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Catastrophes naturelles au sud du Togo : Plusieurs ponts effondrés, des champs dévastés, des villages inondés et isolés et des victimes
AgoraPress - Alain Nococo

Lomé 31 juillet 2008 : Les pluies diluviennes qui s’abattent depuis quelques jours dans le midi du Togo, notamment les régions des Plateaux et Maritime ont causé d’importants dégâts matériels et fait des victimes emportées par les eaux. Suite à cette catastrophe naturelle, le gouvernement togolais réuni en conseils des ministres les 29 et 30 juillet 2008, a décidé de prendre des mesures d’urgence et d’alerte pour circonscrire le sinistre

Après l’effondrement du pont sur la route internationale N° 1, au niveau d’Amakpapé suite à une pluie d’une grande intensité qui tombée sur la région les 25, 26 et 27 juillet derniers, c’est le tour des villages de Togblékopé, Adétikopé, Kégué, Attiégou, Djagblé, Bolou, Kagomé, Zoro Bar etc. dans la région Maritime de connaître le même sort.

En effet, les usagers de la N° 1 qui voulaient se rendre ce jour du 29 juillet 2008 à Tsévié venant de Lomé et vis versa, ont été tout simplement priés de faire demi tour. Pour cause. Les ponts qui se trouvent sur ce tronçon aux hauteurs de Togblékopé et d’Adétikopoé étaient envahis par des eaux suite à une brusque remontée du fleuve Zio, rendant impossible toute traversée de ces ponts.

Débout de chaque côté de la route, les usagers et les nombreux curieux ameutés par la situation et qui se sont rendus sur les lieux n’avaient leurs yeux que pour contempler les torrents d’eau qui envahissaient les maisons et les champs de maïs qui se trouvaient dans les endroits. Le spectacle était désolant et les images que nous avons prises le lendemain dont certaines ont été publiées sur le site illustrent bien l’ampleur de la catastrophe.

Des dégâts matériels importants et des victimes
A en croire le ministre de la sécurité et de la protection, le colonel Atcha Titikpina, reçu mercredi soir au journal de 20 heures par nos confrères de la Télévision Togolaise, cette catastrophe naturelle aurait fait d’importants dégâts matériels et des victimes. A ce jour, on dénombre, selon le ministre, 9 ponts effondrés, trois victimes emportées par les eaux et 150 familles sans abri regroupées dans une école locale. A cela, il faut ajouter les nombreux champs de maïs et de cannes à sucre dévastés par les eaux. Les axes routiers Hahotoé-Kpémé, Tsévié-Tabligbo, Tsévié-Kévé, Lomé-Tsévié, et les axes ferroviaires Hahotoé-Kpémé, Lomé-Tabligbo et Lomé-Blitta sont impraticables. Conséquence, les localités situées sur ces axes sont ainsi coupées les unes des autres et pour rallier d’autres localités, il faut emprunter des pistes rurales qui elles aussi sont dans un piteux état. Comme pour dire qu’elle n’a pas encore dit son dernier mot, la pluie que nos valeureux paysans imploraient les dieux pour qu’elle tombe, s’est abattu sur la ville de Lomé ce jeudi matin rendant certains quartiers inaccessibles. Un confrère habitant un quartier périphérique de Baguida, banlieue sud est de Lomé, a eu de la peine à nous dire ce qui lui est arrivé ce jeudi matin vers 5 heures. En effet, notre confrère était entrain de se préparer pour prendre la route de Lomé lorsque subitement sa maison a été envahie par les eaux. N’eurent été sa vigilance et la prompte intervention des voisins, notre confrère de s’en serait pas sorti.

Des experts au chevet du Togo
Le ministre de la sécurité et de la protection civile, toujours sur les antennes de la TVT, a informé les Togolais de l’arrivée, suite à une demande du gouvernement togolais, des experts ghanéens qui ont pu sauver 23 élèves et deux expatriés retenus quelque part par les eaux. Selon le ministre, après une séance de travail avec les autorités togolaises et après connaissance du terrain ceux-ci sont repartis pour voir l’expertise qu’ils peuvent apporter au Togo dans cette dure épreuve.

Des mesures d’urgence pour circonscrire le sinistre et des niveaux d’alerte Devant l’ampleur de la catastrophe, le gouvernement s’est réuni en deux conseils des ministres les 29 et 30 juillet 2008 pour se pencher sur les mesures d’urgence à prendre pour circonscrire le sinistre et les mesures d’alerte. Avant le conseil des ministres du mercredi 30 juillet, et pour se rendre compte de l’ampleur de la catastrophe, le chef de l’Etat et quelques membres de son gouvernement ont survolé pendant 90 minutes toutes les zones sinistrées.

Suite à l’effondrement du pont d’Amakpapé, le conseil des ministres réuni le 29 juillet 2008 a décidé de prendre les mesures suivantes : en venant du nord d’Atakpamé, le trafic est dévié à partir d’Atakpamé pour passer par Kpalimé ; en venant du sud d’Agbélouvé en direction du nord, il est souhaitable de passer par Kpalimé pour atteindre Atakpamé.

Mais en attendant, le gouvernement décide les mesures urgentes suivantes : aménagement d’une déviation de route d’une longueur de 3,5 km en passant par le pont rail, renforcement par platelage choisi du passage sur les rails pour avoir une largeur minimum circulable de 3,5 m ; vérification de la praticabilité des ouvrages sur le tronçon Notsè-Agou long de 56 km, afin d’autoriser la déviation sur cet itinéraire ; empêcher les véhicules hors gabarit d’emprunter la déviation.

Pour ce qui des mesures d’alerte, le gouvernement, pour dit-on, éviter que les populations ne soient, à chaque fois surprises, envisage de mettre en place deux niveaux d’alerte :

Alerte de précaution
Il s’agit d’informer les occupants de ces zones géographiques inondables de disposer de stratégies de départs progressifs vers des zones plus sécurisées.

Alerte d’évacuation
Dans ce cas de figure, il s’agira pour le gouvernement, d’évacuer les populations lorsqu’il juge la situation très préoccupante sur rapport et avis des services techniques et des experts qui suivent l’évolution du phénomène.

Réveil tardif
Le gouvernement constatant qu’une évolution climatique impose une nouvelle approche d’analyse des phénomènes atmosphériques, décide de mettre à la disposition de la météorologie nationale et des stations de mesure réparties sur le territoire, des services techniques, des centres de recherches impliqués dans la dynamique du climat, les moyens nécessaires pour se doter d’outils modernes de prévision.

A qui la faute
Pour nombre de Togolais, même si on peut reprocher à ceux qui, au mépris des directives des services de l’urbanisme et du cadastre, conduisent dans les zones déclarées inondables et sont souvent victimes des inondations à chaque saison des pluies, la responsabilité de ce qui arrive aujourd’hui au Togo doit être imputée au régime qui a régenté le Togo pendant quatre décennies pour n’avoir pas mis sur pied une politique responsable d’infrastructures car, disent-ils, gouverner, c’est prévoir. A quoi a servi cette ‘’politique des grands travaux’’ qu’on a souvent vanté ? Se demandent-ils Pour d’autres, cette situation montre à suffisante le peu d’intérêt que nos dirigeants accordent aux problèmes des Togolais, car les prévisions météorologiques avaient annoncé une pluviométrie abondante dans la sous-région ouest africaine, et donc au Togo. Cela aurait pu attirer l’attention de ceux-ci pour que des mesures préventives soient prises.

Conséquences de cette situation
La situation n’est pas près de s’améliorer. Et le ministre de la sécurité, témoin des événements, l’a bien reconnu lorsqu’il déclarait sur les antennes de la TVT que la situation s’aggrave avec une décrue dans les zones sud ouest et une crue vers les zones sud notamment dans les préfectures de Yoto, Vo et Lacs.

Si le gouvernement dit avoir prix des mesures pour circoncire la catastrophe, il est impuissant devant un autre phénomène consécutif à la coupure du pays en deux, la spéculation. Depuis quelques jours déjà, je dirai 48 heures, on assiste à une flambée vertigineuse des prix des denrées alimentaires. Les spéculateurs évoquant le fait puisqu’il est maintenant difficile de se rendre dans les préfectures de Blitta, Sotouboua et autres pour s’approvisionner en denrées alimentaires, maïs, mil, haricot etc. éléments de base des Togolais, parce que l’axe nord est coupé au niveau de Amakpapé, vendent le bol de maïs et de mil à 1500 F voire 2000 FCFA en certains endroits ; le bol du haricot avoisine quant à lui les 3000 F puisqu’il se vendait avant la catastrophe à 1500 F. Et ce n’est pas tant le prix des denrées qui pose problème, le vrai problème pour les Loméens, c’est où les trouver. Ces denrées sont elles vraiment finies à Lomé en quelques heures ? La question reste posée.

Outre cette flambée des prix des denrées, on note un ralentissement au niveau des activités économiques. Le Port de Lomé, poumon de l’économie togolaise, et qui dessert trois pays de l’hinterland va recevoir un coup du fait que les gros camions communément appelés Titan seront obligés de changer de Port puisque la route de Kpalimé qu’ils doivent emprunter se révèle exigu, pire le tronçon Kpalimé-Atakpamé, selon nos informations, ne serait pas adapté pour les gros porteurs. Le trafic quant à lui s’est accru à Lomé entraînant des embouteillages monstres avec les conséquences qui peuvent en découler. On note également une augmentation des tarifs sur l’axe Lomé-Nord à cause de la déviation.

En un mot, la situation est préoccupante et des actions énergiques et idoines doivent être prises car la pluie n’a pas encore son dernier mot. Si non ce serait, comme l’a si bien dit un confrère de la TVT, un déluge.

 
On dénombre au moins 9 ponts détruits ou endommagés dans la région maritime
Lomé 30 juillet 2008 : Kégué, Kélégougan, Bolou, bref tous les villages et villes rivéraines du Zio, Haho et Mono sont dans l'eau. L'accès est impossible vers Kpémé. Une équipe d'experts Ghanaens est arrivée à Lomé et a permis de sauver 23 élèves perdus dans une aglomération innondée. Selon les autorités togolaises, on dénombre 9 ponts détruits ou endommagés dans la région maritime.
 
Le Togo divisé en plusieurs parties à la suite des pluies diluviennes
AgoraPress - Alain Nococo

Lomé 29 juillet 2008 : 19 TU - Le Togo vit actuellement une situation jamais connue de son histoire. Et pour certaines langues, on dirait que les Dieux  de la Terre étaient fâchés contre les Togolais et leurs dirigeants.

Après la catastrophe d’Amakpapé de samedi 26 juillet, à 75 Km au nord de Lomé, dans la préfecture de Haho, c’est le tour de la préfecture de Zio, plus précisément les villages d’Ad
étikopé et de Togblikopé d’être envahis ce mardi 29 juillet par les eaux.

Samedi un pont sur le Haho a cédé sur la nationale N° 1 coupant le pays en deux à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays. Ces
pluies qui déjà avaient causé d’importants dégâts avec des conséquences évidentes sur l’économie du pays.

L’information vient de nous être rapportée cet après
midi par des témoins qui venant de Tsévié et qui voulaient se rendre à Lomé. Ils ont été tout simplement priés de faire demi tour au vu de la marre d’eau qui a envahi la Nationale N° 1, emportant tout sur son passage.

La scène serait ahurissante puisque, selon notre interlocuteur, c’est une file de voitures et de motos qui se trouv
aient de chaque côté du tronçon envahi par l’eau.

On nous signale également qu’une station d’essence, OANDO, installée dans les alentours est sous les eaux.  

Pour l’heure les autorités multiplient des réunions pour trouver une solution à cette situation, apprend-on.

L’incidente aggravante d’une telle situation sur l’économie déjà fragile du Togo ne fait pas l’ombre d’un doute.  Le port de Lomé  d’où partaient quotidiennement les gros camions chargeurs vers l’intérieur et les pays du Sahel risque de payer le plus fort, sans parler des populations elles-mêmes déjà éprouvées par la flambée des prix.  

Désormais il faut passer par Kpalimé pour contourner les calamités sur la nationale num
éro 1. Ce qui implique des dépenses supplémentaires.     

 
 
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Le pont coupé sur le Zio le 29 - Cliquer pour agrandir l'image
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L'eau a envahi les plantations dans le Zio

 

 

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