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Lorsque les critiques d’un manque d’efficacité pleuvent sur le parlement
togolais, on n’a toujours pas à l’esprit de trouver des circonstances
atténuantes. Elles justifient a priori la défensive des députés. Le triste
constat est aujourd’hui fait par une mission conjointe PNUD/UIP, sur demande du
patron des lieux, Abass Bonfoh. Un système anarchique qui entraîne plus de
confusion qu’il n’aide à un travail parlementaire efficace. L’objectif est
d’exorciser le parlement, le sortir de la coupe de l’Exécutif. A terme, il faut
asseoir une stratégie de vulgarisation du rôle du parlement.
«Une autopsie
sérieuse et directe faite par des personnes étrangères et qui n’a pas fait le
jeu de double langage des Togolais»,
se réjouit-on du côté de l’Assemblée. Aux termes de l’analyse diagnostique, des
observations générales sont faites sur le personnel, les infrastructures,
l’organigramme et les équipements. Surtout que la tâche parlementaire ne se
résume nullement aux élus.
Le
parlement togolais a une structure inadaptée et un environnement textuel
lacunaire. Du coup, un manque de coordination important se vit. Les services
coexistent sans réellement travailler ensemble : le règlement administratif fixe
des mandats aux différents services mais ne donne aucune information sur leur
interaction ni de vision globale de l’administration. L’information ne circule
pas et des services existent sans forcément être pourvus en personnel.
L’état du
personnel d’appui
Trois
catégories de personnel existent à l’Assemblée : les fonctionnaires fournis par
le ministère de la Fonction publique ou détachés par un autre ministère
(Enseignement supérieur ou Finances), avec l’avancement et la retraite assurés ;
les agents contractuels qui devraient en théorie bénéficier d’un avancement
automatique ; les agents temporaires (personnel de simple exécution et
secrétaires) qui n’ont droit ni à un avancement ni à la retraite. Les effectifs
des personnels de l’Assemblée du Togo sont numériquement modestes.
D’après
la Division de la trésorerie et de la solde, il y aurait 62 personnes, toutes
catégories confondues y compris les membres du Cabinet pour 81 députés, ce qui
fait moins d’un fonctionnaire par parlementaire. Ce ratio est encore plus bas si
l’on exclut le personnel d’exécution (ouvriers, chauffeurs) et le personnel de
service (personnel domestique, sécurité). Il ne reste alors que 45 personnes
pouvant encadrer les activités des députés. Il faut relever le déficit prononcé
de personnel lié à l’activité législative (au total, moins de quinze unités pour
la gestion des sept commissions permanentes et des organes directeurs de
l’Assemblée).
Par
absence d’un statut spécifique du personnel, les agents sous statut de
fonctionnaire sont soumis à un statut qui ne reflète en rien leur travail auprès
d’une institution parlementaire (horaires longs et difficiles, travail
fastidieux devant être effectué de manière rapide…). Contractuels et
temporaires, sans même de statut un tant soit peu protecteur, subissent les
mêmes contraintes.
Un cadre
juridique non lisible
A l’issue
des travaux, la conclusion veut que ce cadre soit sain, lisible et cohérent pour
assurer un fonctionnement harmonieux et optimal des différentes structures du
parlement. Car, plusieurs députés et personnels administratifs relèvent le
manque de lisibilité du règlement administratif et la difficulté de l’appliquer,
du fait des modifications successives éparses que ce texte a subies. A cela
s’ajoute le manque de clarté dans la distinction des attributions du Directeur
de cabinet du président de l’Assemblée et celles du secrétaire général de
l’institution. Pis est, en application du règlement financier adopté le 30
janvier 1995, les questeurs dans leur rôle rendent compte de la gestion du
budget et ont le quitus de la gestion alors qu’ils ne sont qu’administrateurs
des crédits, l’ordonnateur du budget étant le président de l’Assemblée.
En outre,
en vertu du principe de l’autonomie financière, l’Assemblée prépare son budget
qui est envoyé au ministère chargé des Finances pour insertion au budget de
l’Etat. Dans la pratique, elle doit aller défendre son budget au ministère, ce
qui est une entorse au principe qui doit être respecté. Aujourd’hui, les députés
déplorent la faiblesse textuelle de leur traitement financier qui ne leur permet
pas de faire face à leur mission d’élus du peuple, ni même de maintenir les
contacts avec leur électorat ; ils sont rares à pouvoir entretenir une
permanence dans leur circonscription électorale. Il est à noter que même
l’autonomie de gestion de l’Assemblée n’est pas assurée car, le Trésor ne lui
verse pas l’intégralité de la dotation budgétisée au début de l’exercice, mais
seulement et irrégulièrement un forfait mensuel couvrant une partie des frais de
fonctionnement.
En
rappel, le travail parlementaire est guidé par la Constitution, le règlement
intérieur, les règlements administratif et financier, la loi organique portant
détermination et fixation de l’indemnité parlementaire et des autres avantages
dus aux députés du 2 février 1996, modifié par la loi organique n°96-002 du 3
juillet 1995.
Des
structures au ralenti
En
fonction de ses moyens, chaque groupe parlementaire déploie des initiatives
diverses pour encadrer ses élus, en liaison avec le parti d’origine. Ainsi, par
exemple, on ne peut pas compter de journées parlementaires destinées à renforcer
les capacités des élus. On en voit des séquelles au cours des plénières. Face à
cela se pose un problème d’absentéisme parlementaire qui pèse sur la présence
aux réunions des commissions permanentes, pourtant obligatoire.
Au sein
du cabinet du président de l’Assemblée, le directeur de cabinet devrait être
chargé de préparer le budget du cabinet du président. Dans les faits, il n’est
jamais associé à cette activité qui est gérée exclusivement par la direction de
la questure. Pendant ce temps, le cabinet ne dispose pas en son sein de chargé
de mission.
Le
secrétaire général, patron de l’administration générale, est maître d’une
portion lacunaire de l’information du fait de la multiplication des points
d’entrée à l’Assemblée. La fonction est récemment créée. Le secrétariat
principal, lui, ne traite pas les messages reçus par courriels puisqu’il ne
bénéficie pas d’un accès internet. Des pertes sont déplorées. Pour les
transferts externes, les coursiers n’ont pas de mode de transport assuré par
l’Assemblée et se servent, pour le moment, de leurs propres moyens de
locomotion.
En
sous-effectif complet, la section de la transcription et de la rédaction a
énormément de mal à tenir le rythme des travaux. Elle établit le compte rendu
sommaire de manière à ce qu’il soit disponible d’une séance plénière sur l’autre
et se charge du compte rendu intégral quand elle trouve le temps, soit durant
les intersessions.
Enfin,
les archives parlementaires, depuis l’indépendance jusqu’en 1994, date de
changement de bâtiment, sont inaccessibles. N’ayant pu être déménagées, faute de
place, vers le Palais des congrès. Depuis 1994, elles sont entassées dans les
bureaux, sans procédure de classement claire. Le projet d’archivage numérique
financé par le PNUD est ainsi salutaire.
Le point
de chute de tout ceci est que, en moyenne, la production législative togolaise
est de 19 lois par an depuis 2000.
Sylvestre
D.
Démarche participative au DSRP :
Difficile entente au sein de l’ISTT
Nous ne pensions pas trop pénétrer les arcanes de l’Intersyndicale des
travailleurs du Togo (ISTT) en entrevoyant des difficultés pour les centrales
syndicales membres d’évoluer dans la discipline de groupe. Des soucis qui se
confirment avec cette incapacité voire cette impossibilité temporaire de dégager
les deux représentants à la coordination des associations syndicales et de la
société civile mise en place –sur exigence des bailleurs de fonds– pour
contribuer à l’élaboration du Document de stratégie de réduction de la pauvreté
(DSRP). Il s’agit d’un cadre de réunion animé par quinze délégués issus de
différentes structures identifiées au préalable, dont l’ISTT. Et déjà trois
réunions ont eu lieu sous la supervision de l’unité de coordination. Toujours
sans les représentants syndicaux.
De
sources bien informées, ce n’est qu’à la dernière rencontre tenue le 22 août
dernier qu’un monsieur y a été parachuté, «en attendant la désignation finale
des deux représentants». Totalement dépaysé dans tout ce qui se discutait et
ce qui était déjà acquis, celui-ci s’est vite taillé. Sentant sûrement que sa
présence ornait plus le décor.
En
réalité, l’initiative de la coordination permet aux acteurs non étatiques de
dire leur mot sur le texte du DSRP et ne plus se sentir exclus de tout ce qui se
décide au nom du peuple. Des confidences signalent que l’ISTT a été finalement
déboutée en tentant dans les coulisses d’obtenir –à raison d’un par centrale
syndicale– plus de deux délégués. Alors même qu’il y a des regroupements de
structures qui n’en obtiennent pas autant, malgré l’effectif de leurs membres.
En rappel, l’ISTT regroupe cinq centrales syndicales : UNSIT, CGCT, CSTT, UGSL
et CNTT.
En rappel
Le Togo
s’est engagé dans le processus d’élaboration de son Document de stratégie de
réduction de la pauvreté depuis février 2001. Malgré l’adoption de la version
intérimaire de ce document par le Gouvernement en novembre 2004, les mesures de
politique envisagées à cet effet n’ont connu qu’une mise en œuvre très limitée,
en raison notamment de la crise sociopolitique qui a secoué le pays ces
dernières années, entraînant le ralentissement de l’activité économique et
l’absence de progrès notables dans les indicateurs sociaux. Pour sortir de cette
crise, le Gouvernement a enclenché dès 2005 d’importantes réformes destinées à
apaiser le climat politique.
Grâce à
l’Accord Politique Global (APG) auquel est parvenue la classe politique, le
Gouvernement s’est employé au rétablissement de la coopération financière. C’est
dans ce cadre qu’un Programme de Référence couvrant la période d’octobre 2006 à
juin 2007 a été conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI), ouvrant
ainsi la perspective de négociations pour une Facilité pour la Réduction de la
Pauvreté et la Croissance (FRPC). Dès lors, le Gouvernement s’est activement
attelé à actualiser le DSRP intérimaire en vue d’offrir une plate forme de
sujets de préoccupations prioritaires pour le dialogue avec les Institutions de
Brettons Wood et l’ensemble des Partenaires Techniques et Financiers.
Le
principe de concertations, qui a guidé le processus jusqu’ici, est resté le même
malgré l’interruption survenue après l’adoption en 2004 de la version initiale
du DSRP intérimaire. La première phase, qui s’est déroulée entre février 2001 et
novembre 2004, s’est reposée sur une démarche consultative impliquant
l’Administration publique, la Société Civile et d’autres groupes constitués à
savoir : ONG, syndicats, confessions religieuses, secteur privé, etc. Cette
première phase a débuté avec un séminaire méthodologique dont l’objet était de
définir la conduite du processus du DSRP intérimaire. Près de 70% des
participants à ce séminaire n’était pas de l’Administration Publique.
A la
suite du séminaire, 7 groupes thématiques ont été mis en place. Chaque groupe
comptait une vingtaine de participants dont 5 ou 6 représentants de la société
civile. Les travaux des groupes thématiques ont permis d’élaborer un projet de
document intérimaire qui a été validé lors d’un atelier qui a connu une forte
participation de la société civile (près de la moitié des participants).
Par
ailleurs, la phase d’actualisation du DSRP intérimaire a été marquée
essentiellement par l’enquête qualitative sur la pauvreté avec l’appui de la
Banque Mondiale. Cette enquête a renforcé la dimension participative du
processus dans la mesure où elle a permis de discuter avec les populations sur
leurs perceptions de la pauvreté, et ce afin d’appréhender leurs préoccupations.
Sylvestre
D.
Gouvernance et prévision :
Les inquiétudes de l’après inondation
Les sinistrés commencent par regagner leur maison à la faveur du retrait de
l’eau. Une cérémonie de remise de kits composés de vivres et de fournitures
scolaires pour élèves s’est tenue mardi au profit des 68 ménages du camp de
regroupement de Baguida (sur un total de 468 ménages) et des 82 ménages d’Adamavo.
Ce geste du gouvernement vise à les appuyer matériellement en attendant la
reprise de leurs activités habituelles. Dans tous les cas, à en croire le
ministre de la Sécurité et de la protection civile Atcha Titikpina, tous les
sinistrés doivent évacuer au plus tard demain samedi les centres d’accueil qui
sont pour la plupart des écoles. Puisque tous les camps devront être fermés pour
faciliter une bonne rentrée des classes le 22 septembre.
Avant de leur souhaiter un bon retour, le ministre n’a pas manqué de prodiguer
d’utiles conseils. «Les inondations peuvent être gérées autrement. Ceux qui
habitent les lieux inondables doivent pouvoir les quitter, ils doivent chercher
à vivre ailleurs. Il ne faut pas croire qu’avec le retrait des eaux, il n’y
aurait rien l’année prochaine. On ne le souhaite pas, on ne prévoit rien, mais
si cela doit arriver encore, qu’on n’ait pas à gérer la même situation que cette
année», a-t-il lancé. Et c’est ici que le gouvernement doit prendre des
mesures strictes, sans complaisance.
D’abord à l’égard des commis des services publics du cadastre, car ceux qui ont
construit dans les lits des fleuves brandissent souvent des titres fonciers
valables. Sans forcément qu’on leur ait expliqué au préalable les risques
confirmés sur les sites, avec la complicité des démarcheurs et propriétaires
terriens. Mais nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.
Ensuite, une partie des millions de francs CFA des assistances (qui continuent
d’être récoltés) devra servir à aider la relance des «activités habituelles».
Il se souvient encore ces jérémiades de ces femmes rurales lors de l’émission «Questions
de femmes» du 20 août 2008 sur la TVT. On peut comprendre qu’elles ont fait
des prêts usuriers pour profiter des champs et nourrir toute la famille ;
d’autres ont dû recourir à de nouveaux prêts pour sortir de la menace des
premiers prêteurs. Ailleurs, des débiteurs ont simplement disparu à cause des
inondations. «Nous mangeons bien, même mieux, mais que ferons-nous à notre
retour chez nous», s’interrogeait un sinistré de Baguida. C’est un message
pour l’après inondation, plus important.
Pour
l’heure, il faut saluer l’idée de former des psychosociaux pour accompagner le
retour des sinistrés forcément déprimés, l’offre imminente par le FNUAP des kits
sur la santé de la reproduction, etc.
Sylvestre D.
Développement et Coopération :
La conférence des partenaires du Togo s’ouvre le 18 septembre à Bruxelles
C’est finalement le terme consacré : le Togo est en Conférence avec des
partenaires au développement les 18 et 19 septembre 2008 à Bruxelles. La
différence par rapport à une vraie Table ronde n’est pas superfétatoire car
«une
Conférence des partenaires au développement d’un pays est une réunion que ce
pays organise en vue d’informer ses partenaires des efforts et des progrès
réalisés en matière de réformes, tant politiques qu’économiques et présenter les
orientations qu’il entend donner dans les prochaines années à sa politique de
développement»,
explique-t-on au cabinet du ministre Gilbert Bawara. La démarche ici vise à
reprendre et accélérer le dialogue retrouvé avec la Communauté internationale et
les bailleurs de fonds sur les nouvelles orientations. Au-delà de cette
rencontre, il s’agira pour le Gouvernement de réfléchir aux voies et moyens pour
mobiliser les ressources nécessaires à la mise en œuvre de sa stratégie de
développement et des actions prioritaires définies dans le cadre du Document de
stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) intérimaire (2008-2010), de
préciser les contributions et les ressources financières nécessaires à la mise
en œuvre des réformes ainsi que des actions prioritaires esquissées dans le Plan
Intérimaire d’Action Prioritaires (PIAP) et dans le programme d’urgence,
d’amener les partenaires à manifester leur intention d’accompagner plus
effectivement le Togo dans le cadre de sa reconstruction économique, sociale et
politique, d’inciter les investisseurs privés étrangers et nationaux à investir
massivement au Togo.
La délégation togolaise –composée de la Présidence et du Gouvernement, des
représentants des partis politiques, du Secteur privé, particulièrement le
Patronat et la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo, des représentants de
la Société civile, notamment certaines ONG, associations et syndicats les plus
représentatifs ainsi que des Universités– ne part donc pas pour ramener a priori
de l’argent. C’est plus une assise de sensibilisation et d’information pour la
paix sociale et la stabilité politique retrouvées. Même si des partenaires
convaincus peuvent commencer à ouvrir la poche. Visiblement, le choix des
acteurs nationaux est guidé par la volonté d’impliquer, dans une démarche
participative, tous les partenaires politiques, particulièrement, ceux ayant
signé l’Accord
Politique Global (APG) ainsi que tous les partenaires sociaux et économiques.
L’objectif du Gouvernement est de s’assurer de l’adhésion de toutes les
composantes de la société togolaise à ses nouvelles orientations en vue de la
cohésion nationale.
Au niveau de la Communauté internationale, il s’agit tout d’abord des
partenaires traditionnels du Togo, aussi bien multilatéraux que bilatéraux ainsi
que des institutions financières régionales et internationales. Au-delà, on vise
à mobiliser d’autres partenaires afin d’accroître les ressources nécessaires au
financement du développement.
A la table des discussions, seront passées en revue les avancées dans le cade du
Programme de Réforme du FMI 2006-2007, les orientations stratégiques et les
actions prioritaires que le Togo entend mener,
au cours des prochaines années, reflétées dans le DSRP intérimaire,
particulièrement, en matière de la gouvernance politique et institutionnelle. En
outre, le cadre de partenariat et les mécanismes de coordination de l’aide
seront abordés, en vue de les améliorer et les renforcer pour mieux concrétiser
le réengagement des partenaires en faveur du Togo.
Pour l’heure, «il est difficile, dans l’immédiat, d’évaluer l’impact
d’une telle réunion sur le panier de la ménagère. Néanmoins, nous espérons que
nos partenaires seront sensibles à nos difficultés engendrées par les
inondations et catastrophes naturelles et apporteront une aide d’urgence pour
soulager les populations en détresse, dans le cadre de notre programme
d’urgence», confie-t-on. Le Togo y espère beaucoup.
Rappelons que la Conférence des partenaires au développement ne constitue
aucunement la seule alternative de sortie de crise. Seulement, la reconstruction
et le redressement socio-économique nécessitent d’énormes investissements et les
autorités togolaises explorent toutes les possibilités…pour relever les nombreux
défis, comme la bonne gouvernance et l’intensification des réformes.
Le Togo a connu une longue période de crise qui a conduit à la suspension de la
coopération avec tous ses principaux partenaires au développement. Les
conséquences de cette crise sont encore aujourd’hui perceptibles à tous les
niveaux de l’économie. A cela sont venues s’ajouter récemment les graves
conséquences des inondations causées par les pluies diluviennes qui se sont
abattues sur le pays, ayant occasionné d’importants dégâts matériels et surtout
des pertes en vies humaines.
Late Pater
Cinéma :
Film documentaire :
Epé Ekpé porté à
l’écran
Immortaliser sur des supports technologiques les religions traditionnelles face
à la menace des cultures importées, c’est le défi que vient de se lancer le
Togolais Zavier Akiza Balouki. Reconnu depuis lors pour la réalisation de spots
télé, reportages, émissions télé et clips vidéo, il veut ainsi concrétiser une
autre aventure avec la sortie le 21 août 2008 d’un documentaire de 52 minutes
sur le rite
Ekpéssosso.
Après Campagne de Consultation Médicale Gratuite et Portefaix,
tous deux documentaires.
Le
synopsis de Epé Ekpé ou la prise de la pierre sacrée enseigne que, dans le
courant du 13ème mois
lunaire, une série de manifestations à la fois cultuelles et culturelles
rassemble les Guin du Ghana, du Togo et du Bénin à Aného, ville tricentenaire à
une cinquantaine de kilomètres à l’est de Lomé. Des rituels légués de génération
en génération par les ancêtres venus de l’ex Gold Coast (Ghana) depuis plus de
trois cents ans et qui drainent chaque année des foules immenses venues des
quatre coins du monde. Epé Ekpé ou la prise de la pierre sacrée chez le peuple
Guin n’est pas seulement des moments de retrouvailles et de réjouissances
populaires mais aussi et surtout des moments de dévotion et d’adoration en
hommage aux dieux protecteurs de la cité.
Tout commence avec «Sitoutou» par le prêtre de la divinité Na Bosromafli qui,
par ce geste, permet au peuple Guin de communier ensemble, de se pardonner
mutuellement et de cheminer ensemble vers cette année nouvelle qui aura pour
apothéose la prise de la pierre sacrée. Vient ensuite «Avéfonfon» à la veille de
la prise de la pierre sacrée. Entre-temps, il y a eu «Emotata», avant «Ekpéssosso»
qui est la prise de la pierre elle-même. Mais il faut dire qu’il y a d’autres
manifestations après Ekpéssosso, dont «Agnonliyoyo» (ou l’appel aux
défunts), le partage du repas qui symbolise les retrouvailles entre les fils et
les amis du peuple Guin qui est «Yakayèkè». En clôture de l’année Guin,
il y a le retour des divinités à la mer qui est «Vodoudzapo», ou le retour des
divinités qui sont arrivées pour assister les humains pendant toute cette
cérémonie de la prise de la pierre sacrée.
Et déjà, selon le réalisateur, l’équipe est en chantier avec le deuxième volet
de la série de quatre documentaires qu’est Evala, depuis le jeune âge
jusqu’aux Kondona. En attendant D’Pontre en pays Bassar et,
pour clôturer, Agbogbozan à Notsè.
Le moins qu’on puisse dire, c’est que la pénétration du christianisme en Afrique
et le vent de la modernité n’ont pas déraciné les valeurs ancestrales et les
divinités africaines. Reste que le projet soit financièrement soutenu, car
«sans cela, ce n’est pas évident de travailler», reconnaît Zavier Balouki.
Avant d’ajouter : «Epé Ekpé est d’abord une initiative des jeunes de l’agence
La
Com.tg pour la réussite de la culture au Togo, mais il a bénéficié des conseils,
de l’appui logistique du ministère de la Culture et surtout du ministre
Cornélius Aïdam qui n’a ménagé aucun effort pour son soutien moral et
psychologique. Il a été d’un grand secours pour avoir persuadé un partenaire de
la vie culturelle au Togo qui est France cultures». |