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« A
la suite
des législatives du 14 octobre 2007, le chef de l’Etat a nommé Komlan Mally en
qualité de Premier ministre. La mission principale du gouvernement était de
renouer les liens avec la communauté internationale. Cet objectif étant à
présent réalisé, notre pays va s’ouvrir à de nouvelles perspectives. Dans ces
conditions, le Premier ministre a présenté sa démission au chef de l’Etat en le
remerciant pour la haute impulsion et le soutien actif qu’il a apporté à son
action et à celle de tout le gouvernement. Le Président de la République a
accepté la démission et a remercié le Premier ministre pour la manière dont il a
dirigé le gouvernement et la qualité du travail qu’il a accompli avec l’ensemble
de l’équipe gouvernementale ». Voilà en intégralité le communiqué annonçant la
démission du Premier ministre Komlan Mally. Ce communiqué de moins d’une minute
a été lu sur
la TVT
le vendredi 05 septembre dernier par Séléagodji Ahoomey-Zunu, secrétaire général
de la présidence de la République.
A
la suite de ce communiqué, la surprise était grande et générale aussi bien au
sein de la population que dans la classe politique nationale. Dès lors, des
interrogations ont vu le jour au regard du contenu du texte.
Pour nombre de Togolais, la reprise de la coopération n’a jamais été l’objet de
la mission principale confiée au Premier ministre Mally et il est inconcevable
que ce dernier évoque une telle mission qu’il aurait achevée pour démissionner.
Selon ces analystes, le renouement des liens avec la communauté internationale
ne peut être mis à son actif. Les raisons avancées par ceux-ci pour soutenir
leurs allégations vont de la date de la notification de la reprise de la
coopération avec l’UE aux diverses missions des institutions de Brettons Woods
qui ont séjourné dans le pays bien avant les dernières législatives.
En
effet, l’Union Européenne avait conditionné la reprise de sa coopération avec le
Togo par la tenue d’élections législatives libres, paisibles et transparentes.
Cette condition ayant été ‘‘respectée’’ le 14 octobre 2007, l’institution
européenne a, dans le courant du mois de novembre 2007 notifié la reprise de sa
coopération pleine et entière avec le Togo. La visite à Lomé le 13 décembre 2007
du commissaire européen au développement, Louis Michel est venue confirmée cette
notification. Tout ceci s’est passé bien avant la prise de fonction du
gouvernement de Komlan Mally suite à la présentation de son discours programme
devant l’Assemblée nationale le 17 décembre 2007.
Par ailleurs,
la Banque
mondiale et le FMI (Fonds monétaire international) ont pour leur part entamé la
reprise de leurs relations avec Lomé à travers des missions d’évaluation qui ont
tour à tour séjourné dans le pays depuis décembre 2006 sous le premier ministre
Edem Kodjo. Ainsi, pour ces observateurs, on ne saurait mettre à l’actif de
Komlan Mally la reprise des liens avec les bailleurs traditionnels.
De
l’avis d’autres acteurs de la scène sociopolitique togolaise, la coïncidence de
cette ‘‘démission’’ avec le passage à Lomé d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat
français à la Coopération et à
la Francophonie
n’est pas fortuite. Selon ces derniers, certaines indiscrétions avaient en juin
dernier, véhiculé l’information d’une démission imminente du Premier ministre
togolais. A l’époque, Lomé attendait la visite de M. Joyandet. Cette visite
ayant été reportée pour septembre, elle vient de finir et la démission de Komlan
Mally s’en est suivie. Nicolas Sarkozy et
la France
ont-ils joué un rôle dans cette décision du Premier ministre togolais, « la
coïncidence est trop grande pour ne pas être suspecte », a confié un homme
politique.
En
clair, « la démission de M. Mally n’en est véritablement pas une », a ajouté un
autre chef de parti politique. Pour ce dernier, « la liberté que confère
l’actuelle Constitution au Président de
la République
de nommer et de révoquer le Premier ministre, fait penser que Komlan Mally
serait démis de ses fonctions pour des raisons qui n’ont pas été précisées ».
Sedjrawodo A. Adry
Promotion de la bonne gouvernance financière :
Bientôt
la cour des
comptes
Longtemps réclamée par les bailleurs de fonds, l’opposition politique et une
partie de la presse, la mise en place effective de la cour des comptes devrait
avoir lieu avant la fin de cette année. Cette information a été portée à la
connaissance de la presse en milieu de week-end dernier par de hauts
responsables du ministère des Finances.
D’après ces responsables, une véritable révolution copernicienne serait en
cours de préparation au ministère en charge des finances au Togo. Ceci, pour
permettre à ce pays de satisfaire les exigences de ses partenaires financiers,
mais aussi de relever les défis de l’assainissement des finances publiques.
Présente à un atelier de formation des journalistes sur la préparation du budget
de l’Etat, Mme Essossimna Legzim, directrice générale du budget a indiqué
qu’après la mise en place de l’inspection générale des finances (IGF) et la
nomination de son premier responsable, le gouvernement togolais entend nommer
d’ici la fin de cette année, le numéro 1 de l’institution qui, au terme de la
loi fondamentale, juge les comptes des comptables publics.
Pour sa part, le secrétaire général dudit ministère, Joseph Badawasso Gnaro va
préciser que tout comme les membres de l’IGF, ceux de la prochaine cour des
comptes auront à suivre des ateliers de renforcement de capacités qui les
outilleront à l’exercice de leurs fonctions.
Par ailleurs, M. Gnaro fera remarquer que la loi organique portant préparation
et exécution du budget sera modifiée et adaptée aux recommandations de l’UEMOA
(Union Economique et Monétaire Ouest Africaine). Ceci, afin de permettre à
chaque acteur du processus d’élaboration du budget de jouer pleinement son rôle.
De même, poursuit le secrétaire général du ministère des Finances, avec cette
nouvelle loi, on aura désormais chaque année la loi de règlement sur l’exécution
du budget de l’année n-2.
Pour l’heure, et en attendant que toutes ces réformes institutionnelles et
législatives n’aboutissent, une solution transitoire est envisagée. Celle-ci
consistera à apurer les lois de règlement des années précédentes dans une seule
loi. A partir de 2011, annonce M. Gnaro, « on partira sur de nouvelles bases ».
Marc D. Kouakani-Assi |