour la modification de la
Constitution qui devra permettre au Général-Président de demeurer au
pouvoir.
Ainsi donc, en septembre 2001, Agbéyomé Kodjo, Premier Ministre, dans une
note d’information disait ceci :
«Le
chef du gouvernement lance un appel à la classe politique et en particulier
aux leaders de l’opposition de se rendre à l’évidence que quelle que soit la
meilleure volonté de
la CENI, il lui est
techniquement impossible de réussir sa mission comme le souhaitent les
Togolais : organiser des élections libres, transparentes et équitables dans
la paix et la sécurité. Le chef du gouvernement demande à l’Assemblée
Nationale de prendre ses responsabilités en engageant une procédure de
modification de la loi électorale afin de rendre possible la tenue de ces
élections dans les meilleurs délais. Le chef du gouvernement a par ailleurs
fortement appuyé la demande de la révision de la Constitution formulée par
le Président de l’Assemblée Nationale en ce qui concerne les dispositions de
l’article 59 relatives à la limitation du nombre de mandat présidentiel.
Ceci n’est que conforme au souhait exprimé par les différentes couches
socioprofessionnelles de la Nation qui préfèrent s’en remettre à la sagesse
et à l’expérience du président Eyadema au lieu de choisir les chemins de
l’aventure dont ils mesurent le prix et les lourds sacrifices à payer»
(Cf. Le Regard N° 245 du 4 septembre 2001).
Comment donc peut-on prendre au sérieux quelqu’un dont les déclarations
varient en fonction de l’allure de ses humeurs et de ses intérêts égoïstes ?
L. R.
Les leçons à
tirer de la pagaille de la FTF et des joueurs
L’ennuyeux feuilleton de la FTF a connu un nouvel épisode
avec l’entrée en scène des joueurs.
L’Objectif
principal : saboter le match Togo-Zambie pour attribuer la responsabilité de
l’échec à Tata Avlessi.
La
Méthode : jouer sur les nerfs du Président de la Fédération pour s’assurer
qu’il ne sera pas du voyage et utiliser cette absence pour susciter le
boycott chez les joueurs.
Les
Acteurs principaux : Ministre Antoine Folly, Clan Améyi (Améyi, Boukpessi,
Assogbavi, Lawson Gallus, Tino Adjété, Amavi Patatu et leurs courtisans) et
Tata Avlessi.
Résultats attendus : destitution de Tata Avlessi pour permettre à Gabriel
Améyi de prendre les rênes de la FTF.
Le
Ministre Antoine Folly avait mis en place un comité chargé de gérer le match
contre la Zambie sans clarifier le rôle de ce comité par rapport à la
Fédération. Tata Avlessi a saisi Antoine Folly pour lui faire des remarques.
Folly lui rétorque qu’il n’a pas de compte à rendre au Président de la FTF
et lui raccroche au nez.
Cela
suppose que le Ministre a pris toutes les dispositions pour que l’étape de
la Zambie se déroule dans de bonnes conditions. Pour Antoine Folly, la
présence de Tata Avlessi n’était pas indispensable. Après avoir créé son
comité sans en informer le président de la Fédération, le ministre a
approuvé une liste de la délégation signée du Secrétaire Général Assogbavi
Espoir avec lui-même en tête suivi de Boukpessi Essoyaba, homme de main de
Gabriel Améyi. Le match devant avoir lieu le 06 septembre, le Président de
la Fédération Togolaise de Football a programmé les obsèques de sa mère sur
le 13 septembre.
Après en avoir informé le Chef de l’Etat, Tata Avlessi a fixé la date au 13
soit une semaine après le match contre la Zambie. Entre temps, la FIFA a
reporté le match au 10 septembre à la demande de la Zambie en raison des
obsèques du président Lévi Mwanawasa.
Et
compte tenu des urgences liées aux obsèques de sa maman, Avlessi dit avoir
donné mandat au deuxième vice-Président Boukpessi Essoyaba pour accompagner
l’équipe.
S’étant assuré que Tata ne sera pas du voyage comme ils le souhaitaient, les
tenants du clan Améyi passent à la vitesse supérieure en sautant sur
l’occasion.
Les
raisons fantaisistes avancées par les joueurs frondeurs associés à la
conspiration malgré eux, Daré, Tchangaï et leur capitaine Adébayor pour
refuser de voyager sans Tata dénotent à suffisance la maladroiteté des
conspirateurs pour deux raisons.
D’abord, ils n’avaient pas trouvé à redire lorsque Folly a mis en place un
comité chargé de gérer le match. Et aussi paradoxal que cela puisse
paraître, ils épargnent le Ministre et ses acolytes qui ont tout fait pour
exclure Tata pour s’en prendre à ce dernier qui pourtant se plaint d’être
écarté.
Ensuite, et c’est là la grande curiosité, les joueurs qui réclament la
présence de Tata comme s’ils étaient des bébés qui ont besoin de la chaleur
maternelle n’ont avancé aucune raison solide et convaincante qui puisse
justifier leur comportement antipatriotique et irresponsable. Et le comble,
c’est que Adébayor le capitaine qui devrait plutôt rassurer ses coéquipiers
évoque des raisons saugrenues pour justifier cette flagrante indiscipline.
Tantôt c’est l’avion qui est piégé, tantôt on lui aurait jeté un mauvais
sort et patati et patata. Est-ce donc pour donner du poids à ces
considérations que Améyi a préféré le détour d’Accra ? Alliant superstition
et imposture, Adébayor en est venu à oublier Dieu au bénéfice des supposés
sorciers maléfiques et s’est retrouvé isolé et mis en minorité par les
autres joueurs qui, s’étant rendus compte de leurs erreurs, ont finalement
décidé d’embarquer. C’est pratiquement sans attaquants que les Eperviers ont
disputé le match contre la Zambie. L’échec zéro contre un ne pouvait donc
que réjouir le clan Améyi qui dans sa détermination à charger Tata de tous
les maux pour le culpabiliser et espérer sa destitution, fait du tort au
football togolais. Il ne leur reste plus qu’à claironner que Tata a préféré
sa maman défunte à l’équipe nationale comme si c’est lui qui devait disputer
le match à la place des joueurs.
C’est d’ailleurs tout naturellement que les troubadours du clan Améyi
reprennent ce refrain. Cette propagande impudique et de bas étage,
révélatrice de coups bas auxquels se livrent les membres de la fédération
montre si besoin en est, que toute
la Fédération Togolaise
de Football doit être dissoute dans les meilleurs délais.
Deux leçons à
retenir
Cet
autre épisode de ce feuilleton qui discrédite notre pays rend plus
qu’urgente la nécessité d’un nouveau congrès électif pour sauver les
meubles. On n’a plus besoin de prouver que le ménage entre Tata et le clan
Améyi n’est pas possible.
En
outre, le comportement des joueurs frondeurs récidivistes Daré et Tchangaï
et surtout celui d’Adébayor indique la nécessité d’une sérieuse politique
sportive si tant est qu’on veut éviter de se faire emmerder par des garçons
de rue dont on ne s’est pas occupé et qu’on va chercher pour constituer une
équipe. Comment dans ces conditions peut-on éviter les caprices de voyous ou
de jeunes togolais qui se sont débrouillés eux-mêmes pour se hisser au top ?
Le comportement de Adébayor s’apparente à celui d’un commandant d’une troupe
armée qui, après avoir accepté de mourir pour son pays, abandonne la troupe
face à l’ennemi.
Faute donc d’une politique conséquente de détection et de suivi de talents à
travers un championnat de haut niveau, notre pays n’arrêtera pas de subir
l’humiliation de garçons n’ayant aucune teinture patriotique à qui on
demande de venir défendre les couleurs du pays. Si au Togo les joueurs
ajoutent à la pagaille des dirigeants de la FTF, en Côte d’Ivoire, les
joueurs à l’unissons, ont oeuvré pour la paix en Côte d’Ivoire en invitant
les protagonistes politiques au dialogue.
Dans
les pays comme le Nigeria, le Ghana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, les
talents foisonnent tellement que des joueurs font des pieds et des mains
pour être au moins sélectionné une fois en équipe nationale. Nul n’est donc
indispensable et tout joueur qui ferait son petit malin est immédiatement
remplacé.
Mais
tant qu’on ne favorisera pas par une politique sportive conséquente,
l’éclosion et le suivi des talents, on a beau fustiger le comportement de
Adébayor, cela ne changerait rien au tarif.
L. R. |