Actualité Tribune Forums Photos Music Sports Sites Interviews Downloads Carrefour Contact
ACTUALITÉ / NEWS
Faut-il en rire ou pleurer ? Mally, sans pouvoir de décision, au Burkina pour apprendre la bonne gouvernance
Liberté Hebdo #385 du 28 juillet 2008

Après plusieurs mois d’immobilisme, le Premier ministre togolais Komlan Mally s’est offert un voyage de deux jours au Burkina Faso. Arrivé à Ouagadougou jeudi 24 juillet dernier, l’ancien Préfet du Golfe devait y apprendre les réformes économiques et la bonne gouvernance. Une initiative de plus qui ne changera rien au Togo dans la mesure où, ce n’est pas lui qui prend les grandes décisions. 

          Reçu par son homologue burkinabé, Tertius Zongo, Komlan Mally a déclaré sans ambages qu’il était là pour échanger les expériences en matière de réformes économiques et de bonne gouvernance et, surtout, travailler sur les questions relatives à la formulation des documents sur la réduction de la pauvreté. Comme quoi le bonheur du Togo se trouve dorénavant au Burkina Faso. « Vous savez que votre pays a une longue expérience en la matière et nous, nous sommes actuellement dans une phase intérimaire et nous venons de lancer le processus pour la finalisation du Document stratégique de lutte contre la pauvreté. Nous avons jugé bon d’avoir l’expérience du Burkina Faso dans ce domaine... », a-t-il indiqué.

          Face aux journalistes burkinabé, il n’a pas manqué d’aborder le processus de Vérité, Justice et Réconciliation en cours au Togo. En ce qui concerne les points de l’Accord politique global (APG) laissés en suspens, notamment les réformes constitutionnelles et institutionnelles, il a fait savoir que tout ne peut pas être fait à la fois. « Nous avons un calendrier de mise en œuvre des mesures contenues dans l’Accord politique global. Nous avons des priorités qu’il faut satisfaire d’abord mais je pense que ces réformes se feront d’ici peu », a-t-il ajouté.

          L’ancien ministre de la Ville était accompagné dans cette « excursion » par son Directeur de Cabinet et deux « ministres du Président de la République » que sont Adji-Otèth Ayassor de l’Economie et des Finances, et Gilbert Bawara de la Coopération et de l’Aménagement du territoire. La délégation togolaise a également assisté à une réunion annuelle des responsables des sociétés d’Etat burkinabé.

          En effet, ce voyage au Burkina Faso n’avait pour but que de permettre au Premier ministre togolais de changer un peu d’air, de montrer qu’il existe. Il faut avouer qu’il est éreinté par le surplace et les audiences répétées. C’est une lapalissade : sa bonne volonté ne suffit pas, encore faudra-t-il qu’il ait une portion du pouvoir qui lui permette de changer quelque chose. Combien de fois n’a-t-il pas usé ces concepts de « bonne gouvernance » ?

          Dans son programme de gouvernement, il en avait longuement parlé. Au fameux séminaire gouvernemental à Nangbéto, il avait abondamment glosé sur ces concepts qui étaient aussi nombreux dans le discours de Faure Gnassingbé qu’il avait lu à l’ouverture du séminaire sur la lutte contre la corruption. En revanche, il n’y a aucun changement notable dans la gestion des affaires du pays. La mauvaise gouvernance fait son chemin et le respect de l’autorité est foulé aux pieds.

          C’est en étant organisés et assidus que les Burkinabé sont arrivés à ce niveau de développement. Blaise Compaoré qui a capté le pouvoir sans gloire – à l’issue d’un coup d’Etat qui a coûté la vie à son copain Thomas Sankara – s’est sérieusement mis au travail. Sous sa houlette, beaucoup de chantiers sont ouverts et le Burkina se développe bien que exhérédé par la nature. Un exemple que devait prendre le « fils de la nation » qui a étudié dans les grandes universités occidentales.

          Que le Premier ministre Mally sache que ce n’est pas en allant assister pendant une dizaine de jours aux luttes traditionnelles, que le Burkina Faso a obtenu ces résultats. Les Togolais l’ont entre-temps aperçu faire des descentes dans certains ministères pour constater de visu l’absence et le retard au travail. Après, c’est le silence radio. Les populations auraient voulu qu’il fasse le même contrôle lors de la période des Evala. Ainsi, il aurait vu beaucoup de choses. Mais il a lui-même « donné le bon exemple » en vidant la Primature pour aller assister à la finale qui s’est déroulée dans le village natal de « son Président ». A cette allure, les réformes économiques et la bonne gouvernance ne peuvent que prendre un coup.

           Déjà, des voix s’élèvent pour demander la démission du Premier ministre par défaut qui ne prendrait pas assez de mesures pour juguler le phénomène de la vie chère. Ce qui est loin d’être la solution puisque les pouvoirs sont concentrés dans les mains de l’entourage immédiat du chef de l’Etat. Raison de plus pour que « l’énarque d’en face de la Grande Poste » cesse de jouer à la comédie et de faire croire qu’il peut changer quelque chose dans cette aire de 56 600 km² où il n’a aucune marge de manœuvre.

R. Kédjagni 


Préfecture de Guérin Kouka : Les populations dénoncent les dérives du Président du Tribunal, le juge, lui, accuse

Le mardi 15 juillet dernier, une frange de la population de Dankpen s’était soulevée. Selon des témoignages recueillis sur place, les jeunes se sont soulevés « Pour demander et exiger le départ  sans condition du juge Bruno Kokou Toke pour abus d’autorité et surtout de l’activation du mariage forcé et escroquerie abusive des pauvres populations… », a indiqué un témoin de la scène. Il lui est également reproché de décoiffer et de déchausser un chef canton qu’il a invité dans son bureau. Pour la population, il s’agit d’une atteinte à l’autorité traditionnelle. « Il est certes investi des pouvoir publics. Mais, il doit y avoir de respect mutuel entre lui et nos chefs qui sont  des garants de nos us et coutumes. Comment peut-il oser décoiffer notre chef puis lui ordonner de se déchausser avant d’entrer dans son bureau. Et pourtant, c’est lui même qui l’a invité. C’est confirmé qu’il l’a fait express pour le narguer. Nous, populations, ne pouvons pas tolérer ces genres de comportements. C’est bien pour cette raison que certains frères se sont soulevés pour le ramener à la raison », a confié Jean, un lycéen de la localité.

« C’est un monsieur qui se croit  tout-puissant dans la localité. Depuis près d’un an et demi qu’il est arrivé chez nous, il se permet des choses horribles. Quand vous allez porter plainte contre quelqu’un, il vous fait payer 9.000 FCFA avant de vous délivrer une convocation. Pire, quand l’accusé passe le voir en catimini avec une chèvre, un mouton, des tas d’ignames et des fois avec de l’argent, ce dernier sort d’emblée vainqueur. Le droit n’est jamais appliqué à partir du moment où il est toujours en faveur du plus offrant. Aussi, il a réactivé dans notre milieu le mariage forcé et précoce des jeunes filles âgées de 12 à 16 ans. Elles font même l’objet d’échange ou de troc entre les familles pour des questions de dot. Il en fait de trop à telle enseigne qu’il a blessé presque toute la population », a affirmé Oudjaghin. « N’Boulignime, ma cousine de 15 ans par exemple a été donnée en mariage précoce  et forcé en octobre 2007 à un gars de Koumboul avec sa bénédiction. Allez demander à l’ONG Corps Afrique qui pourra vous confirmer ceci. Car  nous les avons saisis de la situation », a-t-il ajouté.

« Ma sœur Blater, 16 ans ,a été donnée en mariage forcé à un gars de N’Kokomon. Et son vrai fiancé était jeté en prison à Bassar. Le juge a demandé à mes parents de laisser notre sœur en apprentissage chez sa femme. C’était pour lui une aubaine de faire de notre sœur sa maîtresse en l’absence de son épouse qui est supposée être la patronne de cette dernière. Nuitamment, celle-ci fuit pour rejoindre son fiancé qui entre-temps était libéré et à qui elle a tout révélé. Voyez-vous que ces comportements d’une autorité judiciaire ne favorise pas une bonne cohabitation avec les populations accrochées à leur tradition. Cela ne peut que donner lieu à des divergences », a témoigné Nassagma. «Encore cet exemple pour vous dire que ce monsieur est foncièrement méchant. Référez-vous au jugement en date du 26 février 2008 où une fille portant une grossesse de trois mois a été retirée du foyer de Tabromon, son mari, et remise à ses parents qui en ont fait un objet d’échange avec un monsieur résident au Ghana », a-t-il également ajouté.

Le Commandant Dadja Manganawé, Préfet de Guérin-Kouka et Michel N’Gaména, Président de la Délégation Spéciale de ladite contrée seraient les instigateurs de cette agression selon ce que M. Alassani, interpellé lors de l’agression du juge a avoué. Pour le Préfet, interrogé sur la question,  « c’est des histoires. Je ne sais pas si Alassani a pu dire ça. Ce monsieur je ne traite pas avec lui. Je n’ai aucun contact avec lui ». «  A la Gendarmerie, il a plutôt déclaré que ce sont les Chefs de quartiers qui l’ont envoyé avec les autres de chasser le juge», a-t-il expliqué. Aussi, a-t-il condamné l’acte : « La Gendarmerie est en train d’investiguer. Tous  ceux qui sont en fuite, on est en train de les rechercher. On a pu prendre le fameux Alassani qui a cité des gens. De toutes les façons, on les prendra pour qu’ils répondent de leurs actes devant la justice. Nous sommes dans un Etat de droit. C’est une attitude que je condamne. Parce que quoi qu’on puisse  lui reprocher, ça ne justifie pas ce qui s’est passé là-bas. Ce n’est pas normal parce que si on  donne l’occasion aux gens comme ça, on risque de ne pas pouvoir contrôler après la situation ».

Même son de cloche chez le Président de la Délégation Spéciale.  « En tout cas, moi je n’en sais rien. Jusqu’alors à ce que je sache, c’est une mobilisation des Chefs de quartiers parce qu’il a demandé à un Chef de se décoiffer et de se déchausser avant de rentrer dans son bureau. Je n’ai aucun problème avec lui. Pourquoi alors  demander aux gens de lui faire cela. C’est qu’il veut simplement se couvrir. C’est tout », a-t-il lui expliqué.

Les faits selon le juge Bruno Kokou Toké sont consignés dans une correspondance avec l’objet : « Tentative d’assassinat du Magistrat dans son bureau », adressée au Garde des Sceau, ministre de la Justice, le 17 juillet 2008. Dans ce rapport, le juge a affirmé la tenue d’une réunion des chefs à la veille de l’incident. Il a également  indiqué qu’il a eu un antécédent avec N’Nunabre Gnama, chef canton de Kidjaboum suite à une violence commise par ce dernier sur l’un de ses administrés. « Les faits étant graves, j’ai transmis la procédure à Monsieur le Procureur Général près de la Cour d’Appel de Kara…», a-t-il souligné.

Pour le juge, il était question de la restitution de la moto d’un frère du Chef qui a succombé dans un accident de la circulation routière. « Le jour de la restitution, à l’audience au moment où notre Chef canton  devrait prendre la parole, par respect au prétoire et comme à l’accoutumée, je lui ai demandé d’ôter son bonnet avant de parler à l’audience. Ce qu’il a fait après une légère résistance. Après l’audience, il est parti dire au Préfet que « le juge lui a enlevé ses pouvoirs » en lui demandant d’enlever son bonnet de la tête avant de parler à l’audience », a mentionné le juge. « Le Préfet ne m’a demandé aucune explication sur le fait qu’on demande aux justiciables d’enlever leurs foulards, bonnets, chapeaux…Une réunion des Chefs a eu lieu le lundi 14 juillet 2008 au soir où il a été question de chasser le juge où au pire des cas le tuer. C’est ce qui s’est concrétisé le mardi 15 juillet 2008 à 11h… », a-t-il ajouté.

En effet, les menaces et violences envers les représentants de l’autorité publique sont proscrites par la loi. « Sera puni de trois mois à trois ans d’emprisonnement quiconque aura, dans l’exercice de ses fonctions ou à l’occasion de cet exercice, menacé un magistrat, un fonctionnaire public ou un citoyen chargé d’un ministère de service public de porter atteinte à sa personne, à sa réputation ou à celles de ses proches. Si la menace est faite avec ordre ou sous condition de faire ou de s’abstenir de faire un acte de fonction, la peine sera portée au double », stipule l’article 142 du Code Pénal.  L’article 143 prévoit : « Quiconque aura exercé volontairement des violences ou voies de fait sur un magistrat, un fonctionnaire public ou un citoyen chargé d’un ministère de service public, dans l’exercice de ses fonctions, ou à l’occasion de cet exercice sera puni: a) d’un mois à un an d’emprisonnement s’il n’est pas résulté pour la victime de ces violences une incapacité d’assurer son service (…) ».

Didier Ledoux 


Règlements de comptes à l’OTP/IFG : Neuf employés licenciés pour avoir organisé un mouvement de grève

Trois semaines après la grève de 48 heures des employés pour protester contre l’interminable processus de liquidation de l’OTP/IFG-Togo, l’heure est actuellement aux règlements de comptes. Neuf agents supposés être le cerveau du débrayage du 7 juillet dernier sont renvoyés par leurs employeurs. Le communiqué est sorti dans la matinée de vendredi dernier bien que, pour l’heure, aucune lettre ne soit notifiée aux intéressés.

          Selon les informations en notre possession, c’est l’un des cabinets chargés de liquider les sociétés OTP et IFG-Togo, notamment IIC de Mme Nathalie Bitho qui a pris cette décision d’expulser ceux qui étaient au devant de la contestation. Il leur serait reproché d’avoir organisé la grève sans remettre un préavis à leur employeur et d’avoir empêché les non grévistes de travailler. Ces remontrances ne sont pas tout même contenues dans le communiqué de licenciement. Seul le décret N°2007 048 PR est visé par la décision.

          Les interventions des centrales syndicales n’ont pas permis de changer la donne. Il nous revient qu’à l’issue d’une rencontre avec l’Inspection du travail, une lettre de mea culpa aurait été proposée pour signifier au liquidateur que les meneurs du mouvement de grève ont commis une grande bourde professionnelle, qu’ils sont des enfants, qu’ils ont posé ces actes par erreur, patati patata. Les centrales syndicales étaient en train de plancher sur la démarche à adopter quand la décision de licenciement est tombée.

          « A quand la fin de la liquidation ? Où en est chacun des liquidateurs ? Que faut-il faire pour hâter cet avènement et lever les obstacles qui entravent le démarrage effectif des activités de la SNPT ? ». Autant de questions qui ont amené l’intersyndicale des travailleurs de l’OTP et IFG-Togo à lancer le mot d’ordre de grève de 48 heures. Après l’intervention des autorités compétentes, les grévistes ont sursis au mouvement et repris le travail sur-le-champ. « En ce qui concerne la fin de la liquidation de l’OTP/IFG, on nous a promis que d’ici la fin de ce mois, la nouvelle société, c’est-à-dire la SNPT va démarrer. A propos de la revue à la hausse du prix du phosphate, ils nous l’ont confirmée. Ils ont déjà appelé des clients pour fixer le prix à 300 dollars comme on l’avait souhaité », avait déclaré à l’issue des négociations M. Diabakté Kramotche, Président de l’Intersyndicale.

          Il y a aujourd’hui péril en la demeure  quand le liquidateur licencie des employés pour avoir observé un mouvement de grève. Le chef de l’Etat ainsi que le ministre des Finances sont interpellés pour trouver une solution à cette situation dangereuse.

E. Pierre

Note de service 042 OTP Liquidateur


Vu le décret N°2007 048 PR,

Sont licenciés
1-Diabakté Kramotche, chef laboratoire Numéro matricule 5935
2-Tchakada Kezié, Contremaître Numéro matricule 5950
3-Attidokpo Komlan Doh, chef section Numéro matricule 5545
4-Atintho Matswin Numéro matricule 5893
5-Pissang Numéro matricule 5834
6-Amouzou Koffi Numéro matricule 6631
7-Kalipe Numéro matricule 4499
8-Atayi (Incendie) Numéro matricule 5571
9-Toyi Tcha Numéro matricule

Fait à Lomé, le 24 juillet 2008
Signé le liquidateur


Sans détour : Hommage à un grand homme

            « Mourir pour la Patrie, / C’est le sort le plus beau, le plus digne d’envie » (Claude Rouget de Lisle, Roland à Roncevaux)

            Le 23 juillet 1992, toi, Tavio Ayao Amorin, tu étais victime d’un attentat. En rentrant chez toi ce jour-là vers 21 heures, tu ne te doutais de rien. Mais tes assassins étaient tapis dans l’ombre prêts à perpétrer leur forfait. Trois jours plus tard, ta bravoure n’a pas pu résister aux blessures. Et tu succombas, engendrant le dépeuplement dans l’aire politique togolaise. Seize ans après ce lâche assassinat, les auteurs et commanditaires courent la rue et continuent de jouir de l’impunité.

            Malgré ton jeune âge, tu étais déjà un grand homme, Tavio Ayao Amorin. Premier secrétaire du Parti socialiste panafricain (PSP), tu étais aussi membre fondateur du Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5), Secrétaire général du Collectif de l’opposition démocratique COD II, membre du Haut conseil de la République (HCR) dont tu étais le président de la Commission politique et des droits de l’Homme ainsi que de la Commission constitutionnelle spéciale. C’étaient des preuves que tu avais soif de changement après plus de deux décennies de dictature implacable du « Général ». Tu avais cette volonté de bien faire et tu ne manquais pas d’occasion pour le démontrer. Tu avais de l’amour pour ta patrie le Togo et tu étais disposé à faire d’elle l’« or de l’humanité », un pays respectable.

          Cependant, force est de constater qu’aujourd’hui que notre pays est devenu la risée de toute la planète. Ce sont les étrangers qui y font la loi, réduisant tes compatriotes à la portion congrue. Sur le plan des infrastructures routières, ton pays ne tient pas la comparaison par rapport aux autres de la sous région. Idem sur le plan politique. C’est dans  les pays sahéliens défavorisés par la nature que tes compatriotes vont apprendre l’art de développer leur pays et la bonne gouvernance. Sache qu’au moment où nous commémorons les 16 ans de ta disparition, notre Premier ministre prenait des cours assidus sur le développement et les réformes économiques au Burkina Faso. Quelle malédiction!

          « On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées ». C’est une assertion que tu as laissée à la postérité pour lui dire qu’elle doit s’appuyer sur tes idées pour continuer la mission que tu as commencée. Mais seize ans après, certains de tes frères de lutte ont carrément vendu leur âme au diable. Ils n’ont pas eu « le courage de tourner le dos aux anciennes formules ». Ils ont été captés par les délices du pouvoir. Qui plus est, la jeunesse togolaise est vassalisée et ne sait plus où se trouvent ses intérêts. Il n’existe plus d’organisations de jeunes dignes de ce nom. La plupart d’entre elles sont utilisées par le pouvoir pour contrer les velléités de changement de certaines formations politiques. Se proclamant de l’opposition, ces jeunes, au lieu de lutter pour tous comme tu l’as fait au prix de ta vie, ne pensent qu’à leur survie. La preuve, c’est qu’aujourd’hui, le Mouvement patriotique du 5 octobre (MO5) que tu as contribué à créer est en voie de désagrégation. Le pouvoir que tu as combattu a envoyé des vers dans le fruit. Ceux-ci se préparent à créer un MO5 bis. C’est la nouvelle trouvaille au Togo que tu as tant aimé et pour lequel tu as perdu ta vie. Ne leur en tient pas rigueur : leur combat ne se résume qu’à la survie.

Zeus Aziadouvo

 
Retourner à la page Accueil
 

 

© 2005  www.togoforum.com All rights reserved

ARCHIVES