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Le week-end
dernier, le chercheur franco-togolais, Comi Toulabor, était l’invité de
l’Emission Parcours sur FM Liberté, une radio de la diaspora togolaise.
Entre autres sujets abordés la question de sortie de crise au Togo et la
présidentielle 2010.
Dans son analyse de la situation politique au Togo, il a déclaré que « la
solution la plus appropriée pour solder la monarchie des Gnassingbé et rêver
d’un renouveau démocratique, c’est la solution radicale à
la J.J.Rawlings
». Le Professeur de Sciences Politiques à l’Université Montesquieu Bordeaux
IV qui travaille beaucoup sur le pays de Kwame Nkrumah, a expliqué combien
les Ghanéens ne cachent pas aujourd’hui leur gratitude au Capitaine
d’Aviation qu’ils continuent de considérer comme leur libérateur.
En
ce qui concerne la présidentielle de 2010, il s’est de nouveau opposé à la
candidature du leader de l’UFC, Gilchrist Olympio, en qui il ne voit aucune
qualité de rassembleur. Certes, il reconnaît à l’UFC et à son chef leur
poids politique mais il trouve que cette candidature ne doit pas être un
sujet tabou. « Cela ne m’empêche pas de dire que ceux des militants de ce
parti qui refusent systématiquement toute critique et qui m’accusent de
faire le jeu du RPT à cause de mes positions sont des talibans
fondamentalistes de l’UFC », a-t-il martelé.
La
proposition de cette méthode de prise du pouvoir par la force et de purge
utilisée par l’ancien Président ghanéen John Jerry Rawlings (1981-2000) a
suscité de vives réactions au sein des Togolais de la diaspora et des
internautes qui ont eu à suivre l’émission. « Pour des propositions
concrètes de sortie de crise au Togo, chacun y va de ses analyses. On ne
peut pas reprocher à M. Toulabor de faire des propositions, mais ces genres
de sorties médiatiques pour ne rien dire n’avancent pas le peuple togolais
souffrant. Si notre chercheur (des chercheurs qui cherchent, on en trouve,
mais des chercheurs qui trouvent, on en cherche) nous disait qu’il rentre à
Lomé pour mener la lutte et qu’il fustige la candidature de Gilchrist, on le
comprendra. Mais se murer dans son salon en France et raconter des
balivernes du genre solution radicale à
la JJ
Rawlings.
C’est vraiment triste pour le Togo. Cet individu doit savoir que cette
méthode n’est plus d’actualité et que le contexte mondial a changé et qu’il
faut inventer d’autres méthodes. Au lieu de nous sortir de vieilles recettes
d’époque révolue, s’il faisait une proposition concrète l’impliquant
lui-même d’abord en tant que Togolais, il ne serait pas chercheur pour rien
», déplore un compatriote.
Un
autre s’interroge : « C’est bien beau de parler du cas Rawlings que nous
avons tous apprécié. Est-ce que les conditions sont les mêmes ? ». Il
qualifie le chercheur de « beau parleur sans donner des attitudes
concrètes à prendre dans des situations de crises».
«
J’ai l’impression que notre Professeur, chercheur, continue toujours à
chercher alors qu’il incarne lui-même les résultats de ses recherches. Il
parle seulement pour parler. (…) Il ne faut pas qu’il reste en France pour
nous raconter des histoires. Je vois que notre Professeur est plus historien
que chercheur. On nous dit que c’est un Chercheur qui travaille beaucoup sur
le Ghana. Pourquoi a-t-il refusé de travailler sur le Togo ? Il n’a qu’à
nous faire des propositions claires et nous allons le suivre », ajoute
un Togolais vivant au Ghana.
En
revanche, d’autres Togolais approuvent cette proposition de l’auteur de «
Le Togo sous Eyadèma » et s’insurgent contre la candidature de Gilchrist
Olympio. « La candidature de M. Gilchrist à l’élection prochaine n’est
pas la meilleure solution pour son parti ni pour le peuple togolais. Je
pense qu’il existe dans son parti d’autres personnes compétentes qui peuvent
diriger le Togo si le RPT veut bien leur laisser cette place», explique
un internaute.
E.
Pierre
Les écoles
privées du Togo et l’éducation nationale en question : Exploitation sans
état d’âme des enseignants par des fondateurs véreux : L’Etat est interpellé
A une
semaine de la rentrée scolaire 2008-2009 prévue pour le 22 septembre 2008,
nous voulons aborder un problème assez récurrent et sérieux, propre à
presque tous les établissements scolaires créés par des privés. Il s’agit de
l’exploitation pure et simple de leurs compatriotes, par ceux que la nature
a favorisés en les dotant par hérédité de moyens financiers colossaux pour
certains, et pour d’autres, partis de rien et qui sont arrivés aujourd’hui
au sommet, soit sur le dos des pauvres enseignants en faveur desquels
personne ne semble plaider, abandonnés qu’ils sont à eux-mêmes et qui
méritent pourtant toute notre attention et notre compassion, soit par des
pratiques louches et peu recommandables dont nos fameux fondateurs seuls ont
le secret.
S’il faut
apprécier certaines initiatives de création d’écoles depuis des décennies
par les privés, en raison de la défaillance et de la démission pure et
simple de l’Etat togolais qui s’est montré peu préoccupé par l’avenir de la
jeunesse et du pays, et n’a pas su investir convenablement dans le secteur
éducatif, par la construction de nouveaux établissements scolaires tous
degrés confondus, ou de nouvelles salles de classe dans les établissements
déjà existants, et par le recrutement subséquent des enseignants, il faut en
revanche, déplorer l’aventure que semble devenue pour beaucoup de Togolais
depuis quelques années, la création anarchique de lieux d’instruction et
d’éducation. Et Dieu seul sait, si l’Etat togolais, après avoir donné
l’agrément, s’efforce de contrôler la discipline de l’école par rapport à ce
que devrait être le contenu de l’instruction et de l’éducation dispensées à
nos enfants et pourquoi pas, le sort du corps enseignant lui-même !
Recrutement, diplômes et rémunérations
Tous les
établissements scolaires privés du pays, à quelques rares exceptions près,
se livrent à une exploitation systématique du corps enseignant y déployé.
Vous serez abasourdis devant le montant que paye un établissement privé à un
enseignant du primaire aujourd’hui au Togo, ou celui qu’un professeur du
secondaire reçoit à la fin du mois, en dépit de son diplôme universitaire.
Pourquoi le fondateur n’abuserait-il pas des enseignants qu’il emploie,
sachant dès le départ, qu’ils n’ont nulle part où se rabattre, et que tout
compte fait, l’établissement sur lequel il a la haute main devient un
exutoire pour le chômage ? L’Etat lui-même étant incapable d’absorber tous
ces demandeurs d’emploi qui se sentent subitement à tort ou à raison
destinés à une vocation d’enseignants. Il convient d’insister ici sur le
fait que, ce ne sont pas tous ceux-là qui choisissent l’enseignement qui en
ont la vocation. Après tout, l’honnêteté oblige à voir dans l’exploitation à
laquelle maints établissements scolaires soumettent nos compatriotes, une
responsabilité de l’Etat qui a démissionné depuis de longues années de ses
responsabilités premières, rendant la vie invivable à des milliers de
diplômés Togolais sans emplois.
En matière
de recrutement, généralement, le fondateur ayant plafonné le salaire à payer
par mois à chaque catégorie d’enseignants, il ne s’en tient pas trop au
background du demandeur d’emploi par rapport à la réputation qu’il devrait
ambitionner de se faire pour son école avant toute chose. Que vous soyez
titulaire d’un CAP d’enseignant ou non, ou que vous soyez sortis d’un centre
de formation pour instituteurs, cela le préoccupe peu. Ce qui l’intéresse le
plus, c’est de trouver de jeunes diplômés en mal de sous qu’il réussirait à
caser chez lui et qui se contenteraient du peu qu’il leur paierait. Tout au
plus, il peut se préoccuper de savoir si vous avez déjà enseigné une fois. A
défaut, il n’est pas rare de voir des fondateurs recruter des titulaires de
brevet d’étude du premier cycle (BEPC) auxquels une classe comme le cours
préparatoire est confiée. Cela est un danger pour les enfants à eux confiés
et une catastrophe. Alors, en avant les dégâts ! Et l’école tue lentement en
votre enfant tout ce qu’il y aurait de positif à rechercher et à développer
par l’enseignant.
Pour les 95%
environ des établissements privés, le niveau du salaire oscille entre 18.000
F,
20.000 F et 25.000 FCFA pour le primaire et dans notre Togo de 2008. Sans
pitié ! Nous nous amuserons à faire de petits calculs et l’on verra le degré
de cynisme de nos fameux fondateurs. Il existe des établissements où le
fondateur, développant le culte de la personnalité pour « son honneur
personnel», ou la pratique de la délation érigée en système de direction
de son institution, chose dommage, il s’est fait parmi le corps enseignant
des gens aptes à ce genre de pratique propre à des attardés. Dans ce cas, à
titre exceptionnel, ces enseignants épieurs et délateurs peuvent recevoir
28.000 F, les 3000F représentant en somme, une prime de fidélité. Voilà pour
ce qui est du primaire. Signalons que le Directeur du primaire en général
est payé entre 35 et 40.000 FCFA.
Globalement,
la préférence est donnée à de jeunes gens entre 25 et 30 ans susceptibles
d’être plus soumis et plus malléables que des personnes ayant de longues
années d’expériences, voire des enseignants retraités susceptibles de
monnayer au prix fort leur talent. Et comme la politique des fondateurs
d’écoles privées au Togo consiste à exploiter sans état d’âme le corps
enseignant utilisé, (même ceux-là qui prétendent être de « grands
croyants» n’en font pas exception), les instituteurs chevronnés et
autres enseignants à la retraite et encore solides peuvent aller se faire
voir ailleurs.
Pour le
secondaire, le recrutement se fait à partir du Bac II généralement. Ici, il
suffit d’avoir fait l’Université une seule année et avoir abandonné ou de
faire deux années de première année, sans avoir eu le DEUG 1 (Diplôme
d’études universitaires générales) et l’on est très recherché par des
fondateurs véreux qui vantent sur tous les toits que dans leur école, les
enseignants du secondaire ont tous fait l’Université. Et avec quel niveau ?
Approchez ces genres d’enseignants et causez un peu avec eux, et déjà entre
deux phrases, vous découvrirez leurs lacunes. Alors vous n’aurez qu’à
plaindre ces enfants et leurs parents. Et c’est à ceux-là que l’avenir des
enfants est confié. Et pourquoi devons-nous nous étonner du bas niveau du
français et de culture générale que les Togolais découvrent chaque année
entre les mois d’août et septembre à l’occasion du Concours Miss-Togo ?
En dehors
des bacheliers qui sont allés visiter l’Université et n’ont en tout et pour
tout que leur certificat d’inscription ou leur carte d’étudiant comme
diplôme universitaire, il y a ceux qui ont, soit leur DEUG I, soit le DEUG
II. Les niveaux les plus élevés sont ceux de la licence et de la maîtrise.
Ces deux catégories de niveau sont rares dans certains établissements privés
où vous n’en trouverez au plus que 3 ou 4. Néanmoins, il y a à peu près 5 à
6 établissements du privé à Lomé qui emploient en grand nombre des licenciés
et des maîtrisards au niveau du secondaire. Généralement, le salaire oscille
entre 28.000 F
et 30.000 FCFA. Il convient de dire que la législation en vigueur au Togo
prévoit 22 heures par semaine de cours au maximum pour l’enseignant, mais il
faut dire que dans ces établissements privés, alors que les enseignants sont
mal payés, ces fondateurs véreux outrepassent ladite législation et les
utilisent dans la fourchette de 26 heures et parfois 30 heures par semaine.
Le Directeur
du secondaire est payé à 35.000 FCFA. Ici aussi comme pour le cas du
primaire, selon l’amitié que l’enseignant aura réussi à tisser avec le
fondateur de l’établissement sur la base des délations et autres pratiques
viles, sa rémunération peut être un peu relevée. Signalons que pour
certaines institutions qui constituent une petite exception, au niveau de la
licence et de la maîtrise, le salaire tourne autour de 60.000 F et 70.000
FCFA. Nous disons que ce n’est pas encore ça, mais en même temps, nous
disons que c’est beaucoup mieux. Pour le poste de directeur ou de proviseur
il est payé à 80.000 FCFA le mois.
Conséquences de cette situation
Les salaires dérisoires conduisent la plupart des enseignants du privé, qui
comble de malheur, ne sont même pas payés pendant les deux mois de vacances,
à devenir des conducteurs occasionnels de moto-taxi ou à devenir des
aide-maçons et autres. Les dames, vous les verrez, qui vendant de l’eau
glacée, qui des sachets plastiques, qui encore de la banane les week-ends et
les jours du marché. De quelle respectabilité pourraient jouir de tels
enseignants que les élèves rencontrent presque tous les jours, se livrant à
ces activités de dépannage ? En notre temps, un instituteur ou une
institutrice, bien que n’étant pas logés à la meilleure enseigne à l’époque,
méritaient beaucoup d’égard et de considération de la part des apprenants.
La situation
misérable dans laquelle végètent nos instituteurs et enseignants officiant
au niveau plus élevé dans ces établissements, pousse les «encadreurs de
la relève de demain » à se livrer à des pratiques indignes des
enseignants qui devraient servir d’exemples à ces futurs adultes. Ainsi, nos
enquêtes nous ont amenés à découvrir que dans certains établissements, les
enseignants se rabattent carrément sur leurs écoliers ou élèves dont les
parents sont un peu aisés, et sans pudeur, ils leur demandent de leur
acheter à manger en récréation. Ces derniers ne sauraient s’y dérober,
voulant pour leur part s’attirer la sympathie ou l’amitié du maître ou du
professeur. Dans cette situation, quelle prise, un enseignant, qui au
demeurant n’a aucun poids devant ses apprenants, pourrait-il avoir sur «
ses disciples » lui, dont l’élève ou l’écolier sait qu’il représente
personnellement quelque chose pour son maître ou prof ? Et de là, à
suspecter des tentatives de pédophilie et autres, il n’y a qu’un pas à
franchir.
Les
enseignants ainsi réduits à l’état de misère perdent leur personnalité pour
ceux qui en avaient une, et d’autres qui n’en avaient aucune notion
s’installent confortablement dans la légèreté ad vitam. Ces enseignants
deviennent de gros mendiants. Ils mendient jusqu’aux calendriers et agendas
auprès des enfants à chaque début d’année, comme si ceux-ci en étaient
producteurs. Il n’est pas rare de voir vos enfants revenir à la maison et
vous dire que le maître demande de lui apporter un calendrier. Les plus
audacieux vont jusqu’à leur demander un agenda. Est-il normal que ceux qui
ont en charge de former écoliers et élèves, leur apprennent à quémander ? La
faute et la responsabilité première incombent aux chefs d’établissement
couramment appelés « fondateurs ».
Si
réellement ceux-ci songeaient à une bonne réputation en tout premier lieu
pour leurs institutions, ils auraient veillé à ce que leurs employés
travaillent dans de bonnes conditions. Qu’est-ce qu’un maître du primaire
peut faire avec 20.000 F
? Payer le loyer, le déplacement, se nourrir, se vêtir, se soigner ? A
partir de quel moment devra-t-il penser à prendre une femme et fonder un
foyer ? La question est aussi valable pour les enseignants du secondaire qui
touchent par les temps difficiles que nous traversons 30 à
40.000 F
pour les uns, et 60 à
80.000 F
pour les autres. La plupart de ces fameux fondateurs n’ont certainement pas
fait des études supérieures jusqu’à la maîtrise au moins, autrement, ils
auraient compris que c’est une insulte que ce minable traitement que le
corps professionnel se voit obligé d’accepter pour le qu’en dira-t-on.
L’autre
conséquence de cette situation, c’est que, lorsque les enseignants sont mal
payés, et sont démotivés, cela influe sur leur rendement. Au cours de notre
enquête, un enseignant du privé nous a déclaré ce qui suit : « Il m’était
souvent arrivé de n’avoir pas un seul rond en poche en me rendant au cours,
et même la simple farine à délayer sans du sucre manquait à la maison ».
Cette confidence nous a été faite par un ancien professeur de mathématiques
qui a dû abandonner l’école où il enseignait et touchait 35.000 F
par mois. Il a dû se convertir en répétiteur de maison en maison. «
Aujourd’hui avec cela, je réunis facilement 55 à
60.0000 F
CFA par mois selon les années. Je suis plus à l’aise aujourd’hui que dans
cette école
», a-t-il ajouté.
Des
fondateurs qui suscitent méfiance
Quel
fondateur d’école peut investir dans la pierre pour prétendre avoir créé son
école juste pour aider les parents ? Quel fondateur dont l’objectif qui a
présidé à la création de son institution ne serait pas de se faire des sous,
mais tout simplement par amour pour les enfants ? Enfants des autres en plus
? Aujourd’hui, le même chef d’établissement professant ces litanies
interminables il y a peu, juste pour amadouer ou endormir les âmes faibles
et les esprits non vigilants, on a du mal à le reconnaître dans le lot des
exploiteurs sans état d’âme. Il a ses raisons que les autres ignorent.
Il n’est pas
rare de voir écrit sur les murs de certains établissements scolaires des
publicités flatteuses du genre : « Initiation au cours d’anglais au
primaire » ou « Initiation à l’informatique». Que constatent
généralement les parents après une année de scolarité ou deux au plus ? Que
cette fameuse publicité n’a jamais connu un début d’effectivité ou que ces
cours d’initiation n’ont fait que feu de paille. Le fondateur en question
fait partie justement de ceux qui ne sont pas sérieux et jouent avec
habileté à tromper les parents d’élèves. L’école ne demande pas tant. Tout
ce qu’elle demande c’est le sérieux, la personnalité et le travail qui
attirent même sans pub, tel du bon vin. Pour ces fondateurs dont certains
vont jusqu’à se faire passer pour des saints de Dieu, alors qu’ils sont tout
le contraire, la pratique du culte du christianisme dans leurs
établissements par le biais de pasteurs recrutés pour jouer ce rôle de
faire-valoir et bien souvent à l’insu des pasteurs eux-mêmes, constitue pour
beaucoup de parents d’élèves un moyen de voiler l’esprit satanique et
démoniaque qui les habite dans la réalité.
C’est ainsi
que selon nos informations, un établissement de la Capitale, depuis sa
création aura perdu presque chaque année scolaire soit un membre du corps
enseignant, soit un apprenant. Ces derniers temps, beaucoup de bruits ont
couru sur la personne du fondateur dudit établissement qui, d’après les
rumeurs, ne se donne même pas la peine d’assister aux funérailles d’un
membre de son personnel décédé. Il délègue deux ou trois membres du
personnel pour assister aux funérailles. Et pourtant ce fondateur vous dira
qu’il est un chrétien pratiquant. De nombreux bruits courent dans le
quartier, site de son institution, qu’il serait membre d’une secte. A suivre
donc de près !
C’est
justement cette situation qui a décidé un parent d’élèves à y enlever ses
enfants cette fin d’année. Et, pour se donner bonne conscience, le fondateur
rassemble ses enseignants et leur signifie que si tel parent a eu à retirer
cette fin d’année scolaire, ses enfants de l’établissement, c’est parce
qu’il avait postulé pour enseigner dans ledit établissement et qu’il avait
refusé. Et c’est pour cette raison qu’il s’est fâché pour les enlever. Voilà
des incongruités à ne pas ressasser ! Au lieu de chercher à se soigner de «
son propre mal ». Vous avez beau vous faire passer pour un saint, ce
qu’il y a de réel en vous vous trahira toujours.
Nous
saisissons l’occasion pour dénoncer également une fondatrice qui a osé
déclarer sans vergogne dans son établissement au moment de renvoyer les
élèves dont les parents n’ont pas réglé leur écolage ce qui suit : « Pour
moi ce qui me préoccupe c’est le payement des frais de scolarité. Si un
élève ne veut pas travailler ce n’est pas mon affaire, c’est une affaire
entre lui et ses parents. L’essentiel pour moi c’est de me verser mon argent
». Nous trouvons que ces propos venant d’une adulte qui se dit fondatrice
d’une école, ne sont que de l’irresponsabilité. On est responsable d’une
institution scolaire ou on ne l’est pas. Et avoir fondé une école revient
d’emblée à assumer une double charge : celle de fondatrice et en même temps
« celle de parent ». Virtuellement, tous les fondateurs, directeurs,
et maître doivent se considérer comme les parents des élèves. Théoriquement
ce sont les deux rôles qui vont de pairs. Comment peut-on imaginer qu’une
personne tenant de tels propos peut se soucier de la réussite et de la
réputation de son école ?
Si l’Etat
togolais tient à relever le niveau de l’enseignement au Togo, et éviter des
phrases tordues et la faillite de la culture générale au niveau des
aspirants à la couronne de Miss-Togo, il lui revient de prendre un jour à
bras le corps ce problème récurrent d’exploitation des enseignants du privé
par les soi-disant fondateurs. Certains pensent que l’argent qu’ils ont
investi à créer leurs écoles doit être récupéré en deux ou trois années.
Ainsi, pour eux, il faut marcher sur leurs enseignants pour y arriver
pendant qu’ils affichent faussement des dehors de meilleurs chrétiens. Les
investissements, disent les économistes, font des riches, mais à long terme.
Nous pensons
qu’il faudra qu’un jour arrive, où l’Etat puisse assumer ses responsabilités
premières, en procédant à des contrôles stricts destinés à assainir le
milieu éducatif au niveau du privé. L’Etat devra imposer une grille
salariale pour ce qui concerne chaque niveau d’enseignement afin d’éviter
l’exploitation par le privé des enseignants et ainsi que la démotivation.
L’entreprise
de création d’écoles est une entreprise rentable, si l’on y met les moyens
et les atouts nécessaires. Des gens ont exploité pendant des décennies leurs
enseignants du privé et construit leur luxe sur leur dos. On en a vu qui se
rendaient en Europe ou ailleurs à chaque Coupe du monde avec leurs femmes et
parfois leurs enfants. Pendant ce temps ceux sur le dos de qui ils ont
construit leur fortune trouvent difficilement de l’argent pour s’acheter des
comprimés de nivaquine et autres.
L’exploitation sans pitié des enseignants a poussé l’un des enseignants
intervenant en sciences physiques à démissionner tout récemment d’une école
privée pour faire le choix de dispenser des cours de répétition de maison en
maison en attendant mieux un jour. Ce qui lui rapporte la bagatelle de
56.000 F chaque mois contre 30.000 FCFA. Il y a longtemps que cette
exploitation dure et que l’Etat ne réagit pas. Il est grand temps de réagir
!
(A suivre)
A.S. |