Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Carrefour Contact
ACTUALITÉ / NEWS
Gouvernement de continuité : Antoine Folly viré au profit d’un proche de Kpatcha Gnassingbé
Le Regard du 16 Sept 2008

Dans l’ensemble le gouvernement n’a pas subi de profonds changements. Sans surprise, le parti au pouvoir conserve les postes clés. Le Ministre des Affaires Etrangères échoit à un diplomate Koffi Esaw actuel ambassadeur du Togo à Addis-Abéba, Ninsao Gnofame cadre de la BTD prend le Ministère de la Fonction Publique, Kossivi Ayikoe, ancien Directeur Général de Togotélécom hérite du Ministère de l’environnement et des ressources forestières. Le Directeur du Protocole d’Etat Batienne Kpabre-Sylli se retrouve au Ministère du Tourisme. Oulégoh Kéyéwa enseignant-chercheur à l’Université de Lomé devient Ministre de la Communication et de la Culture qui se décharge du volet formation civique que récupère le Président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme qui en plus de la Formation Civique est chargé des Droits de l’Homme et de la Consolidation de la Démocratie. Le Conseiller économique de Faure Gnassingbé est Ministre Délégué auprès du Premier Ministre chargé du Développement à la Base. L’ex Directeur de Cabinet du Ministère de l’Economie et des Finances Bandifoh Ouro-Akondo est secrétaire d’Etat auprès du Ministre de la Coopération et de l’Aménagement du Territoire, chargé de l’Aménagement du Territoire. Les Ministres Kondi Agba et Foli Bazi Katari ne sont pas reconduits. On ignore pour l’instant s’ils reprendront leur place à l’Assemblée Nationale. En vertu de l’article 203 alinéa 6  qui stipule que : «Lorsque cesse la cause d’incompatibilité le député retrouve de plein droit ses fonctions».

          La CDPA y reste avec deux Ministres. Léopold Gnininvi d’Etat quitte les Affaires Etrangères pour le Poste de l’Industrie et l’Artisanat et des Innovations Technologiques et son colistier Adimado Aduayom maintient son poste de l’enseignement supérieur et de la Recherche. Par contre, la CPP perd le Ministère de la Communication et de la Culture avec le départ de Cornélius mais récupère le Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle avec l’ancienne membre de la CENI Henriette Kuévi Amédjogbé en plus de Ministère du Travail qu’occupe Octave Nicoué Broohm.

          Les postes des Travaux Publics et de la Défense Nationale sont rattachés à la Présidence de la République. Avant l’annonce du gouvernement, des rumeurs faisaient état de ce que Kpatcha Gnassingbé y ferait son entrée. Il n’en a rien été. Toutefois, un de ses fidèles collaborateurs Tchaou Padumheku précédemment en service à la SAZOF à la charge du Ministère des Sports, un poste très sensible eu égard à la crise qui secoue le sport en général et le football en particulier. Et s’il y a un seul Ministre qui a été sanctionné c’est bien Antoine Folly qui s’est montré le plus piètre ministre que le Togo ait connu. L’ex Ministre des Sports a surtout brillé par ses indiscrétions et ses fourberies, déshonorant ainsi la fonction ministérielle. 

Mally la surprise

                        La grande surprise du nouveau gouvernement, c’est sans nul doute le maintien de Komlan Mally au gouvernement. Comme ministre d’Etat ministre de la Santé un département jugé très sensible  eu égard aux grands défis à relever dans ce secteur. L’ex Premier Ministre fait figure de Numéro deux de l’équipe gouvernementale. En le repositionnant Faure Gnassingbé voudrait certainement montrer qu’il n’y a pas discorde entre lui et son ancien Premier Ministre et qu’il ne lui reproche rien. On remarque que la majorité des ministres du gouvernement Mally demeurent. Apparemment le changement de Premier Ministre et le léger réaménagement qui s’en est suivi visent à rassurer davantage les bailleurs de fonds et les institutions internationales. Komlan Mally est le deuxième Premier Ministre à occuper le poste de ministre après Joseph Koffigoh.

   A. S. 


Il était une fois Agbéyomé : Retour sur les turpitudes d’un ancien tyranneau

Agbéyomé Kodjo, l’agité  qui se croit  plus intelligent ignore sans doute que les Togolais ne sont pas des mabouls. Seuls les larbins qui ne l’avaient pas vu évoluer quand il jouissait des délices de tyranneau aux côtés de feu Gnassingbé Eyadema peuvent se laisser abuser par lui. Agbéyomé Kodjo n’hésitait  pas à menacer les journalistes. Nous en avons été victime mais cela n’a nullement empêché qu’on prenne le risque de publier son brûlot lorsqu’il  avait pris ses jambes au cou après que le Général eût décidé le virer pour une raison qu’on sera obligé de dévoiler un jour. Lorsqu’il avait été victime d’une cabale de son successeur à la tête du port autonome, on avait  dénoncé  cette campagne d’imposture. On avait également dénoncé les misères que les tenants du pouvoir avaient fait subir à son épouse et ce, sans espérer quelque rétribution de lui.

Aujourd’hui qu’il est poursuivi par son passé crasseux, poussant l’ingratitude à son paroxysme, il trouve curieusement que les journalistes qui lui rafraîchissent  la mémoire sont payés à cet effet. Lui, le politicien véreux, démocrate de la 25e heure qui se fait inviter sur les médias avec fracas pour vitupérer et déverser sa bile sur  ses cibles, ne supporte pas en retour la moindre critique. 

Et dans sa tentative désespérée de se soustraire de la situation fort ubuesque dans laquelle sa soif insatiable des délices du pouvoir l’a  englué,  Agbéyomé Kodjo joue de la fuite en avant. Mais il a beau prendre des gongs pour crier à perdre haleine que ce qui est écrit ici n’est qu’un tissu de mensonges , les témoins sont là et les archives sont têtues. Dans l’espoir de le retrouver un de ces quatre matins  devant les tribunaux pour de plus amples explications, il s’avère opportun  de lui consacrer, en avant-goût, un feuilleton dont voici le premier épisode.

Il était une fois Agbéyomé

          «J’en suis persuadé que si le Général Eyadema était au pouvoir et que si par hasard il arrivait qu’il ne pourrait plus exercer les hautes fonctions au sommet de l’Etat, s’il devrait choisir quelqu’un pour assurer sa succession, c’est moi Agbéyomé Kodjo. Cet héritage, je le revendique moi aussi». Ainsi déclarait l’ex-Premier ministre il y a quelques semaines à l’occasion du lancement de son parti politique. Il s’est par ailleurs vanté d’avoir joué un rôle crucial dans le maintien du Général-Président au pouvoir et rappelé que son gouvernement sous Eyadema avait enregistré du succès notamment auprès du FMI et de la Banque Mondiale.

          Mais lorsqu’il avait pris la poudre d’escampette pour se retrouver à Paris pour des raisons jusqu’à présent inavouées, le même Agbéyomé changea de discours. Nous étions en Avril 2003. Le RPT venait de désigner son candidat à l’élection présidentielle en la personne de feu Gnassingbé Eyadema. Depuis Paris, Agbéyomé Kodjo fit balancer un message sur Internet. «A l’évidence, il n’y a pas de quoi se réjouir de cette candidature qui est l’expression vivante du mépris dans lequel le Chef de l’Etat tient les Togolais. En effet, qui peut croire sincèrement aujourd’hui que Eyadema réalisera demain ce programme alors qu’en 36 ans, il n’a pas su, pas pu ou surtout pas voulu réaliser l’unité de la nation et assurer le minimum d’épanouissement matériel et moral au peuple ? Sur le plan intérieur, l’actif net de son action à la tête du pays est lourdement négatif marqué par une dette intérieure et extérieure qui hypothèque le travail de plusieurs générations, l’économie atone, les libertés fondamentales confisquées, des leaders de partis politiques et des journalistes jetés en prison, les droits élémentaires du citoyen bafoués. Les adversaires politiques sont diabolisés, méprisés, traqués et humiliés, les autorités religieuses vilipendées et menacés pour avoir eu le courage de choisir l’inconfort de la vérité aux prébendes du mensonge et de la corruption. Des associations stipendiées foisonnent pour déclamer des grossièretés, la haine et la furie de leur commanditaire sur les médias contre ceux qui refusent la résignation, la complicité et le discours politiquement correct auquel le régime est habitué. (Cf. Le Regard N° 332 du 30 Avril 2003). Que dire donc d’un tel personnage qui revendique aujourd’hui un passé aussi lourd que scandaleux qu’il avait fait semblant de vomir il y a à peine cinq ans ?

          En septembre 2001, Agbéyomé Kodjo qui dépeint ainsi le régime Eyadema était prêt à tout pour que Eyadema qui, selon lui, ne pourra pas réaliser demain ce qu’il n’a pas su, pas pu ou surtout pas voulu réaliser aujourd’hui, soit candidat à l’élection présidentielle de 2003.

          Et dans cette logique, il avait tout mis en œuvre pour empêcher la participation de l’opposition aux législatives d’octobre 2002 afin de permettre au RPT d’avoir la majorité nécessaire pour la modification de la Constitution qui devra permettre au Général-Président de demeurer au pouvoir.

          Ainsi donc, en septembre 2001, Agbéyomé Kodjo, Premier Ministre, dans une note d’information disait ceci :

          «Le chef du gouvernement lance un appel à la classe politique et en particulier aux leaders de l’opposition de se rendre à l’évidence que quelle que soit la meilleure volonté de la CENI, il lui est techniquement impossible de réussir sa mission comme le souhaitent les Togolais : organiser des élections libres, transparentes et équitables dans la paix et la sécurité. Le chef du gouvernement demande à l’Assemblée Nationale de prendre ses responsabilités en engageant une procédure de modification de la loi électorale afin de rendre possible la tenue de ces élections dans les meilleurs délais. Le chef du gouvernement a par ailleurs fortement appuyé la demande de la révision de la Constitution formulée par le Président de l’Assemblée Nationale en ce qui concerne les dispositions de l’article 59 relatives à la limitation du nombre de mandat présidentiel. Ceci n’est que conforme au souhait exprimé par les différentes couches socioprofessionnelles de la Nation qui préfèrent s’en remettre à la sagesse et à l’expérience du président Eyadema au lieu de choisir les chemins de l’aventure dont ils mesurent le prix et les lourds sacrifices à payer» (Cf. Le Regard N° 245 du 4 septembre 2001).

          Comment donc peut-on prendre au sérieux quelqu’un dont les déclarations varient en fonction de l’allure de ses humeurs et de ses intérêts égoïstes ?

L. R. 


Les leçons à tirer de la pagaille de la FTF et des joueurs
L’ennuyeux feuilleton de la FTF a connu un nouvel épisode avec l’entrée en scène des joueurs.

          L’Objectif principal : saboter le match Togo-Zambie pour attribuer la responsabilité de l’échec à Tata Avlessi.

          La Méthode : jouer sur les nerfs du Président de la Fédération pour s’assurer qu’il ne sera pas du voyage et utiliser cette absence pour susciter le boycott chez les joueurs.

          Les Acteurs principaux : Ministre Antoine Folly, Clan Améyi (Améyi, Boukpessi, Assogbavi, Lawson Gallus, Tino Adjété, Amavi Patatu et leurs courtisans) et Tata Avlessi.

          Résultats attendus : destitution de Tata Avlessi pour permettre à Gabriel Améyi de prendre les rênes de la FTF.

          Le Ministre Antoine Folly avait mis en place un comité chargé de gérer le match contre la Zambie sans clarifier le rôle de ce comité par rapport à la Fédération. Tata Avlessi a saisi Antoine Folly pour lui faire des remarques. Folly lui rétorque qu’il n’a pas de compte à rendre au Président de la FTF et lui raccroche au nez.

          Cela suppose que le Ministre a pris toutes les dispositions pour que l’étape de la Zambie se déroule dans de bonnes conditions. Pour Antoine Folly, la présence de Tata Avlessi n’était pas indispensable. Après avoir créé son comité sans en informer le président de la Fédération, le ministre a approuvé une liste de la délégation signée du Secrétaire Général Assogbavi Espoir avec lui-même en tête suivi de Boukpessi Essoyaba, homme de main de Gabriel Améyi. Le match devant avoir lieu le 06 septembre, le Président de la Fédération Togolaise de Football a programmé les obsèques de sa mère sur le 13 septembre.

          Après en avoir informé le Chef de l’Etat, Tata Avlessi a fixé la date au 13 soit une semaine après le match contre la Zambie. Entre temps, la FIFA a reporté le match au 10 septembre à la demande de la Zambie en raison des obsèques du président Lévi Mwanawasa.

          Et compte tenu des urgences liées aux obsèques de sa maman, Avlessi dit avoir donné mandat au deuxième vice-Président Boukpessi Essoyaba pour accompagner l’équipe.

          S’étant assuré que Tata ne sera pas du voyage comme ils le souhaitaient, les tenants du clan Améyi passent à la vitesse supérieure en sautant sur l’occasion.

          Les raisons fantaisistes avancées par les joueurs frondeurs associés à la conspiration malgré eux, Daré, Tchangaï et leur capitaine Adébayor pour refuser de voyager sans Tata dénotent à suffisance la maladroiteté des conspirateurs pour deux raisons.

          D’abord, ils n’avaient pas trouvé à redire lorsque Folly a mis en place un comité chargé de gérer le match. Et aussi paradoxal que cela puisse paraître, ils épargnent le Ministre et ses acolytes qui ont tout fait pour exclure Tata pour s’en prendre à ce dernier qui pourtant se plaint d’être écarté.

          Ensuite, et c’est là la grande curiosité, les joueurs qui réclament la présence de Tata comme s’ils étaient des bébés qui ont besoin de la chaleur maternelle n’ont avancé aucune raison solide et convaincante qui puisse justifier leur comportement antipatriotique et irresponsable. Et le comble, c’est que Adébayor le capitaine qui devrait plutôt rassurer ses coéquipiers évoque des raisons saugrenues pour justifier cette flagrante indiscipline. Tantôt c’est l’avion qui est piégé, tantôt on lui aurait jeté un mauvais sort et patati et patata. Est-ce donc pour donner du poids à ces considérations que Améyi a préféré le détour d’Accra ? Alliant superstition et imposture, Adébayor en est venu à oublier Dieu au bénéfice des supposés sorciers maléfiques et s’est retrouvé isolé et mis en minorité par les autres joueurs qui, s’étant rendus compte de leurs erreurs, ont finalement décidé d’embarquer. C’est pratiquement sans attaquants que les Eperviers ont disputé le match contre la Zambie. L’échec zéro contre un ne pouvait donc que réjouir le clan Améyi qui dans sa détermination à charger Tata de tous les maux pour le culpabiliser et espérer sa destitution, fait du tort au football togolais. Il ne leur reste plus qu’à claironner que Tata a préféré sa maman défunte à l’équipe nationale comme si c’est lui qui devait disputer le match à la place des joueurs.

          C’est d’ailleurs tout naturellement que les troubadours du clan Améyi reprennent ce refrain. Cette propagande impudique et de bas étage, révélatrice de coups bas auxquels se livrent les membres de la fédération montre si besoin en est, que toute la Fédération Togolaise de Football doit être dissoute dans les meilleurs délais. 

Deux leçons à retenir

          Cet autre épisode de ce feuilleton qui discrédite notre pays rend plus qu’urgente la nécessité d’un nouveau congrès électif pour sauver les meubles. On n’a plus besoin de prouver que le ménage entre Tata et le clan Améyi n’est pas possible.

          En outre, le comportement des joueurs frondeurs récidivistes Daré et Tchangaï et surtout celui d’Adébayor indique la nécessité d’une sérieuse politique sportive si tant est qu’on veut éviter de se faire emmerder par des garçons de rue dont on ne s’est pas occupé et qu’on va chercher pour constituer une équipe. Comment dans ces conditions peut-on éviter les caprices de voyous ou de jeunes togolais qui se sont débrouillés eux-mêmes pour se hisser au top ? Le comportement de Adébayor s’apparente à celui d’un commandant d’une troupe armée qui, après avoir accepté de mourir pour son pays, abandonne la troupe face à l’ennemi.

          Faute donc d’une politique conséquente de détection et de suivi de talents à travers un championnat de haut niveau, notre pays n’arrêtera pas de subir l’humiliation de garçons n’ayant aucune teinture patriotique à qui on demande de venir défendre les couleurs du pays. Si au Togo les joueurs ajoutent à la pagaille des dirigeants de la FTF, en Côte d’Ivoire, les joueurs à l’unissons, ont oeuvré pour la paix en Côte d’Ivoire en invitant les protagonistes politiques au dialogue.

          Dans les pays comme le Nigeria, le Ghana, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, les talents foisonnent tellement que des joueurs font des pieds et des mains pour être au moins sélectionné une fois en équipe nationale. Nul n’est donc indispensable et tout joueur qui ferait son petit malin est immédiatement remplacé.

          Mais tant qu’on ne favorisera pas par une politique sportive conséquente, l’éclosion et le suivi des talents, on a beau fustiger le comportement de Adébayor, cela ne changerait rien au tarif. 

L. R.

 
 
Retourner à la page Accueil
 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved

ARCHIVES