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ACTUALITÉ / NEWS
Enigme autour d'un mort : Atsutsè Agbobli victime des réseaux libanais de trafic de drogue ?
Combat du Peuple #618 du Lundi 25 août 2008
Depuis la découverte du corps de l'ancien Ministre Atsutsè Kokouvi Agbobli à la plage le vendredi 15 Août dernier, il s'est ouvert une sorte de polémique inutile sur les causes de sa mort. D'abord le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a été vivement pris à parti parce qu'il avait rendu public un communiqué qui aurait attribué le décès à un suicide par noyade alors qu'il n'en est rien.

Nous avons lu et relu ledit communiqué. Mais nulle part, nous n'avons vu le ministre écrire que la mort du Ministre Agbobli était consécutive à une noyade. Aujourd'hui, l'énigme reste encore entière sur le décès de l'ancien ministre. On continue à se demander de quoi est mort Atsutsè Kokouvi Agbobli. Et la question de savoir que faisait son corps à l'endroit précis où il a été trouvé reste sans réponse.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que Atsutsè Agbobli n'est pas mort d'une mort naturelle. On ne peut pas dire de quelqu'un qui est retrouvé mort, tout nu avec une chaussette au pied et une partie du visage tuméfiée qu'il est mort d'une mort naturelle. Et la tuméfaction du côté gauche du visage pousse à conclure qu'il est mort d'une mort violente. Mais comment ? En l'état actuel de la situation au Togo, nous pensons au journal Le Combat du Peuple que l'hypothèse de l'assassinat politique est à exclure. Les hommes actuellement au pouvoir n'ont aucun intérêt à faire disparaître un homme comme Atsutsè Agbobli. Certes, l'homme parle beaucoup. On sait aussi que ces derniers temps, il se rapproche de plus en plus de l'UFC de Gilchrist Olympio. Mais il constitue pour le pouvoir le moindre mal. On pourrait même dire à la limite que les sorties médiatiques de l'ancien Ministre arrangent dans une certaine mesure le pouvoir qui pourrait s'en servir comme la preuve de la liberté d'expression au Togo.

Si donc l'hypothèse de l'assassinat politique est écartée, qu'est-ce qui peut être à l'origine de cette tragique et brutale disparition ? Nous avons poussé encore plus loin nos investigations et voilà ce qui nous est revenu.

Selon nos informations, Atsutsè Agbobli qui, entre temps, avait créé son journal ‘’Afric'Hebdo’’ qu'il animait régulièrement serait en possession d'un dossier explosif sur les réseaux libanais de trafic de drogue au Togo, dossier qu'il se préparait à publier quand sa mort a été annoncée. Simple hasard ou coïncidence suspecte ?

Atsutsè Agbobli aurait-il été assez naïf pour vouloir négocier ou discuter avec ces réseaux ? Il s'agit là d'une simple question. Mais les recherches étant restées vaines jusqu'à ce jour sur les vraies causes de la mort de Atsutsè Agbobli, nous pensons qu'il serait indiqué d'orienter les investigations dans cette direction. C'est une piste qui pourrait bien conduire à la manifestation de la vérité. A suivre donc... C.P.


Togo : La communication gouvernementale en question : Faure doit gagner la bataille de l'opinion
Depuis l'avènement de Faure Gnassingbé au pouvoir, beaucoup d'eaux ont coulé sous les ponts. Au jour d'aujourd'hui, le bilan général est plus que mitigé.

Certes, le pays revient de loin, de très loin, et c'est aussi pourquoi les impatiences et les attentes sont si tenaces que les efforts déployés ne sont pas correctement appréhendés par la société. A ce niveau, le problème qui se pose au Président reste celui de la lisibilité de sa politique, lisibilité sans laquelle, des frustrations se créent au sein du peuple. Dans l'entourage du Président, les rapports de forces dans le champ politique ne sont ni clairs ni définis. Il y a ceux qui agissent au nom des intérêts claniques, des particularismes ethniques et de cultures mosaïques. Et il y a les autres qui s'investissent avec le Président pour une réelle émancipation de notre pays.

Dans un tout autre registre, le Président est accusé à tort ou à raison de favoriser l'impunité ; on parle pêle-mêle de République des copains. Or, il n'est un secret pour personne que l'impunité attise les crimes. D'aucuns parlent de reforme brouillonne sur fond de marasme dans un pays où le panier de la ménagère est désespérément vide et où la faim tenaille les estomacs et tiraille les consciences.

Et pourtant tant de choses se font et le changement est en cours. Lentement mais sûrement, les jalons sont entrain d'être posés. Dans cinq, dix, quinze ou vingt ans, le Togo, notre pays, se normalisera et ne sera plus considéré comme le paria de la sous-région. C'est surtout sur le plan économique et financier que de gros efforts sont déployés pour respecter les exigences des institutions de Brettons Wood, passage obligé pour assainir l'économie nationale.

Le peuple ne vit pas des grands agrégats ni des équilibres macro-économiques. Mais un pays moderne ne saurait se soustraire aux dures lois de l'économie et ne saurait se développer en vase clos et se guérir de certains maux sans assainir au préalable son économie en vue de bénéficier de l'aide indispensable de la communauté internationale.

Le cas de notre voisin le Bénin illustre profondément cette réalité. Oui le Bénin a un budget de 1.000 milliards de F CFA financés à plus de 40% par les bailleurs de fonds extérieurs tandis que le Togo peine avec un budget de 350 milliards. Il est évident que dans ces conditions les deux pays frères ne sont en rien comparables.

Que pensent aujourd'hui la majorité des Togolais de leur Président, de sa politique, de sa vision et de ses ambitions pour le pays ? L'honnêteté intellectuelle nous commande de reconnaître que ces derniers temps, c'est-à-dire après les législatives, l'image du Président s'est considérablement dégradée dans l'opinion. Sa crédibilité sérieusement entamée.

Pour notre part, nous pensons que cette situation est due en grande partie à l'absence d'une véritable politique de communication gouvernementale plus axée sur la pédagogie. Le gouvernement togolais doit mieux expliquer aux Togolais l'essentiel de ce qui se fait c'est-­à-dire les objectifs visés et surtout la démarche.

Cet insolite face-à­-face entre des dirigeants silencieux et le peuple malheureux est suicidaire. L'opposition a beau jeu de lancer déjà la campagne électorale de 2010 alors que les préoccupations des gouvernants sont ailleurs. Au-delà de la liberté dont jouissent tous les Togolais, une liberté réelle et palpable qui saoule et dope, Faure Gnassingbé doit gagner la bataille de l'opinion.
Rodrigue


 Les délires d'un tribun déchu : Agbéyomé Kodjo fait injure à l'intelligence des Togolais

Depuis qu'il a créé son parti politique il y a quelques semaines, Agbéyomé Kodjo tente de se faire une place dans le landerneau politique togolais. Pour parvenir à ses fins, il a malheureusement choisi la mauvaise voie, à savoir celle des diatribes, des rodomontades et des accusations tous azimuts qui tournent parfois au mépris des populations.

En effet, au lieu d'aller sur le terrain de l'action où on attend qu'il fasse ses preuves, Agbéyomé Kodjo se plait à sillonner bruyamment les medias pour vitupérer et faire le procès du régime RPT, qu'il se plait à peindre en noir tout en se présentant lui-même comme un saint. Pour Agbéyomé, le régime RPT est la cause de tous les malheurs des Togolais. C'est ainsi qu'il excelle dans les attaques en règle contre nos dirigeants dont l'action politique est à ses yeux inefficace. I1 y a quelques jours, il avait déclaré sur une radio étrangère que Faure Gnassingbé doit partir en 2010.

Cette façon pour Agbéyomé de culpabiliser les autres pour gagner l'estime des populations relève plutôt de la provocation, du cynisme et ne fait qu'apporter la preuve que Agbéyomé Kodjo fait injure à l'intelligence des Togolais. Et pour cause. On dit souvent que le peuple est versatile. Mais les Togolais n'ont pas la mémoire assez courte pour oublier l'histoire politique récente de notre pays et ceux qui l'ont marqué négativement. Et parmi ceux-ci Agbéyomé Kodjo a joué un rôle de premier plan.

Tout le monde a suivi au Togo, la fulgurante ascension de ce jeune homme qui, parti de rien, s'était finalement retrouvé dans les premières loges du pouvoir politique. Estimé par Feu le Président Eyadema qui avait le pouvoir de faire et de défaire les hommes comme il voulait, Agbéyomé Kodjo a volé de promotion en promotion. D'abord Directeur Commercial de la SONACOM, il fut nommé Ministre de la Jeunesse et des Sports. C'est ainsi que commença pour lui une carrière politique assez exceptionnelle. Il sera nommé plusieurs fois ministre, et Directeur Général du Port Autonome de Lomé avant de se voir Président de l'Assemblée Nationale, puis Premier Ministre.

Agbéyomé Kodjo était également membre actif du RPT après avoir occupé d'importants postes dans la JRPT, une aile marchante du RPT. Membre du Comité Central puis du Bureau Politique de ce parti, il en a été membre du Bureau Exécutif en tant que Trésorier Général.

Pour tout dire, Agbéyomé Kodjo est un pur produit du RPT, une fabrication de Feu Président Eyadema dont il s'était toujours réclamé le fidèle serviteur. C'est un homme qui faisait preuve de fougue et de zèle aveugle tout en affichant une certaine détermination dans ses actions politiques. Mais lorsqu'on observe le parcours de l'homme, on découvre aisément qu'il n'est pas l'agneau pour lequel il veut se faire passer aujourd’hui. A presque tous les postes qu’il avait occupé, Agbéyomé Kodjo s’était comporté en véritable faucon, entraînant bien de fois, des événements douloureux pour le pays. Quelques exemples suffisent pour s’en convaincre.

Pendant la transition démocratique et alors qu’il était trésorier général du RPT, Agbéyomé Kodjo étai de ceux qui ont inspiré la séquestration des Hauts Conseillers de la République et le retrait des avoirs du RPT, parti-Etat des banques. L’une des conséquences de ce fait a été la grève générale illimitée qui a paralysé le pays pendant neuf (09) mois, entre 1992 et 1993.

En 1993, Agbéyomé Kodjo était ministre de l’Intérieur et de la Sécurité. Il était aux affaires lors des tueries du Fréau Jardin qui ont été le détonateur de la suspension de la coopération UE-Togo.

Son passage à la tête du Port Autonome de Lomé et sa gestion de cet important outil économique continuent à susciter des débats encore aujourd’hui

On se souvient encore des propos violents et des provocations inutiles de cet homme alors qu'il était Président de l'Assemblée Nationale.

Il aura été aux côtés de feu Président Eyadema, de ceux qui ont toujours tout mis en oeuvre pour dévoyer les dialogues pouvoir - opposition et vider les accords de leur contenu.

Bref, Agbéyomé Kodjo était un jusqu'au-boutiste qui ne reculait devant rien pour satisfaire ses ambitions démesurées. Et c'est cette ambition qui finira par le perdre. Après avoir occupé tous ces postes, Agbéyomé qui s'était mis à se trouver des attributs de dauphin, avait commencé à convoiter le fauteuil présidentiel.

La suite, on la connaît. Très vite, le ciel s'était assombri pour Agbéyomé qui a fini par être débarqué. Pour se venger, il publie un brûlot dénonçant les travers du régime et entre en clandestinité avant de prendre la fuite, abandonnant sur place, les journalistes dont il s'était servi.

Depuis, Agbéyomé devenu « opposant » malgré lui veut se faire plus royaliste que le roi. II ne rate aucune occasion pour pourfendre le régime qui a fait de lui, ce qu’il est. Aujourd’hui, avec le recul, on se rend compte que Agbéyomé Kodjo s’est toujours moqué des Togolais. Car il a toujours fait preuve d’une amnésie volontaire et, jamais, il ne parle de ce que lui-même avait fait de mauvais alors qu’il était aux affaires.

Le vendredi dernier, au cours d’une émission-débat sur une radio locale émettant à Lomé, Agbéyomé Kodjo, comme à son habitude, a nié tout ce qu’on lui reprochait. Il a dit n’avoir aucune part de responsabilité dans les tueries de Fréau Jardin et mis au défi ceux qui critiquent sa gestion au Port.

Ce que Agbéyomé Kodjo ne doit pas perdre de vue, c’est que le brûlot qu’il a publié juste pour se venger et l’opposant qu’il est devenu malgré lui ne peuvent jamais faire de lui un homme propre. En accusant le régime RPT, Agbéyomé s’accuse lui-même car pendant longtemps, il a joué les premiers rôles au sein de ce parti. C’est des hommes comme Agbéyomé qui auprès de feu Eyadema ont fait de ce pays ce qu'il est aujourd'hui : un pays malade qu'on s'échine à redresser. Que peut apporter Agbéyomé Kodjo aux Togolais maintenant et qu'il n'a pas pu faire durant ses longues années dans les arcanes du pouvoir ? Non, c'est trop facile, Agbéyomé doit revoir sa copie.

Aujourd'hui, Agbéyomé Kodjo trouve subitement que le Togo a de sérieux problèmes, que les infrastructures sont en délabrement, que les Togolais vivent mal etc. Voudrait-il faire croire que ces problèmes sont nouveaux ? Les populations vivaient cette situation depuis les temps où, Agbéyomé repu aux délices du pouvoir, laissait entendre que tout allait pour le mieux, dans le meilleur des mondes au Togo. A l'époque, les Togolais n'avaient pas droit à la parole.

Au lendemain des inondations et de l'effondrement des ponts, Agbéyomé Kodjo était encore monté au créneau pour condamner la politique infrastructurelle du régime. Ses commentaires n'ont pas été tendres non plus lorsqu'il s'était récemment exprimé sur la crise énergétique. Mais combien de kilomètres de route Agbéyomé a-t-il bitumé lorsqu’il était aux affaires ? Quel acte concret avait-il posé dans le sens de l’acquisition d’une autonomie énergétique au Togo ? La décence aurait voulu que Agbéyomé Kodjo se taise. Mais puisqu’il n’a aucun respect, aucun égard pour le peuple, il parle à n’en pas finir. Il parle pour dire tout, sauf ce qu’il devrait dire, c'est-à-dire la vérité.

Ce n’est pas parce que, après sa disgrâce, le tribun déchu s’affuble d’une casaque d’opposant qu’il est absout. Que Agbéyomé le veuille ou non, l’histoire fera son travail et la vérité, toute la vérité éclatera un jour pour le confondre. Mais en attendant, qu’il garde à l’esprit que les Togolais ne sont pas des idiots et qu’ils n’ont pas la mémoire courte. Si lui-même l’ignore, les populations victimes de ses dérives passées le lui enseigneront lors des prochaines échéances électorales si tant est qu’il pousse outrecuidance jusqu’à leur demander leurs suffrages avec son OBUTS
C.P
 
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