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Démission du premier ministre Komlan Mally : La fin d’une mission indéfinie
Golfe Info #444 du 08 Sept 2008

« A la suite des législatives du 14 octobre 2007, le chef de l’Etat a nommé Komlan Mally en qualité de Premier ministre. La mission principale du gouvernement était de renouer les liens avec la communauté internationale. Cet objectif étant à présent réalisé, notre pays va s’ouvrir à de nouvelles perspectives. Dans ces conditions,  le Premier ministre a présenté sa démission au chef de l’Etat en le remerciant pour la haute impulsion et le soutien actif qu’il a apporté à son action et à celle de tout le gouvernement. Le Président de la République a accepté la démission et a remercié le Premier ministre pour la manière dont il a dirigé le gouvernement et la qualité du travail qu’il a accompli avec l’ensemble de l’équipe gouvernementale ». Voilà en intégralité le communiqué annonçant la démission du Premier ministre Komlan Mally. Ce communiqué de moins d’une minute a été lu sur la TVT le vendredi 05 septembre dernier par Séléagodji Ahoomey-Zunu, secrétaire général de la présidence de la  République.

A la suite de ce communiqué, la surprise était grande et générale aussi bien au sein de la population que dans la classe politique nationale. Dès lors, des interrogations ont vu le jour au regard du contenu du texte.

Pour nombre de Togolais, la reprise de la coopération n’a jamais été l’objet de la mission principale confiée au Premier ministre Mally  et il est inconcevable que ce dernier évoque une telle mission qu’il aurait achevée pour démissionner. Selon ces analystes, le renouement des liens avec la communauté internationale ne peut être mis à son actif. Les raisons avancées par ceux-ci pour soutenir leurs allégations vont de la date de la notification de la reprise de la coopération avec l’UE aux diverses missions des institutions de Brettons Woods qui ont séjourné dans le pays bien avant les dernières législatives.

En effet, l’Union Européenne avait conditionné la reprise de sa coopération avec le Togo par la tenue d’élections législatives libres, paisibles et transparentes. Cette condition ayant été ‘‘respectée’’ le 14 octobre 2007, l’institution européenne a, dans le courant du mois de novembre 2007 notifié la reprise de sa coopération pleine et entière avec le Togo. La visite à Lomé le 13 décembre 2007 du commissaire européen au développement, Louis Michel est venue confirmée cette notification. Tout ceci s’est passé bien avant la prise de fonction du gouvernement de Komlan Mally suite à la présentation de son discours programme devant l’Assemblée nationale le 17 décembre 2007. 

Par ailleurs, la Banque mondiale et le FMI (Fonds monétaire international) ont pour leur part entamé la reprise de leurs relations avec Lomé à travers des missions d’évaluation qui ont tour à tour séjourné dans le pays depuis décembre 2006 sous le premier ministre Edem Kodjo. Ainsi, pour ces observateurs, on ne saurait mettre à l’actif de Komlan Mally la reprise des liens avec les bailleurs traditionnels.

De l’avis d’autres acteurs de la scène sociopolitique togolaise, la coïncidence de cette ‘‘démission’’ avec le passage à Lomé d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération et à la Francophonie n’est pas fortuite. Selon ces derniers, certaines indiscrétions avaient en juin dernier, véhiculé l’information d’une démission imminente du Premier ministre togolais. A l’époque, Lomé attendait la visite de M. Joyandet. Cette visite ayant été reportée pour septembre, elle vient de finir et la démission de Komlan Mally s’en est suivie. Nicolas Sarkozy et la France ont-ils joué un rôle dans cette décision du Premier ministre togolais, « la coïncidence est trop grande pour ne pas être suspecte », a confié un homme politique.

En clair, « la démission de M. Mally n’en est véritablement pas une », a ajouté un autre chef de parti politique. Pour ce dernier, « la liberté que confère l’actuelle Constitution au Président de la République de nommer et de révoquer le Premier ministre, fait penser que Komlan Mally serait démis de ses fonctions pour des raisons qui n’ont pas été précisées ».

Sedjrawodo A. Adry


Promotion de la bonne gouvernance financière : Bientôt la cour des comptes

Longtemps réclamée par les bailleurs de fonds, l’opposition politique et une partie de la presse, la mise en place effective de la cour des comptes devrait avoir lieu avant la fin de cette année. Cette information a été portée à la connaissance de la presse en milieu de week-end dernier par de hauts responsables du ministère des Finances.

 D’après ces responsables, une véritable révolution copernicienne serait en cours de préparation au ministère en charge des finances au Togo. Ceci, pour permettre à ce pays de satisfaire les exigences de  ses partenaires financiers, mais aussi de relever les défis de l’assainissement des finances publiques.

Présente à un atelier de formation des journalistes sur la préparation du budget de l’Etat, Mme Essossimna Legzim, directrice générale du budget a indiqué qu’après la mise en place de l’inspection générale des finances (IGF) et la nomination de son premier responsable, le gouvernement togolais entend nommer d’ici la fin de cette année, le numéro 1 de l’institution qui, au terme de la loi fondamentale, juge les comptes des comptables publics.

Pour sa part, le secrétaire général dudit ministère, Joseph Badawasso Gnaro va préciser que tout comme les membres de l’IGF, ceux de la prochaine cour des comptes auront à suivre des ateliers de renforcement de capacités qui les outilleront à l’exercice de leurs fonctions.

Par ailleurs, M. Gnaro fera remarquer que la loi organique portant préparation et exécution du budget sera modifiée et adaptée aux recommandations de l’UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Ceci, afin de permettre à chaque acteur du processus d’élaboration du budget de jouer pleinement son rôle. De même, poursuit le secrétaire général du ministère des Finances, avec cette nouvelle loi, on aura désormais chaque année la loi de règlement sur l’exécution du budget de l’année n-2.

Pour l’heure, et en attendant que toutes ces réformes institutionnelles et législatives n’aboutissent, une solution transitoire est envisagée. Celle-ci consistera à apurer les lois de règlement des années précédentes dans une seule loi. A partir de 2011, annonce M. Gnaro, « on partira sur de nouvelles bases ». 

 Marc D. Kouakani-Assi

 
 
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