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Gilbert Fessoun Houngbo
Nouveau PM du Togo |
Lomé le 09 Sept. 2008 -
M. Gilbert
Fessoun Houngbo, c’est désormais lui qui devra occuper la somptueuse Villa
de la Cité OUA abritant les services de la primature. L’information a été
rendue publique le dimanche 07 septembre 2008 à 20 heures sur les antennes
de la télévision nationale, TVT, par le directeur de cette institution
Kouessan Yovodévi. La nomination de cet homme inconnu des Togolais
intervient quarante huit (48) heures après la démission surprise de M.
Komlan Mally nommé premier ministre le 03 décembre 2007 à la suite des
élections législatives du 14 octobre 2007 qui ont vu la victoire du
rassemblement du peuple togolais (RPT), l’ancien parti unique.
« A la suite des élections législatives du 14 octobre 2007, le président
de
la
République a nommé Komlan Mally en qualité de Premier ministre. La mission
principale du gouvernement était de renouer les liens de notre pays avec la
communauté internationale. Cet objectif est à présent réalisé et notre pays
voit s’ouvrir à lui de nouvelles perspectives.
Dans ces conditions, le Premier ministre a
présenté sa démission au chef de l’Etat en le remerciant pour la haute
impulsion et le soutien actif qu’il a apporté à son action et celle de tout
le gouvernement. Le chef de l’Etat a accepté la démission et a félicité le
Premier ministre pour la manière dont il a dirigé le gouvernement et pour la
qualité du travail qu’il a accompli avec l’ensemble de l’équipe
gouvernementale». Ce sont là les thèmes du communiqué lu à la
télévision nationale le vendredi 05 septembre dernier par M. Arthème
Ahoomey-Zunu, Secrétaire Général de la présidence de la
République,
pour annoncer la démission du premier ministre Komlan Mally.
Au sein de la population, une surprise,
même si, il y a quelques jours, des rumeurs avaient circulé à Lomé faisant
état d’un probable remaniement ministériel ; l’hypothèse d’une démission du
premier ministre n’étant pas évoquée. Et depuis lors, les spéculations sont
allées bon train sur l’oiseau rare qui devait succéder à Komlan Mally ‘’démissionné’’
avec à la clé les noms des premiers ministrables. Et parmi les noms avancés
revenait
le nom du
ministre d’Etat, ministre des affaires étrangères et de l’intégration
africaine et secrétaire général de la
Convention
démocratique des peuples africains (CDPA), le Prof. Léopold Messan Gnininvi
et celui du premier vice-président de l’Assemblée nationale, Komi Sélom
Klassou, ancien ministre des anciens primaire et secondaire et membre du
bureau politique du Rassemblement du peuple togolais (RPT).
Mais le chef de l’Etat a une fois encore déjoué tous les pronostics en
portant son choix sur un fonctionnaire international en la personne de
Gilbert Houngbo pour diriger le prochain dont la composition est attendue
dans les prochains jours. Réussira-t-il là où les autres ont échoué ? La
question reste posée. Pour l’heure, M. Houngbo qui était avant sa nomination
Secrétaire général adjoint des Nations Unies et directeur du PNUD-Afrique a
le bénéfice du doute. Cependant cette nomination rappelle étrangement celle
de Eugène Adoboli parachuté à la tête du gouvernement en 1999 en pleine
crise politique (c’était au moment où le CPS issu de l’Accord-cadre battait
de l’aile) et remercié un an plus tard pour insuffisance des résultats
malgré ses ‘’prouesses’’ en animation politique (les togolais se rappellent
encore cette image du Palais des Congrès de Kara, le premier ministre
Adoboli descendu dans l’arène, dansant avec les animateurs de la
‘’révolution’’).
Que peut donc faire M. Houngbo dans ce ‘’bourbier’’ togolais
d’incompréhensions et où un premier ministre n’est qu’un garçon de course du
président de la République ? Se demande un observateur avisé de la politique
togolaise dès qu’il a appris la nomination de ce haut fonctionnaire
international. Pour lui, ce ne sont pas les compétences qui manquent ; on
peut avoir toutes les capacités requises, tant qu’il n’y aura pas de volonté
politique affirmée, on ne peut faire que de la figuration.
Diplômé en sciences de gestion à l’Université de Lomé, le nouveau premier
ministre togolais entre à l’Université de Québec, à Trois-Rivières, pour une
formation en expertise comptable. Il en sort nanti d’un DESS en comptabilité
et finance et fait ses premiers dans le système des Nations Unies en qualité
de directeur financier et administratif du PNUD. Depuis le 1er
février 2006, il est nommé secrétaire général adjoint et dirige le bureau
Afrique du PNUD. A ce titre, il supervise 45 pays et a sous ses ordres 1500
fonctionnaires. Fin connaisseur du système des Nations Unies, M. Houngbo
apparaît aux yeux certains observateurs, comme celui qui pourra dissuader
les bailleurs de fonds du Togo qui hésitent à décaisser les fonds faute de
confiance en matière de bonne gouvernance. |