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Processus « Vérité, Justice et Réconciliation »  La FIDH organise un séminaire-atelier sur le type de commission propre au Togo
AgoraPress Lomé - Reportage de Alain Nococo et Dosseh SOHEY

La ministre des Droits de l'homme à la clôture de l'atelier

« Les expériences qui nous seront présentées ne sont pas des modèles q’on vient nous imposer ; les experts devant nous ont été des acteurs de certaines commissions et ont effectué de remarquables travaux de réconciliation à travers le temps et l’espace. Ils sont venus juste nous dire comment cela s’est passé ailleurs et non nous demander de copier tel ou tel modèle ». C’est la mise au point du président de la Ligue togolaise des Droits de l’Homme (LTDH), Me Hamadou Yacoubou, à l’ouverture du séminaire de formation sur le thème « Quelle commission Vérité, Justice et Réconciliation pour le Togo » qui s’est déroulé les 21 et 22 juillet derniers à l’hôtel Mercure Sarakawa à Lomé.

Organisé par la FIDH (Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme) et la LTDH, ce séminaire a connu la participation des autorités administratives et politiques, des représentants des missions diplomatiques et consulaires et des organisations internationales, ainsi que ceux des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale et d’autres personnalités et invités.

Au terme de deux jours de travaux, des recommandations, résolutions et propositions ont été formulées à l’endroit des différents acteurs impliqués dans le processus. Des sous-thèmes tels :  Rappel du contexte togolais et des consultations nationales en vue de la mise en place d’une commission vérité au Togo, les aspects institutionnels d’une commission vérité, la question des réparations, films sur l’Instance Equité et Réconciliation (IER-Maroc) ont été débattus au cours du séminaire.

Ouvrant les travaux de ce séminaire-atelier, le Garde des Seaux, ministre de la Justice, M. Kokou Tozoun, a salué le partenariat constructif que la LTDH a su nouer avec la FIDH et remercié cette dernière pour sa disponibilité et son engagement à s’investir dans la résolution de la crise togolaise : « Mesdames et messieurs de
la FIDH, vous prouvez à suffisance l’universalité de la cause que vous défendez et démontrez par la même occasion que le devenir du Togo vous préoccupe autant que les Togolais. Si ce n’est pas une preuve d’amour, c’est dans tous les cas un sens très élevé du devoir de solidarité que nous pouvons comparer sans nous tromper à un véritable sacerdoce. » Rappelant  les nombreuses contributions de la LTDH, filiale nationale de la FIDH, lors du processus électoral d’octobre 2007, le ministre Tozoun a souhaité un aboutissement heureux des travaux et  réaffirmé l’engagement du gouvernement togolais à soutenir des initiatives allant dans le sens de  la réconciliation nationale. « Le gouvernement pour sa part, a-t-il, est décidé à jouer la partition qui est la sienne de telle sorte qu’à terme le Togo notre pays puisse solder définitivement son histoire faite de frustrations et de violences. »

Le représentant du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH) s’est,  pour sa part, réjoui de l’engagement des acteurs politiques togolais à tourner la page sombre de leur histoire et a réaffirmé la disponibilité de son institution à les accompagner dans ce processus. « Au moment où le gouvernement et les acteurs de la vie sociopolitique sont engagés dans le processus de réconciliation, le HCDH qui, conformément à son mandat, accompagne le Togo en cette importante phase de son histoire, ne peut que se réjouir de toutes les initiatives qui visent à lutter contre l’impunité, à la consolidation de la démocratie et du développement durable» a-t-il indiqué.

Justifiant la démarche de la FIDH, le président d’honneur de la FIDH, M. Sidiki Kaba a, de son côté, indiqué qu’elle trouve son fondement dans les désirs exprimés par les différents acteurs, lors du séjour d’une mission de son institution au Togo, il y a deux mois, à comprendre davantage les tenants et les aboutissants d’un processus de réconciliation. Il a alors laissé entendre que le Togo peut s’inspirer en la matière de l’expérience des autres pays tels que les pays de l’Amérique latine, le Maroc, l’Afrique du Sud qui, de par son modèle, exerce encore un pouvoir d’attraction sur les pays aspirant à la réconciliation. Aussi a-t-il  réaffirmé la disponibilité de son institution à accompagner le Togo grâce à son expérience acquise à travers sa participation aux différents processus dans les autres pays. Cependant il a insisté sur le fait que « 
la FIDH n’a pas de modèle prêt à porter à proposer » tout en souhaitant aux participants un débat fertile et fertilisant.

La ministre des Droits de l’Homme et de la Consolidation de la Démocratie, Célestine Akouavi Aïdam, qui devait clôturer les travaux de ce séminaire, a profité de l’opportunité pour témoigner sa gratitude et sa reconnaissance à la FIDH qui « ne ménage aucun effort pour la résolution de la crise togolaise. » Elle a souhaité aussi que les recommandations issues du séminaire soient prises au sérieux par ceux à qui elles sont destinées.

La rencontre qui a suivi la fin des travaux avec les journalistes a permis au président de la LTDH et aux experts de la FIDH notamment MM. Driss El Yazami et Florent Geel, et Mme Julie Guillerot, respectivement secrétaire général, chargé de programme bureau Afrique et programme transversal de soutien aux ONG et Chargée de mission de la FIDH, d’expliquer de fond en comble l’objectif de cette rencontre. Ils se sont tous accordés à réitérer le principe selon lequel « le problème togolais ne peut se régler que par les Togolais car chaque pays a sa spécificité. Toutefois ceux-ci peuvent s’inspirer de l’exemple des autres. » 
                                                                                           
 
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