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Enquête : Flambée des prix des  denrées alimentaires sur les marchés suite aux inondations

AgoraPress - Tchassoua Songoï
Lomé, le 06 août 2008 - Flambée des prix des denrées, telle est l’une des conséquences immédiates des  inondations  qu’a connues le Togo surtout dans sa partie sud. La rupture des 9 ponts et les inondations dans plusieurs zones ont entraîné la flambée des prix des  produits alimentaires tels que les céréales, les condiments et autres produits de premiers besoins.

C’est d’abord  le prix du maïs qui a grimpé le même  dimanche, quand les revendeuses  ont appris que  le pont d’Amakpapé était effondré.  Aujourd’hui, le prix de noix de palme pour faire une sauce consistante est passé  de 250 F à 800 FCFA. Car les villages qui approvisionnent les marchés de Lomé sont inaccessibles. Les ponts et autres voies détruits ont  privé  les marchés de Lomé de ces denrées alimentaires qui venaient des régions des plateaux et centrale. Dans des villages et fermes de ces régions, on signale également  la pénurie des  produits tels que les pattes alimentaires, du savon, des produits pétroliers et d’autres produits manufacturiers. Ces produits étaient directement livrés par le Port  Autonome de Lomé dont les activités sont ralenties aujourd’hui. Ces produits issus des traitements industriels proviennent désormais des pays voisins  comme le Nigeria, le Bénin et transitent par le nord du pays. Tout ce long trajet fait que les prix flambent. En dehors de ces produits manufacturiers, le Togo  s’alimente  beaucoup en produits agricoles qui sont convoyés du Burkina-Faso. La politique agraire adoptée et mise en place dans ‘’le pays des hommes  intègres’’ avec la présence de barrages partout ayant porté ses fruits, l’excédent des produits burkinabé sont exportés. C’est le Burkina-Faso qui alimente le Togo en oignons, en pommes de  terre, en piments, en tomates et certaines denrées secondaires. Depuis la coupure des  ponts, le pays souffre  d’une pénurie de produits alimentaires sans précédent. Le prix des oignons chez les détaillants sur les  marchés au Togo augmente de jour en jour. Au marché de Zongo à  Togblékopé, un marché réputé pour la vente de vivres, le  bol des oignons qui  se  vendait à  1500 f CFA a  flambé  et coûte  2200f CFA. Le  prix d’un  kilogramme de  pomme de terre est passé de 1000 f à 2000f CFA. Le tas de tomates qui s’achetait à 100 f CFA est passé à  150 FCFA, réduisant complètement le  pouvoir d’achat de la population togolaise.

Les  femmes de  ménage, une fois au marché pour les achats, tournent en  rond. « Ça  ne suffit pas, on  vient au marché avec une somme d ‘argent. Arrivé, on constate  que  les prix ont changé. Non, nous n’en pouvons plus » s’écria Mme  Akossiwa, une  jeune  femme mère  de famille. Aussi, poursuit-elle, «les autorités doivent faire quelque chose, sinon on va tous mourir de  faim. Avec nos maris à la maison, ça  ne va pas, nos maris ne  comprennent pas la situation quand on leur explique ». Dans les foyers, c’est  tout un problème, le mari n’a plus de pouvoir avec une vie déjà chère. Quand la femme réclame plus d’argent pour aller au marché, c’est la bagarre.

Au marché d’Agoé, nous sommes  devant une femme qui vent de la farine du manioc. « Vous savez, les journalistes, le pont de Togblékopé qui relie  Lomé  à Adétikopé est coupé. Là-bas, les voitures ne passent plus, on a fait juste  un pont de fortune pour canaliser  le passage de  piétons avec  les pousse-pousse. Ce sont  des  pousse-pousse qui nous aident à traverser  le fleuve.

Ils nous prennent 800 f CFA de  plus sur un sac  que nous avons acheté  à 10.000f CFA. Si tu veux qu’ils te laissent ça à la maison,  le prix peut aller à 1500 f CFA. Or, nous devons  convoyer  tout ça au marché pour revendre. Calculez tout ça là ; cela  nous coûte cher. C’est pour cela que le prix  du bol de ‘’gari’’ est passé de 400f  à  800f CFA ». Le gari est très sollicité en temps de  soudure.

Soudain, notre équipe de reportage perçoit une femme de l’autre coté du marché, visiblement agitée qui, nous appelle de la main : « 
Walaï, trop c’est trop, nous n’avons jamais connu ça au temps de EYADEMA (feu président, décédé en 2005). Tout ce qui se passe avec : vie chère, inondation et coupure de ponts est une malédiction ;  prenez-y garde ! Nous sommes maintenant au moment des  récoltes de maïs ; normalement le prix du maïs devait descendre  à
150 f ou 200f CFA dans  les villes et  à  75f CFA  ou 100f CFA  dans  les campagnes. Aujourd’hui, le maïs, denrée la plus consommée  est à 1300  ou 1500 f CFA. Libérez-nous, mes chers amis !» s’exclame-t-elle. Certaines personnes n’hésitent pas à accuser l’Etat. « Nous allons nous voir en 2010 », faisant allusion aux élections présidentielles qui se tiendront en 2010. « Nous n’allons plus voter pour des gens incapables de résoudre nos problèmes », déclare un homme d’une quarantaine d’années.

Il faut signaler que le gouvernement a annoncé la réactivation du service du contrôle chargé de contrôler les prix des denrées alimentaires et autres produits sur le marché. Car des commerçants véreux en profitent pour faire de la spéculation. Mais pour le moment, rien ne se fait dans ce sens.

Dans tous les marchés visités par notre équipe de reportage, ce sont les mêmes plaintes et accusations. Au marché ‘’Le Togo’’, un autre marché spécialisé en produits vivriers, le constat est le même, avec une légère différence que l’on peut y acheter en gros. Car acheter en gros, revient moins cher. Or, combien de Togolais arrivent à acheter en gros ?

A  Agoè ‘’Assiyéyé’’, une bonne partie des revendeuses et des grossistes qui venaient des régions des plateaux et centrale, ne sont pas arrivées. « La voie de contournement de Kpalimé est elle aussi complètement  gâtée. Nous avons quitté Sotouboua hier très tôt le matin. Mais c’est à 23 heures que  nous sommes arrivés à Lomé. Or avant la coupure du pont, la durée du voyage est de 4 heures maximum. Il faut encore payer cher pour le contournement. D’emblée, les prix de nos produits ont connu une hausse ». 

Les partis politiques s’acharnent quant çà eux à apporter leurs soutiens divers aux sinistrés dans les centres d’accueil. Chacun voulant peut-être implicitement marquer les points pour ces présidentielles que les Togolais  attendent en 2010.

Bref les prix sur les marchés au Togo ont sensiblement flambé et affectent dangereusement les familles togolaises les obligeant à réduire leurs rations alimentaires aussi bien quantitativement que qualitativement.
 
 
 
 
 

 

 
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Des denrées alimentaires exposées au marché Agoe-Assiyéyé

Des tas d'ignames au marché de Togblékopé exposés sans clients

Des oignons venus de Ouaga

Revendeuse des condiments

Revendeuse de gari justifiant l'augmentation des prix

Une sinistrée tenant ds ses mains ses 2 jumelles à Kélégougan

 
 
 
 
 
 
 

 

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