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Les raisons d’un changement inattendu à la Primature
Le Regard #613 du 9 Sept 2008
La nomination de Gilbert Houngbo a surpris même les proches collaborateurs du Chef de l’Etat. Mais le nom du Secrétaire Général Adjoint des Nations Unies avait circulé dans l’entourage du Chef de l’Etat juste après les législatives du 14 Octobre 2007.

En fait, Faure Gnassingbé et Gilbert Houngbo se connaissaient depuis quelques années et pour cause, le nouveau Premier Ministre est originaire de Agbandi dans la Préfecture de Blitta, Préfecture au nom de laquelle le Chef de l’Etat a fait ses premiers pas politiques en se faisant élire député lors des législatives d’octobre  2002.

            Dès l’annonce de la démission du Premier Ministre, plusieurs togolais avaient conclu à une crise au sommet de l’Etat. Cette interprétation de la démission de Komlan Mally est tout simplement due au fait que les Togolais ont en mémoire la manière dont Agbéyomé Kodjo alors Premier Ministre d’Eyadèma avait été débarqué. Cet antécédent a fait croire à une discorde entre le Chef de l’Etat et son Premier Ministre. Mais cette démission n’est pas moins surprenante dans la mesure où le communiqué l’annonçant semble plutôt insinuer que Mally n’a pas déçu les attentes de celui qui l’avait nommé. Avec Komlan Mally comme Premier Ministre le contact avec les bailleurs de fonds a été renoué. Le Togo a signé plusieurs conventions de financement extérieur. Des concours de recrutement ont été lancés. Des actions significatives ont été entreprises mais l’ampleur des problèmes ajoutée à la vie chère et assaisonnée des catastrophes naturelles ont rendu ces efforts moins visibles.

            On révèle de source sûre que la mission assignée à Komlan Mally ne devrait pas dépasser un an et qu’en fait il avait été nommé, le temps de permettre à Gilbert Houngbo de prendre les dispositions, de se délier de ses responsabilités aux Nations Unies pour se mettre à la disposition de l’Etat togolais.

            Du 3 décembre 2007 au 5 septembre 2008, Mally n’a fait que 9 mois au lieu de 12. Les choses sont allées plus vite que prévu. La raison fondamentale, dit-on, est que Faure Gnassingbé qui considère avoir réalisé l’apaisement au plan politique voudrait envoyer un signal fort pour rassurer les bailleurs de fonds et les partenaires du Togo. A diverses occasions, Gilbert Houngbo a toujours insisté sur la bonne gouvernance et souhaité que l’orthodoxie financière et comptable soit un principe cardinal de la gestion publique dans les pays africains insistant plus particulièrement sur la gestion rigoureuse et efficiente de l’aide publique au développement.

            «Alors que le continent s’efforce de faire face aux défis politique, socio-économique et de gouvernance, le renforcement de l’efficacité de ses systèmes institutions et secteurs public/privé est une tâche essentielle pour parvenir à la réalisation du développement. Les défis auxquels l’Afrique continue d’être confrontée pour renforcer ses capacités souligne la nécessité de réfléchir à l’adoption d’une approche qui donne les moyens aux dirigeants africains de définir et d’identifier les capacités les mieux adaptées pour répondre aux besoins cruciaux du continent en matière de développement», déclarait Houngbo au septième Forum Africain sur la gouvernance.

            A travers sa nomination, Faure Gnassingbé semble persuader les partenaires en développement que l’aide à l’Etat togolais sera bien gérée. Ce n’est guère par pur hasard que cette nomination est intervenue à quelques jours de la table ronde de Bruxelles destinée à mobiliser les moyens matériels financiers et techniques. A l’occasion de cette grande rencontre, il a semblé plus opportun de faire conduire la délégation par un Premier Ministre d’envergure internationale.

            Mais au-delà de sa carrure internationale et de technocrate avisé, Houngbo au contact de la réalité politique devra se rendre à l’évidence qu’il est Premier Ministre dans un pays très spécial où le jeu politique a un arrière goût amer. La simple qualité de technocrate ne suffit pas pour relever les défis qui sont avant tout d’ordre politique. Les technocrates, pour tenir le coup ici comme ailleurs, doivent être politiquement aguerris. On a besoin d’une structure gouvernementale composée de technocrates politisés et d’hommes politiques dotés d’une solide formation technique, en somme une qualité hybride.

            En raison des dispositions constitutionnelles, son prédécesseur Komlan Mally n’avait pas assez de marge de manœuvre. Il s’est plutôt comporté en militant fidèle à son président. En fait, Komlan Mally n’avait pas d’autorité pour se faire respecter par les ministres qui ne le considèrent pas comme un vrai Premier Ministre. Plusieurs membres du gouvernement préféraient surcharger le Chef de l’Etat plutôt que de se référer au Premier Ministre même pour des considérations anodines. En attendant donc que la Primature retrouve ses prérogatives d’antan, on verra si Gilbert Houngbo pourrait discipliner si besoin en est, ces supers ministres qui considèrent qu’ils n’ont de compte à rendre qu’au Chef de l’Etat.

Abass Saïb


Handicapé par la Constitution

            Le choix porté sur Gilbert Houngbo vise essentiellement à rassurer les partenaires en développement au moment où les autorités togolaises s’emploient à mobiliser les ressources extérieures.

            Il est clair que comme ses prédécesseurs, le nouvel occupant de la Primature ne peut faire qu’avec les prérogatives minables que lui offre la Constitution en vigueur. Selon l’Article 77 de cette Loi fondamentale «Sous l’autorité du Président de la République, le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation…»

            Mais curieusement le Chef de l’Etat qui imprime son autorité n’est pas responsable devant l’Assemblée mais plutôt le gouvernement. En fait, donc c’est le Chef de l’Etat qui a tous les pouvoirs. Le Premier Ministre n’étant qu’un fusible, il ne faut donc pas s’attendre à ce que Gilbert Houngbo fasse des miracles, dès lors qu’il est d’emblée handicapé par la Constitution monstrueuse que les Natchaba, Agbéyomé et consorts ont fabriqué. Et il en sera ainsi tant que les prérogatives du Premier Ministre ne seront pas revues.

Des conseils pour le nouveau Premier Ministre

            Apparemment le nouveau Premier Ministre est ravi d’occuper ce poste. Mais on espère qu’il s’arrangera pour avoir un éclairage sur la réalité politique togolaise faite de coups bas de rumeurs assassines et d’autoflagellation.

            Au cas où il voudrait en savoir plus pour mieux gérer les caprices de politiciens tant de l’opposition radicale que de son bord politique, Houngbo n’aura qu’à prendre contact avec son prédécesseur Adoboli Eugène qui lui racontera son expérience à la suite de son passage à la Primature. Mais surtout les conseils du  Premier Ministre de l’ère démocratique Joseph Kokou Koffigoh qui en a vu de toutes les couleurs lui seront d’une précieuse utilité.

Inquiétudes chez les ministres

            Du côté des autres partis signataires de l’APG au nom de l’opposition traditionnelle, on croise les doigts. La CPP, la CDPA et l’UDS attendent de voir à quelle sauce elles seront mangées. N’inspirant pas confiance aux cadres du RPT, considérés comme des traîtres et des partis satellites du RPT par l’UFC, ces partis seront-ils mis à l’écart de si tôt ?

            L’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement fait saliver d’autres petits partis qui ne réclament pas moins leur gâteau gouvernemental. Pendant ce temps les ministres du RPT eux aussi attendent d’être fixés sur leur sort. Ceux qui avaient été élus députés avant d’être au gouvernement pourraient rejoindre le parlement au grand désarroi de leur suppléant.

  1. S.

Quatre Premier Ministres en trois ans
Gilbert Houngbo est donc le quatrième Premier Ministre en trois ans trois mois. Ces nombreux changements de «chef» de gouvernement reflètent la situation difficile que vit le Togo.

            Depuis la mort du Général Eyadéma, le déficit de dialogue, la méfiance qui prévalait entre les acteurs politiques ont contraint Faure Gnassingbé à faire conjoncturellement appel à Edem Kodjo et Agboyibo.

            En raison de sa disponibilité à accompagner le gouvernement togolais pour la signature des vingt deux engagements à Bruxelles que Edem Kodjo avait été nommé Premier Ministre pour parachever l’œuvre de normalisation des relations avec l’Union Européenne.

            Et dans la mise en œuvre de ces engagements sous le Premier Ministre Kodjo, le dialogue politique était apparu comme le remède approprié au mal togolais. Le Président de la CPP avait alors laissé la place à Me Agboyibo.  Ce dialogue dirigé par Me Agboyibo et qui a réuni le RPT, l’opposition traditionnelle CAR, UFC, PDR, CPP, le REFAMPT et GF2D avait accouché d’un Accord Politique de Base contesté par la CDPA et l’UFC qui en ont appelé à une médiation étrangère. C’est ainsi que le dialogue intertogolais s’est transporté à Ouagadougou où l’APG a été conclu pour être signé à Lomé le 20 août 2006. Yawovi Agboyibo qui avait conduit le dialogue malgré l’hostilité de l’UFC fut à son tour désigné Premier Ministre. L’APG avait recommandé la nomination d’un nouveau Premier Ministre et la formation du gouvernement auxquels devraient prendre part les signataires de l’APG.

            Le Premier Ministre Agboyibo a dû braver l’hostilité de l’UFC qui estimait que le poste de Premier Ministre lui revenait de droi. C’est dans ces conditions que le Président du CAR a conduit le pays aux élections.

            A la suite des élections du 14 Octobre 2007, le RPT qui a remporté 50 des 81 sièges s’est prévalu de sa majorité à l’Assemblée Nationale pour nommer un Premier Ministre en son sein. Komlan Mally après 9 mois vient d’être remplacé par Houngbo qui conduira le gouvernement aux prochaines élections présidentielles.

            Quatre Premiers Ministres en trois ans pour certains c’en est trop mais pour d’autres c’est un fait compréhensible eu égard aux difficultés qu’a connu le pays. 


Recrutement dans la Fonction Publique : Le gouvernement privilégie la quantité des enseignants à la qualité de l’enseignement
Précédemment prévu pour le recrutement de 1200 personnes dans le secteur, le récent concours organisé par le gouvernement permettra finalement à 1500 candidats d’intégrer la carrière de l’enseignement. Cette révision à la hausse du nombre de personnes à engager serait consécutive au départ à la retraite dans les prochains mois, d’un millier d’enseignants. Il s’agira donc concrètement, en plus des 1200 candidats les plus méritants, de choisir par ordre de mérite, 300 candidats parmi ceux qui, dans un premier temps étaient recalés.

            Si le recrutement dans l’enseignement est positivement apprécié parce qu’il constitue un moyen de freiner le chômage, la manière laisse à désirer et pose problème.

            A une époque pas trop lointaine, l’accès à la carrière d’enseignant ne se limitait pas à franchir l’étape d’un concours. Certes, il y avait un concours pour sélectionner les meilleurs candidats. Ensuite, les candidats sélectionnés étaient envoyés dans des écoles où ils étaient formés et édifiés pour être de vrais enseignants. C’était l’époque des Ecoles Normales, des Ecoles Nationales des Instituteurs de Notsè et de Kara ainsi que des Ecoles Nationales de Jardinières d’Enfants.

            Aujourd’hui, ces structures d’encadrement et de formation des enseignants ont pratiquement disparu et l’enseignement tend à devenir l’apanage de jeunes qui sortent de l’université et embrassent faute de trouver autre chose, la profession sans aucune préparation préalable. Ce qui, naturellement, n’est pas sans conséquence sur la qualité de l’enseignement.

            En effet, depuis que l’enseignement est devenu un simple moyen d’échapper au chômage, depuis qu’on n’y va que pour gagner sa vie, depuis que l’enseignement n’est plus une question de vocation et surtout, depuis que, faute de moyen, la formation permanente des enseignants n’est plus assurée comme on le faisait autrefois, le phénomène de la baisse du niveau a vu le jour. Nous ne voulons pas porter ici, un jugement de valeur sur les connaissances des enseignants. Ce sont au contraire de braves hommes et de braves femmes qui travaillent parfois dans des conditions précaires, sans matériel didactique et sans locaux appropriés.

            Nous ne voulons pas non plus jeter la pierre au gouvernement pour le plaisir. Mais l’Education étant l’héritage le plus précieux à offrir à la postérité, elle mérite, à notre avis, beaucoup plus d’attention.

            S’il faut s’en tenir au programme du gouvernement, la rentrée scolaire aura lieu le 22 septembre prochain, soit dans une douzaine de jours. Or tous ceux qui devront encadrer les élèves pendant la nouvelle année ne se connaissent pas. Douze jours suffiront-ils pour inculquer aux nouveaux enseignants fraîchement recrutés, les rudiments de la profession à laquelle ils sont appelés ? Rien n’est moins sûr.

            L’Education et surtout l’enseignement se porte mal au Togo. Le secteur risque d’être sinistré si rien n’est fait pour relever le niveau des enseignants et aussi des apprenants. Cela ne passe que par la formation permanente du corps enseignant et la vulgarisation en leur sein des règles pédagogiques. Contrairement au choix du gouvernement qui, certainement, pour le côté positif de la chose, privilégie la quantité, c’est-à-dire le nombre d’enseignants à recruter, il faudrait accorder davantage d’importance à la qualité de l’enseignement, gage incontournable du développement de nos pays.

L. R.


Les leçons de l’effondrement des ponts : De la nécessité de réhabiliter le réseau ferroviaire au Togo
Depuis que suite aux dernières précipitations, des ponts dont celui très stratégique d’Amakpapé ont sauté, plusieurs observateurs se sont rendus compte de la précarité du réseau routier togolais. Rallier le Sud et le Nord du pays est devenu un véritable parcours du combattant. Les services compétents ont proposé une voie de contournement qui, malheureusement coûte cher aussi bien en argent qu’en temps matériel. Ajouter à cela, l’état piteux des voies de contournement et on réalise combien le Togo est pauvre en infrastructures routières.

            Depuis plus d’un mois que le pont a cédé sur la Nationale N° 1 à hauteur d’Amakpapé, il n’a pas encore été remplacé. Comme solution de rechange, le Ministre des Travaux Publics, des Transports, de l’Urbanisme et de l’Habitat s’est investi dans la réhabilitation du pont rail. Au moment où nous écrivions ces lignes, les travaux de réaménagement de la route menant à la voie ferrée au niveau d’Amakpapé et le pont rail sont restaurés et le trafic aurait repris entre Lomé et Atakpamé par la Route Nationale N° 1.

            Mais la triste expérience qu’a fait vivre l’effondrement du pont d’Amakpapé aux transporteurs, aux opérateurs économiques et aux simples usagers de la route, ramène à l’actualité, le problème de la réhabilitation des chemins de fer du Togo.

            L’une des importantes réalisations de la colonisation au Togo est sans conteste la construction d’un réseau ferroviaire. Commencé avec le colonisateur Allemand, le réseau s’étendra sous la domination française. Au moment où le Togo accédait à l’indépendance, il disposait de trois importantes lignes de voie ferrée, à savoir :

            1 – La ligne du Coton qui reliait Lomé à Blitta

            2 – La ligne du Café qui reliait Lomé à Kpalimé

            3 – et la Ligne du Coprah qui reliait Lomé à Aného.

            Ces lignes étaient utilisées non seulement pour le transport interurbain des personnes, mais aussi et surtout, elles permettaient le transport des marchandises d’utilité courante et des produits de rente qu’on convergeait vers le Port de Lomé pour l’exportation.

            Ceux qui ont eu l’occasion de voyager à bord des trains des CFT peuvent témoigner de l’efficacité de ces réseaux qui avaient joué un important rôle dans le développement des villages et localités traversés par les rails. Un commerce fructueux s’y était installé à l’avantage de tous.

            Malheureusement, alors que partout ailleurs, on s’employait à développer le réseau ferroviaire, au Togo, on a laissé cet important outil de communication à l’abandon. Non seulement la voie ferrée n’était pas convenablement entretenue, mais on a choisi de ne pas investir dans la modernisation des équipements. Tant et si bien qu’à un moment donné, tout était frappé de désuétude. Les trains de voyageurs qui dataient de l’ère coloniale étaient moins propres et moins confortables que les rames qui, ailleurs, servaient à transporter le bétail. Nos wagons avaient commencé à ressembler à des wagons-poubelles. Finalement, comme si cela avait été fait dans le dessein d’enterrer le train au Togo, l’Etat s’est désengagé du secteur ferroviaire. Aujourd’hui, il ne reste plus de cette infrastructure que des rails «mangés» par la terre et les bâtiments qui, naguère abritaient les gares sont envahis par la brousse. Un véritable gâchis.

            Depuis, on a parlé de la privatisation des Chemins de Fer du Togo. On avait d’abord annoncé des investisseurs canadiens qui envisageraient de moderniser et d’étendre le réseau en construisant de nouvelles voies avec les écartements adaptés aux nouveaux trains.

            Ensuite, on a parlé d’opérateurs indiens, rompus en la matière, à qui était finalement revenue la société des Chemins de Fer du Togo à l’issue d’un processus de privatisation. Mais depuis, les projets annoncés tardent à prendre forme. Les infrastructures qui restent se dégradent chaque jour un peu plus et les rares axes qui fonctionnent ne servent plus qu’à convoyer le klincker.

            Et pourtant, tout le monde connaît l’utilité d’une voie ferrée. En effet, si le Togo disposait d’un réseau ferroviaire en bon état, on n’aurait pas autant ressenti les conséquences de l’effondrement du pont d’Amakpapé. Les usagers de la route n’auraient donc plus qu’à prendre le train. Quant aux grands transporteurs, ils pourraient convoyer leurs marchandises par train jusqu’à Blitta qui se transformerait alors en un port sec où ils les récupéreraient pour les emmener par la route jusqu’à destination.

            Partout dans la sous-région ouest africaine, le train fait encore ses preuves et les réseaux Inter-Etats se développent, notamment entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, le Sénégal et le Mali, etc. Il n’y a qu’au Togo où ce secteur est négligé.

            Espérons que nos gouvernants tireront leçon du mal qui vient de frapper notre pays et qu’ils chercheront à diversifier les modes de transport terrestre. Le jeu en vaut bien la chandelle.

L. R.


Match retour Zambie-Togo : La pagaille à la FTF fait reporter le voyage des Eperviers
C’est demain mercredi 10 septembre 2008 que les Eperviers doivent jouer le match retour contre la Zambie dans le cadre des éliminatoires de la CAN/Mondial 2010. Mais sauf rebondissement de dernière minute, c’est seulement ce mardi matin que l’équipe nationale togolaise s’envole pour la capitale zambienne. Le voyage préalablement programmé pour hier lundi a finalement été reporté dans les circonstances rocambolesques que présente M. Lawson Gallus, membre du BE de la FTF.

Selon ce dernier, hier, très tôt dans la matinée, alors que toutes les dispositions étaient prises pour le voyage de Zambie où Les Eperviers doivent livrer un match capital pour la qualification à la CAN/Mondial 2010, les joueurs ont réclamé la participation effective du président de la FTF Adaglo Tata Avlessi dans la délégation officielle.

            Tous les arguments ont été déployés autant par le Ministre des Sports, le président du Comité de gestion du match que par les membres du bureau exécutif présents à l’aéroport pour ramener les joueurs sur leur position mais en vain.

            Les joueurs ont dû regagner leur campement. Les membres du BE présents sur le territoire se sont réunis et ont écouté le compte rendu du 2e Vice-président M. Boukpessi Essoyaba sur la situation.

A la demande de la réunion, le 1er Vice-président M. Gabriel Améyi a réussi à contacter par téléphone le président Tata Avlessi et l’a notamment prié de s’engager personnellement dans la recherche d’une solution idoine à la crise. Le président a alors indiqué qu’il a donné mandat à M. Boukpessi Essoyaba, 2e Vice-président pour conduire la délégation. Il estime qu’il appartient à ce dernier de prendre toutes ses responsabilités pour gérer la crise.

Le 2e Vice-président a alors signifié au président Tata Avlessi que le mandat à lui confié lui faisait obligation de lui rendre compte des problèmes rencontrés afin de les résoudre, ce qu’il n’a cessé de faire depuis le matin. Face à la gravité de la crise, le 2e Vice-président lui a déclaré au téléphone ne plus être en mesure d’assurer son mandat et lui a demandé en conséquence de prendre ses responsabilités.

            Les membres du BE ont alors décidé de convoquer une réunion de crise pour trouver une solution définitive à la crise. Le président joint, toujours au téléphone, a opposé un refus catégorique au projet de réunion qu’il estime sans objet. Malgré ce refus, les membres du BE ont continué de mener les discussions à tous les niveaux pour que le voyage de Zambie se fasse dans la sérénité pour garantir la victoire nécessaire à la qualification du Togo.

            Après discussion, le BE, le Comité de Suivi Moral et les joueurs se sont mis d’accord pour désigner le 1er Vice-Président, M. Améyi Gabriel, le 2e Vice-Président M. Boukpessi Essoyaba et le Conseiller M. Lawson Gallus qui devront conduire la délégation pour la Zambie.

            Les faits tels que présentés démontrent à tout le moins la pagaille, l’indiscipline et l’improvisation qui caractérisent désormais le football togolais, miné par des querelles de clocher. Les dissensions ont tellement aveuglé les membres du BE qu’ils ont perdu de vue l’enjeu patriotique et capital que revêt le déplacement de la Zambie.

            Il est désormais temps de mettre la balle à terre pour arrêter la dérive. Le Comité d’Autorité Morale doit prendre ses responsabilités pour faire place nette.
L. R.

 
 
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