|
Malgré les
chantages et les incantations de l’héritier politique du Général-Président
défunt pour obtenir sa place dans le sérail, les tenants du pouvoir actuel
semblent multiplier Agbéyomé Kodjo par zéro. Mais ce silence assourdissant, face
à ses sorties médiatiques tapageuses et hallucinatoires, l’embarrasse. Il semble
victime d’une dérive paranoïaque qui le pousse à voir partout des menaces contre
sa personne.
A l’époque où il jouissait
des délices d’artisan de l’Etat de terreur, personne ne pouvait se comporter
comme il le fait aujourd’hui sans essuyer ses menaces. Pour une peccadille, il
avait même menacé de faire arrêter son Premier Ministre Joseph Koffigoh.
Même si les togolais ont
pardonné ce que le tyranneau Agbéyomé Kodjo leur a fait subir quand il était
dans les bonnes grâces du Général-Président, ils n’ont pas oublié. Et ce n’est
pas parce qu’il jouit aujourd’hui de la liberté de parole qu’il s’est évertué à
étouffer à ses heures de gloire qu’il peut du jour au lendemain susciter la
sympathie des populations. En raison de ce passé lourd qui le suit, Agbéyomé
Kodjo devrait, s’il a une conscience, se cacher en rasant les murs comme son
collègue Natchaba en attendant l’indulgence de tous ceux qui ont été victimes de
son zèle extravagant.
A l’évidence, il se ment à
lui-même en voulant se faire prendre pour plus opposant que Gilchrist contre qui
il avait même juré de prendre les armes au cas où il (Gilchrist) parvenait au
pouvoir. Il convient, et à juste titre, au cas où l’ex-Premier Ministre serait
amnésique de lui rappeler quelques unes de ses prouesses.
Rétrospective
Samedi 24 février 2001, le
CAR a organisé une marche de protestation qui a été violemment dispersée par les
forces de sécurité occasionnant des blessés. Mais le fait pour ce parti d’avoir
pris à témoin l’opinion sur le fait que la répression de la manif a fait des
blessés a déplu à Lomé 2. Me Hégbor, à l’instigation du Premier Ministre
Agbéyomé Kodjo, fut alors convoqué devant Eyadéma à Lomé 2.
«Eyadèma :
Me Hegbor,
qu’est-ce qui ne va pas ?
Hegbor :
Monsieur le
Président il n’y a rien de spécial.
Eyadèma :
Vous avez
fait des choses. Il paraît qu’il y a des blessés. Ce sont des citoyens. Ces
gens-là il faut qu’on s’en occupe.
Hegbor :
Oui Monsieur le
Président, il y a eu des blessés mais ce ne sont pas des blessés graves. En tout
cas, on n’en a pas hospitalisé et puis on les a fait soigner et ils sont rentrés
chez eux.
Eyadèma :
Non on ne sait pas
ce qui va se passer demain. Tu dis que ce n’est pas des blessés graves. Demain,
ils vont peut-être revenir nous voir qu’il y a des suites. Il serait bon que les
autorités sachent, qu’on voit ces blessés et qu’on les soigne bien.
Agbéyomé
(bouillonnant, les yeux scintillant comme un fauve devant sa proie). Non ce
n’est pas vrai, il n’y a pas eu des blessés. S’il y a des blessés il faut qu’on
les trouve !
Eyadéma se retire
laissant Hegbor avec le Général Walla et Agbéyomé.
Agbéyomé
(en transe) Oui ça
suffit ! Cela ne va plus se passer comme ça. Nous sommes dans un Etat de Droit.
Vous vous croyez tout permis. Qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Il faut
nous donner les noms des blessés. Il faut nous les emmener. Vous dites que vous
ne connaissez pas leurs noms. Si c’est comme ça, il faut faire un démenti.
Hegbor :
Démenti ? Démenti de
quoi ? Moi je ne vais rien démentir.
Agbéyomé :
Ça ne se passera
pas comme ça !
Hegbor :
Même si je connais
ces personnes, elles n’accepteraient pas que je donne leur nom. Vous connaissez
ma profession. Je suis avocat. Je suis tenu au secret professionnel.
Agbéyomé :
Ah oui, les
avocats ! Vous êtes tous pourris ! Vous êtes pourris, pourris !
Hegbor :
Oui nous sommes des
pourris jusqu’à ce qu’on ait besoin de nous. Tant qu’on n’a pas besoin de nous,
nous sommes des pourris. Le jour où on a besoin de nous, nous ne sommes plus des
pourris. Monsieur le Premier Ministre, nous sommes des pourris mais il y a des
avocats qui ont traité des dossiers à vous !
Agbéyomé :
Vous m’avez
traité un dossier. En ce moment vous étiez moins pourris. En tout cas, vous
là-bas au CAR ça suffit avec vos mensonges et manipulations de la population. On
doit avoir les noms. Sinon il faut un démenti. Vous êtes tous des pourris.
Agboyibo là je ne sais pas ce qu’il t’a dit. Moi je lui ai téléphoné pour le
chauffer. Je suis son petit frère mais je suis Premier Ministre. Je lui
cracherais à la face. Vous dites que vous soutenez le rapport ONU/OUA
(Rapport sur les
allégations de centaines de cadavres sur la plage) alors que tout le Togo
s’élève contre ce rapport (allusion faite aux marches organisées par le
pouvoir à coup de CFA contre le rapport).
Walla ! Il faut qu’il
donne des noms. Il faut lui donner jusqu’à 18 heures. S’il n’y a pas des noms il
faut un démenti sinon il faut l’incarcérer».
Aujourd’hui, le même
Agbéyomé Dieu merci peut tout dire, personne ne peut l’appeler au téléphone pour
le «chauffer» comme il l’avait fait contre son grand frère opposant
Agboyibo. Personne non plus ne va l’incarcérer en raison de ses opinions. Et
devant le peu d’intérêt que les Togolais affichent à l’égard de ses sorties
tapageuses, il ne trouve qu’à insinuer qu’il fait l’objet des menaces de mort,
lui un ancien Premier Ministre qui a un garde payé par l’Etat, lui qui se dit
ami du tout-puissant Kpatcha Gnassingbé, lui qui a des amis fondamentalement
RPTistes comme Gabriel Améyi, Eric Kpadé et autres. En vrai nostalgique de la
vieille époque du mensonge d’Etat, Agbéyomé Kodjo n’a sans doute pas perdu les
réflexes de monteur de stratagèmes auxquels ils avaient habitués les liseurs de
motion à Lomé 2 contre les opposants. Mais il est peu probable que ses fantasmes
puissent impressionner les Togolais qu’il voudrait prendre certainement pour des
bougnoules.
A.S.
Mort de Atsutsè Agbobli La CNDH s’engage à faire
triompher la vérité
Depuis la mort
du président du MODENA, les condamnations se succèdent. Les demandes de
commission d’enquête aussi. Et si Atsutsè Agbobli revenait à la vie, il serait
sans doute surpris de constater qu’il est plus aimé mort que vif. Même ceux qui
médisaient de lui trouvent dans sa disparition, un précieux fonds de commerce au
point de s’en servir pour faire passer aux oubliettes, le sort très peu enviable
des sinistrés et même l’effet d’enfer que la récente augmentation du prix des
produits pétroliers fait rejaillir sur les pauvres populations. Au finish, le
pouvoir ne trouverait aucun inconvénient que ses adversaires consacrent
prioritairement leur occupation à feu Agbobli au détriment des préoccupations
quotidiennes des populations.
Combien parmi ces politiciens et associations qui réclament à coups de
communiqués que la vérité soit faite sur la mort de Atsutsè Agbobli, ont annoncé
au moins leur intention de contribuer financièrement à la manifestation de la
vérité ? On peut considérer qu’il revient aux autorités de mettre les moyens à
cet effet. Mais eu égard aux insinuations imputant ce décès au pouvoir, quoi que
fassent les autorités togolaises, qu’elles fassent appel aux experts
mondialement connus, si les résultats ne corroborent pas la thèse de
l’assassinat, on traitera ces experts de vendus, de corrompus. Dès lors, toutes
les précautions devraient être prises de manière à s’assurer que le pouvoir RPT
n’est pas impliqué dans le choix des experts et le financement des expertises
afin que les résultats ne soient pas contestés, du moment où on s’est mis dans
la tête que tout ce qui vient des autorités togolaises est toujours faux ou
mauvais.
Depuis l’annonce des premiers résultats par le Procureur de la République, le
Professeur Napo Koura jamais entendu a été traité de tous les noms d’oiseau. Lui
qui, au temps fort de la dictature n’avait pas cédé aux menaces lorsqu’il
s’était agi d’autopsie des corps de la lagune de Bè en collaboration avec le
Professeur Kpodzro est aujourd’hui vilipendé avant même une contre-expertise à
même d’infirmer ses constats.
Pourtant la porte n’est pas fermée à une contre-expertise. Ceux qui s’agitent
autour du corps, auraient dû aider financièrement la famille à faire venir des
experts ici au Togo pour procéder à la contre-expertise. Au lieu de cela, les
politiciens qui font semblant de s’en préoccuper ne se bornent qu’«à demander
une commission d’enquête indépendante pour faire la lumière sur les
circonstances exactes du décès» sans plus.
Or
la seule voie pour faire cette lumière, c’est de se payer les services des
experts compétents en la matière. Et ce ne sont pas les discours et les
communiqués dont on inonde les médias qui contribueront à le faire. Fort
heureusement, la CNDH a entrepris une action conséquente et courageuse (Lire le
communiqué). Mais la CNDH est une institution de l’Etat. Elle est indépendante
et n’est soumise qu’à la constitution et à la loi. (Constitution Article 152).
Aucun membre du Gouvernement ou du parlement, aucune personne ne s’immisce dans
l’exercice de ses fonctions et tous les autres organes de l’Etat lui accordent
l’assistance dont elle peut avoir besoin pour préserver son indépendance, sa
dignité et son efficacité (Article 153). Sans se poser la question sur la
provenance des moyens pouvant permettre à la CNDH de faire face aux charges
liées à l’expertise sur place, on peut espérer que très bientôt, la vérité sera
faite sur les causes réelles du décès pour mettre fin à la polémique.
A. S.
Crise à
la FTF : La cacophonie gagne le Comité Moral de Suivi
Le congrès de Sokodé
n’aura donc servi à rien. La guerre larvée a repris de plus belle au sein de la
Fédération Togolaise de Football où les querelles de personnes continuent et
semblent même entamer la cohésion du Comité Moral de Suivi.
La guéguerre a
été relancée avec l’histoire d’argent qu’Améyi, prétextant de l’absence de Tata
Avlessi, serait allé retirer à ECOBANK au nom de la FTF sans autorisation de son
Président. Saisi, Tata qui dit être à Lomé en ce moment a dénoncé ce
comportement. Le Vice-Président a dû alors se débrouiller pour faire jouer le
match Togo-RDC à Paris. Quelques jours après, le Président de la Fédération
accuse le Secrétaire Général Assogbavi Espoir d’avoir fait diffuser un
communiqué sur les médias au nom de la Fédération sans son quitus. Les pro Améyi
et Tata Avlessi se relaient sur les médias pour s’entredéchirer.
On
en était à cette polémique sur la fameuse lettre du S.G. de la FTF lorsque
l’entraîneur a annoncé sa démission. «Aujourd’hui il n’y aucune décision qui
peut être prise. Il n’y aucune concertation et je ne vois pas comment
l’entraîneur peut travailler dans ces conditions. Au-delà des problèmes de
salaire, c’est plus cette dissension interne qui me pousse à ce genre de chose,
a déclaré Henri Stambouli qui «n’a pas envie d’être le bouc émissaire de
tout ça parce qu’à l’arrivée c’est l’entraîneur qui est la personne sur laquelle
on pointe du doigt».
Mais
toutes ces déclarations sont banalisées par Lawson Gallus Pro-Améyi qui affirme
avoir tout fait pour le rassurer, s’agissant de son salaire. «On ne va pas à
la caisse pour prendre l’argent quand on signe un contrat. C’est tout un
circuit. Il faut que cela passe au niveau du Ministre de l’Economie et des
Finances». En clair, ce retard serait dû aux procédures de décaissement ou à
la lourdeur administrative.
Lawson Gallus considère plutôt que «Henri Stambouli a peur. Il ne veut pas
qu’on dise qu’il n’a pas réussi à qualifier le Togo pour que ça rentre dans
l’histoire».
«Nous
n’avons jamais eu une séance de travail avec Henri Stambouli. Il vit de loin ces
problèmes», a-t-il ajouté.
Au
sujet de l’improvisation, Lawson Gallus semble plutôt rejeter la responsabilité
sur le Ministère de l’Economie et des Finances et son collègue des Sports. «L’improvisation
dont on nous accuse ne relève pas de nous. L’Etat togolais a ses priorités. Nous
n’avons pas le droit de dire aux techniciens du Ministère de l’Economie et des
Finances d’étudier le budget de la FTF en priorité. C’est le ministre qui fait
la répartition des tâches. Nous ne pouvons que nous plier à ce que le Ministre
veut faire de la sélection nationale».
Après les entraîneurs de
club et agents de joueurs contraints au chômage, faute de championnat, certains
présidents de Ligues et Clubs réclament la tenue d’un nouveau congrès électif.
Mais la majorité des membres de la FTF restés fidèles à Gabriel Améyi ne
l’entendent pas de cette oreille. Intervenant sur TLS, Lawson Gallus n’a pas
manqué de dénoncer la voie choisie par les présidents de Ligues et Clubs qui en
agissant ainsi, dit-il, devraient écoper de sanctions disciplinaires. Il voit
même la main de Tata Avlessi derrière cette fronde en raison du fait que le
président du Club de Masséda figure parmi ceux qui réclament la dissolution de
l’actuel Bureau Exécutif. Aux dernières nouvelles, Améyi et les siens tentent de
rallier des présidents de Ligues et Clubs à leur cause afin d’empêcher que les
frondeurs atteignent le quorum des 2/3 requis pour décider à la tenue d’un
nouveau congrès électif.
Pour Lawson Gallus c’est
Tata Alvessi qui est le problème de la FTF. «Depuis son retour dit-il, la
collaboration est difficile. On lui a fait mal, il est revenu, il veut casser
tout, tout le monde doit couler avec lui. Il ne sera pas le seul à partir. Voilà
son objectif». Eu égard à toute cette pagaille, il est clair que le Bureau
de la FTF ne peut travailler en toute cohésion et sérénité.
Et le Comité Moral de
Suivi ?
Le Comité Moral
de Suivi quant à lui ne sait pas où donner de la tête. Ses membres notamment le
Ministre des Sports et le Président du Comité Olympique sont divisés sur la
question de l’opportunité ou non de l’acte posé par les présidents de Ligues et
clubs. Pour Antoine Folly, rien n’indique qu’un nouveau congrès électif pourrait
régler les problèmes. «Moi je peux comprendre que des gens soient pressés de
prendre la place de ceux qui sont là actuellement. Mais ce n’est pas sûr qu’une
fois qu’ils seront là, ils puissent faire mieux que ceux qui sont là
actuellement. Si on dissout aujourd’hui le Bureau, c’est les mêmes qui vont
élire le nouveau. Et rien ne nous garantit aujourd’hui qu’ils n’éliront pas les
mêmes personnes. S’il faut dissoudre quelque chose c’est plutôt le corps
électoral qu’il faut dissoudre. Le travail que j’essaie de faire c’est de
ramener la sérénité au sein de la grande famille du football togolais»,
a-t-il déclaré à notre confrère de Nana FM.
En réaction,
ceux qui optent pour un nouveau congrès électif considèrent que le Ministre
Folly fait partie de ceux qui tirent profit du prolongement de la crise et qui
font semblant de résoudre les problèmes tant il est vrai que les deux clans
entretiennent des courtisans qui n’auront rien à gagner si la pagaille
s’arrêtait. Combien de temps faudrait-il pour ramener la sérénité promise si le
Ministre Folly lui-même n’a pas pu retenir l’entraîneur qu’il a fait venir et
qui a fait le même constat que tout le monde ? s’interrogent-on.
Par contre, le Général
Gnonfame trouve pertinente l’interpellation des présidents de Ligues et Clubs,
rappelant si besoin en est, que depuis le congrès de Sokodé, le Bureau Exécutif
de la Fédération ne s’est pas ressaisi. Il a rappelé qu’à l’occasion du match
Togo-RDC, des copains et des coquins avaient été désignés au nom du Bureau
Exécutif pour accompagner les joueurs.
A l’issue du congrès de
Sokodé, il avait été déclaré que le Comité Moral de Suivi qui devra désormais
observer le comportement des uns et des autres ne tardera pas à démasquer les
fauteurs de trouble et qu’ainsi l’Etat prendrait ses responsabilités.
Mais voilà que la pagaille
continue sans que le Comité Moral puisse désigner les coupables. Et pire, les
membres de ce comité semblent eux-mêmes divisés lorsque le Ministre Antoine
Folly réfute la dissolution du Bureau Exécutif et la mise en place d’un nouveau
bureau tandis que le Général Gnofame approuve la formule proposée par les
présidents des Ligues et Clubs. Tout se passe comme si la crise a contaminé le
Comité Moral de Suivi. A cette allure, le Ministre Bodjona n’aura d’abord qu’à
départager ses deux collaborateurs à défaut de les mettre d’accord sur la
conduite à tenir devant la polémique entre les défenseurs et les adversaires du
nouveau congrès électif. L’Etat prendra-t-il finalement ses responsabilités ?
A. S.
Un
collectif de présidents de clubs demande la convocation d’un congrès électif de
la FTF
A la suite des
agents de joueurs et entraîneurs qui ont demandé le 22 août 2008 la tenue d’un
congrès électif en vue de procéder à l’élection d’un nouveau bureau exécutif de
la Fédération Togolaise de Football (FTF), c’est le tour vendredi dernier, des
présidents de clubs et de ligues de monter au créneau pour exiger la même chose.
Dans
une déclaration rendue publique à l’hôtel Ibis à Lomé, le collectif, par la voix
du 1er Vice-Président d’Asko
de Kara Dr Batchassi Jean-Pierre, constate l’incapacité de l’actuel bureau à
conduire la FTF et demande par conséquent la convocation d’un congrès
extraordinaire électif pour mettre en place un nouveau bureau conformément au
nouveau statut de la FTF.
Au congrès de
Sokodé tenu le 21 juillet dernier, les congressistes avaient maintenu les
membres du bureau de la FTF dans leur fonction, croyant qu’ils oeuvreront pour
le retour de la sérénité et de la cohésion en leur sein. «Malgré les
concessions et la bienveillance des clubs, malgré les multiples rappels à
l’ordre des diverses instances compétentes, dit la déclaration, la crise
ne fait que perdurer» et le règlement financier qui a défrayé la chronique
ces derniers temps est la preuve de la persistance de la crise. Alors, ce
collectif interpelle «la conscience collective» de tous les acteurs pour
signer la pétition qui rendrait effective la tenue du congrès électif de la FTF.
Selon les
nouvelles dispositions du statut adopté, 2/3 du collège des électeurs
peuvent demander la tenue d’un congrès. «Le mouvement est enclenché et il y a
plus de la moitié qui a déjà signé la pétition», a déclaré Winny Dogbatsè,
le président de Gomido de Kpalimé qui poursuit : «notre action n’est dirigée
contre qui que ce soit et on ne force personne à y adhérer. Depuis près d’un an,
le championnat national de première division n’est pas joué. On doit faire
quelque chose pour sauver notre football de l’abîme». Le collectif attend
les émissaires partis dans la partie septentrionale du pays recueillir les
signatures pour faire le point de la situation.
Le
jour même où ce collectif rendait publique sa déclaration, le sélectionneur des
Eperviers, Henri Stambouli, comme pour apporter de l’eau au moulin, a rendu le
tablier. Hormis le problème financier lié à son salaire, le technicien français
a fait un diagnostic sans complaisance des problèmes qui minent la FTF.
Problèmes qui, pour la plupart, sont connus des acteurs du football togolais
mais que l’amateurisme et la division clanique des membres du bureau exécutif de
la FTF ne permettent pas de résoudre. Henri Stambouli qui a servi un peu partout
sur le continent africain en tant que sélectionneur avoue n’avoir jamais connu
un tel souci, un tel rapport entre la fédération, le ministère en charge du
sport et lui.
Les
autres raisons évoquées par Stambouli pour rendre sa démission sont les
dissensions internes au sein de la fédération. Il y a une lutte permanente entre
le président et le 1er Vice-Président
qui, dit-il, ne sont jamais d’accord entre eux. Ces dissensions ne permettent
pas d’avancer réellement. Aucune décision ne peut être prise de façon sérieuse
par la FTF. Le championnat national tarde à démarrer.
S’agissant du match amical livré à Dreux, banlieue parisienne contre la RDC (et
perdu 1 but contre 2 par les Eperviers), Stambouli déplore qu’une partie des
joueurs locaux et une partie du staff soient restés à Lomé parce que «des
gens ont tout fait pour tout bloquer». «Aujourd’hui il y a un système qui
ne fonctionne pas et je préfère m’exclure de ce système car je n’ai pas envie
d’être le bouc émissaire du système», poursuit-il.
Quant à l’éventualité d’un changement d’avis, le technicien français a été
formel : «Je ne vois pas comment je pourrai revenir sur cette décision».
La
démission du sélectionneur national intervient à quelques 10 jours du match
capital que livrent les Eperviers en Zambie dans le cadre des éliminatoires
jumelées CAN/Mondial 2010. Les Eperviers sont bon derniers de leur groupe
derrière la Zambie et le surprenant Swaziland.
Depuis la qualification du Togo pour la première Coupe du Monde de son histoire,
la sélection nationale a vu défiler à sa tête 5 sélectionneurs.
Albert
Agbeko
Approche
de solution à la crise alimentaire :
Les
conditions d’une relance agricole conséquente
La relance agricole est devenu un leitmotiv chez les gouvernants
africains. Mais au de la de beau discours sur l’autosuffisance alimentaire il
importe de rechercher les moyens appropriés pour y parvenir.
Des mesures urgentes et pérennes doivent être prises en vue
d’encourager la production locale à travers une relance des filières agricoles.
A commencer par la réforme agraire. Sans la terre, on ne peut pas produire. Mais
encore faudrait-il que la terre soit réellement disponible pour ceux qui
veulent aller à l’agriculture .Pour Seydou Ouedraogo économiste burkinabé,la
réforme agraire est un passage obligé à l’augmentation de l’offre des produits
agricoles.
Souvent les politiques foncières conséquentes font défaut. Les
terres sont gérés en toute anarchiquement par des collectivités. Les
propriétaires terriens n’étant pas toujours disposés à collaborer avec le
pouvoir publics,les vallées ne sont pas mises en valeur. Seydou Ouédraogo
indique, par ailleurs, que l’agriculture a besoin d’un financement pérenne. ‘’
Les segments de politique économique que nous avons n’encouragent pas la
production locale’’, soutient-il. Selon lui, les systèmes financiers au sein de
l’espace Uemoa accordent la majorité de leurs financements, soit aux grandes
entreprises, aux entreprises étrangères ou aux projets à court terme.
Et de plaider pour l’émergence des structures bancaires de
financement agricole. Pour cela, il est important, de revoir la politique
bancaire qui a porté récemment le fonds d’installation des établissements
bancaires dans l’espace de un à 5 milliards de francs Cfa. ‘’ Il faut permettre
à des banques de s’ouvrir avec un capital de 500 millions afin qu’elles puissent
se déployer dans les villes secondaires du pays’’ propose Monsieur Ouédraogo qui
parle d’un recalibrage de la politique économique vers la production locale.
Mais l’agriculture avant de se développer a besoin d’un minimum de protection.
Aussi propose-t-il, dans ce contexte de mondialisation des économies, un
protectionnisme dynamique et intelligent pour permettre à la production locale
de démarrer.
Il faut en outre une politique d’intrants de qualité et en quantité
pour accompagner les producteurs. Les recherches à cet effet ne manquent pas en
Afrique. Malheureusement, malgré le peu de moyens dont disposent ces chercheurs,
leurs travaux ne sont pas valorisés. Mais toutes ces pistes, ne sauraient
aboutir sans un partenariat secteur public et secteur privé sain.
LR
Epé-Ekpé 2008 au-delà de la facette officielle : Bataille autour de la pierre
sacrée à Glidji
Au temps fort de
la dictature, où certains gardiens des us et coutumes étaient parfois contraints
de se livrer à des comportements indécents de peur de subir la fureur du
Général-Président, ceux de la préfecture des Lacs, très jaloux de leurs valeurs
traditionnelles, ne franchissaient pas le pas. Mais aujourd’hui tout semble
tourner à l’envers.
Les
images de la fête traditionnelle des Guins Epé Ekpé telles que montrées par la
télévision nationale ont laissé croire que les cérémonies s’étaient bien
déroulées. Or, au-delà de l’aspect très officiel de cette fête qui a connu la
présence des autorités publiques, des choses pas très agréables se sont passées
loin des caméras et qu’on a essayé de cacher à dessein. Surtout que des
fonctionnaires de l’UNESCO étaient de la partie, il fallait tout faire pour
rendre la fête très belle, du moins en apparence.
Il y
aurait eu des jets de pierre et des arrestations. En tout cas, rien ne
présageait une belle fête quelques jours auparavant et Faure Gnassingbé,
probablement au parfum de la tension qui persiste depuis près de deux ans entre
le Roi Folly Bébé soutenu par le Conseil de Trône et les prêtres vaudou, a dû
surseoir au déplacement d’Aného. Ce qui s’était donc joué loin des caméras
n’était qu’une énième épisode de la confrontation entre le roi et les prêtres
vaudou entrés en rébellion.
En
réalité, la crise qui couvait depuis plusieurs années a gagné en intensité au
lendemain de l’édition Epé-Ekpé de l’année dernière. Plusieurs irrégularités
avaient été relevées dans l’organisation, avec à la clé, une question relative à
la date fixée pour la cérémonie de la prise de la pierre sacrée. Suite à ces
événements, le Roi Folly Bébé, autorité traditionnelle suprême des Guins,
accompagné du Conseil du Trône avait rencontré les prêtres vaudous et les
représentants des divinités, afin de situer les responsabilités.
A
l’issue de ces assises, il s’était révélé que le prêtre vaudou Ayayi Mantchè
était fautif. Comme le voulait la tradition, des sanctions avaient été décidées
contre lui et certains responsables de couvents. Les prêtres ainsi convaincus
d’avoir transgressé la coutume ont été condamnés au paiement d’une amende,
assortie d’une interdiction de jouer leur rôle dans le processus de Kpéssosso
et d’accéder à la Forêt Sacrée pendant un certain nombre d’années.
Au
lieu de se plier à la décision, le prêtre Ayayi Mantchè opte pour la rébellion.
Après avoir demandé publiquement pardon comme pour endormir le Roi et sa Cour,
il rassemble autour de sa personne des prêtres félons et lance une guérilla
souterraine. Alors qu’on l’attendait pour une réunion au Palais Royal, il se
retrouve à Lomé, au Ministère de l’Administration Territoriale avec un groupe de
prêtres, soi-disant pour exposer la situation au Ministre Bodjona qui, comme
solution, invite tous les protagonistes à s’entendre et à se conduire selon les
préceptes traditionnels et coutumiers.
Le
premier affrontement surviendra lorsque, passant outre l’interdiction à lui
faite, M. Ayayi, déchu de son titre de Nii Mantchè avait voulu pénétrer de force
dans la forêt sacrée de Glidji Kpodji où le Roi, autorité suprême des lieux
avait positionné des miliciens. Cette affaire atterrira à la Préfecture, à la
Gendarmerie et au Tribunal d’Aného.
On
croyait cette affaire close lorsque, quelques semaines avant la cérémonie de la
prise de la pierre sacrée, Ayayi Mantchè, ignorant royalement les sanctions,
organisa à Agbodrafo, en présence de prêtres vaudous dont certains n’ont
absolument rien à voir avec les rites de Glidji, une cérémonie dite de «Situtu»
(réconciliation).
Dès
lors, plusieurs observateurs avaient subodoré le danger. Aujourd’hui, les faits
leur donnent raison.
L’insubordination des prêtres vaudous vient, selon plusieurs témoignages de ce
que Epé-Ekpé est devenu aujourd’hui une affaire juteuse pour des prêtres vaudous
qui, au nom de leurs intérêts personnels se permettent de fouler aux pieds des
principes séculaires gouvernant notamment la fixation de la date de la prise de
la pierre sacrée et l’organisation même de Kpéssosso. Mais le
spectacle auquel on a assisté à Glidji la semaine dernière est désolant. Et
c’est la réputation du peuple Guin qui en pâtit. C’est honteux et lamentable.
Cette affaire devra être tirée au clair pour sauver une cérémonie qui en est à
sa 346e édition et qui a
étendu sa réputation partout dans le monde. Toutes les bonnes volontés et
surtout les fils Guins doivent s’investir pour que Epé-Ekpé retrouve sa
splendeur et son prestige. Il y a encore quelque temps cette cérémonie était
citée en exemple un peu partout et faisait la fierté non seulement des natifs
Guins, mais de tous les Togolais, car c’était l’une des rares cérémonies
traditionnelles qui a su échapper à toutes les pesanteurs politiques.
L.
R |